Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

à celui qui ne peut gagner par lui-même de quoi s’affranchir de devenir libre. Ainsi, de même que ce regroupement peut maintenir en esclavage celui qui est capable de gagner de quoi payer, il peut aussi permettre l’affranchissement de celui qui n’en est pas capable.

Quant à Abū Hanīfa, il assimile cette garantie à celle qui intervient entre deux personnes étrangères l’une à l’autre, pour les créances dont le cautionnement est permis. Il la rend donc obligatoire lorsqu’elle est stipulée, mais non en l’absence de stipulation. Pourtant, lui non plus n’autorise pas le cautionnement des sommes dues au titre d’un contrat d’affranchissement.

Concernant l’esclave appartenant à deux copropriétaires, les savants divergent : l’un d’eux peut-il conclure un contrat d’affranchissement portant sur sa part sans l’autorisation de son associé ?

Certains répondent qu’il n’en a pas le droit : le contrat est annulé et les sommes déjà perçues sont réparties entre les deux copropriétaires au prorata de leurs parts. D’autres estiment qu’un homme ne peut conclure un contrat d’affranchissement portant uniquement sur sa part de l’esclave, à l’exclusion de celle de son associé. Un troisième groupe distingue les deux situations : cela est permis avec l’autorisation de l’associé, mais ne l’est pas sans elle.

Mālik professe le premier avis ; Ibn Abī Laylā et Ahmad, le deuxième ; Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī, selon l’un de ses deux avis, le troisième. Al-Shāfi‘ī a également un autre avis, semblable à celui de Mālik.

L’argument principal de Mālik est que, si cela était permis, l’esclave finirait par être entièrement affranchi, la valeur estimée de la part restante étant mise à la charge de celui qui a conclu le contrat pour sa propre part. Or cela n’est permis que dans le cas d’un affranchissement partiel.

Ceux qui autorisent un tel contrat considèrent que celui qui l’a conclu doit, s’il en a les moyens, achever l’affranchissement de l’esclave lorsque celui-ci s’est acquitté du montant convenu.

Mālik invoque donc ici un principe que son contradicteur ne reconnaît pas. Toutefois, le désaccord de ce dernier ne suffit pas à invalider ce principe.

Quant à l’exigence de l’autorisation de l’associé, elle repose sur un argument faible. Concernant les modalités du paiement au copropriétaire ayant conclu le contrat avec l’autorisation de son associé, Abū Hanīfa estime que le second copropriétaire prélève sa part sur chaque somme versée au premier. Ce dernier réclame alors à l’esclave le complément, que celui-ci doit gagner pour lui, jusqu’à ce qu’il ait reçu la totalité du montant convenu dans le contrat. Cette solution s’écarte sensiblement des principes établis.

Quant à la possibilité de conclure un contrat d’affranchissement avec un esclave incapable de gagner de quoi payer, à ma connaissance, ils ne divergent pas sur l’exigence qu’il en soit capable, en raison de cette parole du Très-Haut :

« Si vous reconnaissez en eux quelque bien. »

[al-Nūr : 33]

Les savants divergent cependant sur ce « bien » qu’Allah exige des esclaves sous contrat d’affranchissement lorsqu’Il dit :

« Si vous reconnaissez en eux quelque bien. »

[al-Nūr : 33]

Pour al-Shāfi‘ī, il s’agit de la capacité à gagner sa vie et de la probité. Pour certains, il s’agit de la possession de biens et de la probité ; pour d’autres, de la droiture et de la piété.

Certains savants désapprouvent la conclusion d’un contrat d’affranchissement avec celui qui n’a pas de métier, de crainte qu’il ne soit amené à mendier. D’autres l’autorisent, en raison du hadith de Barīra, selon lequel :

« Un contrat d’affranchissement lui avait été accordé afin qu’elle sollicite l’aide des gens. »

Il a également été jugé répréhensible de conclure un tel contrat avec une esclave qui ne peut tirer de revenus d’un métier, de crainte que cela ne la conduise à la fornication.

Mālik autorise le contrat d’affranchissement pour l’esclave dont la libération est prévue au décès de son maître, ainsi que pour toute personne qui demeure partiellement esclave, à l’exception de celle qui a donné un enfant à son maître, car, selon Mālik, celui-ci n’a pas le droit de l’employer à son service.

لِأَنْ يُخْرِجَ حُرًّا مَنْ لَا يَقْدِرُ مِنْ نَفْسِهِ أَنْ يَسْعَى حَتَّى يَخْرُجَ حُرًّا فَهُوَ كَمَا يَعُودُ بِرِقِّ مَنْ يَقْدِرُ عَلَى السَّعْيِ، كَذَلِكَ يَعُودُ بِحُرِّيَّةِ مَنْ لَا يَقْدِرُ عَلَى السَّعْيِ. وَأَمَّا أَبُو حَنِيفَةَ فَشَبَّهَهَا بِحَمَالَةِ الْأَجْنَبِيِّ مَعَ الْأَجْنَبِيِّ فِي الْحُقُوقِ الَّتِي تَجُوزُ فِيهَا الْحَمَالَةُ فَأَلْزَمَهَا بِالشَّرْطِ وَلَمْ يُلْزِمْهَا بِغَيْرِ شَرْطٍ، وَهُوَ مَعَ هَذَا أَيْضًا لَا يُجِيزُ حَمَالَةَ الْكِتَابَةِ. وَأَمَّا الْعَبْدُ بَيْنَ الشَّرِيكَيْنِ فَإِنَّ الْعُلَمَاءَ اخْتَلَفُوا هَلْ لِأَحَدِهِمَا أَنْ يُكَاتِبَ نَصِيبَهُ دُونَ إِذْنِ صَاحِبِهِ؟ فَقَالَ بَعْضُهُمْ: لَيْسَ لَهُ ذَلِكَ وَالْكِتَابَةُ مَفْسُوخَةٌ، وَمَا قَبَضَ مِنْهَا هِيَ بَيْنَهُمَا عَلَى قَدْرِ حِصَصِهِمَا، وَقَالَتْ طَائِفَةٌ: لَا يَجُوزُ أَنْ يُكَاتِبَ الرَّجُلُ نَصِيبَهُ مِنْ عَبْدِهِ دُونَ نَصِيبِ شَرِيكِهِ، وَفَرَّقَتْ فِرْقَةٌ، فَقَالَتْ: يَجُوزُ بِإِذْنِ شَرِيكِهِ وَلَا يَجُوزُ بِغَيْرِ إِذْنِ شَرِيكِهِ، وَبِالْقَوْلِ الْأَوَّلِ قَالَ مَالِكٌ، وَبِالثَّانِي قَالَ ابْنُ أَبِي لَيْلَى وَأَحْمَدُ، وَبِالثَّالِثِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ فِي أَحَدِ قَوْلَيْهِ، وَلَهُ قَوْلٌ آخَرُ مِثْلُ قَوْلِ مَالِكٍ. وَعُمْدَةُ مَالِكٍ أَنَّهُ لَوْ جَازَ ذَلِكَ لَأَدَّى إِلَى أَنْ يُعْتَقَ الْعَبْدُ كُلُّهُ بِالتَّقْوِيمِ عَلَى الَّذِي كَاتَبَ حَظَّهُ مِنْهُ، وَذَلِكَ لَا يَجُوزُ إِلَّا فِي تَبْعِيضِ الْعِتْقِ. وَمَنْ رَأَى أَنَّ لَهُ أَنْ يُكَاتِبَهُ رَأَى أَنَّ عَلَيْهِ أَنْ يُتِمَّ عِتْقَهُ إِذَا أَدَّى الْكِتَابَةَ إِذَا كَانَ مُوسِرًا. فَاحْتِجَاجُ مَالِكٍ هُنَا هُوَ احْتِجَاجٌ بِأَصْلٍ لَا يُوَافِقُهُ عَلَيْهِ الْخَصْمُ، لَكِنْ لَيْسَ يَمْنَعُ مِنْ صِحَّةِ الْأَصْلِ أَنْ لَا يُوَافِقَهُ عَلَيْهِ الْخَصْمُ. . وَأَمَّا اشْتِرَاطُ الْإِذْنِ فَضَعِيفٌ، وَأَبُو حَنِيفَةَ يَرَى فِي كَيْفِيَّةِ أَدَاءِ الْمَالِ لِلْمُكَاتِبِ إِذَا كَانَتِ الْكِتَابَةُ عَنْ إِذْنِ شَرِيكِهِ أَنَّ كُلَّ مَا أَدَّى لِلشَّرِيكِ الَّذِي كَاتَبَهُ يَأْخُذُ مِنْهُ الشَّرِيكُ الثَّانِي نَصِيبَهُ، وَيَرْجِعُ بِالْبَاقِي عَلَى الْعَبْدِ فَيَسْعَى لَهُ فِيهِ حَتَّى يَتِمَّ لَهُ مَا كَانَ كَاتَبَهُ عَلَيْهِ، وَهَذَا فِيهِ بُعْدٌ عَنِ الْأُصُولِ. وَأَمَّا هَلْ تَجُوزُ مُكَاتَبَةُ مَنْ لَا يَقْدِرُ عَلَى السَّعْيِ فَلَا خِلَافَ فِيمَا أَعْلَمُ بَيْنَهُمْ أَنْ يَكُونَ قَوِيًّا عَلَى السَّعْيِ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {إِنْ عَلِمْتُمْ فِيهِمْ خَيْرًا} [النور: ٣٣] ، وَقَدِ اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ مَا الْخَيْرُ الَّذِي اشْتَرَطَهُ اللَّهُ فِي الْمُكَاتَبِينَ فِي قَوْلِهِ {إِنْ عَلِمْتُمْ فِيهِمْ خَيْرًا} [النور: ٣٣] ، فَقَالَ الشَّافِعِيُّ: الِاكْتِسَابُ وَالْأَمَانَةُ، وَقَالَ بَعْضُهُمُ: الْمَالُ وَالْأَمَانَةُ، وَقَالَ آخَرُونَ: الصَّلَاحُ وَالدِّينُ. وَأَنْكَرُ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ أَنْ يُكَاتَبَ مَنْ لَا حِرْفَةَ لَهُ مَخَافَةَ السُّؤَالِ، وَأَجَازَ ذَلِكَ بَعْضُهُمْ لِحَدِيثِ بَرِيرَةَ: " أَنَّهَا كُوتِبَتْ أَنْ تَسْأَلَ النَّاسَ " وَكَرِهَ أَنْ تُكَاتَبَ الْأَمَةُ الَّتِي لَا اكْتِسَابَ لَهَا بِصِنَاعَةٍ مَخَافَةَ أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ ذَرِيعَةً إِلَى الزِّنَا. وَأَجَازَ مَالِكٌ كِتَابَةَ الْمُدَبَّرَةِ وَكُلِّ مَنْ فِيهِ بَقِيَّةُ رِقٍّ إِلَّا أُمَّ الْوَلَدِ إِذْ لَيْسَ لَهُ عِنْدَ مَالِكٍ أَنْ يَسْتَخْدِمَهَا.

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