Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Chapitre deuxième : De l’auteur du brigandage]

L’auteur du brigandage est toute personne dont la vie était inviolable avant qu’elle ne commette cet acte, à savoir le musulman et le non-musulman bénéficiant du pacte de protection.

[Chapitre troisième : Des peines et obligations qui incombent à l’auteur du brigandage]

Concernant ce qui incombe à l’auteur du brigandage, les savants s’accordent à reconnaître qu’il doit répondre à la fois du droit d’Allah et des droits des hommes. Ils s’accordent également à considérer que les peines relevant du droit d’Allah sont la mise à mort, la crucifixion, l’amputation de la main et du pied opposé, ainsi que le bannissement, conformément à ce qu’Allah le Très-Haut a énoncé dans le verset relatif au brigandage.

Ils divergent toutefois sur ces peines : peut-on choisir entre elles, ou sont-elles déterminées selon la gravité du crime commis par le brigand ?

Mālik affirme que, si le brigand a tué, il doit nécessairement être mis à mort. Le gouvernant ne peut opter ni pour son amputation ni pour son bannissement ; son choix se limite à la mise à mort ou à la crucifixion.

S’il s’est emparé de biens sans tuer, le bannissement est exclu : le choix porte uniquement sur la mise à mort, la crucifixion ou l’amputation de la main et du pied opposé. S’il s’est seulement livré à l’intimidation des voyageurs, le gouvernant peut, selon Mālik, choisir entre sa mise à mort, sa crucifixion, son amputation ou son bannissement.

Par ce choix, Mālik entend que la décision relève de l’appréciation du gouvernant. Si le brigand possède des capacités de réflexion et d’organisation, cette appréciation doit conduire à sa mise à mort ou à sa crucifixion, car l’amputation ne met pas fin à sa capacité de nuire. S’il ne possède pas ces capacités et ne dispose que de force et de combativité, le gouvernant lui fait amputer une main et le pied opposé. S’il ne présente aucune de ces deux caractéristiques, il lui applique la peine la plus légère, à savoir les coups et le bannissement.

Al-Shāfi‘ī, Abū Hanīfa et un groupe de savants estiment que ces peines correspondent aux infractions selon une répartition établie par la Loi : parmi les brigands, seul celui qui a tué est mis à mort ; seul celui qui s’est emparé de biens est amputé ; et seul celui qui n’a ni pris de biens ni tué est banni.

D’autres soutiennent, au contraire, que le gouvernant dispose d’un choix absolu entre ces peines, que le brigand ait tué ou non, qu’il se soit emparé de biens ou non.

Cette divergence tient à l’interprétation de la conjonction « ou » dans le verset : exprime-t-elle un choix ou une répartition des peines selon les crimes commis ? Mālik retient la répartition pour certaines catégories de brigands et le choix pour d’autres.

Ils divergent également sur le sens de cette parole du Très-Haut :

« Ou qu’ils soient crucifiés. »

[La Table servie : 33]

Certains estiment que le condamné est crucifié jusqu’à ce qu’il meure de faim. D’autres considèrent que cela signifie qu’il doit subir à la fois la mise à mort et la crucifixion. Parmi ces derniers, certains affirment qu’il est d’abord mis à mort, puis crucifié : c’est l’avis d’Ashhab. Selon un autre avis, il est crucifié vivant, puis mis à mort sur le gibet : c’est l’avis d’Ibn al-Qāsim et d’Ibn al-Mājishūn.

Selon ceux qui préconisent de le mettre d’abord à mort, puis de le crucifier, la prière funéraire est accomplie sur lui avant la crucifixion. Parmi ceux qui estiment qu’il doit être mis à mort sur le gibet, certains affirment que l’on n’accomplit pas la prière funéraire sur lui, à titre de châtiment exemplaire. Selon un autre avis, on se tient derrière le gibet et l’on accomplit sur lui la prière funéraire.

Sahnūn déclare : « S’il est mis à mort sur le gibet, on l’en descend et l’on accomplit sur lui la prière funéraire. » Faut-il ensuite l’y remettre après la prière ? Deux avis sont rapportés de lui à ce sujet.

Abū Hanīfa et ses disciples estiment qu’il ne doit pas rester sur le gibet plus de trois jours.

[الْبَابُ الثَّانِي فِي النَّظَرِ فِي الْمُحَارِبِ] فَأَمَّا الْمُحَارِبُ فَهُوَ كُلُّ مَنْ كَانَ دَمُهُ مَحْقُونًا قَبْلَ الْحِرَابَةِ، وَهُوَ الْمُسْلِمُ وَالذِّمِّيُّ. [الْبَابُ الثَّالِثُ فِيمَا يَجِبُ عَلَى الْمُحَارِبِ] وَأَمَّا مَا يَجِبُ عَلَى الْمُحَارِبِ فَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ يَجِبُ عَلَيْهِ حَقٌّ لِلَّهِ وَحَقٌّ لِلْآدَمِيِّينَ، وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ حَقَّ اللَّهِ هُوَ الْقَتْلُ وَالصَّلْبُ وَقَطْعُ الْأَيْدِي وَقَطْعُ الْأَرْجُلِ مِنْ خِلَافٍ، وَالنَّفْيُ عَلَى مَا نَصَّ اللَّهُ تَعَالَى فِي آيَةِ الْحِرَابَةِ. وَاخْتَلَفُوا فِي هَذِهِ الْعُقُوبَاتِ هَلْ هِيَ عَلَى التَّخْيِيرِ أَوْ مُرَتَّبَةٌ عَلَى قَدْرِ جِنَايَةِ الْمُحَارِبِ؟ فَقَالَ مَالِكٌ: إِنْ قَتَلَ فَلَا بُدَّ مِنْ قَتْلِهِ، وَلَيْسَ لِلْإِمَامِ تَخْيِيرٌ فِي قَطْعِهِ وَلَا فِي نَفْيِهِ، وَإِنَّمَا التَّخْيِيرُ فِي قَتْلِهِ أَوْ صَلْبِهِ. وَأَمَّا إِنْ أَخَذَ الْمَالَ، وَلَمْ يَقْتُلْ - فَلَا تَخْيِيرَ فِي نَفْيِهِ، وَإِنَّمَا التَّخْيِيرُ فِي قَتْلِهِ، أَوْ صَلْبِهِ، أَوْ قَطْعِهِ مِنْ خِلَافٍ. وَأَمَّا إِذَا أَخَافَ السَّبِيلَ فَقَطْ فَالْإِمَامُ عِنْدَهُ مُخَيَّرٌ فِي قَتْلِهِ، أَوْ صَلْبِهِ، أَوْ قَطْعِهِ، أَوْ نَفْيِهِ. وَمَعْنَى التَّخْيِيرِ عِنْدَهُ أَنَّ الْأَمْرَ رَاجِعٌ فِي ذَلِكَ إِلَى اجْتِهَادِ الْإِمَامِ؛ فَإِنْ كَانَ الْمُحَارِبُ مِمَّنْ لَهُ الرَّأْيُ وَالتَّدْبِيرُ فَوَجْهُ الِاجْتِهَادِ قَتْلُهُ أَوْ صَلْبُهُ؛ لِأَنَّ الْقَطْعَ لَا يَرْفَعُ ضَرَرَهُ. وَإِنْ كَانَ لَا رَأْيَ لَهُ، وَإِنَّمَا هُوَ ذُو قُوَّةٍ وَبَأْسٍ - قَطَعَهُ مِنْ خِلَافٍ. وَإِنْ كَانَ لَيْسَ فِيهِ شَيْءٌ مِنْ هَاتَيْنِ الصِّفَتَيْنِ أَخَذَ بِأَيْسَرِ ذَلِكَ فِيهِ، وَهُوَ الضَّرْبُ وَالنَّفْيُ. وَذَهَبَ الشَّافِعِيُّ، وَأَبُو حَنِيفَةَ وَجَمَاعَةٌ مِنَ الْعُلَمَاءِ إِلَى أَنَّ هَذِهِ الْعُقُوبَةَ هِيَ مُرَتَّبَةٌ عَلَى الْجِنَايَاتِ الْمَعْلُومِ مِنَ الشَّرْعِ تَرْتِيبُهَا عَلَيْهِ، فَلَا يُقْتَلُ مِنَ الْمُحَارِبِينَ إِلَّا مَنْ قَتَلَ، وَلَا يُقْطَعُ إِلَّا مَنْ أَخَذَ الْمَالَ، وَلَا يُنْفَى إِلَّا مَنْ لَمْ يَأْخُذِ الْمَالَ وَلَا قَتَلَ. وَقَالَ قَوْمٌ: بَلِ الْإِمَامُ مُخَيَّرٌ فِيهِمْ عَلَى الْإِطْلَاقِ، وَسَوَاءٌ قَتَلَ أَمْ لَمْ يَقْتُلْ، أَخَذَ الْمَالَ أَوْ لَمْ يَأْخُذْهُ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ هَلْ حَرْفُ " أَوْ " فِي الْآيَةِ لِلتَّخْيِيرِ؟ أَوْ لِلتَّفْصِيلِ عَلَى حَسَبِ جِنَايَاتِهِمْ؟ وَمَالِكٌ حَمَلَ الْبَعْضَ مِنَ الْمُحَارِبِينَ عَلَى التَّفْصِيلِ، وَالْبَعْضَ عَلَى التَّخْيِيرِ. وَاخْتَلَفُوا فِي مَعْنَى قَوْلِهِ: {أَوْ يُصَلَّبُوا} [المائدة: ٣٣] ، فَقَالَ قَوْمٌ: إِنَّهُ يُصْلَبُ حَتَّى يَمُوتَ جُوعًا، وَقَالَ قَوْمٌ: بَلْ مَعْنَى ذَلِكَ أَنَّهُ يُقْتَلُ وَيُصْلَبُ مَعًا. وَهَؤُلَاءِ مِنْهُمْ مَنْ قَالَ: يُقْتَلُ أَوَّلًا، ثُمَّ يُصْلَبُ، وَهُوَ قَوْلُ أَشْهَبَ. وَقِيلَ: إِنَّهُ يُصْلَبُ حَيًّا، ثُمَّ يُقْتَلُ فِي الْخَشَبَةِ، وَهُوَ قَوْلُ ابْنِ الْقَاسِمِ وَابْنِ الْمَاجِشُونِ. وَمَنْ رَأَى أَنَّهُ يُقْتَلُ أَوَّلًا، ثُمَّ يُصْلَبُ - صُلِّيَ عَلَيْهِ عِنْدَهُ قَبْلَ الصَّلْبِ، وَمَنْ رَأَى أَنَّهُ يُقْتَلُ فِي الْخَشَبَةِ فَقَالَ بَعْضُهُمْ: لَا يُصَلَّى عَلَيْهِ تَنْكِيلًا لَهُ، وَقِيلَ: يَقِفُ خَلْفَ الْخَشَبَةِ وَيُصَلِّي عَلَيْهِ. وَقَالَ سَحْنُونٌ: إِذَا قُتِلَ فِي الْخَشَبَةِ أُنْزِلَ مِنْهَا، وَصُلِّيَ عَلَيْهِ. وَهَلْ يُعَادُ إِلَى الْخَشَبَةِ بَعْدَ الصَّلَاةِ؟ فِيهِ قَوْلَانِ عَنْهُ. وَذَهَبَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ أَنَّهُ لَا يَبْقَى عَلَى الْخَشَبَةِ أَكْثَرَ مِنْ ثَلَاثَةِ أَيَّامٍ.

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