Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

« À Médine, on prête serment auprès de la chaire ; à La Mecque, entre l’Angle et la Station d’Abraham. De même, selon lui, dans toute autre ville, on prête serment auprès de la chaire. Le seuil qu’il retient à cet égard est de vingt dinars. »

Dāwūd dit : « On prête serment sur la chaire, que le montant soit faible ou élevé. » Abū Hanīfa estime, quant à lui, que le lieu ne renforce pas la solennité du serment.

Leur divergence tient à la question suivante : la sévère mise en garde concernant le serment prêté sur la chaire du Prophète — sur lui la prière et la paix — implique-t-elle l’obligation de prêter serment sur cette chaire ? Ceux qui répondent par l’affirmative font valoir que, sans cette implication, la mise en garde n’aurait pas de sens. Ceux qui lui reconnaissent une autre signification que celle d’imposer le serment sur la chaire estiment que cela n’est pas obligatoire.

Le hadith contenant cette mise en garde est celui de Jābir ibn ‘Abd Allāh al-Ansārī, selon lequel le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — a dit :

« Quiconque prête un faux serment sur ma chaire s’assigne une place dans le Feu. »

Les partisans de cette obligation invoquent également la pratique établie : « Telle était la pratique des califes », disent-ils. Al-Shāfi‘ī déclare : « Cette pratique n’a jamais cessé d’être suivie à Médine et à La Mecque. »

Ils ajoutent : « Si cette sévère mise en garde n’impliquait pas l’obligation de prêter serment dans le lieu ainsi désigné, elle n’aurait d’autre effet que d’inciter à éviter d’y prêter serment. » Ils poursuivent : « De même que les sévères mises en garde concernant le serment en lui-même, telle cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix — : “Quiconque, par son serment, s’approprie le droit d’un musulman, Allah lui interdit le Paradis et lui assigne le Feu”, impliquent l’obligation de rendre jugement sur la foi du serment, il en va de même pour la mise en garde liée au lieu. »

L’autre groupe répond : « La sévère mise en garde concernant le serment n’implique pas l’obligation de rendre jugement sur la foi du serment. Dès lors, celle qui est liée au lieu n’implique pas davantage l’obligation d’y prêter serment. Il n’existe d’ailleurs aucun consensus des Compagnons à ce sujet, et l’affaire de Zayd ibn Thābit laisse apparaître leur divergence. »

Selon Mālik, le lieu renforce également la solennité des serments dans la qasāma, procédure de serments en matière d’homicide, et dans le li‘ān, procédure d’anathème conjugal. Il en va de même du moment choisi : il précise en effet que le li‘ān doit avoir lieu après la prière de l’après-midi, conformément à la sévère mise en garde rapportée au sujet de celui qui prête serment après cette prière.

Quant au jugement fondé sur un serment accompagné d’un témoignage unique, les juristes divergent à son sujet. Mālik, al-Shāfi‘ī, Ahmad, Dāwūd, Abū Thawr, les sept jurisconsultes de Médine et un groupe d’autres juristes déclarent : « On rend jugement

يَحْلِفُ فِي الْمَدِينَةِ عِنْدَ الْمِنْبَرِ، وَفِي مَكَّةَ بَيْنَ الرُّكْنِ وَالْمَقَامِ، وَكَذَلِكَ عِنْدَهُ فِي كُلِّ بَلَدٍ يَحْلِفُ عِنْدَ الْمِنْبَرِ، وَالنِّصَابُ عِنْدَهُ فِي ذَلِكَ عِشْرُونَ دِينَارًا. وَقَالَ دَاوُدُ: يَحْلِفُ عَلَى الْمِنْبَرِ فِي الْقَلِيلِ وَالْكَثِيرِ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا تُغَلَّظُ الْيَمِينُ بِالْمَكَانِ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ هَلِ التَّغْلِيظُ الْوَارِدُ فِي الْحَلِفِ عَلَى مِنْبَرِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يُفْهَمُ مِنْهُ وُجُوبُ الْحَلِفِ عَلَى الْمِنْبَرِ؟ أَمْ لَا؟ فَمَنْ قَالَ: إِنَّهُ يُفْهَمُ مِنْهُ ذَلِكَ - قَالَ: لِأَنَّهُ لَوْ لَمْ يُفْهَمْ مِنْهُ ذَلِكَ لَمْ يَكُنْ لِلتَّغْلِيظِ فِي ذَلِكَ مَعْنًى، وَمَنْ قَالَ: لِلتَّغْلِيظِ مَعْنًى غَيْرُ الْحُكْمِ بِوُجُوبِ الْيَمِينِ عَلَى الْمِنْبَرِ - قَالَ: لَا يَجِبُ الْحَلِفُ عَلَى الْمِنْبَرِ. وَالْحَدِيثُ الْوَارِدُ فِي التَّغْلِيظِ هُوَ حَدِيثُ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ الْأَنْصَارِيِّ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «مَنْ حَلَفَ عَلَى مِنْبَرِي آثِمًا تَبَوَّأَ مَقْعَدَهُ مِنَ النَّارِ» . وَاحْتَجَّ هَؤُلَاءِ بِالْعَمَلِ، فَقَالُوا: هُوَ عَمَلُ الْخُلَفَاءِ. قَالَ الشَّافِعِيُّ: لَمْ يَزَلْ عَلَيْهِ الْعَمَلُ بِالْمَدِينَةِ وَبِمَكَّةَ. قَالُوا: وَلَوْ كَانَ التَّغْلِيظُ لَا يُفْهَمُ مِنْهُ إِيجَابُ الْيَمِينِ فِي الْمَوْضِعِ الْمُغَلَّظِ لَمْ يَكُنْ لَهُ فَائِدَةٌ إِلَّا تَجَنَّبَ الْيَمِينَ فِي ذَلِكَ الْمَوْضِعِ. قَالُوا: وَكَمَا أَنَّ التَّغْلِيظَ الْوَارِدَ فِي الْيَمِينِ مُجَرَّدًا مِثْلَ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «مَنِ اقْتَطَعَ حَقَّ امْرِئٍ مُسْلِمٍ بِيَمِينِهِ حَرَّمَ اللَّهُ عَلَيْهِ الْجَنَّةَ وَأَوْجَبَ لَهُ النَّارَ» يُفْهَمُ مِنْهُ وُجُوبُ الْقَضَاءِ بِالْيَمِينِ، وَكَذَلِكَ التَّغْلِيظُ الْوَارِدُ فِي الْمَكَانِ. وَقَالَ الْفَرِيقُ الْآخَرُ: لَا يُفْهَمُ مِنَ التَّغْلِيظِ بِالْيَمِينِ وُجُوبُ الْحُكْمِ بِالْيَمِينِ، وَإِذْ لَمْ يُفْهَمْ مِنْ تَغْلِيظِ الْيَمِينِ وُجُوبُ الْحُكْمِ بِالْيَمِينِ لَمْ يُفْهَمْ مِنْ تَغْلِيظِ الْيَمِينِ بِالْمَكَانِ وُجُوبُ الْيَمِينِ بِالْمَكَانِ، وَلَيْسَ فِيهِ إِجْمَاعٌ مِنَ الصَّحَابَةِ. وَالِاخْتِلَافُ فِيهِ مَفْهُومٌ مِنْ قَضِيَّةِ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ. وَتُغَلَّظُ بِالْمَكَانِ عِنْدَ مَالِكٍ فِي الْقَسَامَةِ وَاللِّعَانِ، وَكَذَلِكَ بِالزَّمَانِ؛ لِأَنَّهُ قَالَ: فِي اللِّعَانِ أَنْ يَكُونَ بَعْدَ صَلَاةِ الْعَصْرِ عَلَى مَا جَاءَ فِي التَّغْلِيظِ فِيمَنْ حَلَفَ بَعْدَ الْعَصْرِ. وَأَمَّا الْقَضَاءُ بِالْيَمِينِ مَعَ الشَّاهِدِ فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِيهِ؛ فَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ، وَأَحْمَدُ، وَدَاوُدُ، وَأَبُو ثَوْرٍ وَالْفُقَهَاءُ السَّبْعَةُ الْمَدَنِيُّونَ وَجَمَاعَةٌ: يُقْضَى

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies