Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Ils se fondent à cet égard sur le hadith de ‘Amr ibn Hazm, selon lequel le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — a dit :

« Pour chacun de ces doigts, dix chameaux sont dus. »

‘Amr ibn Shu‘ayb rapporte également, d’après son père, qui le tenait de son grand-père, que « le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — fixa, pour les doigts, un dixième de dix ». C’est aussi l’avis de ‘Alī, d’Ibn Mas‘ūd et d’Ibn ‘Abbās. Pour ceux qui acquittent l’indemnité en argent, son montant dépend de la somme que chacun de ces savants retient pour l’indemnité de sang intégrale : ceux qui la fixent à douze mille dirhams en imposent ici le dixième, de même que ceux qui la fixent à dix mille dirhams.

Des avis divergents sur l’indemnisation des doigts sont rapportés des premières générations. Ainsi, ‘Umar ibn al-Khattāb aurait accordé, pour le pouce et l’index réunis, la moitié de l’indemnité de sang ; pour le majeur, dix chameaux ; pour l’annulaire, neuf ; et pour l’auriculaire, six. Selon un autre récit, Mujāhid disait : « Pour le pouce, quinze chameaux ; pour l’index, dix ; pour le majeur, dix ; pour l’annulaire, huit ; et pour l’auriculaire, sept. »

Quant aux lésions de la clavicule et d’une côte, la majorité des juristes des grandes villes leur applique une compensation évaluée au cas par cas. Certains des anciens leur attribuaient cependant un montant déterminé. On rapporte ainsi de Mālik que ‘Umar ibn al-Khattāb accorda un chameau pour une molaire, un chameau pour une côte et un chameau pour une clavicule. Sa‘īd ibn Jubayr fixait à deux chameaux l’indemnité pour une clavicule, et Qatāda à quatre. Les juristes des grandes villes se fondent sur le principe suivant : lorsqu’aucun montant déterminé n’est établi d’après le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue —, seule une compensation évaluée au cas par cas est due.

La majorité des juristes des grandes villes considère que chaque dent donne droit à cinq chameaux. Tel est également l’avis d’Ibn ‘Abbās. Mālik rapporte toutefois que ‘Umar accorda un chameau pour une molaire, c’est-à-dire pour une dent qui ne se trouve pas à l’avant de la bouche. Quant aux dents de devant, il n’existe aucune divergence sur le fait que chacune donne droit à cinq chameaux. Sa‘īd ibn al-Musayyab fixait à deux chameaux l’indemnité pour une molaire. ‘Abd al-Malik ibn Marwān rapporte que Marwān ibn al-Hakam contesta à ce sujet l’avis d’Ibn ‘Abbās : « Assimiles-tu les dents de devant aux molaires ? » Ibn ‘Abbās répondit : « Il suffirait de les comparer aux doigts : leur indemnisation est identique. »

La majorité se fonde, en cette matière, sur cette parole établie du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue :

« Pour une dent, cinq chameaux sont dus. »

Ce hadith est rapporté par ‘Amr ibn Shu‘ayb, d’après son père, qui le tenait de son grand-père. Or, le terme « dent » s’applique aussi bien aux dents de devant qu’à celles du fond de la bouche. La majorité s’appuie également sur l’analogie avec les doigts, dont les indemnités sont égales malgré leurs fonctions différentes. Ceux qui distinguent les deux catégories de dents invoquent, pour leur part, le fait que la Loi prévoit des indemnités différentes selon la valeur respective des organes. Leur position se trouve en outre confortée par la possibilité que ceux de la première génération qui l’ont adoptée se soient fondés sur un enseignement transmis.

Tous ces organes, dont la lésion involontaire donne droit à une indemnité de sang, sont également soumis au talion : par section pour ceux qui sont sectionnés, et par arrachement pour ceux qui sont arrachés.

وَعُمْدَتُهُمْ فِي ذَلِكَ مَا جَاءَ فِي حَدِيثِ عَمْرِو بْنِ حَزْمٍ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «وَفِي كُلِّ أُصْبُعٍ مِمَّا هُنَالِكَ عَشْرٌ مِنَ الْإِبِلِ» . وَخَرَّجَ عَمْرُو بْنُ شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِّهِ «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَضَى فِي الْأَصَابِعِ بِعُشْرِ الْعَشْرِ» ، وَهُوَ قَوْلُ عَلِيٍّ، وَابْنِ مَسْعُودٍ، وَابْنِ عَبَّاسٍ. وَهِيَ عِنْدَهُمْ عَلَى أَهْلِ الْوَرِقِ بِحَسَبِ مَا يَرَى وَاحِدٌ وَاحِدٌ مِنْهُمْ فِي الدِّيَةِ مِنَ الْوَرِقِ، فَهِيَ عِنْدَ مَنْ يَرَى أَنَّهَا اثْنَا عَشَرَ أَلْفَ دِرْهَمٍ عُشْرُهَا، وَعِنْدَ مَنْ يَرَى أَنَّهَا عَشَرَةُ آلَافٍ عُشْرُهَا. وَرُوِيَ عَنِ السَّلَفِ الْمُتَقَدِّمِ اخْتِلَافٌ فِي عَقْلِ الْأَصَابِعِ، فَرُوِيَ عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ أَنَّهُ قَضَى فِي الْإِبْهَامِ وَالَّتِي تَلِيهَا بِعَقْلِ نِصْفِ الدِّيَةِ، وَفِي الْوُسْطَى بِعَشْرِ فَرَائِضَ، وَفِي الَّتِي تَلِيهَا بِتِسْعٍ، وَفِي الْخِنْصَرِ بِسِتٍّ. وَرُوِيَ عَنْ مُجَاهِدٍ أَنَّهُ قَالَ: فِي الْإِبْهَامِ خَمْسَةَ عَشَرَ مِنَ الْإِبِلِ، وَفِي الَّتِي تَلِيهَا عَشْرٌ، وَفِي الْوُسْطَى عَشْرٌ، وَفِي الَّتِي تَلِيهَا ثَمَانٍ، وَفِي الْخِنْصَرِ سَبْعٌ. وَأَمَّا التَّرْقُوَةُ وَالضِّلْعُ فَفِيهَا عِنْدَ جُمْهُورِ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ حُكُومَةٌ، وَرُوِيَ عَنْ بَعْضِ السَّلَفِ فِيهَا تَوْقِيتٌ. وَرُوِيَ عَنْ مَالِكٍ أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ قَضَى فِي الضِّرْسِ بِجَمَلٍ، وَالضِّلْعِ بِجَمَلٍ، وَفِي التَّرْقُوَةِ بِجَمَلٍ. وَقَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ: فِي التَّرْقُوَةِ بَعِيرَانِ. وَقَالَ قَتَادَةُ: أَرْبَعَةُ أَبْعِرَةٍ. وَعُمْدَةُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ أَنَّ مَا لَمْ يَثْبُتْ فِيهِ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - تَوْقِيتٌ فَلَيْسَ فِيهِ إِلَّا حُكُومَةٌ. وَجُمْهُورُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ عَلَى أَنَّ فِي كُلِّ سِنٍّ مِنْ أَسْنَانِ الْفَمِ خَمْسًا مِنَ الْإِبِلِ، وَبِهِ قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ. وَرَوَى مَالِكٌ عَنْ عُمَرَ أَنَّهُ قَضَى فِي الضِّرْسِ بِجَمَلٍ وَذَلِكَ فِيمَا لَمْ يَكُنْ مِنْهَا فِي مُقَدَّمِ الْفَمِ. وَأَمَّا الَّتِي فِي مُقَدَّمِ الْفَمِ فَلَا خِلَافَ أَنَّ فِيهَا خَمْسًا مِنَ الْإِبِلِ. وَقَالَ سَعِيدُ بْنُ الْمُسَيَّبِ: فِي الْأَضْرُسِ بَعِيرَانِ. وَرُوِيَ عَنْ عَبْدِ الْمَلِكِ بْنِ مَرْوَانَ أَنَّ مَرْوَانَ بْنَ الْحَكَمِ اعْتَرَضَ فِي ذَلِكَ عَلَى ابْنِ عَبَّاسٍ فَقَالَ: أَتَجْعَلُ مُقَدَّمَ الْأَسْنَانِ مِثْلَ الْأَضْرَاسِ؟ فَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: لَوْ لَمْ يُعْتَبَرْ ذَلِكَ إِلَّا بِالْأَصَابِعِ عَقْلُهَا سَوَاءٌ. عُمْدَةُ الْجُمْهُورِ فِي مِثْلِ ذَلِكَ مَا ثَبَتَ عَنِ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ قَالَ: «فِي السِّنِّ خَمْسٌ» ، وَذَلِكَ مِنْ حَدِيثِ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِّهِ. وَاسْمُ السِّنِّ يَنْطَلِقُ عَلَى الَّتِي فِي مُقَدَّمِ الْفَمِ وَمُؤَخَّرِهِ، وَتَشْبِيهُهَا أَيْضًا بِالْأَصَابِعِ الَّتِي اسْتَوَتْ دِيَتُهَا وَإِنِ اخْتَلَفَتْ مَنَافِعُهَا. وَعُمْدَةُ مَنْ خَالَفَ بَيْنَهُمَا أَنَّ الشَّرْعَ يُوجَدُ فِيهِ تَفَاضُلُ الدِّيَاتِ؛ لِتَفَاضُلِ الْأَعْضَاءِ، مَعَ أَنَّهُ يُثْبِتُهُ أَنْ يَكُونَ مَنْ صَارَ إِلَى ذَلِكَ مِنَ الصَّدْرِ الْأَوَّلِ إِنَّمَا صَارَ إِلَيْهِ عَنْ تَوْقِيفٍ. وَجَمِيعُ هَذِهِ الْأَعْضَاءِ الَّتِي تَثْبُتُ الدِّيَةُ فِيهَا خَطَأً فِيهَا الْقَوَدُ فِي قَطْعِ مَا قُطِعَ وَقَلْعِ مَا قُلِعَ.

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