Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Livre des successions]

Ce livre examine qui hérite et qui n’hérite pas. Celui qui hérite le fait-il toujours, ou seulement en présence de certains héritiers, à l’exclusion d’autres ? Lorsqu’il hérite avec d’autres, quelle part lui revient ? Et lorsqu’il hérite seul, quelle part reçoit-il ? Enfin, lorsqu’il concourt avec un autre héritier, sa part varie-t-elle selon l’héritier en présence ?

Cette matière peut être enseignée suivant de nombreuses méthodes, dont les spécialistes des successions ont adopté la plupart. La méthode suivie ici consiste à exposer, pour chaque catégorie d’héritiers, les règles qui s’appliquent lorsqu’elle est seule représentée, puis celles qui s’appliquent lorsqu’elle concourt avec les autres catégories. On examinera, par exemple, quelle part revient à l’enfant lorsqu’il hérite seul, puis sa situation en présence des autres catégories d’héritiers.

Les catégories de personnes appelées à hériter sont au nombre de trois : les parents par le sang, les parents par alliance et les personnes liées par l’affranchissement.

Parmi les parents par le sang, certains font l’objet d’un accord quant à leur droit d’hériter, tandis que d’autres font l’objet d’une divergence.

Ceux dont le droit est unanimement reconnu sont les descendants (je veux dire : les enfants), les ascendants (je veux dire : les parents et les grands-parents), hommes ou femmes, ainsi que les descendants qui partagent avec le défunt son ascendant le plus proche (je veux dire : les frères et les sœurs, ou ceux qui partagent avec lui un ascendant commun, proche ou éloigné, à savoir les oncles paternels et leurs fils). Pour ces derniers, seuls les hommes sont concernés. En les énumérant dans le détail, on compte dix catégories d’hommes et sept catégories de femmes.

Pour les hommes : le fils ; le petit-fils par un fils, à quelque degré de descendance que ce soit ; le père ; le grand-père paternel, à quelque degré d’ascendance que ce soit ; le frère, quel que soit le lien de fraternité (je veux dire : par les deux parents ou par l’un d’eux seulement) ; le fils du frère, à quelque degré de descendance que ce soit ; l’oncle paternel ; le fils de l’oncle paternel, à quelque degré de descendance que ce soit ; l’époux ; et l’auteur de l’affranchissement.

Pour les femmes : la fille ; la petite-fille par un fils, à quelque degré de descendance que ce soit ; la mère ; la grand-mère, à quelque degré d’ascendance que ce soit ; la sœur ; l’épouse ; et l’affranchisseuse.

Quant à ceux dont le droit d’hériter fait l’objet d’une divergence, ce sont les autres parents par le sang (ceux qui n’ont pas de part déterminée dans le Livre d’Allah et qui ne sont pas non plus des héritiers à titre résiduaire). Il s’agit, dans l’ensemble, des fils des filles, des filles des frères, des fils des sœurs, des filles des oncles paternels, de l’oncle paternel qui est le frère du père par leur mère seulement, des fils des frères utérins, des tantes paternelles, des tantes maternelles et des oncles maternels.

Mālik, al-Shāfi‘ī, la plupart des juristes des grandes cités et, parmi les Compagnons, Zayd ibn Thābit, estiment qu’ils n’ont aucun droit à l’héritage. Les autres Compagnons, les juristes d’Irak, de Koufa et de Bassora, ainsi qu’un ensemble de savants des autres contrées, leur reconnaissent, en revanche, le droit d’hériter.

Ceux qui leur reconnaissent ce droit divergent sur les modalités de leur dévolution successorale. Abū Hanīfa et ses disciples préconisent de les faire hériter

[كِتَابُ الْفَرَائِضِ] ِ وَالنَّظَرُ فِي هَذَا الْكِتَابِ، فِيمَنْ يَرِثُ، وَفِيمَنْ لَا يَرِثُ. وَمَنْ يَرِثُ هَلْ يَرِثُ دَائِمًا، أَوْ مَعَ وَارِثٍ دُونَ وَارِثٍ، وَإِذَا وَرِثَ مَعَ غَيْرِهِ فَكَمْ يَرِثُ وَكَذَلِكَ إِذَا وَرِثَ وَحْدَهُ كَمْ يَرِثُ؟ وَإِذَا وَرِثَ مَعَ وَارِثٍ، فَهَلْ يَخْتَلِفُ ذَلِكَ بِحَسَبِ وَارِثٍ وَارِثٍ أَوْ لَا يَخْتَلِفُ؟ وَالتَّعْلِيمُ فِي هَذَا يُمْكِنُ عَلَى وُجُوهٍ كَثِيرَةٍ قَدْ سَلَكَ أَكْثَرَهَا أَهْلُ الْفَرَائِضِ، وَالسَّبِيلُ الْحَاضِرَةُ فِي ذَلِكَ بِأَنْ يُذْكَرَ حُكْمُ جِنْسٍ جِنْسٍ مِنْ أَجْنَاسِ الْوَرَثَةِ إِذَا انْفَرَدَ ذَلِكَ الْجِنْسُ، وَحُكْمُهُ مَعَ سَائِرِ الْأَجْنَاسِ الْبَاقِيَةِ، مِثَالُ ذَلِكَ أَنْ يُنْظَرَ إِلَى الْوَلَدِ إِذَا انْفَرَدَ كَمْ مِيرَاثُهُ، ثُمَّ يُنْظَرَ حَالُهُ مَعَ سَائِرِ الْأَجْنَاسِ الْبَاقِيَةِ مِنَ الْوَارِثِينَ. فَأَمَّا الْأَجْنَاسُ الْوَارِثَةُ فَهِيَ ثَلَاثَةٌ: ذُو نَسَبٍ، وَأَصْهَارٌ، وَمَوَالٍ. فَأَمَّا ذو النَّسَبِ، فَمِنْهَا مُتَّفَقٌ عَلَيْهَا، وَمِنْهَا مُخْتَلَفٌ فِيهَا. فَأَمَّا الْمُتَّفَقُ عَلَيْهَا فَهِيَ الْفُرُوعُ (أَعْنِي: الْأَوْلَادَ) ، وَالْأُصُولُ (أَعْنِي: الْآبَاءَ وَالْأَجْدَادَ) ذُكُورًا كَانُوا أَوْ إِنَاثًا، وَكَذَلِكَ الْفُرُوعُ الْمُشَارِكَةُ لِلْمَيِّتِ فِي الْأَصْلِ الْأَدْنَى: (أَعْنِي: الْإِخْوَةَ ذُكُورًا أَوْ إِنَاثًا، أَوِ الْمُشَارِكَةَ الْأَدْنَى أَوِ الْأَبْعَدَ فِي أَصْلٍ وَاحِدٍ وَهُمُ الْأَعْمَامُ وَبَنُو الْأَعْمَامِ) ، وَذَلِكَ الذُّكُورُ مِنْ هَؤُلَاءِ خَاصَّةً فَقَطْ، وَهَؤُلَاءِ إِذَا فُصِّلُوا كَانُوا مِنَ الرِّجَالِ عَشَرَةً وَمِنَ النِّسَاءِ سَبْعَةً. أَمَّا الرِّجَالُ: فَالِابْنُ وَابْنُ الِابْنِ وَإِنْ سَفُلَ، وَالْأَبُ وَالْجَدُّ أَبُو الْأَبِ وَإِنْ عَلَا، وَالْأَخُ مِنْ أَيِّ جِهَةٍ كَانَ (أَعْنِي: لِلْأُمِّ وَالْأَبِ أَوْ لِأَحَدِهِمَا) ، وَابْنُ الْأَخِ وَإِنْ سَفُلَ، وَالْعَمُّ وَابْنُ الْعَمِّ وَإِنْ سَفُلَ، وَالزَّوْجُ، وَمَوْلَى النِّعْمَةِ. وَأَمَّا النِّسَاءُ: فَالِابْنَةُ وَابْنَةُ الِابْنِ وَإِنْ سَفُلَتْ، وَالْأُمُّ وَالْجَدَّةُ وَإِنْ عَلَتْ، وَالْأُخْتُ، وَالزَّوْجَةُ، وَالْمَوْلَاةُ. وَأَمَّا الْمُخْتَلَفُ فِيهِمْ فَهُمْ ذَوُو الْأَرْحَامِ، (وَهُمْ مَنْ لَا فَرْضَ لَهُمْ فِي كِتَابِ اللَّهِ وَلَا هُمْ عُصْبَةٌ) ، وَهُمْ بِالْجُمْلَةِ بَنُو الْبَنَاتِ، وَبَنَاتُ الْإِخْوَةِ، وَبَنُو الْأَخَوَاتِ، وَبَنَاتُ الْأَعْمَامِ، وَالْعَمُّ أَخُو الْأَبِ لِلْأُمِّ فَقَطْ، وَبَنُو الْإِخْوَةِ لِلْأُمِّ، وَالْعَمَّاتُ، وَالْخَالَاتُ، وَالْأَخْوَالُ. فَذَهَبَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ وَأَكْثَرُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ وَزَيْدُ بْنُ ثَابِتٍ مِنَ الصَّحَابَةِ إِلَى أَنَّهُ لَا مِيرَاثَ لَهُمْ. وَذَهَبَ سَائِرُ الصَّحَابَةِ، وَفُقَهَاءُ الْعِرَاقِ وَالْكُوفَةِ وَالْبَصْرَةِ وَجَمَاعَةُ الْعُلَمَاءِ مِنْ سَائِرِ الْآفَاقِ إِلَى تَوْرِيثِهِمْ. وَالَّذِينَ قَالُوا بِتَوْرِيثِهِمُ اخْتَلَفُوا فِي صِفَةِ تَوْرِيثِهِمْ، فَذَهَبَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ إِلَى تَوْرِيثِهِمْ

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