Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

intentionnel, cette distinction tenant le plus souvent aux instruments avec lesquels l’homicide est commis et aux circonstances qui ont motivé les coups.

Selon Abū Hanīfa, tout homicide commis avec autre chose que du fer, qu’il s’agisse de baguettes, de feu ou de moyens analogues, est quasi intentionnel. Abū Yūsuf et Muhammad estiment que l’homicide quasi intentionnel est celui qui est commis avec un moyen qui, habituellement, ne tue pas. Al-Shāfi‘ī le définit comme un acte intentionnel quant aux coups, mais involontaire quant à la mort (c’est-à-dire des coups portés sans intention de tuer, mais qui entraînent la mort). L’homicide involontaire est celui où ni les coups ni la mort ne sont voulus ; l’homicide intentionnel, celui où les uns et l’autre sont voulus. Cette distinction est pertinente.

Ceux qui rejettent l’homicide quasi intentionnel s’appuient essentiellement sur l’absence d’intermédiaire entre l’involontaire et l’intentionnel (je veux dire : entre vouloir tuer et ne pas le vouloir). Ceux qui admettent cette catégorie intermédiaire se fondent sur le fait qu’Allah, béni et exalté soit-Il, est seul à connaître les intentions et que le jugement ne porte que sur ce qui apparaît.

Ainsi, celui qui entend frapper autrui avec un instrument qui, généralement, ne tue pas se voit appliquer le jugement correspondant au cas habituel (je veux dire celui de l’homme qui a voulu tuer et a effectivement tué, sans divergence sur ce point).

Celui qui entend frapper un homme déterminé avec un instrument qui, généralement, ne tue pas relève d’un jugement intermédiaire entre l’homicide intentionnel et l’homicide involontaire. Cela concerne notre appréciation, non la situation du donneur d’ordre lui-même auprès d’Allah Très-Haut. Le soupçon d’intention homicide tient au fait qu’il a voulu frapper la victime ; la ressemblance avec l’homicide involontaire tient à ce qu’il l’a frappée avec un moyen que l’on n’emploie pas dans l’intention de tuer.

On rapporte un hadith remontant au Prophète — sur lui la prière et la paix — selon lequel il a dit :

« Sachez que l’homicide involontaire assimilé à l’intentionnel est celui qui est commis avec un fouet, un bâton ou une pierre. Il donne lieu à un prix du sang majoré : cent chameaux, dont quarante chamelles pleines. »

Toutefois, selon ce qu’a indiqué Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr, les spécialistes du hadith considèrent que ce récit présente des divergences de transmission et que sa chaîne de transmission n’est pas établie, bien qu’Abū Dāwūd et d’autres l’aient rapporté. Cette forme d’homicide entraîne donc le talion pour ceux qui ne la reconnaissent pas comme une catégorie distincte, et le prix du sang pour ceux qui la reconnaissent.

Dans l’école de Mālik, il n’existe aucune divergence sur le fait que des coups portés sous l’effet de la colère et de l’animosité entraînent le talion. En revanche, les avis divergent lorsque les coups sont portés délibérément par jeu, ou à titre de correction par une personne autorisée à l’administrer.

Quant à la condition concernant la victime pour que le talion soit exigible, elle consiste en l’équivalence du statut de sa vie avec celui de la vie du meurtrier. Les critères qui différencient les personnes à cet égard sont l’islam ou la mécréance, la liberté ou l’esclavage, le sexe masculin ou féminin, ainsi que l’unité ou la pluralité des personnes. Les juristes s’accordent sur l’obligation du talion lorsque la victime est l’égale du meurtrier selon ces quatre critères. Ils divergent lorsque cette équivalence n’est pas réunie sur les quatre points.

S’agissant de l’homme libre qui tue intentionnellement un esclave, les savants divergent. Mālik, al-Shāfi‘ī, al-Layth, Ahmad et Abū Thawr estiment que l’homme libre n’est pas mis à mort pour le meurtre d’un esclave. Abū Hanīfa et ses disciples estiment qu’il doit l’être, sauf s’il s’agit de son propre esclave. D’autres considèrent qu’il doit être mis à mort, que l’esclave appartienne au meurtrier ou à quelqu’un d’autre ; tel est l’avis d’al-Nakha‘ī.

Ceux qui estiment que l’homme libre n’est pas mis à mort pour le meurtre d’un esclave invoquent l’argument a contrario tiré de la parole du Très-Haut :

« Le talion vous est prescrit en matière de meurtre : l’homme libre pour l’homme libre, l’esclave pour l’esclave » [La Vache : 178].

Quant à celui qui

بِعَمْدٍ، وَذَلِكَ رَاجِعٌ فِي الْأَغْلَبِ إِلَى الْآلَاتِ الَّتِي يَقَعُ بِهَا الْقَتْلُ، وَإِلَى الْأَحْوَالِ الَّتِي كَانَ مِنْ أَجْلِهَا الضَّرْبُ، فَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: كُلُّ مَا عَدَا الْحَدِيدَ مِنَ الْقُضُبِ أَوِ النَّارِ وَمَا يُشْبِهُ ذَلِكَ فَهُوَ شِبْهُ الْعَمْدِ، وَقَالَ أَبُو يُوسُفَ، وَمُحَمَّدٌ: شِبْهُ الْعَمْدِ مَا لَا يَقْتُلُ مِثْلُهُ، وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: شِبْهُ الْعَمْدِ مَا كَانَ عَمْدًا فِي الضَّرْبِ خَطَأً فِي الْقَتْلِ (أَيْ: مَا كَانَ ضَرْبًا لَمْ يُقْصَدْ بِهِ الْقَتْلُ فَتَوَلَّدَ عَنْهُ الْقَتْلُ) . وَالْخَطَأُ مَا كَانَ خَطَأً فِيهِمَا جَمِيعًا. وَالْعَمْدُ مَا كَانَ عَمْدًا فِيهِمَا جَمِيعًا، وَهُوَ حَسَنٌ. فَعُمْدَةُ مَنْ نَفَى شِبْهَ الْعَمْدِ أَنَّهُ لَا وَاسِطَةَ بَيْنَ الْخَطَأِ وَالْعَمْدِ (أَعْنِي: بَيْنَ أَنْ يَقْصِدَ الْقَتْلَ أَوْ لَا يَقْصِدَهُ) . وَعُمْدَةُ مَنْ أَثْبَتَ الْوَسَطَ أَنَّ النِّيَّاتِ لَا يَطَّلِعُ عَلَيْهَا إِلَّا اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى وَإِنَّمَا الْحُكْمُ بِمَا ظَهَرَ. فَمَنْ قَصَدَ ضَرْبَ آخَرَ بِآلَةٍ لَا تَقْتُلُ غَالِبًا كَانَ حُكْمُهُ كَحُكْمِ الْغَالِبِ (أَعْنِي: حُكْمَ مَنْ قَصَدَ الْقَتْلَ فَقَتَلَ بِلَا خِلَافٍ) . وَمَنْ قَصَدَ ضَرْبَ رَجُلٍ بِعَيْنِهِ بِآلَةٍ لَا تَقْتُلُ غَالِبًا كَانَ حُكْمُهُ مُتَرَدِّدًا بَيْنَ الْعَمْدِ وَالْخَطَأِ وَهَذَا فِي حَقِّنَا لَا فِي حَقِّ الْآمِرِ نَفْسِهِ عِنْدَ اللَّهِ تَعَالَى. أَمَّا شُبْهَةُ الْعَمْدِ فَمِنْ جِهَةِ مَا قَصَدَ ضَرْبَهُ. وَأَمَّا شَبَهُهُ لِلْخَطَأِ فَمِنْ جِهَةِ أَنَّهُ ضَرَبَ بِمَا لَا يَقْصِدُ بِهِ الْقَتْلَ. وَقَدْ رُوِيَ حَدِيثٌ مَرْفُوعٌ إِلَى النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنَّهُ قَالَ: «أَلَا إِنَّ قَتْلَ الْخَطَأِ شِبْهِ الْعَمْدِ مَا كَانَ بِالسَّوْطِ وَالْعَصَا وَالْحَجَرِ دِيَتُهُ مُغَلَّظَةٌ مِائَةٌ مِنَ الْإِبِلِ مِنْهَا أَرْبَعُونَ فِي بُطُونِهَا أَوْلَادُهَا» إِلَّا أَنَّهُ حَدِيثٌ مُضْطَرِبٌ عِنْدَ أَهْلِ الْحَدِيثِ لَا يَثْبُتُ مِنْ جِهَةِ الْإِسْنَادِ فِيمَا ذَكَرَهُ أَبُو عُمَرَ بْنُ عَبْدِ الْبَرِّ، وَإِنْ كَانَ أَبُو دَاوُدَ، وَغَيْرُهُ قَدْ خَرَّجَهُ، فَهَذَا النَّحْوُ مِنَ الْقَتْلِ عِنْدَ مَنْ لَا يُثْبِتُهُ يَجِبُ بِهِ الْقِصَاصُ، وَعِنْدَ مَنْ أَثْبَتَهُ تَجِبُ بِهِ الدِّيَةُ، وَلَا خِلَافَ فِي مَذْهَبِ مَالِكٍ أَنَّ الضَّرْبَ يَكُونُ عَلَى وَجْهِ الْغَضَبِ وَالنَّائِرَةِ يَجِبُ بِهِ الْقِصَاصُ. وَاخْتُلِفَ فِي الَّذِي يَكُونُ عَمْدًا عَلَى جِهَةِ اللَّعِبِ، أَوْ عَلَى جِهَةِ الْأَدَبِ لِمَنْ أُبِيحَ لَهُ الْأَدَبُ. وَأَمَّا الشَّرْطُ الَّذِي يَجِبُ بِهِ الْقِصَاصُ فِي الْمَقْتُولِ، فَهُوَ أَنْ يَكُونَ مُكَافِئًا لِدَمِ الْقَاتِلِ. وَالَّذِي بِهِ تَخْتَلِفُ النُّفُوسُ هُوَ الْإِسْلَامُ وَالْكُفْرُ وَالْحُرِّيَّةُ وَالْعُبُودِيَّةُ وَالذُّكُورِيَّةُ وَالْأُنُوثِيَّةُ وَالْوَاحِدُ وَالْكَثِيرُ، وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ الْمَقْتُولَ إِذَا كَانَ مُكَافِئًا لِلْقَاتِلِ فِي هَذِهِ الْأَرْبَعَةِ أَنَّهُ يَجِبُ الْقِصَاصُ. وَاخْتَلَفُوا فِي هَذِهِ الْأَرْبَعَةِ إِذَا لَمْ تَجْتَمِعْ. أَمَّا الْحُرُّ إِذَا قَتَلَ الْعَبْدَ عَمْدًا، فَإِنَّ الْعُلَمَاءَ اخْتَلَفُوا فِيهِ، فَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ وَاللَّيْثُ وَأَحْمَدُ وَأَبُو ثَوْرٍ: لَا يُقْتَلُ الْحُرُّ بِالْعَبْدِ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ: يُقْتَلُ الْحُرُّ بِالْعَبْدِ إِلَّا عَبْدَ نَفْسِهِ، وَقَالَ قَوْمٌ: يُقْتَلُ الْحُرُّ بِالْعَبْدِ سَوَاءٌ أَكَانَ عَبْدَ الْقَاتِلِ أَوْ عَبْدَ غَيْرِ الْقَاتِلِ، وَبِهِ قَالَ النَّخَعِيُّ. فَمَنْ قَالَ: لَا يُقْتَلُ الْحُرُّ بِالْعَبْدِ احْتَجَّ بِدَلِيلِ الْخِطَابِ الْمَفْهُومِ مِنْ قَوْله تَعَالَى: {كُتِبَ عَلَيْكُمُ الْقِصَاصُ فِي الْقَتْلَى الْحُرُّ بِالْحُرِّ وَالْعَبْدُ بِالْعَبْدِ} [البقرة: ١٧٨] ، وَمَنْ

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