Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Livre de la qasāma (procédure de serments en matière d’homicide)]

Les savants divergent au sujet de la qasāma sur quatre questions qui constituent les fondements des règles particulières de ce chapitre.

Première question : faut-il statuer sur la base de la qasāma ou non ?

Deuxième question : si l’on admet qu’il faut y recourir, entraîne-t-elle une condamnation à mort, le paiement d’une indemnité, ou simplement le rejet de la demande ?

Troisième question : les demandeurs doivent-ils prêter serment en premier, ou les défendeurs ? Combien d’ayants droit doivent prêter serment ?

Quatrième question : qu’est-ce qui constitue une présomption justifiant que les demandeurs prêtent serment en premier ?

Première question

Concernant l’obligation de statuer sur cette base, considérée dans son principe, la majorité des jurisconsultes des grandes cités l’admettent : Mālik, al-Shāfi‘ī, Abū Hanīfa, Ahmad, Sufyān, Dāwūd et leurs disciples, ainsi que d’autres jurisconsultes de ces cités.

Un groupe de savants, parmi lesquels Sālim ibn ‘Abd Allāh, Abū Qilāba, ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz et Ibn ‘Ulayya, considère au contraire qu’il n’est pas permis de statuer sur cette base.

La majorité s’appuie principalement sur ce qui est établi du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — dans le hadith de Huwayyisa et de Muhayyisa. Les spécialistes du hadith s’accordent sur son authenticité, mais divergent sur sa formulation, comme nous le verrons plus loin.

Concernant l’obligation de statuer sur cette base, le second groupe avance principalement que la qasāma contrevient à des principes de la Loi dont la validité fait consensus. L’un de ces principes veut que nul ne prête serment que sur ce qu’il sait avec certitude ou a directement constaté par ses sens. S’il en est ainsi, comment les ayants droit de la victime pourraient-ils prêter serment alors qu’ils n’ont pas été témoins du meurtre ? Ils peuvent même se trouver dans une localité alors que le meurtre a été commis dans une autre.

À ce propos, al-Bukhārī rapporte d’Abū Qilāba que ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz fit un jour installer son siège devant les gens, puis leur accorda la permission d’entrer auprès de lui. Il demanda :
— « Que dites-vous de la qasāma ? »
Les personnes présentes élevèrent la voix et dirent :
— « Nous disons

[كِتَابُ الْقَسَامَةِ] ِ اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي الْقَسَامَةِ فِي أَرْبَعَةِ مَوَاضِعَ تَجْرِي مَجْرَى الْأُصُولِ لِفُرُوعِ هَذَا الْبَابِ: الْمَسْأَلَةُ الأُولَى: هَلْ يَجِبُ الْحُكْمُ بِالْقَسَامَةِ؟ أَمْ لَا؟ الثَّانِيَةُ: إِذَا قُلْنَا بِوُجُوبِهَا هَلْ يَجِبُ بِهَا الدَّمُ؟ أَوِ الْفِدْيَةُ؟ أَوْ دَفْعُ مُجَرَّدِ الدَّعْوَى؟ الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ: هَلْ يَبْدَأُ بِالْأَيْمَانِ فِيهَا الْمُدَّعُونَ؟ أَوِ الْمُدَّعَى عَلَيْهِمْ؟ وَكَمْ عَدَدُ الْحَالِفِينَ مِنَ الْأَوْلِيَاءِ؟ الْمَسْأَلَةُ الرَّابِعَةُ: فِيمَا يُعَدُّ لَوْثًا يَجِبُ بِهِ أَنْ يَبْدَأَ الْمُدَّعُونَ بِالْأَيْمَانِ. الْمَسْأَلَةُ الْأَوْلَى: أَمَّا وُجُوبُ الْحُكْمِ بِهَا عَلَى الْجُمْلَةِ فَقَالَ بِهِ جُمْهُورُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَأَحْمَدُ وَسُفْيَانُ وَدَاوُدُ وَأَصْحَابُهُمْ، وَغَيْرُ ذَلِكَ مِنْ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ. وَقَالَتْ طَائِفَةٌ مِنَ الْعُلَمَاءِ سَالِمُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ وَأَبُو قِلَابَةَ وَعُمَرُ بْنُ عَبْدِ الْعَزِيزِ وَابْنُ عُلَيَّةَ: لَا يَجُوزُ الْحُكْمُ بِهَا. وَعُمْدَةُ الْجُمْهُورِ مَا ثَبَتَ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - مِنْ حَدِيثِ حُوَيِّصَةَ وَمُحَيِّصَةَ، وَهُوَ حَدِيثٌ مُتَّفَقٌ عَلَى صِحَّتِهِ مِنْ أَهْلِ الْحَدِيثِ، إِلَّا أَنَّهُمْ مُخْتَلِفُونَ فِي أَلْفَاظِهِ عَلَى مَا سَيَأْتِي بَعْدُ. وَعُمْدَةُ الْفَرِيقِ الثَّانِي لِوُجُوبِ الْحُكْمِ بِهَا أَنَّ الْقَسَامَةَ مُخَالِفَةٌ لِأُصُولِ الشَّرْعِ الْمُجْمَعِ عَلَى صِحَّتِهَا، فَمِنْهَا أَنَّ الْأَصْلَ فِي الشَّرْعِ أَنْ لَا يَحْلِفَ أَحَدٌ إِلَّا عَلَى مَا عَلِمَ قَطْعًا أَوْ شَاهَدَ حِسًّا. وَإِذَا كَانَ ذَلِكَ كَذَلِكَ فَكَيْفَ يُقْسِمُ أَوْلِيَاءُ الدَّمِ، وَهُمْ لَمْ يُشَاهِدُوا الْقَتْلَ؟ بَلْ قَدْ يَكُونُونَ فِي بَلَدٍ وَالْقَتْلُ فِي بَلَدٍ آخَرَ. وَلِذَلِكَ رَوَى الْبُخَارِيُّ عَنْ أَبِي قِلَابَةَ أَنَّ عُمَرَ بْنَ عَبْدِ الْعَزِيزِ أَبْرَزُ سَرِيرَهُ يَوْمًا لِلنَّاسِ، ثُمَّ أَذِنَ لَهُمْ فَدَخَلُوا عَلَيْهِ، فَقَالَ: مَا تَقُولُونَ فِي الْقَسَامَةِ؟ فَأَضَبَّ الْقَوْمُ، وَقَالُوا: نَقُولُ

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