Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

: si, d’après ce hadith, l’intervalle entre la prière de l’après-midi et le coucher du soleil est plus court que celui qui sépare le début de l’horaire de midi de la prière de l’après-midi, alors l’horaire de cette dernière doit nécessairement commencer lorsque l’ombre dépasse la hauteur de l’objet, et ce moment doit correspondre à la fin de l’horaire de midi.

Abū Muhammad ibn Hazm a dit :
« Il n’en est pas comme ils le pensent. J’ai vérifié la chose et constaté que l’ombre atteint une longueur égale à la hauteur de l’objet après neuf heures et une fraction d’heure écoulées dans la journée. »

Le juge dit :
« C’est moi qui hésite sur la fraction ; il me semble qu’il a dit : “et un tiers”. »

L’argument de ceux qui soutiennent la continuité des deux horaires — j’entends une continuité indivisible, sans séparation — est cette parole du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix :
« L’horaire d’une prière ne prend fin que lorsque commence celui d’une autre. »
Ce hadith est établi.

Quant au moment recommandé et préférable pour accomplir la prière de midi, Mālik estime que, pour celui qui prie seul, il s’agit du début de son horaire. Dans les mosquées où l’on prie en groupe, il est recommandé de la retarder légèrement.

Al-Shāfi‘ī a dit : « Le début de l’horaire est préférable, sauf en cas de forte chaleur. » Un avis semblable est également rapporté de Mālik. Un groupe de savants estime toutefois que le début de l’horaire est préférable sans restriction, que l’on prie seul ou en groupe, par temps chaud ou froid.

Leur divergence tient aux différences entre les hadiths. Deux hadiths établis sont en effet rapportés à ce sujet. Le premier est cette parole du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix :
« Lorsque la chaleur devient intense, retardez la prière jusqu’à ce qu’elle s’atténue, car la chaleur intense provient du souffle brûlant de la Géhenne. »

Le second rapporte :
« Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — accomplissait la prière de midi au plus fort de la chaleur. »

Le hadith de Khabbāb rapporte également :
« Ils se plaignirent auprès de lui de la chaleur du sol brûlant, mais il ne fit pas droit à leur plainte. »
Ce hadith est rapporté par Muslim.

Zuhayr, le transmetteur du hadith, rapporte cet échange avec son maître Abū Ishāq :
« Je lui demandai : “Était-ce à propos de la prière de midi ?” Il répondit : “Oui.” Je demandai : “S’agissait-il de l’accomplir dès le début de son horaire ?” Il répondit : “Oui.” »

Certains ont donc donné la prépondérance au hadith prescrivant d’attendre que la chaleur s’atténue, parce qu’il est explicite, et ont interprété les autres hadiths, qui ne le sont pas.

D’autres ont donné la prépondérance à ces derniers, en raison de la portée générale de ce qui est rapporté du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix :
« Lorsqu’on lui demanda : “Quelle est la meilleure œuvre ?”, il répondit : “La prière au début de son horaire.” »
Ce hadith est rapporté par al-Bukhārī et Muslim, mais l’ajout qu’il contient — je veux dire : « au début de son horaire » — fait l’objet d’une divergence.

Deuxième question

Ils divergent sur deux points concernant la prière de l’après-midi : le premier porte sur le chevauchement du début de son horaire avec la fin de celui de la prière de midi ; le second concerne la fin de son horaire.

Concernant le chevauchement, Mālik, al-Shāfi‘ī, Dāwūd et un groupe de savants s’accordent sur le fait que le début de l’horaire de l’après-midi correspond exactement à la fin de celui de midi, lorsque l’ombre de chaque chose atteint une longueur égale à sa hauteur. Mālik considère toutefois que la fin de l’horaire de midi et le début de celui de l’après-midi constituent une plage horaire commune aux deux prières (c’est-à-dire d’une durée permettant d’accomplir quatre unités de prière).

وَهُوَ أَنَّهُ إِذَا كَانَ مِنَ الْعَصْرِ إِلَى الْغُرُوبِ أَقْصَرَ مِنْ أَوَّلِ الظُّهْرِ إِلَى الْعَصْرِ عَلَى مَفْهُومِ هَذَا الْحَدِيثِ، فَوَاجِبٌ أَنْ يَكُونَ أَوَّلَ الْعَصْرِ أَكْثَرُ مِنْ قَامَةٍ، وَأَنْ يَكُونَ هَذَا هُوَ آخِرَ وَقْتِ الظُّهْرِ. قَالَ أَبُو مُحَمَّدِ بْنُ حَزْمٍ: وَلَيْسَ كَمَا ظَنُّوا وَقَدِ امْتَحَنْتُ الْأَمْرَ فَوَجَدْتُ الْقَامَةَ تَنْتَهِي مِنَ النَّهَارِ إِلَى تِسْعِ سَاعَاتٍ وَكَسْرٍ. قَالَ الْقَاضِي: أَنَا الشَّاكُّ فِي الْكَسْرِ، وَأَظُنُّهُ قَالَ: وَثُلُثٍ. حُجَّةُ مَنْ قَالَ بِاتِّصَالِ الْوَقْتَيْنِ، (أَعْنِي اتِّصَالًا - لَا بِفَصْلٍ - غَيْرَ مُنْقَسِمٍ) قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَا يَخْرُجُ وَقْتُ صَلَاةٍ حَتَّى يَدْخُلَ وَقْتُ أُخْرَى» ، وَهُوَ حَدِيثٌ ثَابِتٌ. وَأَمَّا وَقْتُهَا الْمُرَغَّبُ فِيهِ وَالْمُخْتَارُ، فَذَهَبَ مَالِكٌ إِلَى أَنَّهُ لِلْمُنْفَرِدِ أَوَّلُ الْوَقْتِ وَيُسْتَحَبُّ تَأْخِيرُهَا عَنْ أَوَّلِ الْوَقْتِ قَلِيلًا فِي مَسَاجِدِ الْجَمَاعَاتِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: أَوَّلُ الْوَقْتِ أَفْضَلُ إِلَّا فِي شِدَّةِ الْحَرِّ. وَرُوِيَ مِثْلُ ذَلِكَ عَنْ مَالِكٍ، وَقَالَتْ طَائِفَةٌ: أَوَّلُ الْوَقْتِ أَفْضَلُ بِإِطْلَاقٍ لِلْمُنْفَرِدِ وَالْجَمَاعَةِ وَفِي الْحَرِّ وَالْبَرْدِ وَإِنَّمَا اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ لِاخْتِلَافِ الْأَحَادِيثِ، وَذَلِكَ أَنَّ فِي ذَلِكَ حَدِيثَيْنِ ثَابِتَيْنِ: أَحَدُهُمَا: قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «إِذَا اشْتَدَّ الْحَرُّ، فَأَبْرِدُوا عَنِ الصَّلَاةِ، فَإِنَّ شِدَّةَ الْحَرِّ مِنْ فَيْحِ جَهَنَّمَ» وَالثَّانِي: «أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - كَانَ يُصَلِّي الظُّهْرَ بِالْهَاجِرَةِ» وَفِي حَدِيثِ خَبَّابٍ «أَنَّهُمْ شَكَوْا إِلَيْهِ حَرَّ الرَّمْضَاءِ، فَلَمْ يَشْكُهُمْ» خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ. قَالَ زُهَيْرٌ رَاوِي الْحَدِيثِ: قُلْتُ لِأَبِي إِسْحَاقَ شَيْخِهِ أَفِي الظُّهْرِ؟ قَالَ: نَعَمْ، قُلْتُ: أَفِي تَعْجِيلِهَا؟ قَالَ: نَعَمْ. فَرَجَّحَ قَوْمٌ حَدِيثَ الْإِبْرَادِ إِذْ هُوَ نَصٌّ، وَتَأَوَّلُوا هَذِهِ الْأَحَادِيثَ إِذْ لَيْسَتْ بِنَصٍّ. وَقَوْمٌ رَجَّحُوا هَذِهِ الْأَحَادِيثَ لِعُمُومِ مَا رُوِيَ مِنْ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - «وَقَدْ سُئِلَ: أَيُّ الْأَعْمَالِ أَفْضَلُ؟ قَالَ: الصَّلَاةُ لِأَوَّلِ مِيقَاتِهَا» ، وَالْحَدِيثُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ، وَهَذِهِ الزِّيَادَةُ فِيهِ، (أَعْنِي: «لِأَوَّلِ مِيقَاتِهَا» مُخْتَلَفٌ فِيهَا. الْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ: اخْتَلَفُوا مِنْ صَلَاةِ الْعَصْرِ فِي مَوْضِعَيْنِ: أَحَدُهُمَا: فِي اشْتِرَاكِ أَوَّلِ وَقْتِهَا مَعَ آخِرِ وَقْتِ صَلَاةِ الظُّهْرِ. وَالثَّانِي: فِي آخِرِ وَقْتِهَا، فَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي الِاشْتِرَاكِ فَإِنَّهُ اتَّفَقَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ وَدَاوُدُ، وَجَمَاعَةٌ عَلَى أَنَّ أَوَّلَ وَقْتِ الْعَصْرِ هُوَ بِعَيْنِهِ آخِرُ وَقْتِ الظُّهْرِ، وَذَلِكَ إِذَا صَارَ ظِلُّ كُلِّ شَيْءٍ مِثْلَهُ، إِلَّا أَنَّ مَالِكًا يَرَى أَنَّ آخِرَ وَقْتِ الظُّهْرِ وَأَوَّلَ وَقْتِ الْعَصْرِ هُوَ وَقْتٌ مُشْتَرَكٌ لِلصَّلَاتَيْنِ مَعًا: (أَعْنِي: بِقَدْرِ مَا يُصَلِّي فِيهِ أَرْبَعَ رَكَعَاتٍ)

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