Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

selon les spécialistes du hadith.

Il est établi qu’Ibn ‘Abbās a dit :
« Je préférerais que les gens ramènent leurs legs du tiers au quart, car le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : “Le tiers, et le tiers est beaucoup !” »

Quant à la possibilité, pour celui qui n’a pas d’héritier, de léguer plus du tiers de ses biens, Mālik et al-Awzā‘ī ne l’admettent pas. Deux avis divergents sont rapportés d’Ahmad à ce sujet. Abū Hanīfa et Ishāq l’autorisent ; c’est aussi l’avis d’Ibn Mas‘ūd.

Cette divergence tient à la question de savoir si cette règle se limite au cas où existe le motif invoqué par le Législateur, à savoir ne pas laisser ses héritiers démunis, à tendre la main aux gens. Le Prophète — sur lui la bénédiction et la paix — a en effet dit :

« Il vaut mieux que tu laisses tes héritiers dans l’aisance plutôt que de les laisser démunis, à tendre la main aux gens. »

Pour celui qui rattache exclusivement la règle à ce motif, elle doit cesser de s’appliquer lorsque celui-ci disparaît. En revanche, celui qui considère cette règle comme une prescription à observer en tant que telle, même si un motif lui a été donné, ou qui assimile à cet égard l’ensemble des musulmans aux héritiers, estime qu’il n’est permis en aucun cas de léguer plus du tiers.

Du sens du terme « legs »

Le legs consiste, de manière générale, à donner ses biens à une ou plusieurs autres personnes, ou à affranchir son esclave, avec effet après son décès, que l’on emploie expressément ou non le terme « legs ». Cet acte fait unanimement partie des actes révocables (c’est-à-dire que le testateur peut revenir sur ce qu’il a légué), à l’exception de l’affranchissement prévu au décès du maître, au sujet duquel les savants divergent, comme nous le verrons dans le Livre de l’affranchissement au décès du maître.

Ils s’accordent sur le fait que le droit du légataire n’est acquis qu’après la mort du testateur.

Ils divergent toutefois sur la question de savoir si l’acceptation du légataire est une condition de validité du legs. Mālik considère qu’elle l’est. Il est rapporté d’al-Shāfi‘ī qu’elle ne l’est pas. Mālik assimile ici le legs à la donation.

[Deuxième partie : des règles applicables aux legs]

Des règles applicables

Ces règles concernent les unes les formulations employées, les autres les calculs, et d’autres encore les dispositions juridiques proprement dites.

Parmi les questions juridiques bien connues figure leur divergence au sujet de celui qui lègue à un homme le tiers de ses biens et désigne précisément les biens constituant ce tiers. Si les héritiers affirment que les biens ainsi désignés représentent plus du tiers, Mālik estime qu’ils ont le choix entre remettre au légataire les biens désignés par le testateur et lui donner le tiers de l’ensemble des biens du défunt. Abū Hanīfa, al-Shāfi‘ī, Abū Thawr, Ahmad et Dāwūd s’opposent à lui sur ce point.

Leur argument est que, de l’avis unanime, le droit du légataire sur le legs est acquis dès lors que le testateur est mort et que le légataire l’a accepté. Comment pourrait-on alors le déposséder, sans son consentement, de ce qui lui est acquis et modifier le legs ?

Quant à Mālik, son argument repose sur la possible véracité

عِنْدَ أَهْلِ الْحَدِيثِ. وَثَبَتَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَنَّهُ قَالَ: لَوْ غَضَّ النَّاسُ فِي الْوَصِيَّةِ مِنَ الثُّلُثِ إِلَى الرُّبْعِ لَكَانَ أَحَبَّ إِلَيَّ ; لِأَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «الثُّلُثُ وَالثُّلُثُ كَثِيرٌ» . وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي جَوَازِ الْوَصِيَّةِ بِأَكْثَرَ مِنَ الثُّلُثِ لِمَنْ لَا وَارِثَ لَهُ، فَإِنَّ مَالِكًا لَا يُجِيزُ ذَلِكَ وَالْأَوْزَاعِيُّ، وَاخْتَلَفَ فِيهِ قَوْلُ أَحْمَدَ، وَأَجَازَ ذَلِكَ أَبُو حَنِيفَةَ وَإِسْحَاقُ، وَهُوَ قَوْلُ ابْنِ مَسْعُودٍ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ هَلْ هَذَا الْحُكْمُ خَاصٌّ بِالْعِلَّةِ الَّتِي عَلَّلَهُ بِهَا الشَّارِعُ أَمْ لَيْسَ بِخَاصٍّ، وَهُوَ أَنْ لَا يَتْرُكَ وَرَثَتَهُ عَالَةً يَتَكَفَّفُونَ النَّاسَ، كَمَا قَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «إِنَّكَ أَنْ تَذَرَ وَرَثَتَكَ أَغْنِيَاءَ خَيْرٌ مِنْ أَنْ تَذَرَهُمْ عَالَةً يَتَكَفَّفُونَ النَّاسَ» فَمَنْ جَعَلَ هَذَا السَّبَبَ خَاصًّا وَجَبَ أَنْ يَرْتَفِعَ الْحُكْمُ بِارْتِفَاعِ هَذِهِ الْعِلَّةِ، وَمَنْ جَعَلَ الْحُكْمَ عِبَادَةً وَإِنْ كَانَ قَدْ عَلَّلَ بِعِلَّةٍ، أَوْ جَعَلَ جَمِيعَ الْمُسْلِمِينَ فِي هَذَا الْمَعْنَى بِمَنْزِلَةِ الْوَرَثَةِ، قَالَ: لَا تَجُوزُ الْوَصِيَّةُ بِإِطْلَاقٍ بِأَكْثَرَ مِنَ الثُّلُثِ. الْقَوْلُ فِي الْمَعْنَى الَّذِي يَدُلُّ عَلَيْهِ لَفْظُ الْوَصِيَّةِ وَالْوَصِيَّةُ بِالْجُمْلَةِ هِيَ هِبَةُ الرَّجُلِ مَالَهُ لِشَخْصٍ آخَرَ أَوْ لِأَشْخَاصٍ بَعْدَ مَوْتِهِ، أَوْ عَتْقُ غُلَامِهِ سَوَاءٌ صَرَّحَ بِلَفْظِ الْوَصِيَّةِ أَوْ لَمْ يُصَرِّحْ بِهِ، وَهَذَا الْعَقْدُ هُوَ مِنَ الْعُقُودِ الْجَائِزَةِ بِاتِّفَاقٍ (أَعْنِي: أَنَّ لِلْمُوصِي أَنْ يَرْجِعَ فِيمَا أَوْصَى بِهِ) إِلَّا الْمُدَبَّرَ فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِيهِ عَلَى مَا سَيَأْتِي فِي كِتَابِ التَّدْبِيرِ. وَأَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهُ لَا يَجِبُ لِلْمُوصَى لَهُ إِلَّا بَعْدَ مَوْتِ الْمُوصِي. وَاخْتَلَفُوا فِي قَبُولِ الْمُوصَى لَهُ هَلْ هُوَ شَرْطٌ فِي صِحَّتِهَا أَمْ لَا؟ فَقَالَ مَالِكٌ: قَبُولُ الْمُوصَى لَهُ إِيَّاهَا شَرْطٌ فِي صِحَّةِ الْوَصِيَّةِ، وَرُوِيَ عَنِ الشَّافِعِيِّ أَنَّهُ لَيْسَ الْقَبُولُ شَرْطًا فِي صِحَّتِهَا، وَمَالِكٌ شَبَّهَهَا بِالْهِبَةِ. [الْقِسْمُ الثَّانِي الْقَوْلُ فِي أَحْكَامِ الوصايا] الْقَوْلُ فِي الْأَحْكَامِ وَهَذِهِ الْأَحْكَامُ مِنْهَا لَفْظِيَّةٌ، وَمِنْهَا حِسَابِيَّةٌ، وَمِنْهَا حُكْمِيَّةٌ. فَمِنْ مَسَائِلِها الْمَشْهُورَةِ الْحُكْمِيَّةِ، اخْتِلَافُهُمْ فِي حُكْمِ مَنْ أَوْصَى بِثُلُثِ مَالِهِ لِرَجُلٍ وَعَيَّنَ مَا أَوْصَى لَهُ بِهِ فِي مَالِهِ مِمَّا هُوَ الثُّلُثُ، فَقَالَ الْوَرَثَةُ: ذَلِكَ الَّذِي عَيَّنَ أَكْثَرُ مِنَ الثُّلُثِ، فَقَالَ مَالِكٌ: الْوَرَثَةُ مُخَيَّرُونَ بَيْنَ أَنْ يُعْطُوهُ ذَلِكَ الَّذِي عَيَّنَهُ الْمُوصِي أَوْ يُعْطُوهُ الثُّلُثَ مِنْ جَمِيعِ مَالِ الْمَيِّتِ، وَخَالَفَهُ فِي ذَلِكَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَالشَّافِعِيُّ، وَأَبُو ثَوْرٍ، وَأَحْمَدُ، وَدَاوُدُ. وَعُمْدَتُهُمْ أَنَّ الْوَصِيَّةَ قَدْ وَجَبَتْ لِلْمُوصَى لَهُ بِمَوْتِ الْمُوصِي وَقَبُولِهِ إِيَّاهَا بِاتِّفَاقٍ، فَكَيْفَ يُنْقُلُ عَنْ مِلْكِهِ مَا وَجَبَ لَهُ بِغَيْرِ طِيبِ نَفْسٍ مِنْهُ، وَتُغَيَّرُ الْوَصِيَّةُ. وَعُمْدَةُ مَالِكٍ إِمْكَانُ صِدْقِ

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