Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

faire constater l’incapacité de payer de l’esclave, tandis que celui-ci s’y refuse, soit l’inverse (je veux dire que le maître souhaite maintenir le contrat d’affranchissement, tandis que l’esclave souhaite être déclaré incapable de payer).

Lorsqu’ils s’accordent pour constater l’incapacité de payer, deux cas se présentent, selon qu’un enfant est compris ou non dans le contrat d’affranchissement. Si un enfant y est compris, il n’existe aucune divergence dans la doctrine de Mālik : il n’est pas permis de constater cette incapacité. Si l’esclave n’a pas d’enfant, deux avis sont rapportés de Mālik : selon le premier, cela n’est pas permis lorsqu’il possède des biens ; c’est également l’avis d’Abū Hanīfa. Selon le second, cela lui est permis.

Si l’esclave demande à être déclaré incapable de payer et que le maître s’y oppose, il ne peut obtenir satisfaction tant qu’il possède des biens ou qu’il est capable de travailler pour acquitter la somme due.

Si, à l’inverse, le maître souhaite faire constater l’incapacité de payer et que l’esclave s’y oppose, cette incapacité ne peut, selon Mālik, être prononcée que par un juge, après que le maître a établi devant lui que l’esclave ne possède aucun bien et n’a pas les moyens de payer.

Revenons aux principaux arguments sur lesquels repose leur divergence fondamentale dans cette question. Al-Shāfi‘ī s’appuie principalement sur le récit selon lequel Barīra vint trouver ‘Ā’isha et lui dit :

« Je souhaite que tu m’achètes et que tu m’affranchisses. »

Celle-ci lui répondit : « Si tes maîtres y consentent. » Barīra se rendit alors auprès de ses maîtres, qui la vendirent alors qu’elle était sous contrat d’affranchissement. Ce récit est rapporté par al-Bukhārī.

Les malikites s’appuient principalement sur l’analogie entre le contrat d’affranchissement et les contrats contraignants. En outre, l’esclave doit, à cet égard, être soumis à la même règle que le maître : dans les contrats, le caractère contraignant ou la faculté de résiliation doivent normalement être les mêmes pour les deux parties. Qu’un contrat lie une partie sans lier l’autre s’écarte donc des principes généraux. Ils expliquent le hadith de Barīra en disant que ses maîtres avaient vendu son contrat d’affranchissement, et non sa personne.

Les hanafites disent : puisque le droit de l’esclave prévaut dans le contrat d’affranchissement, le contrat doit être contraignant pour l’autre partie, dont le droit passe au second plan, à savoir le maître. Ils prennent pour modèle le mariage : celui-ci ne lie pas irrévocablement l’époux, puisqu’il dispose du droit de répudiation, alors qu’il lie l’épouse. Les malikites leur objectent que ce contrat demeure contraignant quant à la contrepartie convenue, puisque l’époux ne peut reprendre la dot.

Troisième catégorie

Concernant son statut lorsqu’il meurt avant d’avoir acquitté la somme prévue par le contrat d’affranchissement, ils s’accordent à dire que, s’il meurt sans enfant et sans en avoir rien versé, il est considéré comme mort en état de servitude. Ils divergent toutefois lorsqu’il laisse des enfants.

Mālik dit : ses enfants ont le même statut que lui. S’il laisse suffisamment de biens pour acquitter la somme due au titre du contrat d’affranchissement, ils la versent et deviennent libres. S’il ne laisse aucun bien, mais qu’ils sont capables de travailler pour payer, ils restent tenus de respecter les échéances de leur père jusqu’à ce qu’ils deviennent incapables de payer ou obtiennent leur affranchissement. S’ils ne possèdent aucun bien et ne sont pas capables de travailler pour payer, ils retombent en esclavage.

Si une partie de ses biens subsiste après le règlement de la somme due au titre du contrat d’affranchissement, ils en héritent selon les règles successorales applicables aux personnes libres. Toutefois, seuls ses enfants compris avec lui dans le contrat d’affranchissement héritent de lui, à l’exclusion de ses autres héritiers, s’il en a d’autres que ces enfants.

التَّعْجِيزَ وَيَأْبَاهُ الْعَبْدُ، أَوْ بِالْعَكْسِ (أَعْنِي: أَنَّهُ يُرِيدَ بِهِ السَّيِّدُ الْبَقَاءَ عَلَى الْكِتَابَةِ، وَيُرِيدُ الْعَبْدُ التَّعْجِيزَ) . فَأَمَّا إِذَا اتَّفَقَا عَلَى التَّعْجِيزِ فَلَا يَخْلُو الْأَمْرُ مِنْ قِسْمَيْنِ: أَحَدُهُمَا: أَنْ يَكُونَ دَخَلَ فِي الْكِتَابَةِ وَلَدٌ أَوْ لَا يَكُونَ، فَإِنْ كَانَ دَخَلَ وَلَدٌ فِي الْكِتَابَةِ فَلَا خِلَافَ عِنْدَهُ أَنَّهُ لَا يَجُوزُ التَّعْجِيزُ. وَإِنْ لَمْ يَكُنْ لَهُ وَلَدٌ فَفِي ذَلِكَ رِوَايَتَانِ: إِحْدَاهُمَا: أَنَّهُ لَا يَجُوزُ إِذَا كَانَ لَهُ مَالٌ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَالْأُخْرَى أَنَّهُ يَجُوزُ لَهُ ذَلِكَ. فَأَمَّا إِنْ طَلَبَ الْعَبْدُ التَّعْجِيزَ وَأَبَى السَّيِّدُ لَمْ يَكُنْ ذَلِكَ لِلْعَبْدِ إِنْ كَانَ مَعَهُ مَالٌ أَوْ كَانَتْ لَهُ قُوَّةٌ عَلَى السَّعْيِ. وَأَمَّا إِنْ أَرَادَ السَّيِّدُ التَّعْجِيزَ وَأَبَاهُ الْعَبْدُ ; فَإِنَّهُ لَا يُعْجِزُهُ عِنْدَهُ إِلَّا بِحُكْمِ حَاكِمٍ، وَذَلِكَ بَعْدَ أَنْ يُثْبِتَ السَّيِّدُ عِنْدَ الْحَاكِمِ أَنَّهُ لَا مَالَ لَهُ وَلَا قُدْرَةَ عَلَى الْأَدَاءِ. وَيَرْجِعُ إِلَى عُمْدَةِ أَدِلَّتِهِمْ فِي أَصْلِ الْخِلَافِ فِي الْمَسْأَلَةِ، فَعُمْدَةُ الشَّافِعِيِّ مَا رُوِيَ أَنَّ بَرِيرَةَ جَاءَتْ إِلَى عَائِشَةَ تَقُولُ لَهَا: " إِنِّي أُرِيدُ أَنْ تَشْتَرِينِي وَتُعْتِقِينِي فَقَالَتْ لَهَا: إِنْ أَرَادَ أَهْلُكِ، فَجَاءَتْ أَهْلَهَا فَبَاعُوهَا وَهِيَ مُكَاتَبَةٌ " خَرَّجَهُ الْبُخَارِيُّ. وَعُمْدَةُ الْمَالِكِيَّةِ تَشْبِيهُهُمُ الْكِتَابَةَ بِالْعُقُودِ اللَّازِمَةِ ; وَلِأَنَّ حُكْمَ الْعَبْدِ فِي هَذَا الْمَعْنَى يَجِبُ أَنْ يَكُونَ كَحُكْمِ السَّيِّدِ وَذَلِكَ أَنَّ الْعُقُودَ مِنْ شَأْنِهَا أَنْ يَكُونَ اللُّزُومُ فِيهَا أَوِ الْخِيَارُ مُسْتَوِيًا فِي الطَّرَفَيْنِ، وَأَمَّا أَنْ يَكُونَ لَازِمًا مِنْ طَرَفٍ وَغَيْرَ لَازِمٍ مِنَ الطَّرَفِ الثَّانِي فَخَارِجٌ عَنِ الْأُصُولِ، وَعَلَّلُوا حَدِيثَ بَرِيرَةَ بِأَنَّ الَّذِي بَاعَ أَهْلُهَا كَانَتْ كِتَابَتَهَا لَا رَقَبَتَهَا. وَالْحَنَفِيَّةُ تَقُولُ: لَمَّا كَانَ الْمُغَلَّبُ فِي الْكِتَابَةِ حَقَّ الْعَبْدِ، وَجَبَ أَنْ يَكُونَ الْعَقْدُ لَازِمًا فِي حَقِّ الْآخَرِ الْمُغَلَّبِ عَلَيْهِ وَهُوَ السَّيِّدُ أَصْلُهُ النِّكَاحُ ; لِأَنَّهُ غَيْرُ لَازِمٍ فِي حَقِّ الزَّوْجِ لِمَكَانِ الطَّلَاقِ الَّذِي بِيَدِهِ وَهُوَ لَازِمٌ فِي حَقِّ الزَّوْجَةِ، وَالْمَالِكِيَّةُ تَعْتَرِضُ هَذَا بِأَنْ تَقُولَ إِنَّهُ عَقْدٌ لَازِمٌ فِيمَا وَقَعَ بِهِ الْعِوَضُ، إِذْ كَانَ لَيْسَ لَهُ أَنْ يَسْتَرْجِعَ الصَّدَاقَ. الْجِنْسُ الثَّالِثُ وَأَمَّا حُكْمُهُ إِذَا مَاتَ قَبْلَ أَنْ يُؤَدِّيَ الْكِتَابَةَ، فَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ إِذَا مَاتَ دُونَ وَلَدٍ قَبْلَ أَنْ يُؤَدِّيَ مِنَ الْكِتَابَةِ شَيْئًا أَنَّهُ يَرِقُّ. وَاخْتَلَفُوا إِذَا مَاتَ عَنْ وَلَدٍ، فَقَالَ مَالِكٌ: حُكْمُ وَلَدِهِ كَحُكْمِهِ، فَإِنْ تَرَكَ مَالًا فِيهِ وَفَاءٌ لِلْكِتَابَةِ أَدَّوْهُ وَعَتَقُوا، وَإِنْ لَمْ يَتْرُكْ مَالًا وَكَانَتْ لَهُمْ قدرَةٌ عَلَى السَّعْيِ بَقُوا عَلَى نُجُومِ أَبِيهِمْ حَتَّى يَعْجِزُوا أَوْ يُعْتَقُوا، وَإِنْ لَمْ يَكُنْ عِنْدَهُمْ لَا مَالٌ وَلَا قُدْرَةٌ عَلَى السَّعْيِ رَقُّوا، وَأَنَّهُ إِنْ فَضَلَ عَنِ الْكِتَابَةِ شَيْءٌ مِنْ مَالِهِ وَرِثُوهُ عَلَى حُكْمِ مِيرَاثِ الْأَحْرَارِ، وَأَنَّهُ لَيْسَ يَرِثُهُ إِلَّا وَلَدُهُ الَّذِينَ هُمْ فِي الْكِتَابَةِ مَعَهُ دُونَ سِوَاهُمْ مِنْ وَارِثِيهِ إِنْ كَانَ لَهُ وَارِثٌ غَيْرُ الْوَلَدِ الَّذِي مَعَهُ فِي الْكِتَابَةِ.

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