Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Sur ce sujet, ils divergent à propos d’un cas bien connu : celui où plusieurs personnes volent ensemble un bien dont la valeur atteint le seuil minimal entraînant l’amputation, sans que la part de chacune atteigne ce seuil. Cela se produit lorsqu’elles sortent ensemble le bien de son lieu de garde, par exemple un ballot ou un coffre dont la valeur atteint ce seuil. Mālik estime qu’elles doivent toutes subir l’amputation. Al-Shāfi‘ī, Ahmad et Abū Thawr partagent cet avis. Abū Hanīfa considère, quant à lui, qu’aucune ne doit la subir tant que ce que chacune a pris n’atteint pas le seuil minimal.

Ceux qui imposent l’amputation à tous considèrent que la peine dépend uniquement de la valeur du bien volé : c’est cette valeur qui justifie l’amputation afin de protéger les biens. En revanche, ceux qui estiment que l’amputation a été subordonnée à ce montant, et exclue en deçà, en raison du caractère inviolable de la main, disent : « On ne coupe pas plusieurs mains pour un bien dont le vol n’entraîne, selon la Loi, que l’amputation d’une seule. »

Ils divergent également sur la date à retenir pour évaluer le bien volé. Selon Mālik, c’est le jour du vol ; selon Abū Hanīfa, c’est le jour où le voleur est condamné à l’amputation.

La deuxième condition d’application de cette peine légale est que le bien se trouve dans un lieu de garde. Tous les juristes des grandes villes dont les avis font autorité, ainsi que leurs disciples, s’accordent à en faire une condition de l’amputation, même s’ils divergent sur ce qui constitue ou non un tel lieu. La définition la plus juste paraît être la suivante : tout ce qui sert habituellement à protéger les biens pour en rendre la prise difficile, comme les dispositifs de fermeture, les enclos et autres protections semblables. Ils divergent aussi sur l’acte par lequel le voleur est considéré comme ayant sorti le bien de son lieu de garde, ainsi que nous l’exposerons plus loin.

Parmi ceux qui retiennent cette condition figurent Mālik, Abū Hanīfa, al-Shāfi‘ī, al-Thawrī et leurs disciples. Les zāhirites et un groupe de spécialistes du hadith estiment, en revanche, que quiconque vole un bien atteignant le seuil minimal doit subir l’amputation, même s’il le prend hors d’un lieu de garde.

Le principal argument de la majorité est le hadith de ‘Amr ibn Shu‘ayb, transmis d’après son père, d’après son grand-père, selon lequel le Prophète — sur lui la prière et la paix — a dit :

« Pas d’amputation pour le vol de fruits encore suspendus aux arbres, ni pour celui de bétail au pâturage dans la montagne. Mais lorsque le bétail a été ramené à l’enclos ou les fruits déposés sur l’aire de séchage, l’amputation s’applique si le bien volé atteint la valeur d’un bouclier. »

Ils invoquent également le récit transmis par Mālik, dont la chaîne omet le Compagnon, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Abd al-Rahmān ibn Abī Husayn al-Makkī, et dont le sens rejoint celui du hadith de ‘Amr ibn Shu‘ayb.

Le principal argument des zāhirites est la portée générale de cette parole du Très-Haut :

« Le voleur et la voleuse, coupez-leur la main. »

[Al-Mā’ida : 38], et la suite du verset.

Ils disent : « Il faut donc conserver au verset sa portée générale, sauf sur les points où la sunna authentiquement établie en restreint l’application. Or, celle-ci a distingué le montant entraînant l’amputation de celui qui ne l’entraîne pas. » Ils rejettent le hadith de ‘Amr ibn Shu‘ayb en raison des divergences concernant les hadiths qu’il transmet. Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr a toutefois déclaré : « Il est obligatoire de mettre en pratique les hadiths de ‘Amr ibn Shu‘ayb lorsque des transmetteurs dignes de confiance les rapportent. »

Quant à ceux qui exigent que le bien soit dans un lieu de garde, ils s’accordent sur certains cas et divergent sur d’autres. Ainsi, ils reconnaissent que la porte d’une pièce et son verrou constituent une protection, mais divergent au sujet des contenants. Ils s’accordent également sur le fait que celui qui vole dans une pièce d’une habitation dont l’occupation n’est pas partagée ne doit subir l’amputation qu’une fois sorti de l’habitation. En revanche, ils divergent sur le cas d’une habitation partagée :

وَاخْتَلَفُوا مِنْ هَذَا الْبَابِ فِي فَرْعٍ مَشْهُورٍ، وَهُوَ إِذَا سَرَقَتِ الْجَمَاعَةُ مَا يَجِبُ فِيهِ الْقَطْعُ - أَعْنِي: نِصَابًا - دُونَ أَنْ يَكُونَ حَظُّ كُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ نِصَابًا، وَذَلِكَ بِأَنْ يُخْرِجُوا النِّصَابَ مِنَ الْحِرْزِ مَعًا، مِثْلَ أَنْ يَكُونَ عِدْلًا أَوْ صُنْدُوقًا يُسَاوِي النِّصَابَ. فَقَالَ مَالِكٌ: يُقْطَعُونَ جَمِيعًا، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ، وَأَحْمَدُ، وَأَبُو ثَوْرٍ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا قَطْعَ عَلَيْهِمْ حَتَّى يَكُونَ مَا أَخَذَهُ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ نِصَابًا. فَمَنَ قَطَعَ الْجَمِيعَ رَأَى الْعُقُوبَةَ إِنَّمَا تَتَعَلَّقُ بِقَدْرِ مَالِ الْمَسْرُوقِ، أَيْ: أَنَّ هَذَا الْقَدْرَ مِنَ الْمَالِ الْمَسْرُوقِ هُوَ الَّذِي يُوجِبُ الْقَطْعَ لِحِفْظِ الْمَالِ. وَمَنْ رَأَى أَنَّ الْقَطْعَ إِنَّمَا عُلِّقَ بِهَذَا الْقَدْرِ لَا بِمَا دُونَهُ لِمَكَانِ حُرْمَةِ الْيَدِ - قَالَ: لَا تُقْطَعُ أَيْدٍ كَثِيرَةٌ فِيمَا أَوْجَبَ فِيهِ الشَّرْعُ قَطْعَ يَدٍ وَاحِدَةٍ. وَاخْتَلَفُوا مَتَى يُقَدَّرُ الْمَسْرُوقُ، فَقَالَ مَالِكٌ: يَوْمَ السَّرِقَةِ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يَوْمَ الْحُكْمِ عَلَيْهِ بِالْقَطْعِ. وَأَمَّا الشَّرْطُ الثَّانِي فِي وُجُوبِ هَذَا الْحَدِّ فَهُوَ الْحِرْزُ، وَذَلِكَ أَنَّ جَمِيعَ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ الَّذِينَ تَدُورُ عَلَيْهِمُ الْفَتْوَى وَأَصْحَابُهُمْ مُتَّفِقُونَ عَلَى اشْتِرَاطِ الْحِرْزِ فِي وُجُوبِ الْقَطْعِ، وَإِنْ كَانَ قَدِ اخْتَلَفُوا فِيمَا هُوَ حِرْزٌ مِمَّا لَيْسَ بِحِرْزٍ. وَالْأَشْبَهُ أَنْ يُقَالَ فِي حَدِّ الْحِرْزِ: إِنَّهُ مَا شَأْنُهُ أَنْ تُحْفَظَ بِهِ الْأَمْوَالُ كَيْ يَعْسُرَ أَخْذُهَا مِثْلَ الْأَغْلَاقِ وَالْحَظَائِرِ، وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ. وَفِي الْفِعْلِ الَّذِي إِذَا فَعَلَهُ السَّارِقُ اتَّصَفَ بِالْإِخْرَاجِ مِنَ الْحِرْزِ عَلَى مَا سَنَذْكُرُهُ بَعْدُ. وَمِمَّنْ ذَهَبَ إِلَى هَذَا مَالِكٌ، وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَالشَّافِعِيُّ وَالثَّوْرِيُّ وَأَصْحَابُهُمْ. وَقَالَ أَهْلُ الظَّاهِرِ وَطَائِفَةٌ مِنْ أَهْلِ الْحَدِيثِ: الْقَطْعُ عَلَى مَنْ سَرَقَ النِّصَابَ، وَإِنْ سَرَقَهُ مِنْ غَيْرِ حِرْزٍ. فَعُمْدَةُ الْجُمْهُورِ حَدِيثُ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِّهِ عَنِ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ قَالَ: «لَا قَطْعَ فِي ثَمَرٍ مُعَلَّقٍ، وَلَا فِي حَرِيسَةِ جَبَلٍ. فَإِذَا أَوَاهُ الْمُرَاحُ أَوِ الْجَرِينُ فَالْقَطْعُ فِيمَا بَلَغَ ثَمَنَ الْمِجَنِّ» . وَمُرْسَلُ مَالِكٍ أَيْضًا عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ أَبِي حُسَيْنٍ الْمَكِّيِّ بِمَعْنَى حَدِيثِ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ. وَعُمْدَةُ أَهْلِ الظَّاهِرِ عُمُومُ قَوْله تَعَالَى: {وَالسَّارِقُ وَالسَّارِقَةُ فَاقْطَعُوا أَيْدِيَهُمَا} [المائدة: ٣٨] الْآيَةَ. قَالُوا: فَوَجَبَ أَنْ تُحْمَلَ الْآيَةُ عَلَى عُمُومِهَا، إِلَّا مَا خَصَّصَتْهُ السُّنَّةُ الثَّابِتَةُ مِنْ ذَلِكَ. وَقَدْ خَصَّصَتِ السُّنَّةُ الثَّابِتَةُ الْمِقْدَارَ الَّذِي يُقْطَعُ فِيهِ مِنَ الَّذِي لَا يُقْطَعُ فِيهِ. وَرَدُّوا حَدِيثَ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ لِمَوْضِعِ الِاخْتِلَافِ الْوَاقِعِ فِي أَحَادِيثِ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ. وَقَالَ أَبُو عُمَرَ بْنُ عَبْدِ الْبَرِّ: أَحَادِيثُ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ الْعَمَلُ بِهَا وَاجِبٌ إِذَا رَوَاهَا الثِّقَاتُ. وَأَمَّا الْحِرْزُ عِنْدَ الَّذِينَ أَوْجَبُوهُ فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا مِنْهُ عَلَى أَشْيَاءَ وَاخْتَلَفُوا فِي أَشْيَاءَ، مِثْلَ اتِّفَاقِهِمْ عَلَى أَنَّ بَابَ الْبَيْتِ وَغَلْقَهُ حِرْزٌ، وَاخْتِلَافُهُمْ فِي الْأَوْعِيَةِ. وَمِثْلَ اتِّفَاقِهِمْ عَلَى أَنَّ مَنْ سَرَقَ مِنْ بَيْتِ دَارٍ غَيْرِ مُشْتَرَكَةِ السُّكْنَى أَنَّهُ لَا يُقْطَعُ حَتَّى يَخْرُجَ مِنَ الدَّارِ. وَاخْتِلَافُهُمْ فِي الدَّارِ الْمُشْتَرَكَةِ،

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