Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

ainsi que sur cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix — :

« Si c’était Fātima, fille de Muhammad, je lui appliquerais la peine légale. »

Et sur celle qu’il adressa à Safwān :

« Pourquoi ne l’as-tu pas fait avant de me l’amener ? »

Ils divergent au sujet du voleur qui dérobe un bien dont le vol entraîne l’amputation, puis est déféré au dirigeant, alors que le propriétaire lui a fait don du bien volé, ou le lui donne après que l’affaire a été portée devant le dirigeant, mais avant l’amputation. Mālik et al-Shāfi‘ī estiment que la peine légale doit lui être appliquée, puisque l’affaire a été portée devant le dirigeant. Abū Hanīfa et un groupe de savants considèrent qu’aucune peine légale ne lui est applicable.

Le principal argument de la majorité est le hadith transmis par Mālik, d’après Ibn Shihāb, d’après Safwān ibn ‘Abd Allāh ibn Safwān ibn Umayya, selon lequel on lui avait dit :

« Celui qui n’a pas émigré est perdu. »

Safwān ibn Umayya se rendit alors à Médine et dormit dans la mosquée, son manteau sous la tête. Un voleur vint et s’empara de son manteau. Safwān l’appréhenda et l’amena au Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix —, qui ordonna de lui couper la main. Safwān dit alors :

« Ce n’est pas ce que je voulais, ô Messager d’Allah ! Je lui en fais l’aumône ! »

Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — répondit :

« Pourquoi ne l’as-tu pas fait avant de me l’amener ? »

Les moyens d’établir le vol

Ils s’accordent pour considérer que le vol est établi par le témoignage de deux témoins intègres, ainsi que par l’aveu d’une personne de condition libre. Ils divergent, en revanche, sur l’aveu de l’esclave. La majorité des jurisconsultes des grands centres estiment que son aveu entraîne l’application de la peine légale à son encontre, mais ne lui impose aucune obligation d’indemniser.

Zufar considère que l’aveu de l’esclave ne saurait entraîner sa mise à mort ni l’amputation de sa main, puisqu’il est la propriété de son maître. Shurayh, al-Shāfi‘ī, Qatāda et un groupe de savants partagent cet avis.

Si l’auteur de l’aveu se rétracte en invoquant un motif de doute, sa rétractation est admise. S’il se rétracte sans invoquer un tel motif, deux avis sont rapportés de Mālik à ce sujet. C’est ainsi que les juristes de Bagdad présentent la position de l’école. Les auteurs postérieurs ont établi sur cette question des distinctions détaillées qui ne conviennent pas à l’objet du présent ouvrage, mais relèvent plutôt du développement des cas particuliers au sein de l’école.

وَقَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَوْ كَانَتْ فَاطِمَةَ بِنْتَ مُحَمَّدٍ لَأَقَمْتُ عَلَيْهَا الْحَدَّ» ، وَقَوْلُهُ لِصَفْوَانَ: «هَلَّا كَانَ ذَلِكَ قَبْلَ أَنْ تَأْتِيَنِي بِهِ؟» . وَاخْتَلَفُوا فِي السَّارِقِ يَسْرِقُ مَا يَجِبُ فِيهِ الْقَطْعُ، فَيُرْفَعُ إِلَى الْإِمَامِ، وَقَدْ وَهَبَهُ صَاحِبُ السَّرِقَةِ مَا سَرَقَهُ، أَوْ يَهَبُهُ لَهُ بَعْدَ الرَّفْعِ وَقَبْلَ الْقَطْعِ - فَقَالَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ: عَلَيْهِ الْحَدُّ؛ لِأَنَّهُ قَدْ رُفِعَ إِلَى الْإِمَامِ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَطَائِفَةٌ: لَا حَدَّ عَلَيْهِ. فَعُمْدَةُ الْجُمْهُورِ حَدِيثُ مَالِكٍ عَنِ ابْنِ شِهَابٍ عَنْ صَفْوَانَ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ صَفْوَانَ بْنِ أُمَيَّةَ أَنَّهُ قِيلَ لَهُ: «إِنَّ مَنْ لَمْ يُهَاجِرْ هَلَكَ، فَقَدِمَ صَفْوَانُ بْنُ أُمَيَّةَ إِلَى الْمَدِينَةِ، فَنَامَ فِي الْمَسْجِدِ، وَتَوَسَّدَ رِدَاءَهُ. فَجَاءَ سَارِقٌ، فَأَخَذَ رِدَاءَهُ، فَأَخَذَ صَفْوَانُ السَّارِقَ، فَجَاءَ بِهِ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، فَأَمَرَ بِهِ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنْ تُقْطَعَ يَدُهُ. فَقَالَ صَفْوَانُ: لَمْ أُرِدْ هَذَا يَا رَسُولَ اللَّهِ! هُوَ عَلَيْهِ صَدَقَةٌ! فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: فَهَلَّا قَبْلَ أَنْ تَأْتِيَنِي بِهِ» . الْقَوْلُ فِيمَا تَثْبُتُ بِهِ السَّرِقَةُ وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ السَّرِقَةَ تَثْبُتُ بِشَاهِدَيْنِ عَدْلَيْنِ، وَعَلَى أَنَّهَا تَثْبُتُ بِإِقْرَارِ الْحُرِّ. وَاخْتَلَفُوا فِي إِقْرَارِ الْعَبْدِ، فَقَالَ جُمْهُورُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ: إِقْرَارُهُ عَلَى نَفْسِهِ مُوجِبٌ لِحَدِّهِ، وَلَيْسَ يُوجِبُ عَلَيْهِ غُرْمًا. وَقَالَ زُفَرُ: لَا يَجِبُ بِإِقْرَارُ الْعَبْدِ عَلَى نَفْسِهِ بِمَا يُوجِبُ قَتْلَهُ، وَلَا قَطْعَ يَدِهِ؛ لِكَوْنِهِ مَالًا لِمَوْلَاهُ. وَبِهِ قَالَ شُرَيْحٌ، وَالشَّافِعِيُّ، وَقَتَادَةُ، وَجَمَاعَةٌ. وَإِنْ رَجَعَ عَنِ الْإِقْرَارِ إِلَى شُبْهَةٍ قُبِلَ رُجُوعُهُ. وَإِنْ رَجَعَ إِلَى غَيْرِ شُبْهَةٍ فَعَنْ مَالِكٍ فِي ذَلِكَ رِوَايَتَانِ، هَكَذَا حَكَى الْبَغْدَادِيُّونَ عَنِ الْمَذْهَبِ. وَلِلْمُتَأَخِّرِينَ فِي ذَلِكَ تَفْصِيلٌ لَيْسَ يَلِيقُ بِهَذَا الْغَرَضِ، وَإِنَّمَا هُوَ لَائِقٌ بِتَفْرِيعِ الْمَذْهَبِ.

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