Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Quant à Sa parole :

« Ou que leurs mains et leurs pieds opposés soient coupés. »

[La Table servie : 33]

Elle signifie qu’on lui coupe la main droite et le pied gauche. S’il récidive, on lui coupe ensuite la main gauche et le pied droit.

Ils divergent sur le cas où il n’a pas de main droite. Ibn al-Qāsim affirme qu’on lui coupe la main gauche et le pied droit. Ashhab estime, quant à lui, qu’on lui coupe la main gauche et le pied gauche.

Ils divergent également sur Sa parole :

« Ou qu’ils soient bannis de la terre. »

[La Table servie : 33]

Selon un avis, le bannissement désigne l’emprisonnement. Selon un autre, il consiste à expulser le condamné d’une localité vers une autre, où il est emprisonné jusqu’à ce que son repentir soit manifeste. C’est l’avis qu’Ibn al-Qāsim rapporte de Mālik. La distance entre les deux localités doit atteindre au moins celle qui permet de raccourcir la prière. Ces deux avis sont rapportés de Mālik ; Abū Hanīfa retient le premier.

Ibn al-Mājishūn déclare : « Le bannissement désigne leur fuite devant le gouvernant qui cherche à leur appliquer la peine légale. En revanche, il n’est pas question de bannir le brigand après sa capture. »

Al-Shāfi‘ī affirme : « Le bannissement n’est pas recherché en lui-même ; mais s’ils prennent la fuite, nous les contraignons à errer à travers les contrées en les poursuivant. » Selon un autre avis, il constitue une peine voulue pour elle-même. Dans cette perspective, il a été dit que le condamné est banni et emprisonné à perpétuité. Tous ces avis sont rapportés d’al-Shāfi‘ī.

Selon une autre interprétation, les mots :

« Ou qu’ils soient bannis. »

[La Table servie : 33]

Signifient qu’ils sont expulsés du territoire de l’Islam vers le territoire de guerre.

Le sens qui paraît s’imposer est toutefois que le bannissement consiste à les éloigner de leur pays, conformément à cette parole du Très-Haut :

« Si Nous leur avions prescrit : “Tuez-vous vous-mêmes” ou “Quittez vos demeures”… »

[Les Femmes : 66]

Ainsi, Il a mis sur le même plan le bannissement et la mise à mort. Le bannissement est une peine connue dans les pratiques habituelles, comme les coups et la mise à mort. Toute autre signification qu’on lui attribue n’est reconnue ni par la pratique ni par l’usage.

[Chapitre quatrième : Ce dont le repentir décharge l’auteur du brigandage]

Chapitre quatrième : Du repentir qui le décharge de ses obligations

Le fondement de ce qui le décharge des droits dont il doit répondre est cette parole du Très-Haut :

« Excepté ceux qui se repentent avant que vous ne vous empariez d’eux. »

[La Table servie : 34]

Les divergences à ce sujet portent sur quatre points.

Le premier : son repentir est-il accepté ?

Le deuxième : s’il est accepté, quelles sont les caractéristiques du brigand dont le repentir est accepté ?

Les savants soutiennent à ce sujet deux avis.

Selon le premier, qui est le plus connu, son repentir est accepté, conformément à cette parole du Très-Haut :

« Excepté ceux qui se repentent avant que vous ne vous empariez d’eux. »

[La Table servie : 34]

Selon le second, son repentir n’est pas accepté. Cet avis est soutenu par ceux qui considèrent que le verset n’a pas été révélé au sujet des brigands.

Quant aux modalités du repentir qui écarte la peine, ils divergent selon trois avis.

Selon le premier, son repentir peut prendre deux formes : soit il renonce à ses agissements, même sans se présenter au gouvernant ; soit il dépose les armes et se présente volontairement à lui. C’est la position d’Ibn al-Qāsim.

وَأَمَّا قَوْلُهُ: {أَوْ تُقَطَّعَ أَيْدِيهِمْ وَأَرْجُلُهُمْ مِنْ خِلافٍ} [المائدة: ٣٣] فَمَعْنَاهُ أَنْ تُقْطَعَ يَدُهُ الْيُمْنَى وَرِجْلُهُ الْيُسْرَى، ثُمَّ إِنْ عَادَ قُطِعَتْ يَدُهُ الْيُسْرَى وَرِجْلُهُ الْيُمْنَى. وَاخْتُلِفَ إِذَا لَمْ تَكُنْ لَهُ الْيُمْنَى، فَقَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ: تُقْطَعُ يَدُهُ الْيُسْرَى وَرِجْلُهُ الْيُمْنَى، وَقَالَ أَشْهَبُ: تُقْطَعُ يَدُهُ الْيُسْرَى وَرِجْلُهُ الْيُسْرَى. وَاخْتُلِفَ أَيْضًا فِي قَوْلِهِ: {أَوْ يُنْفَوْا مِنَ الأَرْضِ} [المائدة: ٣٣] ، فَقِيلَ: إِنَّ النَّفْيَ هُوَ السَّجْنُ، وَقِيلَ: إِنَّ النَّفْيَ هُوَ أَنْ يُنْفَى مِنْ بَلَدٍ إِلَى بَلَدٍ، فَيُسْجَنَ فِيهِ إِلَى أَنْ تَظْهَرَ تَوْبَتُهُ، وَهُوَ قَوْلُ ابْنِ الْقَاسِمِ، عَنْ مَالِكٍ. وَيَكُونُ بَيْنَ الْبَلَدَيْنِ أَقَلُّ مَا تُقْصَرُ فِيهِ الصَّلَاةُ. وَالْقَوْلَانِ عَنْ مَالِكٍ، وَبِالْأَوَّلِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ. وَقَالَ ابْنُ الْمَاجِشُونِ: مَعْنَى النَّفْيِ هُوَ فِرَارُهُمْ مِنَ الْإِمَامِ؛ لِإِقَامَةِ الْحَدِّ عَلَيْهِمْ، فَأَمَّا أَنْ يُنْفَى بَعْدَ أَنْ يُقْدَرَ عَلَيْهِ فَلَا. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: أَمَّا النَّفْيُ فَغَيْرُ مَقْصُودٍ، وَلَكِنْ إِنْ هَرَبُوا شَرَّدْنَاهُمْ فِي الْبِلَادِ بِالِاتِّبَاعِ. وَقِيلَ: هِيَ عُقُوبَةٌ مَقْصُودَةٌ، فَقِيلَ عَلَى هَذَا: يُنْفَى وَيُسْجَنُ دَائِمًا. وَكُلُّهَا عَنِ الشَّافِعِيِّ. وَقِيلَ: مَعْنَى {أَوْ يُنْفَوْا} [المائدة: ٣٣] أَيْ: مِنْ أَرْضِ الْإِسْلَامِ إِلَى أَرْضِ الْحَرْبِ. وَالَّذِي يَظْهَرُ هُوَ أَنَّ النَّفْيَ تَغْرِيبُهُمْ عَنْ وَطَنِهِمْ؛ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {وَلَوْ أَنَّا كَتَبْنَا عَلَيْهِمْ أَنِ اقْتُلُوا أَنْفُسَكُمْ أَوِ اخْرُجُوا مِنْ دِيَارِكُمْ} [النساء: ٦٦] الْآيَةَ. فَسَوَّى بَيْنَ النَّفْيِ وَالْقَتْلِ، وَهِيَ عُقُوبَةٌ مَعْرُوفَةٌ بِالْعَادَةِ مِنَ الْعُقُوبَاتِ كَالضَّرْبِ وَالْقَتْلِ، وَكُلُّ مَا يُقَالُ فِيهِ سِوَى هَذَا فَلَيْسَ مَعْرُوفًا لَا بِالْعَادَةِ وَلَا بِالْعُرْفِ. [الْبَابُ الرَّابِعُ ما تسقطه التوبة عَنْ المحارب] الْبَابُ الرَّابِعُ: فِي مُسْقِطِ الْوَاجِبِ عَنْهُ مِنَ التَّوْبَةِ وَأَمَّا مَا يُسْقِطُ الْحَقَّ الْوَاجِبَ عَلَيْهِ فَإِنَّ الْأَصْلَ فِيهِ قَوْله تَعَالَى: {إِلا الَّذِينَ تَابُوا مِنْ قَبْلِ أَنْ تَقْدِرُوا عَلَيْهِمْ} [المائدة: ٣٤] . وَاخْتُلِفَ مِنْ ذَلِكَ فِي أَرْبَعَةِ مَوَاضِعَ: أَحَدُهَا: هَلْ تُقْبَلُ تَوْبَتُهُ؟ وَالثَّانِي: إِنْ قُبِلَتْ فَمَا صِفَةُ الْمُحَارِبِ الَّذِي تُقْبَلُ تَوْبَتُهُ؟ فَإِنَّ لِأَهْلِ الْعِلْمِ فِي ذَلِكَ قَوْلَيْنِ: قَوْلٌ: إِنَّهُ تُقْبَلُ تَوْبَتُهُ، وَهُوَ أَشْهَرُ؛ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {إِلا الَّذِينَ تَابُوا مِنْ قَبْلِ أَنْ تَقْدِرُوا عَلَيْهِمْ} [المائدة: ٣٤] . وَقَوْلٌ: إِنَّهُ لَا تُقْبَلُ تَوْبَتُهُ، قَالَ ذَلِكَ مَنْ قَالَ: إِنَّ الْآيَةَ لَمْ تَنْزِلْ فِي الْمُحَارِبِينَ. وَأَمَّا صِفَةُ التَّوْبَةِ الَّتِي تُسْقِطُ الْحُكْمَ فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِيهَا عَلَى ثَلَاثَةِ أَقْوَالٍ: أَحَدُهَا: أَنَّ تَوْبَتَهُ تَكُونُ بِوَجْهَيْنِ: أَحَدُهُمَا: أَنْ يَتْرُكَ مَا هُوَ عَلَيْهِ، وَإِنْ لَمْ يَأْتِ الْإِمَامَ. وَالثَّانِي: أَنْ يُلْقِيَ سِلَاحَهُ، وَيَأْتِيَ الْإِمَامَ طَائِعًا. وَهُوَ مَذْهَبُ ابْنِ الْقَاسِمِ.

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