se présente, dans leur langue, sous deux formes, de même la lueur crépusculaire en présente deux : l’une rouge, l’autre blanche. L’intervalle séparant la disparition de la lueur crépusculaire blanche du début de la nuit doit correspondre à celui qui sépare de la fin de la nuit soit l’aube étroite (je veux dire la fausse aube), soit l’aube blanche qui s’étend à l’horizon. La rougeur du soir correspond alors à celle du matin. Il y a donc quatre apparitions : la fausse aube, l’aube véritable, la lueur rouge et le soleil. Les disparitions doivent, de même, être au nombre de quatre.
C’est pourquoi le récit selon lequel al-Khalīl aurait observé la lueur crépusculaire blanche et constaté qu’elle persistait jusque dans la nuit est démenti par le raisonnement analogique et l’expérience. En effet, ils reconnaissent unanimement qu’il est établi, dans le hadith de Burayda comme dans celui où Gabriel dirige la prière, que le Prophète accomplit la prière de la nuit, le premier jour, lorsque la lueur crépusculaire eut disparu.
La majorité a étayé sa position par ce récit établi : « Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — accomplissait la prière de la nuit au moment où la lune se couchait, la troisième nuit. »
Abū Hanīfa a, quant à lui, étayé sa position par les récits concernant le report de la prière de la nuit et le caractère recommandé de ce report, ainsi que par cette parole du Prophète :
« Si je ne craignais d’imposer une difficulté à ma communauté, je retarderais cette prière jusqu’au milieu de la nuit. »
Quant à la fin de son horaire, les savants ont émis trois avis : selon le premier, il prend fin au terme du premier tiers de la nuit ; selon le deuxième, au milieu de la nuit ; selon le troisième, à l’apparition de l’aube. Le premier avis (je veux dire celui du tiers de la nuit) est celui d’al-Shāfi‘ī et d’Abū Hanīfa ; c’est aussi l’avis le plus connu dans l’école de Mālik. Le deuxième avis, celui du milieu de la nuit, est également rapporté de Mālik. Quant au troisième, c’est celui de Dāwūd.
Cette divergence tient à l’opposition entre les traditions rapportées. Le hadith dans lequel Gabriel dirige la prière indique que, le deuxième jour, il dirigea pour le Prophète — sur lui la prière et la paix — la prière de la nuit au terme du premier tiers de celle-ci.
Dans le hadith d’Anas, celui-ci rapporte :
« Le Prophète — sur lui la prière et la paix — retarda la prière de la nuit jusqu’au milieu de la nuit. »
Ce hadith est rapporté par al-Bukhārī.
Il est également rapporté, d’après Abū Sa‘īd al-Khudrī et Abū Hurayra, que le Prophète — sur lui la prière et la paix — a dit :
« Si je ne craignais d’imposer une difficulté à ma communauté, je retarderais la prière de la nuit jusqu’au milieu de la nuit. »
Le hadith d’Abū Qatāda énonce :
« Le sommeil ne constitue pas une négligence ; la négligence consiste à retarder la prière jusqu’à l’entrée de l’horaire de la suivante. »
Ceux qui donnent la prépondérance au hadith dans lequel Gabriel dirige la prière retiennent donc le tiers de la nuit ; ceux qui donnent la prépondérance au hadith d’Anas retiennent la moitié de la nuit.