le hadith d’Ibn ‘Umar, ils fixent la fin de son horaire préférentiel au moment où le soleil jaunit.
Ceux qui donnent la prépondérance au hadith d’Abū Hurayra disent : « L’horaire de la prière de l’après-midi s’étend jusqu’au moment où il ne reste, avant le coucher du soleil, que le temps d’accomplir une unité de prière. » Ce sont les littéralistes, comme nous l’avons indiqué.
Quant à la majorité des savants, elle a cherché à concilier les hadiths d’Abū Hurayra et d’Ibn ‘Umar avec celui d’Ibn ‘Abbās, bien que ce dernier soit en totale opposition avec les deux autres. Les limites horaires mentionnées dans les hadiths d’Ibn ‘Abbās et d’Ibn ‘Umar sont en effet proches ; c’est pourquoi Mālik a adopté tantôt l’une, tantôt l’autre. En revanche, la limite indiquée dans le hadith d’Abū Hurayra s’écarte nettement des deux autres. Ils ont donc estimé que ce hadith visait uniquement les personnes ayant une excuse valable.
Troisième question
Les savants divergent sur l’horaire de la prière du coucher du soleil : offre-t-il une latitude, comme celui des autres prières, ou non ? Certains considèrent qu’il se limite à un seul moment, sans latitude. C’est l’avis le plus connu parmi ceux qui sont rapportés de Mālik et d’al-Shāfi‘ī.
D’autres estiment que son horaire est étendu : il va du coucher du soleil à la disparition de la lueur crépusculaire. C’est l’avis d’Abū Hanīfa, d’Ahmad, d’Abū Thawr et de Dāwūd. Cet avis est également rapporté de Mālik et d’al-Shāfi‘ī.
Leur divergence tient à l’opposition, sur ce point, entre le hadith dans lequel Gabriel dirige la prière et celui de ‘Abd Allāh ibn ‘Umar. Le premier rapporte que Gabriel accomplit la prière du coucher du soleil à la même heure les deux jours, tandis que le hadith de ‘Abd Allāh énonce :
« L’horaire de la prière du coucher du soleil dure tant que la lueur crépusculaire n’a pas disparu. »
Ceux qui donnent la prépondérance au hadith dans lequel Gabriel dirige la prière lui assignent donc un seul moment ; ceux qui donnent la prépondérance au hadith de ‘Abd Allāh lui reconnaissent une plage horaire étendue.
Le hadith de ‘Abd Allāh est rapporté par Muslim. En revanche, ni al-Bukhārī ni Muslim n’ont rapporté le hadith dans lequel Gabriel dirige la prière (je veux dire celui d’Ibn ‘Abbās), qui relate qu’il dirigea pour le Prophète — sur lui la prière et la paix — dix prières dont les horaires sont précisés, puis lui dit : « L’horaire se situe entre ces deux limites. » L’indication donnée à ce sujet dans le hadith de ‘Abd Allāh figure également dans celui de Burayda al-Aslamī, rapporté par Muslim, qui constitue une référence fondamentale en la matière.
Ils disent : « Le hadith de Burayda mérite davantage d’être retenu, car les faits qu’il relate se déroulèrent à Médine, lorsqu’un homme interrogea le Prophète sur les horaires des prières. Le hadith de Gabriel, lui, remonte au début de l’instauration de la prière obligatoire, à La Mecque. »
Quatrième question
Les savants divergent sur deux points concernant l’horaire de la prière de la nuit : son début et sa fin.
Concernant son début, Mālik, al-Shāfi‘ī et un groupe de savants estiment qu’il correspond à la disparition de la rougeur crépusculaire. Abū Hanīfa considère, quant à lui, qu’il correspond à la disparition de la blancheur qui succède à cette rougeur.
Leur divergence sur cette question tient à la pluralité des sens du terme shafaq (lueur crépusculaire) dans la langue arabe. En effet, de même que l’aube