Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

pour le vol de fruits ni de cœur de palmier. » Ce hadith a en effet été rapporté ainsi, sans restriction ni ajout. Pour exclure l’amputation lorsque le bien volé est d’une nature dont l’acquisition est originellement libre, il s’appuie également sur la présomption de droit que tout propriétaire peut faire valoir à son égard. Les savants s’accordent en effet pour dire que l’amputation ne s’applique que si le voleur ne peut se prévaloir d’aucune présomption de propriété sur le bien volé.

Ils divergent toutefois sur ce qui constitue une présomption suffisante pour écarter la peine légale et sur ce qui n’en constitue pas une. L’absence d’une telle présomption est donc elle aussi une condition relative au bien volé, dont l’examen porte sur trois aspects : sa nature, sa valeur et les conditions qui s’y rapportent. Cette question sera abordée plus loin.

Dans ce même chapitre, consacré à la nature du bien volé, ils divergent au sujet de l’exemplaire du Coran. Mālik et al-Shāfi‘ī estiment que celui qui le vole doit subir l’amputation, tandis qu’Abū Hanīfa considère qu’il ne doit pas la subir. Peut-être Abū Hanīfa fonde-t-il cet avis sur l’interdiction de le vendre, ou sur le fait que chacun y possède un droit, puisqu’il ne constitue pas un bien patrimonial.

Ils divergent également sur celui qui vole un jeune esclave non arabophone, qui ne comprend ni ne saisit les paroles qu’on lui adresse. La majorité estime qu’il doit subir l’amputation. Si l’esclave est adulte et comprend ce qu’on lui dit, Mālik considère que le voleur doit subir l’amputation, tandis qu’Abū Hanīfa estime qu’il ne doit pas la subir.

Ils divergent aussi au sujet de l’enfant libre. Selon Mālik, celui qui le vole doit subir l’amputation ; selon Abū Hanīfa, il ne doit pas la subir. Ce dernier avis est également celui d’Ibn al-Mājishūn, parmi les disciples de Mālik. Comme nous l’avons indiqué, ils s’accordent pour dire qu’une forte présomption de propriété écarte cette peine légale.

Ils divergent néanmoins sur les présomptions qui suffisent à l’écarter et celles qui ne suffisent pas. Parmi les cas concernés figure celui de l’esclave qui vole les biens de son maître. La majorité des savants estime qu’il ne doit pas subir l’amputation. Abū Thawr considère, au contraire, qu’il doit la subir, sans poser de condition. Les tenants de l’école littéraliste estiment qu’il doit la subir, sauf si son maître lui a confié ses biens. Pour Mālik, le serviteur auquel la peine doit être épargnée doit assurer personnellement le service de son maître. Al-Shāfi‘ī a tantôt posé cette condition, tantôt non. ‘Umar — qu’Allah l’agrée — et Ibn Mas‘ūd se sont prononcés pour que la peine soit écartée, sans qu’aucun Compagnon ne les ait contredits.

Un autre cas est celui de l’époux qui vole les biens de son conjoint. Mālik considère que, si chacun dispose d’une pièce distincte où se trouvent ses effets, celui qui vole les biens de l’autre doit subir l’amputation. Al-Shāfi‘ī estime que la prudence commande de n’amputer aucun des deux époux, en raison du doute lié à leur communauté de vie et à leurs droits sur les biens. On rapporte toutefois également de lui un avis identique à celui de Mālik, qu’al-Muzanī a retenu.

Un autre cas concerne les liens de parenté. Selon l’école de Mālik, seul le père est exempté de l’amputation lorsqu’il vole les biens de son fils, en vertu de cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix — :

« Toi et tes biens appartenez à ton père. »

Les autres parents doivent subir l’amputation. Al-Shāfi‘ī considère que les ascendants et les descendants en ligne directe ne doivent pas la subir, c’est-à-dire le père, les grands-pères, les fils et les fils des

فِي ثَمَرٍ وَلَا كَثَرٍ» . وَذَلِكَ أَنَّ هَذَا الْحَدِيثَ رُوِيَ هَكَذَا مُطْلَقًا مِنْ غَيْرِ زِيَادَةٍ. وَعُمْدَتُهُ أَيْضًا فِي مَنْعِ الْقَطْعِ فِيمَا أَصْلُهُ مُبَاحٌ الشُّبْهَةُ الَّتِي فِيهِ لِكُلِّ مَالِكٍ، وَذَلِكَ أَنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ مِنْ شَرْطِ الْمَسْرُوقِ الَّذِي يَجِبُ فِيهِ الْقَطْعُ أَنْ لَا يَكُونَ لِلسَّارِقِ فِيهِ شُبْهَةُ مِلْكٍ. وَاخْتَلَفُوا فِيمَا هُوَ شُبْهَةٌ تَدْرَأُ الْحَدَّ مِمَّا لَيْسَ بِشُبْهَةٍ، وَهَذَا هُوَ أَيْضًا أَحَدُ الشُّرُوطِ الْمُشْتَرَطَةِ فِي الْمَسْرُوقِ هُوَ فِي ثَلَاثَةِ مَوَاضِعَ: فِي جِنْسِهِ، وَقَدْرِهِ، وَشُرُوطِهِ. وَسَتَأْتِي هَذِهِ الْمَسْأَلَةُ فِيمَا بَعْدُ. وَاخْتَلَفُوا مِنْ هَذَا الْبَابِ - أَعْنِي: مِنَ النَّظَرِ فِي جِنْسِ الْمَسْرُوقِ - فِي الْمُصْحَفِ، فَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ: يُقْطَعُ سَارِقُهُ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا يُقْطَعُ. وَلَعَلَّ هَذَا مِنْ أَبِي حَنِيفَةَ بِنَاءً عَلَى أَنَّهُ لَا يَجُوزُ بَيْعُهُ. أَوْ أَنَّ لِكُلِّ أَحَدٍ فِيهِ حَقًّا؛ إِذْ لَيْسَ بِمَالٍ. وَاخْتَلَفُوا مِنْ هَذَا الْبَابِ فِيمَنْ سَرَقَ صَغِيرًا مَمْلُوكًا أَعْجَمِيًّا مِمَّنْ لَا يَفْقَهُ وَلَا يَعْقِلُ الْكَلَامَ؛ فَقَالَ الْجُمْهُورُ: يُقْطَعُ. وَأَمَّا إِنْ كَانَ كَبِيرًا يَفْقَهُ فَقَالَ مَالِكٌ: يُقْطَعُ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا يُقْطَعُ. وَاخْتَلَفُوا فِي الْحُرِّ الصَّغِيرِ، فَعِنْدَ مَالِكٍ أَنَّ سَارِقَهُ يُقْطَعُ، وَلَا يُقْطَعُ عِنْدَ أَبِي حَنِيفَةَ، وَهُوَ قَوْلُ ابْنِ الْمَاجِشُونِ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ. وَاتَّفَقُوا كَمَا قُلْنَا أَنَّ شُبْهَةَ الْمِلْكِ الْقَوِيَّةَ تَدْرَأُ هَذَا الْحَدَّ. وَاخْتَلَفُوا فِيمَا هُوَ شُبْهَةٌ يَدْرَأُ مِنْ ذَلِكَ مِمَّا لَا يَدْرَأُ مِنْهَا. فَمِنْهَا الْعَبْدُ يَسْرِقُ مَالَ سَيِّدِهِ، فَإِنَّ الْجُمْهُورَ مِنَ الْعُلَمَاءِ عَلَى أَنَّهُ لَا يُقْطَعُ، وَقَالَ أَبُو ثَوْرٍ: يُقْطَعُ، وَلَمْ يَشْتَرِطْ شَرْطًا. وَقَالَ أَهْلُ الظَّاهِرِ: يُقْطَعُ إِلَّا أَنْ يَأْتَمِنَهُ سَيِّدُهُ. وَاشْتَرَطَ مَالِكٌ فِي الْخَادِمِ الَّذِي يَجِبُ أَنْ يُدْرَأَ عَنْهُ الْحَدُّ أَنْ يَكُونَ يَلِي الْخِدْمَةَ لِسَيِّدِهِ بِنَفْسِهِ. وَالشَّافِعِيُّ مَرَّةً اشْتَرَطَ هَذَا، وَمَرَّةً لَمْ يَشْتَرِطْهُ. وَبِدَرْءِ الْحَدِّ قَالَ عُمَرُ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ - وَابْنُ مَسْعُودٍ، وَلَا مُخَالِفَ لَهُمَا مِنَ الصَّحَابَةِ. وَمِنْهَا أَحَدُ الزَّوْجَيْنِ يَسْرِقُ مِنْ مَالِ الْآخَرِ، فَقَالَ مَالِكٌ: إِذَا كَانَ كُلُّ وَاحِدٍ يَنْفَرِدُ بِبَيْتٍ فِيهِ مَتَاعُهُ فَالْقَطْعُ عَلَى مَنْ سَرَقَ مِنْ مَالِ صَاحِبِهِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: الِاحْتِيَاطُ أَنْ لَا قَطْعَ عَلَى أَحَدِ الزَّوْجَيْنِ؛ لِشُبْهَةِ الِاخْتِلَاطِ، وَشُبْهَةِ الْمَالِ. وَقَدْ رُوِيَ عَنْهُ مِثْلُ قَوْلِ مَالِكٍ، وَاخْتَارَهُ الْمُزَنِيُّ. وَمِنْهَا الْقَرَابَاتُ، فَمَذْهَبُ مَالِكٍ فِيهَا أَنْ لَا يُقْطَعَ الْأَبُ فِيمَا سَرَقَ مِنْ مَالِ الِابْنِ فَقَطْ؛ لِقَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «أَنْتَ وَمَالُكَ لِأَبِيكَ» ، وَيُقْطَعُ مَا سِوَاهُمْ مِنَ الْقَرَابَاتِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا يُقْطَعُ عَمُودُ النَّسَبِ الْأَعْلَى وَالْأَسْفَلِ، يَعْنِي: الْأَبَ وَالْأَجْدَادَ وَالْأَبْنَاءَ وَأَبْنَاءَ

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies