Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Ils divergent toutefois sur l’application du talion en cas de fracture de ces os, comme ceux de la jambe ou de l’avant-bras. Mālik et ses disciples considèrent que le talion s’applique à la fracture de tous les os, à l’exception du fémur et de la colonne vertébrale. Al-Shāfi‘ī et al-Layth estiment, quant à eux, qu’aucune fracture osseuse ne donne lieu au talion. Abū Hanīfa partage cet avis, mais fait une exception pour la dent.

On rapporte également d’Ibn ‘Abbās et de ‘Umar qu’aucune lésion osseuse ne donne lieu au talion. Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr dit : « Il est établi, d’après un hadith d’Anas, que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — fit appliquer le talion pour une dent cassée. » Il ajoute : « Un autre hadith rapporte que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — ne fit pas appliquer le talion pour un os sectionné ailleurs qu’à l’articulation, mais ce récit n’est pas solide. » Mālik rapporte par ailleurs qu’Abū Bakr ibn Muhammad ibn ‘Amr ibn Hazm fit appliquer le talion pour une fracture du fémur.

Ils s’accordent sur le fait que l’indemnité de sang due pour la mort d’une femme représente la moitié de celle due pour un homme. Ils divergent cependant sur les indemnités relatives à ses plaies et aux lésions de ses organes. La majorité des juristes de Médine considère que la femme reçoit, pour ces atteintes, une indemnité égale à celle de l’homme tant que son montant n’atteint pas le tiers de l’indemnité de sang intégrale. Lorsqu’il atteint ce tiers, l’indemnité qui lui est due est ramenée à la moitié de celle de l’homme ; je parle ici de l’indemnité relative à ses organes, comparée à celle des organes correspondants de l’homme.

Ainsi, chacun de ses doigts donne droit à dix chameaux ; deux doigts, à vingt ; trois, à trente ; mais quatre, à vingt. Tel est l’avis de Mālik, de ses disciples et d’al-Layth ibn Sa‘d. Mālik le rapporte de Sa‘īd ibn al-Musayyab et de ‘Urwa ibn al-Zubayr. C’est aussi l’avis de Zayd ibn Thābit et la position de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz.

Un autre groupe considère que l’indemnité due pour les blessures d’une femme est égale à celle de l’homme jusqu’à la plaie mettant l’os à nu, puis qu’elle est réduite à la moitié de celle de l’homme. C’est le plus connu des deux avis d’Ibn Mas‘ūd. Il est également rapporté de ‘Uthmān et a été adopté par Shurayh ainsi que par plusieurs autres savants.

D’autres estiment que l’indemnité due pour les blessures et les atteintes aux membres d’une femme représente toujours la moitié de celle de l’homme, que ces atteintes soient légères ou importantes. Tel est l’avis de ‘Alī — qu’Allah l’agrée. On le rapporte également d’Ibn Mas‘ūd, bien que le plus connu de ses avis soit celui que nous avons mentionné en premier. Abū Hanīfa, al-Shāfi‘ī et al-Thawrī ont adopté cette position.

Les tenants de ce dernier avis se fondent principalement sur le principe selon lequel l’indemnité de sang de la femme représente la moitié de celle de l’homme. Il convient donc de s’en tenir à ce principe tant qu’aucune preuve fondée sur une transmission établie ne vient y déroger. En effet, le raisonnement par analogie n’est pas admis pour fixer les indemnités, d’autant que distinguer les atteintes légères des atteintes importantes est contraire à l’analogie. C’est pourquoi Rabī‘a adressa à Sa‘īd les propos que nous rapporterons plus loin. Le premier groupe ne s’appuie que sur des récits à chaîne interrompue et sur ce qui est rapporté « de Sa‘īd ibn al-Musayyab, lorsque celui-ci fut interrogé par Rabī‘a ibn Abī

وَاخْتَلَفُوا فِي كَسْرِ مَا كُسِرَ مِنْهَا مِثْلُ السَّاقِ وَالذِّرَاعِ هَلْ فِيهِ قَوَدٌ؟ أَمْ لَا؟ فَذَهَبَ مَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ إِلَى أَنَّ الْقَوَدَ فِي كَسْرِ جَمِيعِ الْعِظَامِ إِلَّا الْفَخِذَ وَالصُّلْبَ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَاللَّيْثُ: لَا قِصَاصَ فِي عَظْمٍ مِنَ الْعِظَامِ يُكْسَرُ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ إِلَّا أَنَّهُ اسْتَثْنَى السِّنَّ. وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَنَّهُ لَا قِصَاصَ فِي عَظْمٍ، وَكَذَلِكَ عَنْ عُمَرَ. قَالَ أَبُو عُمَرَ بْنُ عَبْدِ الْبَرِّ: ثَبَتَ «أَنَّ النَّبِيَّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَقَادَ فِي السِّنِّ الْمَكْسُورَةِ» مِنْ حَدِيثِ أَنَسٍ. قَالَ: وَقَدْ رُوِيَ مِنْ حَدِيثٍ آخَرَ «أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - لَمْ يُقِدْ مِنَ الْعَظْمِ الْمَقْطُوعِ فِي غَيْرِ الْمِفْصَلِ» إِلَّا أَنَّهُ لَيْسَ بِالْقَوِيِّ. وَرُوِيَ عَنْ مَالِكٍ أَنَّ أَبَا بَكْرِ بْنَ مُحَمَّدِ بْنِ عَمْرِو بْنِ حَزْمٍ أَقَادَ مِنْ كَسْرِ الْفَخِذِ. وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ دِيَةَ الْمَرْأَةِ نِصْفُ دِيَةِ الرَّجُلِ فِي النَّفْسِ. وَاخْتَلَفُوا فِي دِيَاتِ الشِّجَاجِ وَأَعْضَائِهَا، فَقَالَ جُمْهُورُ فُقَهَاءِ الْمَدِينَةِ: تُسَاوِي الْمَرْأَةُ الرَّجُلَ فِي عَقْلِهَا مِنَ الشِّجَاجِ وَالْأَعْضَاءِ إِلَى أَنْ تَبْلُغَ ثُلُثَ الدِّيَةِ. فَإِذَا بَلَغَتْ ثُلُثَ الدِّيَةِ عَادَتْ دِيَتُهَا إِلَى النِّصْفِ مِنْ دِيَةِ الرَّجُلِ، أَعْنِي: دِيَةَ أَعْضَائِهَا مِنْ أَعْضَائِهِ. مِثَالُ ذَلِكَ أَنَّ فِي كُلِّ أُصْبُعٍ مِنْ أَصَابِعِهَا عَشْرًا مِنَ الْإِبِلِ، وَفِي اثْنَيْنِ مِنْهَا عِشْرُونَ، وَفِي ثَلَاثَةٍ ثَلَاثُونَ، وَفِي أَرْبَعَةٍ عِشْرُونَ، وَبِهِ قَالَ مَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ وَاللَّيْثُ بْنُ سَعْدٍ، وَرَوَاهُ مَالِكٌ عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيَّبِ وَعَنْ عُرْوَةَ بْنِ الزُّبَيْرِ، وَهُوَ قَوْلُ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ وَمَذْهَبُ عُمَرَ بْنِ عَبْدِ الْعَزِيزِ. وَقَالَتْ طَائِفَةٌ: بَلْ دِيَةُ جِرَاحَةِ الْمَرْأَةِ مِثْلُ دِيَةِ جِرَاحَةِ الرَّجُلِ إِلَى الْمُوضِحَةِ، ثُمَّ تَكُونُ دِيَتُهَا عَلَى النِّصْفِ مِنْ دِيَةِ الرَّجُلِ، وَهُوَ الْأَشْهَرُ مِنْ قَوْلَيِ ابْنِ مَسْعُودٍ، وَهُوَ مَرْوِيٌّ عَنْ عُثْمَانَ، وَبِهِ قَالَ شُرَيْحٌ وَجَمَاعَةٌ. وَقَالَ قَوْمٌ: بَلْ دِيَةُ الْمَرْأَةِ فِي جِرَاحِهَا وَأَطْرَافِهَا عَلَى النِّصْفِ مِنْ دِيَةِ الرَّجُلِ فِي قَلِيلِ ذَلِكَ وَكَثِيرِهِ، وَهُوَ قَوْلُ عَلِيٍّ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ -، وَرُوِيَ ذَلِكَ عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ، إِلَّا أَنَّ الْأَشْهَرَ عَنْهُ مَا ذَكَرْنَاهُ أَوَّلًا. وَبِهَذَا الْقَوْلِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ وَالثَّوْرِيُّ. وَعُمْدَةُ قَائِلِ هَذَا الْقَوْلِ أَنَّ الْأَصْلَ هُوَ أَنَّ دِيَةَ الْمَرْأَةِ نِصْفُ دِيَةِ الرَّجُلِ، فَوَاجِبٌ التَّمَسُّكُ بِهَذَا الْأَصْلِ حَتَّى يَأْتِيَ دَلِيلٌ مِنَ السَّمَاعِ الثَّابِتِ؛ إِذِ الْقِيَاسُ فِي الدِّيَاتِ لَا يَجُوزُ وَبِخَاصَّةٍ لِكَوْنِ الْقَوْلِ بِالْفَرْقِ بَيْنَ الْقَلِيلِ وَالْكَثِيرِ مُخَالِفًا لِلْقِيَاسِ. وَلِذَلِكَ قَالَ رَبِيعَةُ لِسَعِيدٍ مَا يَأْتِي ذِكْرُهُ عَنْهُ. وَلَا اعْتِمَادَ لِلطَّائِفَةِ الْأُولَى إِلَّا مَرَاسِيلَ، وَمَا رُوِيَ «عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيَّبِ حِينَ سَأَلَهُ رَبِيعَةُ بْنُ أَبِي

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