Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Parmi ces savants, ceux qui ne dégagent pas de ce hadith un motif justifiant d’étendre sa portée au-delà du cas particulier énoncé ne recommandent ce lavage qu’à celui qui se réveille. Ceux qui y voient pour motif le doute et donnent ainsi à cet énoncé particulier une portée générale recommandent ce lavage à quiconque doute de la pureté de sa main, car sa situation est comparable à celle du dormeur.

Le sens apparent de ce hadith est qu’il ne vise pas à établir le statut du lavage de la main dans les ablutions, mais celui de l’eau utilisée pour les accomplir, puisque cette eau doit être pure. Quant à ceux qui se fondent sur le fait que le Prophète — sur lui la prière et le salut — se lavait le plus souvent les mains avant de les introduire dans le récipient, cette pratique peut concerner le statut de la main : son lavage initial ferait alors partie des actes des ablutions. Elle peut aussi concerner le statut de l’eau : il s’agirait d’éviter qu’elle ne devienne impure ou que sa pureté ne soit mise en doute, si l’on admet que le doute a une incidence.

Troisième question, relative aux piliers

Les juristes ont divergé au sujet du rinçage de la bouche et de l’aspiration d’eau par le nez dans les ablutions. Ils ont émis trois avis :

Selon le premier, ces deux actes sont des pratiques de la sunna dans les ablutions. C’est l’avis de Mālik, d’al-Shāfi‘ī et d’Abū Hanīfa.

Selon le deuxième, ils sont tous deux obligatoires. C’est l’avis d’Ibn Abī Laylā et d’un groupe de disciples de Dāwūd.

Selon le troisième, l’aspiration d’eau par le nez est obligatoire, tandis que le rinçage de la bouche est une sunna. C’est l’avis d’Abū Thawr, d’Abū ‘Ubayda et d’un groupe de littéralistes.

Leur divergence sur le caractère obligatoire de ces actes ou leur appartenance à la sunna tient à leur appréciation des traditions prophétiques rapportées à ce sujet : les prescriptions qu’elles ajoutent entrent-elles ou non en contradiction avec le verset des ablutions ? Ceux qui estiment que ces prescriptions supplémentaires contrediraient le verset si elles étaient tenues pour obligatoires — puisque celui-ci vise à établir cette règle et à l’exposer clairement — leur donnent le statut de recommandations plutôt que d’obligations. Ceux qui n’y voient aucune contradiction les comprennent selon leur sens apparent, celui de l’obligation.

Ceux qui accordent aux paroles et aux actes rapportés la même valeur pour établir une obligation ne distinguent pas le rinçage de la bouche de l’aspiration d’eau par le nez. En revanche, ceux qui considèrent que la parole implique l’obligation, tandis que l’acte indique la recommandation, distinguent les deux. En effet, le rinçage de la bouche a été rapporté comme une pratique du Prophète — sur lui la prière et le salut —, mais non comme un ordre de sa part. Quant à l’aspiration d’eau par le nez, elle est attestée tant par ses ordres que par sa pratique. Il a ainsi dit — sur lui la prière et le salut :

« Lorsque l’un de vous fait ses ablutions, qu’il introduise de l’eau dans son nez, puis qu’il l’en expulse. Et que celui qui se nettoie au moyen de pierres le fasse un nombre impair de fois. »

Ce hadith est rapporté par Mālik dans son Muwatta’ et par al-Bukhārī dans son Sahīh, d’après Abū Hurayra.

Quatrième question, relative à la délimitation des parties concernées

Les savants s’accordent à considérer le lavage du visage, dans son principe, comme l’une des obligations des

وَمَنْ لَمْ يَفْهَمْ مِنْ هَؤُلَاءِ مِنْ هَذَا الْحَدِيثِ عِلَّةً تُوجِبُ عِنْدَهُ أَنْ يَكُونَ مِنْ بَابِ الْخَاصِّ أُرِيدَ بِهِ الْعَامُّ، كَانَ ذَلِكَ عِنْدَهُ مَنْدُوبًا لِلْمُسْتَيْقِظِ مِنَ النَّوْمِ فَقَطْ، وَمَنْ فَهِمَ مِنْهُ عِلَّةَ الشَّكِّ، وَجَعَلَهُ مِنْ بَابِ الْخَاصِّ أُرِيدَ بِهِ الْعَامُّ، كَانَ ذَلِكَ عِنْدَهُ لِلشَّاكِّ ; لِأَنَّهُ فِي مَعْنَى النَّائِمِ. وَالظَّاهِرُ مِنْ هَذَا الْحَدِيثِ أَنَّهُ لَمْ يُقْصَدْ بِهِ حُكْمُ الْيَدِ فِي الْوُضُوءِ، وَإِنَّمَا قُصِدَ بِهِ حُكْمُ الْمَاءِ الَّذِي يُتَوَضَّأُ بِهِ إِذْ كَانَ الْمَاءُ مُشْتَرَطًا فِيهِ الطَّهَارَةُ، وَأَمَّا مَنْ نَقَلَهُ مِنْ غَسْلِهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يَدَيْهِ قَبْلَ إِدْخَالِهَا فِي الْإِنَاءِ فِي أَكْثَرِ أَحْيَانِهِ، فَيُحْتَمَلُ أَنْ يَكُونَ مِنْ حُكْمِ الْيَدِ عَلَى أَنْ يَكُونَ غَسْلُهَا فِي الِابْتِدَاءِ مِنْ أَفْعَالِ الْوُضُوءِ، وَيُحْتَمَلُ أَنْ يَكُونَ مِنْ حُكْمِ الْمَاءِ، أَعْنِي أَنْ لَا يَنْجُسَ أَوْ يَقَعَ فِيهِ شَكٌّ إِنْ قُلْنَا إِنَّ الشَّكَّ مُؤَثِّرٌ. الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ مِنَ الْأَرْكَانِ اخْتَلَفُوا فِي الْمَضْمَضَةِ وَالِاسْتِنْشَاقِ فِي الْوُضُوءِ عَلَى ثَلَاثَةِ أَقْوَالٍ: قَوْلٌ: إِنَّهُمَا سُنَّتَانِ فِي الْوُضُوءِ، وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ وَالشَّافِعِيِّ وَأَبِي حَنِيفَةَ، وَقَوْلٌ: إِنَّهُمَا فَرْضٌ فِيهِ، وَبِهِ قَالَ ابْنُ أَبِي لَيْلَى وَجَمَاعَةٌ مِنْ أَصْحَابِ دَاوُدَ، وَقَوْلٌ: إِنَّ الِاسْتِنْشَاقَ فَرْضٌ وَالْمَضْمَضَةَ سُنَّةٌ، وَبِهِ قَالَ أَبُو ثَوْرٍ وَأَبُو عُبَيْدَةَ وَجَمَاعَةٌ مِنْ أَهْلِ الظَّاهِرِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي كَوْنِهَا فَرْضًا أَوْ سُنَّةً: اخْتِلَافُهُمْ فِي السُّنَنِ الْوَارِدَةِ فِي ذَلِكَ، هَلْ هِيَ زِيَادَةٌ تَقْتَضِي مُعَارَضَةَ آيَةِ الْوُضُوءِ أَوْ لَا تَقْتَضِي ذَلِكَ؟ فَمَنْ رَأَى أَنَّ هَذِهِ الزِّيَادَةَ إِنْ حُمِلَتْ عَلَى الْوُجُوبِ اقْتَضَتْ مُعَارَضَةَ الْآيَةِ، إِذِ الْمَقْصُودُ مِنَ الْآيَةِ تَأْصِيلُ هَذَا الْحُكْمِ وَتَبْيِينُهُ - أَخْرَجَهَا مِنْ بَابِ الْوُجُوبِ إِلَى بَابِ النَّدْبِ، وَمَنْ لَمْ يَرَ أَنَّهَا تَقْتَضِي مُعَارَضَةً حَمَلَهَا عَلَى الظَّاهِرِ مِنَ الْوُجُوبِ، وَمَنِ اسْتَوَتْ عِنْدَهُ هَذِهِ الْأَقْوَالُ وَالْأَفْعَالُ فِي حَمْلِهَا عَلَى الْوُجُوبِ لَمْ يُفَرِّقْ بَيْنَ الْمَضْمَضَةِ وَالِاسْتِنْشَاقِ، وَمَنْ كَانَ عِنْدَهُ الْقَوْلُ مَحْمُولًا عَلَى الْوُجُوبِ وَالْفِعْلُ مَحْمُولًا عَلَى النَّدْبِ فَرَّقَ بَيْنَ الْمَضْمَضَةِ وَالِاسْتِنْشَاقِ، وَذَلِكَ أَنَّ الْمَضْمَضَةَ نُقِلَتْ مِنْ فِعْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - وَلَمْ تُنْقَلْ مِنْ أَمْرِهِ. وَأَمَّا الِاسْتِنْشَاقُ فَمِنْ أَمْرِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - وَفِعْلِهِ، وَهُوَ قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «إِذَا تَوَضَّأَ أَحَدُكُمْ فَلْيَجْعَلْ فِي أَنْفِهِ مَاءً، ثُمَّ لْيَنْثُرْ، وَمَنِ اسْتَجْمَرَ فَلْيُوتِرْ» خَرَّجَهُ مَالِكٌ فِي مُوَطَّئِهِ، وَالْبُخَارِيُّ فِي صَحِيحِهِ مِنْ حَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ. الْمَسْأَلَةُ الرَّابِعَةُ مِنْ تَحْدِيدِ الْمَحَالِّ اتَّفَقَ الْعُلَمَاءُ عَلَى أَنَّ غَسْلَ الْوَجْهِ بِالْجُمْلَةِ مِنْ فَرَائِضِ

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