du décret ; car aucun musulman ni aucun être doué de raison ne tiendrait un tel propos. Et si cela devait valoir comme excuse, ce serait alors une excuse pour Iblîs, pour le peuple de Noé, pour le peuple de Hûd et pour tout mécréant. Par ailleurs, Moïse n’a pas blâmé Adam pour le péché en soi — Adam, en effet, s’était déjà repenti auprès de son Seigneur, qui l’avait ensuite élu et guidé — mais il l’a réprimandé pour la calamité qui les a atteints à cause de cette faute. C’est pourquoi il dit : « Pourquoi donc nous as-tu, toi et moi, fait sortir du Paradis ? » Et Adam de répondre : « Cela était écrit contre moi avant même que je fusse créé. »
L’acte et la tribulation qui en découlaient étaient donc prédéterminés. Toute épreuve qu’Allah a décrétée mérite d’être acceptée, car s’y résigner relève de la perfection du contentement d’avoir Allah pour Seigneur.
Quant aux péchés, il n’appartient pas au serviteur de les commettre ; s’il en commet un, il lui incombe de demander pardon et de se repentir. Il se repentira ainsi de toutes sortes de manquements et fera preuve de patience face aux épreuves. Le Très-Haut a dit [55 Ghâfir] : « Endure donc, car la promesse d’Allah est vérité, et implore le pardon pour ton péché. » Il dit aussi [120 Âl ʿImrân] : « Si vous êtes patients et pieux, leurs manœuvres ne vous nuiront en rien. » Et encore [186 Âl ʿImrân] : « Si vous êtes patients et pieux, c’est là certes une résolution des plus fermes. » Joseph — paix sur lui — déclara [90 Yûsuf] : « Quiconque craint Allah et fait preuve de patience — Allah ne laisse pas perdre la récompense des bienfaisants. »
De même, lorsqu’il s’agit des péchés des créatures, il revient au serviteur d’ordonner le bien et d’interdire le mal selon sa capacité, de combattre dans le sentier d’Allah les mécréants et les hypocrites, de soutenir les alliés d’Allah et de s’opposer à Ses ennemis, d’aimer pour Allah et de détester pour Allah, comme le Très-Haut l’a dit [1-4 al-Mumtaḥina] :