Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Mālik et nombre de ceux qui exigent un lieu de garde estiment que le voleur doit avoir la main coupée dès que le bien est sorti de la pièce. Abū Yūsuf et Muhammad considèrent, quant à eux, que l’amputation ne s’applique qu’une fois le bien sorti de l’habitation.

Ils divergent également sur la tombe : constitue-t-elle un lieu de garde, de sorte que le pilleur de tombes doive subir l’amputation, ou non ? Mālik, al-Shāfi‘ī, Ahmad et un groupe de savants estiment qu’elle constitue un lieu de garde et que le pilleur de tombes doit subir l’amputation. ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz partage cet avis. Abū Hanīfa considère, en revanche, qu’il ne doit pas la subir. Sufyān al-Thawrī est du même avis, également rapporté de Zayd ibn Thābit.

Chez Mālik, le lieu de garde désigne, de manière générale, tout endroit où l’on conserve habituellement le bien de la nature de celui qui a été volé. Ainsi, les lieux où l’on attache les bêtes constituent, selon lui, des lieux de garde, de même que les contenants et les vêtements portés. La personne tient donc lieu de garde pour tout ce qu’elle porte ou garde auprès d’elle.

Lorsqu’une personne endormie place un objet sous sa tête, elle constitue pour cet objet un lieu de garde, conformément au hadith de Safwān ibn Umayya, qui sera cité plus loin. En revanche, ce qui est pris à une personne éveillée relève d’une soustraction à la dérobée. Selon Mālik, celui qui vole les bijoux ou les autres objets portés par un enfant ne doit pas subir l’amputation, à moins qu’une personne ne soit présente pour veiller sur lui. Celui qui vole quelque chose dans la Kaaba ne doit pas non plus, selon lui, subir l’amputation ; il en va de même pour les mosquées. Un autre avis rapporté au sein de l’école veut toutefois que l’amputation s’applique lorsque le vol y est commis de nuit.

Les cas particuliers relevant de ce chapitre sont nombreux, selon ce qui constitue ou non un lieu de garde. Ceux qui retiennent cette condition s’accordent pour dire que toute personne pouvant être considérée comme ayant sorti un bien de son lieu de garde doit subir l’amputation, qu’elle se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur de ce lieu.

Lorsque l’attribution de cet acte est incertaine, il y a divergence. Ainsi, au sein de l’école, les avis diffèrent sur le cas de deux voleurs, dont l’un se trouve à l’intérieur d’une pièce et l’autre à l’extérieur : le premier approche le bien volé d’une ouverture de la pièce, puis le second le saisit. Selon un avis, celui qui se trouve à l’extérieur et saisit le bien doit subir l’amputation ; selon un autre, aucun des deux ne doit la subir ; selon un troisième, elle s’applique à celui qui a approché le bien de l’ouverture.

Toutes ces divergences reviennent à déterminer si l’on peut ou non qualifier l’intéressé de personne ayant sorti le bien de son lieu de garde. Voilà donc ce qu’il en est du lieu de garde et de son exigence comme condition de l’amputation. Celui qui jette le bien volé hors de son lieu de garde, puis le récupère à l’extérieur, doit subir l’amputation. Mālik a toutefois suspendu son jugement sur le cas où le voleur est arrêté après avoir jeté le bien, mais avant d’être lui-même sorti. Ibn al-Qāsim estime qu’il doit subir l’amputation.

Section

Quant à la nature du bien volé, les savants s’accordent pour dire que le vol de tout bien détenu en propriété, autre qu’un être humain, dont la vente et la cession moyennant contrepartie sont licites, entraîne l’amputation. Font exception les denrées alimentaires fraîches et les biens dont l’acquisition est originellement libre, au sujet desquels ils divergent. La majorité estime que l’amputation s’applique au vol de tout bien ayant une valeur patrimoniale, dont la vente et la cession moyennant contrepartie sont licites. Abū Hanīfa considère, en revanche, qu’elle ne s’applique ni au vol de nourriture ni à celui des biens dont l’acquisition est originellement libre, comme le gibier, le bois et l’herbe.

Le principal argument de la majorité est la portée générale du verset prescrivant l’amputation, ainsi que celle des traditions qui fixent un seuil minimal. Pour exclure l’amputation en cas de vol de denrées alimentaires fraîches, Abū Hanīfa s’appuie principalement sur cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix — : « Pas d’amputation

فَقَالَ مَالِكٌ وَكَثِيرٌ مِمَّنِ اشْتَرَطَ الْحِرْزَ: تُقْطَعُ يَدُهُ إِذَا أُخْرِجَ مِنَ الْبَيْتِ، وَقَالَ أَبُو يُوسُفَ، وَمُحَمَّدٌ: لَا قَطْعَ عَلَيْهِ إِلَّا إِذَا أُخْرِجَ مِنَ الدَّارِ. وَمِنْهَا اخْتِلَافُهُمْ فِي الْقَبْرِ هَلْ هُوَ حِرْزٌ حَتَّى يَجِبَ الْقَطْعُ عَلَى النَّبَّاشِ؟ أَوْ لَيْسَ بِحِرْزٍ؟ فَقَالَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ، وَأَحْمَدُ، وَجَمَاعَةٌ: هُوَ حِرْزٌ، وَعَلَى النَّبَّاشِ الْقَطْعُ، وَبِهِ قَالَ عُمَرُ بْنُ عَبْدِ الْعَزِيزِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا قَطْعَ عَلَيْهِ. وَكَذَلِكَ قَالَ سُفْيَانُ الثَّوْرِيُّ، وَرُوِيَ ذَلِكَ عَنْ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ. وَالْحِرْزُ عِنْدَ مَالِكٍ بِالْجُمْلَةِ هُوَ كُلُّ شَيْءٍ جَرَتِ الْعَادَةُ بِحِفْظِ ذَلِكَ الشَّيْءِ الْمَسْرُوقِ فِيهِ، فَمَرَابِطُ الدَّوَابِّ عِنْدَهُ أَحْرَازٌ، وَكَذَلِكَ الْأَوْعِيَةُ، وَمَا عَلَى الْإِنْسَانِ مِنَ اللِّبَاسِ، فَالْإِنْسَانُ حِرْزٌ لِكُلِّ مَا عَلَيْهِ أَوْ هُوَ عِنْدَهُ. وَإِذَا تَوَسَّدَ النَّائِمُ شَيْئًا فَهُوَ لَهُ حِرْزٌ عَلَى مَا جَاءَ فِي حَدِيثِ صَفْوَانَ بْنِ أُمَيَّةَ، وَسَيَأْتِي بَعْدُ. وَمَا أَخَذَهُ مِنَ الْمُنْتَبِهِ فَهُوَ اخْتِلَاسٌ. وَلَا يُقْطَعُ عِنْدَ مَالِكٍ سَارِقُ مَا كَانَ عَلَى الصَّبِيِّ مِنَ الْحُلِيِّ أَوْ غَيْرِهِ إِلَّا أَنْ يَكُونَ مَعَهُ حَافِظٌ يَحْفَظُهُ، وَمَنْ سَرَقَ مِنَ الْكَعْبَةِ شَيْئًا لَمْ يُقْطَعْ عِنْدَهُ، وَكَذَلِكَ مِنَ الْمَسَاجِدِ. وَقَدْ قِيلَ فِي الْمَذْهَبِ: إِنَّهُ إِنْ سَرَقَ مِنْهَا لَيْلًا قُطِعَ. وَفُرُوعُ هَذَا الْبَابِ كَثِيرَةٌ فِيمَا هُوَ حِرْزٌ وَمَا لَيْسَ بِحِرْزٍ. وَاتَّفَقَ الْقَائِلُونَ بِالْحِرْزِ عَلَى أَنَّ كُلَّ مَنْ سُمِّيَ مُخْرِجًا لِلشَّيْءِ مِنْ حِرْزِهِ وَجَبَ عَلَيْهِ الْقَطْعُ، وَسَوَاءٌ أَكَانَ دَاخِلَ الْحِرْزِ أَوْ خَارِجَهُ. وَإِذَا تَرَدَّدَتِ التَّسْمِيَةُ وَقَعَ الْخِلَافُ مِثْلَ اخْتِلَافِ الْمَذْهَبِ إِذَا كَانَا سَارِقَيْنِ: أَحَدُهُمَا دَاخِلَ الْبَيْتِ، وَالْآخَرُ خَارِجَهُ. فَقَرَّبَ أَحَدُهُمَا الْمَتَاعَ الْمَسْرُوقَ إِلَى ثُقْبٍ فِي الْبَيْتِ فَتَنَاوَلَهُ الْآخَرُ، فَقِيلَ: الْقَطْعُ عَلَى الْخَارِجِ الْمُتَنَاوِلِ لَهُ، وَقِيلَ: لَا قَطْعَ عَلَى وَاحِدٍ مِنْهُمَا، وَقِيلَ: الْقَطْعُ عَلَى الْمُقَرِّبِ لِلْمَتَاعِ مِنَ الثُّقْبِ. وَالْخِلَافُ فِي هَذَا كُلِّهِ آيِلٌ إِلَى انْطِلَاقِ اسْمِ الْمُخْرِجِ مِنَ الْحِرْزِ عَلَيْهِ أَوْ لَا انْطِلَاقِهِ. فَهَذَا هُوَ الْقَوْلُ فِي الْحِرْزِ وَاشْتِرَاطِهِ فِي وُجُوبِ الْقَطْعِ. وَمَنْ رَمَى بِالْمَسْرُوقِ مِنَ الْحِرْزِ، ثُمَّ أَخَذَهُ خَارِجَ الْحِرْزِ -قُطِعَ. وَقَدْ تَوَقَّفَ مَالِكٌ فِيهِ إِذَا أُخِذَ بَعْدَ رَمْيِهِ وَقَبْلَ أَنْ يَخْرُجَ، وَقَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ: يُقْطَعُ. فَصْلٌ: وَأَمَّا جِنْسُ الْمَسْرُوقِ فَإِنَّ الْعُلَمَاءَ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ كُلَّ مُتَمَلَّكٍ غَيْرَ نَاطِقٍ يَجُوزُ بَيْعُهُ وَأَخْذُ الْعِوَضِ مِنْهُ، فَإِنَّهُ يَجِبُ فِي سَرِقَتِهِ الْقَطْعُ مَا عَدَا الْأَشْيَاءَ الرَّطْبَةَ الْمَأْكُولَةَ، وَالْأَشْيَاءَ الَّتِي أَصْلُهَا مُبَاحَةٌ فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ؛ فَذَهَبَ الْجُمْهُورُ إِلَى أَنَّ الْقَطْعَ فِي كُلِّ مُتَمَوَّلٍ يَجُوزُ بَيْعُهُ وَأَخْذُ الْعِوَضِ فِيهِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا قَطْعَ فِي الطَّعَامِ، وَلَا فِيمَا أَصْلُهُ مُبَاحٌ كَالصَّيْدِ وَالْحَطَبِ وَالْحَشِيشِ. فَعُمْدَةُ الْجُمْهُورِ عُمُومُ الْآيَةِ الْمُوجِبَةِ لِلْقَطْعِ وَعُمُومُ الْآثَارِ الْوَارِدَةِ فِي اشْتِرَاطِ النِّصَابِ. وَعُمْدَةُ أَبِي حَنِيفَةَ فِي مَنْعِهِ الْقَطْعَ فِي الطَّعَامِ الرَّطْبِ قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَا قَطْعَ

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