Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Livre de la justice]

[Chapitre premier : Des personnes habilitées à rendre la justice]

Les questions fondamentales de ce livre se répartissent en six chapitres :

Le premier : des personnes habilitées à rendre la justice.
Le deuxième : des moyens sur lesquels repose le jugement.
Le troisième : des affaires sur lesquelles porte le jugement.
Le quatrième : des personnes contre lesquelles ou en faveur desquelles le juge statue.
Le cinquième : de la manière de rendre la justice.
Le sixième : du moment où rendre la justice.

Chapitre premier : Des personnes habilitées à rendre la justice

Ce chapitre examine les conditions permettant de rendre valablement la justice et les qualités qui rendent un juge préférable à un autre.

Les conditions requises pour la validité de l’exercice de cette fonction sont d’être libre, musulman, pubère, de sexe masculin, sain d’esprit et probe. Selon un avis rapporté dans l’école, le défaut de probité entraîne la destitution du juge, mais les jugements qu’il a rendus sont maintenus.

Les savants divergent sur la nécessité pour le juge d’être qualifié pour l’effort d’interprétation juridique. Al-Shāfi‘ī considère cette qualification comme obligatoire. ‘Abd al-Wahhāb rapporte une position semblable de l’école. Abū Hanīfa estime, quant à lui, que le jugement d’un non-spécialiste est valide.

Le cadi dit : C’est aussi ce qui ressort des propos que mon grand-père — qu’Allah lui fasse miséricorde — rapporte de l’école dans les Prolégomènes, puisqu’il range l’aptitude à l’effort d’interprétation juridique parmi les qualités recommandées.

Ils divergent également sur la condition d’appartenance au sexe masculin. La majorité en fait une condition de validité du jugement. Abū Hanīfa estime qu’une femme peut être juge dans les affaires patrimoniales. Al-Tabarī considère qu’elle peut exercer la fonction de juge sans restriction, dans quelque domaine que ce soit.

‘Abd al-Wahhāb dit : « Je ne connais entre eux aucune divergence sur l’exigence de la condition libre. »

Ceux qui refusent à la femme l’exercice de la justice l’assimilent à l’exercice de l’imamat suprême. Ils établissent également une analogie entre elle et l’esclave, en raison de son statut inférieur. Ceux qui admettent ses jugements dans les affaires patrimoniales se fondent sur l’analogie avec la recevabilité de son témoignage dans ces affaires. Quant à ceux qui reconnaissent à ses jugements une force exécutoire dans tous les domaines, ils disent : « Le principe est que quiconque est capable de trancher les différends entre les gens peut rendre valablement la justice, à l’exception de l’imamat suprême, expressément exclu par le consensus. »

L’exigence de la condition libre ne fait l’objet d’aucune divergence. De même, au sein de l’école de Mālik, nul ne conteste que l’ouïe, la vue et la parole sont des conditions du maintien du juge dans sa fonction, et non de la validité de sa nomination. Cela tient au fait que, parmi les qualités

[كِتَابُ الْأَقْضِيَةِ] [الْبَابُ الْأَوَّلُ فِي مَعْرِفَةِ مَنْ يَجُوزُ قَضَاؤُهُ] ِ وَأُصُولُ هَذَا الْكِتَابِ تَنْحَصِرُ فِي سِتَّةِ أَبْوَابٍ: أَحَدُهَا: فِي مَعْرِفَةِ مَنْ يَجُوزُ قَضَاؤُهُ. وَالثَّانِي: فِي مَعْرِفَةِ مَا يَقْضِي بِهِ. وَالثَّالِثُ: فِي مَعْرِفَةِ مَا يَقْضِي فِيهِ. وَالرَّابِعُ: فِي مَعْرِفَةِ مَنْ يَقْضِي عَلَيْهِ أَوْ لَهُ. وَالْخَامِسُ: فِي كَيْفِيَّةِ الْقَضَاءِ. وَالسَّادِسُ: فِي وَقْتِ الْقَضَاءِ. الْبَابُ الْأَوَّلُ: فِي مَعْرِفَةِ مَنْ يَجُوزُ قَضَاؤُهُ النَّظَرُ فِي هَذَا الْبَابِ فِيمَنْ يَجُوزُ قَضَاؤُهُ، وَفِيمَا يَكُونُ بِهِ أَفْضَلَ. فَأَمَّا الصِّفَاتُ الْمُشْتَرَطَةُ فِي الْجَوَازِ فَأَنْ يَكُونَ حُرًّا مُسْلِمًا، بَالِغًا، ذَكَرًا، عَاقِلًا، عَدْلًا. وَقَدْ قِيلَ فِي الْمَذْهَبِ: إِنَّ الْفِسْقَ يُوجِبُ الْعَزْلَ، وَيُمْضِي مَا حَكَمَ بِهِ. وَاخْتَلَفُوا فِي كَوْنِهِ مِنْ أَهْلِ الِاجْتِهَادِ، فَقَالَ الشَّافِعِيُّ: يَجِبُ أَنْ يَكُونَ مِنْ أَهْلِ الِاجْتِهَادِ، وَمِثْلُهُ حَكَى عَبْدُ الْوَهَّابِ عَنِ الْمَذْهَبِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يَجُوزُ حُكْمُ الْعَامِّيِّ. قَالَ الْقَاضِي: وَهُوَ ظَاهِرُ مَا حَكَاهُ جَدِّي - رَحْمَةُ اللَّهِ عَلَيْهِ - فِي الْمُقَدِّمَاتِ عَنِ الْمَذْهَبِ؛ لِأَنَّهُ جَعَلَ كَوْنَ الِاجْتِهَادِ فِيهِ مِنَ الصِّفَاتِ الْمُسْتَحَبَّةِ. وَكَذَلِكَ اخْتَلَفُوا فِي اشْتِرَاطِ الذُّكُورَةِ، فَقَالَ الْجُمْهُورُ: هِيَ شَرْطٌ فِي صِحَّةِ الْحُكْمِ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يَجُوزُ أَنْ تَكُونَ الْمَرْأَةُ قَاضِيًا فِي الْأَمْوَالِ، قَالَ الطَّبَرِيُّ: يَجُوزُ أَنْ تَكُونَ الْمَرْأَةُ حَاكِمًا عَلَى الْإِطْلَاقِ فِي كُلِّ شَيْءٍ. قَالَ عَبْدُ الْوَهَّابِ: وَلَا أَعْلَمُ بَيْنَهُمُ اخْتِلَافًا فِي اشْتِرَاطِ الْحُرِّيَّةِ. فَمَنْ رَدَّ قَضَاءَ الْمَرْأَةِ شَبَّهَهُ بِقَضَاءِ الْإِمَامَةِ الْكُبْرَى، وَقَاسَهَا أَيْضًا عَلَى الْعَبْدِ؛ لِنُقْصَانِ حُرْمَتِهَا، وَمَنْ أَجَازَ حُكْمَهَا فِي الْأَمْوَالِ فَتَشْبِيهًا بِجَوَازِ شَهَادَتِهَا فِي الْأَمْوَالِ، وَمَنْ رَأَى حُكْمَهَا نَافِذًا فِي كُلِّ شَيْءٍ قَالَ: إِنَّ الْأَصْلَ هُوَ أَنَّ كُلَّ مَنْ يَتَأَتَّى مِنْهُ الْفَصْلُ بَيْنَ النَّاسِ فَحُكْمُهُ جَائِزٌ إِلَّا مَا خَصَّصَهُ الْإِجْمَاعُ مِنَ الْإِمَامَةِ الْكُبْرَى. وَأَمَّا اشْتِرَاطُ الْحُرِّيَّةِ فَلَا خِلَافَ فِيهِ، وَلَا خِلَافَ فِي مَذْهَبِ مَالِكٍ أَنَّ السَّمْعَ وَالْبَصَرَ وَالْكَلَامَ مُشْتَرَطَةٌ فِي اسْتِمْرَارِ وِلَايَتِهِ، وَلَيْسَ شَرْطًا فِي جَوَازِ وِلَايَتِهِ. وَذَلِكَ أَنَّ مِنْ صِفَاتِ

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