Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Livre des indemnités pour les atteintes corporelles non mortelles]

[Des atteintes corporelles non mortelles donnant lieu à une indemnité]

[Des indemnités dues pour les plaies de la tête et du visage]

Les atteintes corporelles non mortelles donnant lieu à une indemnité concernent les plaies de la tête et du visage ainsi que les membres et les organes. Commençons donc par les plaies.

L’examen de ce chapitre porte sur les atteintes donnant lieu à une indemnité, les conditions de son exigibilité, son montant, la personne qui doit l’acquitter, le moment où elle devient exigible et son bénéficiaire.

Les atteintes concernées sont les plaies de la tête et du visage ou la section de membres et d’organes.

Dans la langue comme dans le droit, ces plaies se répartissent en dix catégories. La première est la dāmiya, qui fait saigner la peau. Vient ensuite la khārisa, qui fend la peau ; puis la bādi‘a, qui incise la chair, c’est-à-dire la fend ; puis la mutalāhima, qui pénètre dans la chair ; puis la samhāq, qui atteint la fine membrane située entre la chair et l’os. Cette dernière est également appelée maltā’, ou maltā. Vient ensuite la mūdiha, qui met l’os à découvert ; puis la hāshima, qui brise l’os ; puis la munaqqila, qui détache des fragments d’os ; puis la ma’mūma, qui atteint la membrane enveloppant le cerveau ; enfin, la jā’ifa, qui pénètre dans une cavité interne du corps.

Ces dénominations sont réservées aux plaies du visage et de la tête, à l’exclusion du reste du corps. Le terme jurh (blessure), quant à lui, est réservé aux atteintes du reste du corps. Tels sont les noms de ces plaies.

Quant à leurs règles, c’est-à-dire à ce qu’elles imposent, les savants s’accordent à dire que l’indemnité de sang est due pour une mūdiha infligée volontairement et pour les plaies moins profondes causées par erreur. Ils s’accordent également à dire que les plaies moins profondes que la mūdiha, lorsqu’elles sont causées par erreur, ne donnent pas lieu à une indemnité de sang, mais seulement à une compensation évaluée au cas par cas. Selon certains, celle-ci correspond aux honoraires du médecin.

Font toutefois exception les avis rapportés de ‘Umar et de ‘Uthmān, qui auraient fixé, pour la samhāq, la moitié de l’indemnité due pour la mūdiha. Il est également rapporté que ‘Alī avait fixé pour elle une indemnité de quatre chameaux. On rapporte aussi de Zayd ibn Thābit qu’il a dit : « Pour la dāmiya, un chameau ; pour la bādi‘a, deux chameaux ; pour la mutalāhima, trois chameaux ; et pour la samhāq, quatre. »

La majorité des juristes des grandes villes suit l’avis que nous avons exposé : en principe, les blessures donnent lieu à une compensation évaluée au cas par cas, sauf lorsque la Sunna en a fixé le montant. Pour les plaies moins profondes que la mūdiha, Mālik subordonne cette compensation à une guérison laissant une marque disgracieuse. Les autres juristes des grandes villes l’imposent, que la plaie guérisse en laissant une marque disgracieuse ou non. Telles sont les règles relatives aux plaies moins profondes que la mūdiha.

Quant à la mūdiha causée par erreur, tous les juristes s’accordent à fixer son indemnité à cinq chameaux. Cela est établi d’après le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — dans sa lettre à ‘Amr ibn Hazm. Il est également rapporté, dans le hadith de ‘Amr ibn Shu‘ayb, d’après son père, d’après son grand-père, que le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit :

« Pour la mūdiha, cinq. »

Il s’agit de cinq chameaux.

[كِتَابُ الدِّيَاتِ فِيمَا دُونَ النَّفْسِ] [وَالْأَشْيَاءُ الَّتِي تَجِبُ فِيهَا الدِّيَةُ فِيمَا دُونَ النَّفْسِ] [الْقَوْلُ فِي دِيَاتِ الشِّجَاجِ] ِ وَالْأَشْيَاءُ الَّتِي تَجِبُ فِيهَا الدِّيَةُ فِيمَا دُونَ النَّفْسِ هِيَ شِجَاجٌ وَأَعْضَاءٌ، فَلْنَبْدَأْ بِالْقَوْلِ فِي الشِّجَاجِ. وَالنَّظَرُ فِي هَذَا الْبَابِ فِي مَحَلِّ الْوُجُوبِ، وَشَرْطِهِ، وَفِي قَدْرِهِ الْوَاجِبِ، وَعَلَى مَنْ تَجِبُ؟ وَمَتَى تَجِبُ؟ وَلِمَنْ تَجِبُ؟ فَأَمَّا مَحَلُّ الْوُجُوبِ فَهِيَ الشِّجَاجُ أَوْ قَطْعُ الْأَعْضَاءِ، وَالشِّجَاجُ عَشَرَةٌ فِي اللُّغَةِ وَالْفِقْهِ: أَوَّلُهَا الدَّامِيَةُ، وَهِيَ الَّتِي تُدْمِي الْجِلْدَ. ثُمَّ الْخَارِصَةُ، وَهِيَ الَّتِي تَشُقُّ الْجِلْدَ. ثُمَّ الْبَاضِعَةُ، وَهِيَ الَّتِي تُبَضِّعُ اللَّحْمَ: أَيْ تَشُقُّهُ. ثُمَّ الْمُتَلَاحِمَةُ، وَهِيَ الَّتِي أَخَذَتْ فِي اللَّحْمِ. ثُمَّ السَّمْحَاقُ، وَهِيَ الَّتِي تَبْلُغُ السَّمْحَاقَ، وَهُوَ الْغِشَاءُ الرَّقِيقُ بَيْنَ اللَّحْمِ وَالْعَظْمِ، وَيُقَالُ لَهَا: الْمَلْطَاءُ بِالْمَدِّ وَالْقَصْرِ. ثُمَّ الْمُوضِحَةُ، وَهِيَ الَّتِي تُوَضِّحُ الْعَظْمَ أَيْ: تَكْشِفُهُ. ثُمَّ الْهَاشِمَةُ، وَهِيَ الَّتِي تُهَشِّمُ الْعَظْمَ. ثُمَّ الْمُنَقِّلَةُ، وَهِيَ الَّتِي يَطِيرُ الْعَظْمُ مِنْهَا. ثُمَّ الْمَأْمُومَةُ، وَهِيَ الَّتِي تَصِلُ أُمَّ الدِّمَاغِ. ثُمَّ الْجَائِفَةُ، وَهِيَ الَّتِي تَصِلُ إِلَى الْجَوْفِ. وَأَسْمَاءُ هَذِهِ الشِّجَاجِ مُخْتَصَّةً بِمَا وَقَعَ بِالْوَجْهِ مِنْهَا وَالرَّأْسِ دُونَ سَائِرِ الْبَدَنِ، وَاسْمُ الْجُرْحِ يَخْتَصُّ بِمَا وَقَعَ فِي الْبَدَنِ. فَهَذِهِ أَسْمَاءُ هَذِهِ الشِّجَاجِ. فَأَمَّا أَحْكَامُهَا، أَعْنِي: الْوَاجِبَ فِيهَا - فَاتَّفَقَ الْعُلَمَاءُ عَلَى أَنَّ الْعَقْلَ وَاقِعٌ فِي عَمْدِ الْمُوضِحَةِ وَمَا دُونَ الْمُوضِحَةِ خَطَأً. وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ لَيْسَ فِيمَا دُونَ الْمُوضِحَةِ خَطَأُ عَقْلٍ، وَإِنَّمَا فِيهَا حُكُومَةٌ. قَالَ بَعْضُهُمْ: أُجْرَةُ الطَّبِيبِ، إِلَّا مَا رُوِيَ عَنْ عُمَرَ وَعُثْمَانَ أَنَّهُمَا قَضَيَا فِي السِّمْحَاقِ بِنِصْفِ دِيَةِ الْمُوضِحَةِ. وَرُوِيَ عَنْ عَلِيٍّ أَنَّهُ قَضَى فِيهَا بِأَرْبَعٍ مِنَ الْإِبِلِ. وَرُوِيَ عَنْ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ أَنَّهُ قَالَ: فِي الدَّامِيَةِ بَعِيرٌ، وَفِي الْبَاضِعَةِ بَعِيرَانِ، وَفِي الْمُتَلَاحِمَةِ ثَلَاثَةُ أَبْعِرَةٍ، وَفِي السَّمْحَاقِ أَرْبَعَةٌ. وَالْجُمْهُورُ مِنْ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ عَلَى مَا ذَكَرْنَا، وَذَلِكَ أَنَّ الْأَصْلَ فِي الْجِرَاحِ الْحُكُومَةُ إِلَّا مَا وَقَّتَتْ فِيهِ السُّنَّةُ حَدًّا. وَمَالِكٌ يَعْتَبِرُ فِي إِلْزَامِ الْحُكُومَةِ فِيمَا دُونَ الْمُوضِحَةِ أَنْ تَبْرَأَ عَلَى شَيْنٍ، وَالْغَيْرُ مِنْ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ يُلْزِمُ فِيهَا الْحُكُومَةَ بَرِئَتْ عَلَى شَيْنٍ أَوْ لَمْ تَبْرَأْ، فَهَذِهِ هِيَ أَحْكَامُ مَا دُونَ الْمُوضِحَةِ. فَأَمَّا الْمُوضِحَةُ فَجَمِيعُ الْفُقَهَاءِ عَلَى أَنَّ فِيهَا إِذَا كَانَتْ خَطَأً خَمْسًا مِنَ الْإِبِلِ، وَثَبَتَ ذَلِكَ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فِي كِتَابِهِ لِعَمْرِو بْنِ حَزْمٍ. وَمِنْ حَدِيثِ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ، عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِّهِ أَنَّ النَّبِيَّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «فِي الْمُوضِحَةِ خَمْسٌ» يَعْنِي مِنَ الْإِبِلِ.

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