privé de tout pouvoir, et d’un homme à qui Nous avons accordé de Notre part une belle subsistance ; il en dépense secrètement comme ouvertement. Sont-ils comparables ? Louange à Allah ; mais la plupart d’entre eux ne savent pas.
Allah propose encore l’exemple de deux hommes : l’un d’eux est muet, incapable de quoi que ce soit ; il n’est qu’un fardeau pour son maître ; où qu’on l’envoie, il ne rapporte aucun bien. Cet homme est-il l’égal de celui qui ordonne la justice et qui chemine sur une voie droite ?
Le Très-Haut a dit [20 al-Ḥashr] : « Les hôtes du Feu et les hôtes du Paradis ne sauraient être mis sur le même rang ; seuls les hôtes du Paradis sont les gagnants. »
Il en va ainsi de tout ce par quoi Allah distingue les gens de la vérité de ceux de l’erreur, les obéissants des désobéissants, les vertueux des pervers, les guidés des égarés, les droits des dévoyés, les véridiques des menteurs.
Aussi, celui qui ne considère que la réalité cosmique sans tenir compte de la réalité religieuse finit-il par mettre sur le même pied des catégories qu’Allah a pourtant séparées de la manière la plus nette, au point de placer Allah et les idoles au même niveau, comme Il l’a rapporté à leur sujet [97-98 ash-Shuʿarâʾ] : « Par Allah ! Nous étions certes dans un égarement manifeste, lorsque nous vous mettions à égalité avec le Seigneur des mondes. » Pire encore, certains en sont venus à identifier Allah à toute chose existante, accordant à chaque créature le droit qui revient exclusivement à Allah en matière d’adoration et d’obéissance, puisqu’ils ont fait de Lui l’existence même des êtres créés. Voilà l’une des formes les plus graves de kufr (mécréance) et d’athéisme, un reniement du Seigneur des serviteurs.
L’impiété de ces gens les conduit à ne plus reconnaître qu’ils sont des serviteurs d’Allah, ni au sens d’êtres assujettis, ni au sens d’adorateurs ; ils se considèrent plutôt comme étant eux-mêmes la Réalité suprême, ainsi que l’ont clairement professé leurs tyrans, tel Ibn ʿArabî.