Et dans certaines versions, elle dit :
« Je l’enlevais en frottant le vêtement du Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix. »
Certaines versions ajoutent :
« Puis il priait dans ce vêtement. »
Cet ajout est rapporté par Muslim.
La seconde cause tient à l’hésitation entre deux rapprochements : assimiler le sperme aux déjections corporelles ou aux sécrétions pures, comme le lait et autres substances semblables.
Ceux qui concilient l’ensemble des hadiths en considérant que le lavage relève de la propreté, et qui déduisent du frottement la pureté du sperme, conformément à leur principe selon lequel le frottement ne suffit pas à purifier ce qui est souillé, ne le jugent pas impur. Ils l’assimilent par analogie au lait et aux autres sécrétions nobles. Ceux qui donnent la prépondérance au hadith mentionnant le lavage sur celui mentionnant le frottement, qui y voient l’indication d’une impureté et qui rapprochent davantage le sperme des déjections que des autres substances, le déclarent impur.
De même, ceux qui estiment que l’impureté peut être éliminée par frottement disent que celui-ci indique l’impureté du sperme tout autant que le lavage. Tel est l’avis d’Abū Hanīfa.
Dans cette perspective, les partisans de sa pureté ne peuvent tirer argument de ces paroles de ‘Ā’isha : « Puis il priait dans ce vêtement. » Elles constituent plutôt un argument en faveur d’Abū Hanīfa, selon qui l’impureté peut être éliminée autrement qu’avec de l’eau, contrairement à l’avis des malikites.
[Chapitre III : Des éléments dont on élimine les impuretés]
Chapitre III : Des éléments dont il est obligatoire d’éliminer les impuretés
Les éléments dont on élimine les impuretés sont de trois sortes, sans divergence à ce sujet : le corps, les vêtements, puis les mosquées et les lieux de prière. Les savants s’accordent sur ces trois catégories parce qu’elles sont expressément mentionnées dans le Coran et la Sunna.
Pour les vêtements, Allah le Très-Haut dit :
« Et tes vêtements, purifie-les. »
[Al-Muddaththir : 4]
Ceci vaut selon l’interprétation de ceux qui donnent à ce verset son sens propre. Il est également établi que le Prophète — sur lui la prière et la paix — « a ordonné de laver le vêtement souillé de sang menstruel et a versé de l’eau sur l’urine du petit garçon qui avait uriné sur lui ».
Quant aux mosquées, le Prophète — sur lui la prière et la paix — « a ordonné de verser un seau d’eau sur l’urine du Bédouin qui avait uriné dans la mosquée ». Il est également établi qu’il — sur lui la prière et la paix — « a ordonné de laver le liquide pré-éjaculatoire présent sur le corps et de nettoyer à l’eau les impuretés des deux orifices d’évacuation ».