Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Le principal argument du second groupe est cette parole du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — rapportée dans le hadith d’Ibn ‘Umar :

« Celui qui gifle son esclave ou le frappe doit, pour expier son acte, l’affranchir. »

Ils expliquent que l’affranchissement n’a pourtant pas été rendu obligatoire dans ce cas, mais seulement recommandé. Ils invoquent également le raisonnement suivant : le principe établi par la Loi est qu’un maître ne peut être contraint d’affranchir son esclave, sauf dans les cas qu’une preuve vient expressément soustraire à cette règle.

Or, l’authenticité des hadiths de ‘Amr ibn Shu‘ayb est controversée ; ils n’ont donc pas une force suffisante pour fonder une exception à une telle règle.

Quant à savoir si un parent devient libre du seul fait qu’une personne en devient propriétaire, et, dans l’affirmative, quels parents sont concernés, les savants divergent à ce sujet. La majorité admet cet affranchissement en raison de la parenté, à l’exception de Dāwūd et de ses disciples, qui estiment qu’aucun lien de parenté n’entraîne à lui seul un tel affranchissement.

Ceux qui admettent cet affranchissement divergent sur les parents concernés, après s’être accordés sur le fait que le père et l’enfant d’un homme deviennent libres lorsqu’il en devient propriétaire.

Mālik distingue trois catégories de parents qui deviennent libres lorsqu’un homme en devient propriétaire :

La première comprend ses ascendants (pères, grands-pères, grands-mères, mères, ainsi que leurs pères et mères ; en somme, toute personne dont il descend).

La deuxième comprend ses descendants (fils, filles et leur descendance, à quelque degré que ce soit, qu’elle soit issue des fils ou des filles ; en somme, toute personne qui descend de lui, directement ou par l’intermédiaire d’un homme ou d’une femme).

La troisième comprend les descendants qui partagent avec lui un ascendant immédiat (ses frères et sœurs, qu’ils aient en commun avec lui leurs deux parents, leur père seulement ou leur mère seulement ; dans cette branche, Mālik s’en tient aux parents les plus proches et n’impose donc pas l’affranchissement des enfants des frères).

Al-Shāfi‘ī partage l’avis de Mālik concernant les deux lignes, ascendante et descendante. Il s’en distingue toutefois au sujet des frères et sœurs, dont il ne rend pas l’affranchissement obligatoire.

Abū Hanīfa, quant à lui, impose l’affranchissement de tout parent avec lequel le mariage est interdit en raison du lien de sang : oncles et tantes paternels, oncles et tantes maternels, filles du frère et autres parents relevant de la même interdiction.

La divergence entre les zahirites et la majorité tient à leur interprétation du troisième hadith, à savoir cette parole du Prophète — sur lui la bénédiction et la paix :

« Un enfant ne peut rendre à son père ce qu’il lui doit, à moins de le trouver esclave, de l’acheter et de l’affranchir. »

Ce hadith est rapporté par Muslim, al-Tirmidhī, Abū Dāwūd et d’autres.

La majorité estime qu’il faut comprendre de ce hadith que, si l’enfant achète son père, il lui incombe de l’affranchir, mais qu’il n’est pas tenu de l’acheter.

Les zahirites estiment, pour leur part, que le hadith signifie qu’il n’est tenu ni de l’acheter ni de l’affranchir s’il l’achète. Ils expliquent : « Le fait que l’affranchissement lui soit attribué prouve qu’il peut valablement être propriétaire de son père. Si leur interprétation était juste, le texte aurait dit : “À moins qu’il ne l’achète et que celui-ci ne devienne libre du seul fait de cet achat.” »

وَعُمْدَةُ الْفَرِيقِ الثَّانِي قَوْلُهُ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فِي حَدِيثِ ابْنِ عُمَرَ «مَنْ لَطَمَ مَمْلُوكَهُ أَوْ ضَرَبَهُ فَكَفَّارَتُهُ عِتْقُهُ» قَالُوا: فَلَمْ يَلْزَمِ الْعِتْقُ فِي ذَلِكَ وَإِنَّمَا نُدِبَ إِلَيْهِ. وَلَهُمْ مِنْ طَرِيقِ الْمَعْنَى أَنَّ الْأَصْلَ فِي الشَّرْعِ هُوَ أَنَّهُ لَا يُكْرِهُ السَّيِّدَ عَلَى عِتْقِ عَبْدِهِ إِلَّا مَا خَصَّصَهُ الدَّلِيلُ. وَأَحَادِيثُ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ مُخْتَلَفٌ فِي صِحَّتِهَا، فَلَمْ تَبْلُغْ مِنَ الْقُوَّةِ أَنْ يُخَصَّصَ بِهَا مِثْلُ هَذِهِ الْقَاعِدَةِ. وَأَمَّا هَلْ يَعْتِقُ عَلَى الْإِنْسَانِ أَحَدٌ مِنْ قَرَابَتِهِ، وَإِنْ عَتَقَ فَمَنْ يَعْتِقُ؟ فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ، فَجُمْهُورُ الْعُلَمَاءِ عَلَى أَنَّهُ يَعْتِقُ عَلَى الرَّجُلِ بِالْقَرَابَةِ إِلَّا دَاوُدَ وَأَصْحَابَهُ، فَإِنَّهُمْ لَمْ يَرَوْا أَنْ يُعْتِقَ أَحَدٌ عَلَى أَحَدٍ مِنْ قِبَلِ قُرْبَى. وَالَّذِينَ قَالُوا بِالْعِتْقِ اخْتَلَفُوا فِيمَنْ يُعْتَقُ مِمَّنْ لَا يُعْتَقُ بَعْدَ اتِّفَاقِهِمْ عَلَى أَنَّهُ يَعْتِقُ عَلَى الرَّجُلِ أَبُوهُ وَوَلَدُهُ، فَقَالَ مَالِكٌ: يَعْتِقُ عَلَى الرَّجُلِ ثَلَاثَةٌ: أَحَدُهَا: أُصُولُهُ (وَهُمُ الْآبَاءُ وَالْأَجْدَادُ وَالْجَدَّاتُ وَالْأُمَّهَاتُ، وَآبَاؤُهُمْ وَأُمَّهَاتُهُمْ، وَبِالْجُمْلَةِ كُلُّ مَنْ كَانَ لَهُ عَلَى الْإِنْسَانِ وِلَادَةٌ) . وَالثَّانِي: فُرُوعُهُ (وَهُمُ: الْأَبْنَاءُ وَالْبَنَاتُ وَوَلَدُهُمْ مهمَا سَفُلُوا، َسَوَاءٌ فِي ذَلِكَ وَلَدُ الْبَنِينَ وَوَلَدُ الْبَنَاتِ، وَبِالْجُمْلَةِ كُلُّ مَنْ لِلرَّجُلِ عَلَيْهِ وِلَادَةٌ بِغَيْرِ تَوَسُّطٍ أَوْ بِتَوَسُّطِ، ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى) . وَالثَّالِثُ: الْفُرُوعُ الْمُشَارِكَةُ لَهُ فِي أَصْلِهِ الْقَرِيبِ (وَهُمُ: الْإِخْوَةُ، وَسَوَاءٌ أَكَانُوا لِأَبٍ وَأُمٍّ، أَوْ لِأَبٍ فَقَطْ، أَوْ لِأُمٍّ فَقَطْ; وَاقْتَصَرَ مِنْ هَذَا الْعَمُودِ عَلَى الْقَرِيبِ فَقَطْ، فَلَمْ يُوجِبْ عِتْقَ بَنِي الْإِخْوَةِ) . وَأَمَّا الشَّافِعِيُّ، فَقَالَ مِثْلَ قَوْلِ مَالِكٍ فِي الْعَمُودَيْنِ الْأَعْلَى وَالْأَسْفَلِ، وَخَالَفَهُ فِي الْإِخْوَةِ فَلَمْ يُوجِبْ عِتْقَهُمْ. وَأَمَّا أَبُو حَنِيفَةَ فَأَوْجَبَ عِتْقَ كُلِّ ذِي رَحِمٍ مُحَرَّمٍ بِالنَّسَبِ كَالْعَمِّ وَالْعَمَّةِ وَالْخَالِ وَالْخَالَةِ وَبَنَاتِ الْأَخِ، وَمَنْ أَشْبَهَهُمْ مِمَّنْ هُوَ مِنَ الْإِنْسَانِ ذُو مَحْرَمٍ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِ أَهْلِ الظَّاهِرِ مَعَ الْجُمْهُورِ اخْتِلَافُهُمْ فِي مَفْهُومِ الْحَدِيثِ الثَّالِثِ، وَهُوَ قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَا يَجْزِي وَلَدٌ عَنْ وَالِدِهِ إِلَّا أَنْ يَجِدَهُ مَمْلُوكًا فَيَشْتَرِيَهُ فَيُعْتِقَهُ» خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ وَالتِّرْمِذِيُّ وَأَبُو دَاوُدَ وَغَيْرُهُمْ. فَقَالَ: الْجُمْهُورُ: يُفْهَمُ مِنْ هَذَا أَنَّهُ إِذَا اشْتَرَاهُ وَجَبَ عَلَيْهِ عِتْقُهُ، وَأَنَّهُ لَيْسَ يَجِبُ عَلَيْهِ شِرَاؤُهُ. وَقَالَتِ الظَّاهِرِيَّةُ: الْمَفْهُومُ مِنَ الْحَدِيثِ أَنَّهُ لَيْسَ يَجِبُ عَلَيْهِ شِرَاؤُهُ وَلَا عِتْقُهُ إِذَا اشْتَرَاهُ، قَالُوا: لِأَنَّ إِضَافَةَ عِتْقِهِ إِلَيْهِ دَلِيلٌ عَلَى صِحَّةِ مِلْكِهِ لَهُ، وَلَوْ كَانَ مَا قَالُوا صَوَابًا، لَكَانَ اللَّفْظُ إِلَّا أَنْ يَشْتَرِيَهُ فَيَعْتِقَ عَلَيْهِ.

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