De même, les Anciens employaient le terme harf pour parler d’un nom et disaient : « Voici un harf gharîb », c’est-à-dire que le vocable même de ce nom est inhabituel.
Sîbawayh a, pour sa part, réparti le kalâm (l’énoncé) en trois catégories : ism (nom), fiʿl (verbe) et harf introduisant un sens sans être ni nom ni verbe. Chacune de ces trois catégories peut, chez lui, recevoir l’appellation harf, mais la particularité de la troisième est précisément d’être un harf porteur de sens tout en n’étant ni nom ni verbe.
Il a, en outre, désigné les lettres de l’alphabet par le mot harf, alors qu’il s’agit, en réalité, de noms.
Le terme harf englobe donc ces noms et d’autres encore, conformément à la parole du Prophète — paix et salut sur lui : « Quiconque récite le Coran et l’articule correctement obtient, pour chaque harf, dix ḥasanât (bonnes actions). Je ne dis pas que “Alif-Lâm-Mîm” constitue un seul harf ; Alif est un harf, Lâm est un harf et Mîm est un harf. »
Al-Khalîl b. Aḥmad interrogea un jour ses disciples sur la façon de prononcer le harf “z” du mot « Zayd ». Ils répondirent : « Zây. » Il leur dit alors : « Vous venez de donner le nom ; le harf proprement dit n’est que “z”. »
Par la suite, les grammairiens ont convenu que cet élément désigné dans la langue