Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

celui dont la transgression consiste à avoir porté une accusation calomnieuse de fornication. Abū Hanīfa considère en effet que son témoignage n’est pas recevable, même s’il se repent, tandis que la majorité le juge recevable.

Cette divergence tient à la portée de l’exception dans les paroles du Très-Haut :

« N’acceptez plus jamais leur témoignage. Ceux-là sont les transgresseurs. »

[La Lumière : 4]

« À l’exception de ceux qui se repentent après cela. »

[La Lumière : 5]

Cette exception se rapporte-t-elle uniquement à l’élément qui la précède immédiatement, ou à l’ensemble des dispositions, hormis ce que le consensus en exclut, à savoir que le repentir ne dispense pas de la peine légale prescrite ? Cette question a déjà été abordée.

Quant à la puberté, ils s’accordent à l’exiger lorsque la probité est requise. Ils divergent cependant sur le témoignage des enfants les uns contre les autres en matière de blessures et d’homicide. La majorité des juristes des grandes villes le rejettent, en raison du consensus que nous avons mentionné : la probité est une condition du témoignage, et la puberté une condition de la probité. C’est pourquoi, chez Mālik, il ne s’agit pas véritablement d’un témoignage, mais d’un indice lié aux circonstances. Aussi exige-t-il que les enfants ne se dispersent pas, afin qu’ils ne prennent pas peur.

Les disciples de Mālik divergent sur sa recevabilité lorsqu’un adulte se trouve parmi eux. Ils s’accordent toutefois à exiger le nombre de personnes requis pour un témoignage. Ils divergent sur la nécessité qu’il s’agisse de garçons, ainsi que sur sa recevabilité dans les cas d’homicide survenus entre eux. Mālik n’a ici d’autre fondement qu’un avis rapporté d’Ibn al-Zubayr.

Al-Shāfi‘ī a dit : « À celui qui invoque cet argument, on répond qu’Ibn ‘Abbās a rejeté ce témoignage et que le Coran en indique l’invalidité. » Ibn Abī Laylā et un groupe de Successeurs partagent l’avis de Mālik. Si Mālik admet ce témoignage, c’est en vertu de son acceptation du raisonnement analogique fondé sur l’intérêt.

Quant à l’appartenance à l’islam, ils s’accordent à en faire une condition de recevabilité et à rejeter le témoignage du mécréant. Ils divergent toutefois sur sa recevabilité en matière de testament établi en voyage, en raison de cette parole du Très-Haut :

« Ô vous qui croyez ! Lorsque la mort se présente à l’un de vous, au moment de faire son testament, que deux hommes intègres parmi vous, ou deux autres qui ne sont pas des vôtres, servent de témoins entre vous. »

[La Table servie : 106]

Et la suite du verset.

Abū Hanīfa admet ce témoignage aux conditions mentionnées par Allah, le Très-Haut. Mālik et al-Shāfi‘ī ne l’admettent pas et considèrent que le verset est abrogé.

Quant à la condition libre, la majorité des juristes des grandes villes l’exigent pour la recevabilité du témoignage. Les tenants de l’école littéraliste admettent, en revanche, le témoignage de l’esclave : la condition fondamentale est la probité, et la servitude ne constitue pas un motif de rejet, à moins que cela ne soit établi par le Livre d’Allah, la Sunna ou le consensus. Il semble que la majorité ait considéré la servitude comme une conséquence de la mécréance et estimé qu’elle devait, à ce titre, avoir une incidence sur le rejet du témoignage.

Quant au soupçon de partialité suscité par l’affection, les savants s’accordent à reconnaître qu’il peut entraîner le rejet du témoignage. Ils divergent cependant sur le rejet du témoignage d’une personne intègre en raison d’un soupçon lié à l’affection ou à la haine née d’une inimitié d’ordre temporel. Les juristes des grandes villes se prononcent pour son rejet. Toutefois, ils s’accordent, dans certains cas, sur la prise en compte de ce soupçon et, dans d’autres, sur

مَنْ كَانَ فِسْقُهُ مِنْ قِبَلِ الْقَذْفِ، فَإِنَّ أَبَا حَنِيفَةَ يَقُولُ: لَا تُقْبَلُ شَهَادَتُهُ وَإِنْ تَابَ. وَالْجُمْهُورُ يَقُولُونَ: تُقْبَلُ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ هَلْ يَعُودُ الِاسْتِثْنَاءُ فِي قَوْله تَعَالَى: {وَلا تَقْبَلُوا لَهُمْ شَهَادَةً أَبَدًا وَأُولَئِكَ هُمُ الْفَاسِقُونَ} [النور: ٤] {إِلا الَّذِينَ تَابُوا مِنْ بَعْدِ ذَلِكَ} [النور: ٥] إِلَى أَقْرَبِ مَذْكُورٍ إِلَيْهِ، أَوْ عَلَى الْجُمْلَةِ إِلَّا مَا خَصَّصَهُ الْإِجْمَاعُ، وَهُوَ أَنَّ التَّوْبَةَ لَا تُسْقِطُ عَنْهُ الْحَدَّ، وَقَدْ تَقَدَّمَ هَذَا. وَأَمَّا الْبُلُوغُ فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ يُشْتَرَطُ حَيْثُ تُشْتَرَطُ الْعَدَالَةُ. وَاخْتَلَفُوا فِي شَهَادَةِ الصِّبْيَانِ بَعْضِهِمْ عَلَى بَعْضٍ فِي الْجِرَاحِ وَفِي الْقَتْلِ، فَرَدَّهَا جُمْهُورُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ؛ لِمَا قُلْنَاهُ مِنْ وُقُوعِ الْإِجْمَاعِ عَلَى أَنَّ مِنْ شَرْطِ الشَّهَادَةِ الْعَدَالَةَ، وَمِنْ شَرْطِ الْعَدَالَةِ الْبُلُوغَ، وَلِذَلِكَ لَيْسَتْ فِي الْحَقِيقَةِ شَهَادَةٌ عِنْدَ مَالِكٍ، وَإِنَّمَا هِيَ قَرِينَةُ حَالٍ. وَلِذَلِكَ اشْتَرَطَ فِيهَا أَنْ لَا يَتَفَرَّقُوا؛ لِئَلَّا يَجْبُنُوا. وَاخْتَلَفَ أَصْحَابُ مَالِكٍ هَلْ تَجُوزُ إِذَا كَانَ بَيْنَهُمْ كَبِيرٌ؟ أَمْ لَا؟ وَلَمْ يَخْتَلِفُوا أَنَّهُ يُشْتَرَطُ فِيهَا الْعِدَّةُ الْمُشْتَرَطَةُ فِي الشَّهَادَةِ. وَاخْتَلَفُوا هَلْ يُشْتَرَطُ فِيهَا الذُّكُورَةُ؟ أَمْ لَا؟ وَاخْتَلَفُوا أَيْضًا هَلْ تَجُوزُ فِي الْقَتْلِ الْوَاقِعِ بَيْنَهُمْ؟ وَلَا عُمْدَةَ لِمَالِكٍ فِي هَذَا إِلَّا أَنَّهُ مَرْوِيٌّ عَنِ ابْنِ الزُّبَيْرِ. قَالَ الشَّافِعِيُّ: فَإِذَا احْتَجَّ مُحْتَجٌّ بِهَذَا قِيلَ لَهُ: إِنَّ ابْنَ عَبَّاسٍ قَدْ رَدَّهَا، وَالْقُرْآنُ يَدُلُّ عَلَى بُطْلَانِهَا. وَقَالَ بِقَوْلِ مَالِكٍ ابْنُ أَبِي لَيْلَى وَقَوْمٌ مِنَ التَّابِعِينَ، وَإِجَازَةُ مَالِكٍ لِذَلِكَ هُوَ مِنْ بَابِ إِجَازَتِهِ قِيَاسَ الْمَصْلَحَةِ. وَأَمَّا الْإِسْلَامُ فَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ شَرْطٌ فِي الْقَبُولِ، وَأَنَّهُ لَا تَجُوزُ شَهَادَةُ الْكَافِرِ، إِلَّا مَا اخْتَلَفُوا فِيهِ مِنْ جَوَازِ ذَلِكَ فِي الْوَصِيَّةِ فِي السَّفَرِ؛ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا شَهَادَةُ بَيْنِكُمْ إِذَا حَضَرَ أَحَدَكُمُ الْمَوْتُ حِينَ الْوَصِيَّةِ اثْنَانِ ذَوَا عَدْلٍ مِنْكُمْ أَوْ آخَرَانِ مِنْ غَيْرِكُمْ} [المائدة: ١٠٦] الْآيَةَ. فَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يَجُوزُ ذَلِكَ عَلَى الشُّرُوطِ الَّتِي ذَكَرَهَا اللَّهُ تَعَالَى، وَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ: لَا يَجُوزُ ذَلِكَ، وَرَأَوْا أَنَّ الْآيَةَ مَنْسُوخَةٌ. وَأَمَّا الْحُرِّيَّةُ فَإِنَّ جُمْهُورَ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ عَلَى اشْتِرَاطِهَا فِي قَبُولِ الشَّهَادَةِ، وَقَالَ أَهْلُ الظَّاهِرِ: تَجُوزُ شَهَادَةُ الْعَبْدِ؛ لِأَنَّ الْأَصْلَ إِنَّمَا هُوَ اشْتِرَاطُ الْعَدَالَةِ، وَالْعُبُودِيَّةُ لَيْسَ لَهَا تَأْثِيرٌ فِي الرَّدِّ، إِلَّا أَنْ يَثْبُتَ ذَلِكَ مِنْ كِتَابِ اللَّهِ أَوْ سُنَّةٍ أَوْ إِجْمَاعٍ. وَكَأَنَّ الْجُمْهُورَ رَأَوْا أَنَّ الْعُبُودِيَّةَ أَثَرٌ مِنْ أَثَرِ الْكُفْرِ، فَوَجَبَ أَنْ يَكُونَ لَهَا تَأْثِيرٌ فِي رَدِّ الشَّهَادَةِ. وَأَمَّا التُّهْمَةُ الَّتِي سَبَبُهَا الْمَحَبَّةُ فَإِنَّ الْعُلَمَاءَ أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهَا مُؤَثِّرَةٌ فِي إِسْقَاطِ الشَّهَادَةِ. وَاخْتَلَفُوا فِي رَدِّ شَهَادَةِ الْعَدْلِ بِالتُّهْمَةِ لِمَوْضِعِ الْمَحَبَّةِ أَوِ الْبِغْضَةِ الَّتِي سَبَبُهَا الْعَدَاوَةُ الدُّنْيَوِيَّةُ، فَقَالَ بِرَدِّهَا فُقَهَاءُ الْأَمْصَارِ، إِلَّا أَنَّهُمُ اتَّفَقُوا فِي مَوَاضِعَ عَلَى إِعْمَالِ التُّهْمَةِ، وَفِي مَوَاضِعَ عَلَى

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