Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Les juristes de la majorité divergent toutefois au sujet des dommages causés par la patte postérieure de la bête. Mālik estime qu’aucune indemnité n’est due si la personne qui en a la charge n’a rien fait qui l’incite à ruer. Al-Shāfi‘ī considère que celui qui monte la bête doit répondre des dommages qu’elle cause avec ses pattes antérieures ou postérieures. C’est également l’avis d’Ibn Shubruma et d’Ibn Abī Laylā, qui ne font aucune distinction, en matière de responsabilité, entre les dommages causés par une patte postérieure et ceux causés autrement. Abū Hanīfa partage cet avis, mais en excepte les coups de patte postérieure ou de queue. Ceux qui n’imposent aucune indemnité pour les dommages causés par la patte postérieure invoquent parfois cette parole rapportée du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix :

« Les blessures causées par une patte postérieure ne donnent lieu à aucune indemnité. »

Cependant, al-Shāfi‘ī ne tient pas ce hadith pour authentique et le rejette.

Les avis des savants concernant celui qui creuse un puits dans lequel tombe une personne sont assez proches. Mālik estime que sa responsabilité n’est pas engagée s’il a creusé à un endroit où l’usage autorise à le faire, mais qu’elle l’est s’il a outrepassé son droit en le creusant. Al-Layth considère que sa responsabilité n’est pas engagée s’il a creusé sur un terrain lui appartenant, mais qu’elle l’est s’il a creusé sur un terrain qui ne lui appartient pas. Dans les cas où il retient une obligation d’indemnisation, l’atteinte relève, selon lui, des actes commis par erreur.

Ils divergent également au sujet d’une bête que l’on a laissée à l’arrêt. Certains estiment que celui qui l’a arrêtée à un endroit où il est en droit de le faire n’est pas tenu d’indemniser les dommages qu’elle cause ; dans le cas contraire, il en est tenu responsable. C’est l’avis d’al-Shāfi‘ī. Abū Hanīfa, quant à lui, considère que sa responsabilité est engagée dans tous les cas : le fait de l’avoir attachée à un endroit où il lui est permis de le faire ne l’en dégage pas, de même que le fait de la monter ne le dégage pas de la responsabilité des dommages qu’elle cause, bien qu’il lui soit permis de la monter.

Ils divergent aussi sur le cas de deux cavaliers qui se heurtent et meurent tous deux. Mālik, Abū Hanīfa et un groupe de juristes estiment que chacun doit l’indemnité de sang de l’autre, laquelle est à la charge de sa ‘āqila. Al-Shāfi‘ī et ‘Uthmān al-Battī considèrent que chacun ne doit que la moitié de l’indemnité de sang de l’autre, car chacun est mort à la fois du fait de sa propre action et de celle de l’autre.

Ils s’accordent à dire que le médecin qui commet une erreur est tenu à l’indemnité légale, par exemple s’il sectionne le gland lors d’une circoncision, ou dans un cas analogue, car il est assimilé à l’auteur d’une atteinte commise par erreur. Une opinion rapportée de Mālik veut cependant qu’aucune indemnité ne lui incombe : cela vaut, selon lui, lorsque le médecin possède les compétences requises. En revanche, il n’y a pas de divergence sur sa responsabilité s’il ne possède pas ces compétences, car il agit alors sans droit. Outre ce consensus, on dispose à ce sujet du hadith de ‘Amr ibn Shu‘ayb, rapporté de son père, qui le tient de son grand-père, selon lequel le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit :

« Quiconque pratique la médecine sans avoir été auparavant reconnu comme compétent en la matière est tenu de répondre des dommages qu’il cause. »

Selon la majorité des juristes, l’indemnité due pour une erreur du médecin incombe à la ‘āqila. Certains savants estiment toutefois qu’elle doit être prélevée sur les biens du médecin. Il n’y a pas de divergence sur le fait que, s’il ne possède pas les compétences médicales requises, cette indemnité est prélevée sur ses propres biens, conformément au sens apparent du hadith de ‘Amr ibn Shu‘ayb.

وَاخْتَلَفَ الْجُمْهُورُ فِيمَا أَصَابَتِ الدَّابَّةُ بِرِجْلِهَا، فَقَالَ مَالِكٌ: لَا شَيْءَ فِيهِ إِنْ لَمْ يَفْعَلْ صَاحِبُ الدَّابَّةِ بِالدَّابَّةِ شَيْئًا يَبْعَثُهَا بِهِ عَلَى أَنْ تَرْمَحَ بِرِجْلِهَا. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: يُضَمَّنُ الرَّاكِبُ مَا أَصَابَتْ بِيَدِهَا أَوْ بِرِجْلِهَا. وَبِهِ قَالَ ابْنُ شُبْرُمَةَ، وَابْنُ أَبِي لَيْلَى، وَسَوَّيَا بَيْنَ الضَّمَانِ بِرِجْلِهَا أَوْ بِغَيْرِ رِجْلِهَا. وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، إِلَّا أَنَّهُ اسْتَثْنَى الرَّمْحَةَ بِالرِّجْلِ أَوْ بِالذَّنَبِ. وَرُبَّمَا احْتَجَّ مَنْ لَمْ يُضَمِّنْ رِجْلَ الدَّابَّةِ بِمَا رُوِيَ عَنْهُ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - «الرِّجْلُ جُبَارٌ» ، وَلَمْ يَصِحَّ هَذَا الْحَدِيثُ عِنْدَ الشَّافِعِيِّ وَرَدَّهُ. وَأَقَاوِيلُ الْعُلَمَاءِ فِيمَنْ حَفَرَ بِئْرًا، فَوَقَعَ فِيهِ إِنْسَانٌ - مُتَقَارِبَةٌ. وَقَالَ مَالِكٌ: إِنْ حَفَرَ فِي مَوْضِعٍ جَرَتِ الْعَادَةُ الْحَفْرُ فِي مِثْلِهِ لَمْ يُضَمَّنْ، وَإِنْ تَعَدَّى فِي الْحَفْرِ ضُمِّنَ. وَقَالَ اللَّيْثَ: إِنْ حَفَرَ فِي أَرْضٍ يَمْلِكُهَا لَمْ يُضَمَّنْ، وَإِنْ حَفَرَ فِيمَا لَا يَمْلِكُ ضُمِّنَ، فَمَنْ ضَمِنَ عِنْدَهُ فَهُوَ مِنْ نَوْعِ الْخَطَأِ. وَكَذَلِكَ اخْتَلَفُوا فِي الدَّابَّةِ الْمَوْقُوفَةِ، فَقَالَ بَعْضُهُمْ: إِنْ أَوْقَفَهَا بِحَيْثُ يَجِبُ لَهُ أَنْ يُوقِفَهَا لَمْ يَضْمَنْ، وَإِنْ لَمْ يَفْعَلْ ضَمِنَ. وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يَضْمَنُ عَلَى كُلِّ حَالٍ، وَلَيْسَ يُبَرِّئُهُ أَنْ يَرْبُطَهَا بِمَوْضِعٍ يَجُوزُ لَهُ أَنْ يَرْبُطَهَا فِيهِ، كَمَا لَا يُبَرِّئُهُ رُكُوبُهَا مِنْ ضَمَانِ مَا أَصَابَتْهُ وَإِنْ كَانَ الرُّكُوبُ مُبَاحًا. وَاخْتَلَفُوا فِي الْفَارِسَيْنِ يَصْطَدِمَانِ، فَيَمُوتُ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا - فَقَالَ مَالِكٌ، وَأَبُو حَنِيفَةَ وَجَمَاعَةٌ: عَلَى كُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا دِيَةُ الْآخَرِ، وَذَلِكَ عَلَى الْعَاقِلَةِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَعُثْمَانُ الْبَتِّيُّ: عَلَى كُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا نِصْفُ دِيَةِ صَاحِبِهِ؛ لِأَنَّ كُلَّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا مَاتَ مِنْ فِعْلِ نَفْسِهِ وَفِعْلِ صَاحِبِهِ. وَأَجْمَعُوا عَلَى أَنَّ الطَّبِيبَ إِذَا أَخْطَأَ لَزِمَتْهُ الدِّيَةُ، مِثْلَ أَنْ يَقْطَعَ الْحَشَفَةَ فِي الْخِتَانِ، وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ؛ لِأَنَّهُ فِي مَعْنَى الْجَانِي خَطَأً. وَعَنْ مَالِكٍ رِوَايَةٌ: أَنَّهُ لَيْسَ عَلَيْهِ شَيْءٌ، وَذَلِكَ عِنْدَهُ إِذَا كَانَ مِنْ أَهْلِ الطِّبِّ. وَلَا خِلَافَ أَنَّهُ إِذَا لَمْ يَكُنْ مِنْ أَهْلِ الطِّبِّ أَنَّهُ يَضْمَنُ؛ لِأَنَّهُ مُتَعَدٍّ. وَقَدْ وَرَدَ فِي ذَلِكَ مَعَ الْإِجْمَاعِ حَدِيثُ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِّهِ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «مَنْ تَطَبَّبَ، وَلَمْ يُعْلَمْ مِنْهُ قَبْلَ ذَلِكَ الطِّبُّ - فَهُوَ ضَامِنٌ» . وَالدِّيَةُ فِيمَا أَخْطَأَهُ الطَّبِيبُ عِنْدَ الْجُمْهُورِ عَلَى الْعَاقِلَةِ، وَمِنْ أَهْلِ الْعِلْمِ مَنْ جَعَلَهُ فِي مَالِ الطَّبِيبُ. وَلَا خِلَافَ أَنَّهُ إِذَا لَمْ يَكُنْ مِنْ أَهْلِ الطِّبِّ أَنَّهَا فِي مَالِهِ عَلَى ظَاهِرِ حَدِيثِ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ.

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