Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Livre des blessures]

Les blessures sont de deux catégories : celles qui donnent lieu au talion, à une indemnité compensatoire ou au pardon ; et celles qui donnent lieu à une indemnité compensatoire ou au pardon. Commençons par celles qui donnent lieu au talion. L’examen porte, ici encore, sur les conditions relatives à l’auteur de la blessure, à la blessure ouvrant droit au talion et à la personne blessée, ainsi que sur la sanction applicable — le talion — et sur ce qui peut s’y substituer, s’il existe un substitut.

De l’auteur de la blessure

L’auteur de la blessure doit être juridiquement responsable, comme cela est exigé du meurtrier, c’est-à-dire pubère et doué de raison. Il n’est pas contesté que la puberté s’établit par les pollutions nocturnes ou par l’âge, bien que l’âge retenu fasse l’objet d’une divergence : dix-huit ans au plus et quinze ans au moins. C’est ce dernier âge que retient al-Shāfi‘ī.

Il n’est pas contesté que celui qui sectionne un membre d’une personne subit le talion, lorsque la lésion relève de celui-ci. En revanche, les savants divergent lorsqu’un groupe sectionne un seul membre. Les tenants de l’école littéraliste disent : « On ne coupe pas deux mains pour une seule. » Mālik et al-Shāfi‘ī disent : « On coupe plusieurs mains pour une seule », de même qu’ils admettent que plusieurs personnes soient mises à mort pour le meurtre d’une seule. Les hanafites distinguent, quant à eux, l’atteinte à la vie de l’atteinte aux membres. Ils disent : « On ne sectionne pas plusieurs membres pour un seul, mais on met à mort plusieurs personnes pour une seule. » Selon eux, l’atteinte aux membres peut se répartir, tandis que le fait d’ôter la vie est indivisible.

Les savants divergent également sur l’apparition des poils pubiens. Al-Shāfi‘ī dit : « Elle constitue un signe de puberté sans restriction. »

Au sein de l’école, les avis divergent sur ce point en matière de peines légales : constitue-t-elle, dans ce domaine, un signe de puberté ou non ? Le fondement de toute cette discussion est le hadith relatif aux Banū Qurayza :

« Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — fit mettre à mort ceux d’entre eux dont les poils pubiens avaient poussé et pouvaient être rasés. »

De même, le fondement retenu pour l’âge est :

« Le hadith d’Ibn ‘Umar selon lequel le Prophète le passa en revue le jour de Uhud, alors qu’il avait quatorze ans, et ne l’accepta pas ; puis l’accepta le jour de Uhud, alors qu’il avait quinze ans. »

[كِتَابُ الْجِرَاحِ] وَالْجِرَاحُ صِنْفَانِ: مِنْهَا مَا فِيهِ الْقِصَاصُ أَوِ الدِّيَةُ أَوِ الْعَفْوُ. وَمِنْهَا مَا فِيهِ الدِّيَةُ أَوِ الْعَفْوُ. وَلْنَبْدَأْ بِمَا فِيهِ الْقِصَاصُ، وَالنَّظَرُ أَيْضًا هَاهُنَا فِي شُرُوطِ الْجَارِحِ وَالْجُرْحِ الَّذِي بِهِ يَحِقُّ الْقِصَاصُ وَالْمَجْرُوحُ، وَفِي الْحُكْمِ الْوَاجِبِ الَّذِي هُوَ الْقِصَاصُ، وَفِي بَدَلِهِ إِنْ كَانَ لَهُ بَدَلٌ. الْقَوْلُ فِي الْجَارِحِ وَيُشْتَرَطُ فِي الْجَارِحِ أَنْ يَكُونَ مُكَلَّفًا كَمَا يُشْتَرَطُ ذَلِكَ فِي الْقَاتِلِ، وَهُوَ أَنْ يَكُونَ بَالِغًا عَاقِلًا، وَالْبُلُوغُ يَكُونُ بِالِاحْتِلَامِ وَالسِّنِّ بِلَا خِلَافٍ، وَإِنْ كَانَ الْخِلَافُ فِي مِقْدَارِهِ، فَأَقْصَاهُ ثَمَانِيَ عَشَرَةَ سَنَةً، وَأَقَلُّهُ خَمْسَ عَشَرَةَ سَنَةً، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ. وَلَا خِلَافَ أَنَّ الْوَاحِدَ إِذَا قَطَعَ عُضْوَ إِنْسَانٍ وَاحِدٍ اقْتُصَّ مِنْهُ إِذَا كَانَ مِمَّا فِيهِ الْقِصَاصُ. وَاخْتَلَفُوا إِذَا قَطَعَتْ جَمَاعَةٌ عُضْوًا وَاحِدًا، فَقَالَ أَهْلُ الظَّاهِرِ: لَا تُقْطَعُ يَدَانِ فِي يَدٍ، وَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ: تُقْطَعُ الْأَيْدِي بِالْيَدِ الْوَاحِدَةِ، كَمَا تُقْتَلُ عِنْدَهُمُ الْأَنْفُسُ بِالنَّفْسِ الْوَاحِدَةِ، وَفَرَّقَتِ الْحَنَفِيَّةُ بَيْنَ النَّفْسِ وَالْأَطْرَافِ، فَقَالُوا: لَا تُقْطَعُ أَعْضَاءٌ بِعُضْوٍ، وَتُقْتَلُ أَنْفُسٌ بِنَفْسٍ، وَعِنْدَهُمْ أَنَّ الْأَطْرَافَ تَتَبَعَّضُ، وَإِزْهَاقَ النَّفْسِ لَا يَتَبَعَّضُ. وَاخْتُلِفَ فِي الْإِنْبَاتِ، فَقَالَ الشَّافِعِيُّ: هُوَ بُلُوغٌ بِإِطْلَاقٍ. وَاخْتَلَفَ الْمَذْهَبُ فِيهِ فِي الْحُدُودِ، هَلْ هُوَ بُلُوغٌ فِيهَا أَمْ لَا؟ وَالْأَصْلُ فِي هَذَا كُلِّهِ حَدِيثُ بَنِي قُرَيْظَةَ «أَنَّهُ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَتَلَ مِنْهُمْ مَنْ أَنْبَتَ وَجَرَى عَلَيْهِ الْمَوَاسِي» ، كَمَا أَنَّ الْأَصْلَ فِي السِّنِّ «حَدِيثُ ابْنِ عُمَرَ أَنَّهُ عَرَضَهُ يَوْمَ أُحُدٍ، وَهُوَ ابْنُ أَرْبَعَ عَشْرَةَ سَنَةً فَلَمْ يَقْبَلْهُ وَقَبِلَهُ يَوْمَ أُحُدٍ وَهُوَ ابْنُ خَمْسَ عَشْرَةَ سَنَةً» .

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