Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

et solidement établis. Parmi les plus explicites à ce sujet figure ce que rapporte le célèbre hadith du Voyage nocturne :

« Lorsque le nombre des prières obligatoires fut ramené à cinq, Moïse lui dit : “Retourne auprès de ton Seigneur, car ta communauté ne pourra le supporter.” Il poursuivit : “Je m’adressai donc de nouveau à Lui, et Il dit : ‘Elles sont cinq et comptent pour cinquante. Ma parole ne change pas.’” »

Il y a aussi le célèbre hadith du Bédouin qui interrogea le Prophète — sur lui la paix et la bénédiction — au sujet de l’islam. Celui-ci lui répondit :

« Cinq prières de jour et de nuit. »
Le Bédouin demanda : « Dois-je en accomplir d’autres ? »
Il répondit : « Non, à moins que tu n’en accomplisses volontairement. »

Quant aux hadiths dont le sens indique que le witr est obligatoire, il y a notamment celui de ‘Amr ibn Shu‘ayb, rapporté de son père, d’après son grand-père, selon lequel le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit :

« Allah vous a ajouté une prière : le witr. Veillez donc à l’accomplir assidûment. »

Il y a également le hadith de Hāritha ibn Hudhāfa, qui rapporte :

« Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — vint à nous et dit : “Allah vous a prescrit une prière qui vaut mieux pour vous que les chameaux roux : le witr. Il vous a fixé pour l’accomplir le temps compris entre la prière du ‘ishā’ et l’apparition de l’aube.” »

Ainsi que le hadith de Burayda al-Aslamī, selon lequel le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit :

« Le witr est un devoir. Celui qui ne l’accomplit pas n’est pas des nôtres. »

Celui qui considère que l’ajout constitue une abrogation, mais qui ne juge pas ces hadiths assez probants pour abroger les hadiths solidement établis et bien connus précédemment cités, donne la prépondérance à ces derniers. De plus, il est établi que le Très-Haut a dit, dans le hadith du Voyage nocturne :

« Ma parole ne change pas. » [Qāf : 29]

Le sens apparent de cette parole est que le nombre des prières ne peut être ni augmenté ni diminué, même si l’exclusion de toute diminution y est plus manifeste. Or, un énoncé informatif ne saurait faire l’objet d’une abrogation.

Celui qui estime que les traditions impliquant un ajout aux cinq prières ont une force probante suffisante pour imposer leur mise en pratique juge nécessaire de retenir cet ajout, surtout s’il considère que l’ajout n’entraîne pas d’abrogation. Toutefois, tel n’est pas l’avis d’Abū Hanīfa.

Troisième question

Quant à savoir à qui la prière incombe, elle incombe au musulman ayant atteint la puberté. Ce point ne fait l’objet d’aucune divergence.

Quatrième question

Quant à la sanction qui s’impose à celui qui la délaisse délibérément et qui, sommé de l’accomplir, s’y refuse sans toutefois nier son caractère obligatoire, certains disent qu’il doit être mis à mort ; d’autres, qu’il doit subir une peine discrétionnaire et être emprisonné. Parmi ceux qui préconisent sa mise à mort, les uns la prescrivent pour mécréance — c’est l’avis d’Ahmad, d’Ishāq et d’Ibn al-Mubārak —, tandis que d’autres la prescrivent au titre d’une peine légale

وَثَابِتَةٌ، وَمِنْ أَبْيَنِهَا فِي ذَلِكَ مَا وَرَدَ فِي حَدِيثِ الْإِسْرَاءِ الْمَشْهُورِ «أَنَّهُ لَمَّا بَلَغَ الْفَرْضُ إِلَى خَمْسٍ قَالَ لَهُ مُوسَى: ارْجِعْ إِلَى رَبِّكَ فَإِنَّ أُمَّتَكَ لَا تُطِيقُ ذَلِكَ، قَالَ: فَرَاجَعْتُهُ، فَقَالَ: هِيَ خَمْسٌ، وَهِيَ خَمْسُونَ لَا يُبَدَّلُ الْقَوْلُ لَدَيَّ» وَحَدِيثُ الْأَعْرَابِيِّ الْمَشْهُورُ الَّذِي سَأَلَ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - عَنِ الْإِسْلَامِ فَقَالَ لَهُ: «خَمْسُ صَلَوَاتٍ فِي الْيَوْمِ وَاللَّيْلَةِ، قَالَ: هَلْ عَلَيَّ غَيْرُهَا؟ قَالَ: لَا، إِلَّا أَنْ تَطَّوَّعَ» . وَأَمَّا الْأَحَادِيثُ الَّتِي مَفْهُومُهَا وُجُوبُ الْوِتْرِ، فَمِنْهَا حَدِيثُ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِّهِ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «إِنَّ اللَّهَ قَدْ زَادَكُمْ صَلَاةً وَهِيَ الْوِتْرُ فَحَافِظُوا عَلَيْهَا» وَحَدِيثُ حَارِثَةَ بْنِ حُذَافَةَ قَالَ: «خَرَجَ عَلَيْنَا رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَقَالَ: " إِنَّ اللَّهَ أَمَرَكُمْ بِصَلَاةٍ هِيَ خَيْرٌ لَكُمْ مَنْ حُمُرِ النَّعَمِ وَهِيَ الْوِتْرُ، وَجَعَلَهَا لَكُمْ فِيمَا بَيْنَ صَلَاةِ الْعِشَاءِ إِلَى طُلُوعِ الْفَجْرِ» وَحَدِيثُ بُرَيْدَةَ الْأَسْلَمِيِّ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «الْوِتْرُ حَقٌّ فَمَنْ لَمْ يُوتِرْ فَلَيْسَ مِنَّا» . فَمَنْ رَأَى أَنَّ الزِّيَادَةَ هِيَ نَسْخٌ وَلَمْ تَقْوَ عِنْدَهُ هَذِهِ الْأَحَادِيثُ قُوَّةً تَبْلُغُ بِهَا أَنْ تَكُونَ نَاسِخَةً لِتِلْكَ الْأَحَادِيثِ الثَّابِتَةِ الْمَشْهُورَةِ - رَجَّحَ تِلْكَ الْأَحَادِيثَ، وَأَيْضًا فَإِنَّهُ ثَبَتَ مِنْ قَوْله تَعَالَى فِي حَدِيثِ الْإِسْرَاءِ {مَا يُبَدَّلُ الْقَوْلُ لَدَيَّ} [ق: ٢٩] " وَظَاهِرُهُ أَنَّهُ لَا تُزَادُ فِيهَا، وَلَا يُنْقَصُ مِنْهَا، وَإِنْ كَانَ هُوَ فِي النُّقْصَانِ أَظْهَرَ، وَالْخَبَرُ لَيْسَ يَدْخُلُهُ النَّسْخُ. وَمَنْ بَلَغَتْ عِنْدَهُ قُوَّةُ هَذِهِ الْأَخْبَارِ الَّتِي اقْتَضَتِ الزِّيَادَةَ عَلَى الْخَمْسِ إِلَى رُتْبَةٍ تُوجِبُ الْعَمَلَ أَوْجَبَ الْمَصِيرَ إِلَى هَذِهِ الزِّيَادَةِ، لَا سِيَّمَا إِنْ كَانَ مِمَّنْ يَرَى أَنَّ الزِّيَادَةَ لَا تُوجِبُ نَسْخًا، لَكِنْ لَيْسَ هَذَا مِنْ رَأْيِ أَبِي حَنِيفَةَ. الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ: وَأَمَّا عَلَى مَنْ تَجِبُ فَعَلَى الْمُسْلِمِ الْبَالِغِ وَلَا خِلَافَ فِي ذَلِكَ. الْمَسْأَلَةُ الرَّابِعَةُ: وَأَمَّا مَا الْوَاجِبُ عَلَى مَنْ تَرَكَهَا عَمْدًا، وَأُمِرَ بِهَا فَأَبَى أَنْ يُصَلِّيَهَا لَا جُحُودًا لِفَرْضِهَا، فَإِنَّ قَوْمًا قَالُوا: يُقْتَلُ، وَقَوْمًا قَالُوا: يُعَزَّرُ وَيُحْبَسُ، وَالَّذِينَ قَالُوا يُقْتَلُ مِنْهُمْ مَنْ أَوْجَبَ قَتْلَهُ كُفْرًا، وَهُوَ مَذْهَبُ أَحْمَدَ وَإِسْحَاقَ وَابْنِ الْمُبَارَكِ، وَمِنْهُمْ مَنْ أَوْجَبَهُ حَدًّا

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