Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Ils divergent également sur le legs en faveur d’une personne décédée. Selon la majorité, le legs devient caduc au décès de son bénéficiaire ; d’autres estiment qu’il ne devient pas caduc. Ils divergent aussi sur le legs fait à l’auteur d’un homicide, involontaire ou volontaire.

Une question particulière bien connue se pose dans ce chapitre : lorsque les héritiers ont donné leur accord au testateur, peuvent-ils revenir sur cet accord après sa mort ? Selon un avis, ils le peuvent ; selon un autre, ils ne le peuvent pas. Un troisième distingue selon qu’ils étaient ou non à la charge du défunt : s’ils étaient à sa charge, ils peuvent revenir sur leur accord. Ces trois avis existent au sein de l’école.

Du bien légué

L’examen porte sur sa nature et sur sa quotité.

Quant à sa nature, les savants s’accordent sur la validité du legs portant sur les biens eux-mêmes, mais divergent au sujet du legs de leur jouissance. La majorité des juristes des grandes cités le considère comme valable. Ibn Abī Laylā, Ibn Shubruma et les partisans de l’interprétation littérale le tiennent pour nul.

La majorité se fonde sur le fait que la jouissance des biens est assimilable aux biens patrimoniaux. Le second groupe soutient que cette jouissance passe dans le patrimoine des héritiers : le défunt n’étant plus propriétaire, il ne peut valablement léguer ce qui vient à exister dans la propriété d’autrui. Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr a également adopté cet avis.

Quant à la quotité, les savants s’accordent à dire que celui qui laisse des héritiers ne peut léguer plus du tiers de ses biens. Ils divergent sur le cas de celui qui ne laisse aucun héritier, ainsi que sur la quotité recommandée : est-ce le tiers ou une part inférieure ?

Tous ont retenu l’interdiction de léguer plus du tiers pour celui qui a un héritier en raison du récit établi au sujet du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — :

« Il rendit visite à Sa‘d ibn Abī Waqqās, qui lui dit : “Ô Messager d’Allah ! La maladie m’a atteint au point que tu vois. Je possède des biens et n’ai pour héritière qu’une fille. Puis-je faire don des deux tiers de mes biens ?” Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lui répondit : “Non.” Sa‘d lui demanda : “Alors, de la moitié ?” Il répondit : “Non.” Puis le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit : “Le tiers, et le tiers est beaucoup ! Il vaut mieux que tu laisses tes héritiers dans l’aisance plutôt que de les laisser démunis, à tendre la main aux gens.” »

C’est donc en raison de ce hadith que l’on a retenu l’interdiction de léguer plus du tiers.

Ils divergent toutefois sur la quotité recommandée.

Certains estiment qu’elle est inférieure au tiers, en raison de cette parole du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dans ce même hadith :

« Et le tiers est beaucoup ! »

Nombre de prédécesseurs ont adopté cet avis. Qatāda a dit : « Abū Bakr a légué le cinquième de ses biens, et ‘Umar le quart. Pour ma part, je préfère le cinquième. »

Ceux qui considèrent que la quotité recommandée est le tiers s’appuient sur cette parole rapportée du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — :

« Allah vous a accordé de disposer par testament du tiers de vos biens afin d’accroître vos bonnes œuvres. »

Or, ce hadith est faible

وَاخْتَلَفُوا فِي الْوَصِيَّةِ لِلْمَيِّتِ، فَقَالَ قَوْمٌ: تَبْطُلُ بِمَوْتِ الْمُوصَى لَهُ، وَهُمُ الْجُمْهُورُ; وَقَالَ قَوْمٌ: لَا تَبْطُلُ وَفِي الْوَصِيَّةِ لِلْقَاتِلِ خَطَأً وَعَمْدًا. فِي هَذَا الْبَابِ فَرْعٌ مَشْهُورٌ، وَهُوَ إِذَا أَذِنَ الْوَرَثَةُ لِلْمَيِّتِ هَلْ لَهُمْ أَنْ يَرْجِعُوا فِي ذَلِكَ بَعْدَ مَوْتِهِ؟ فَقِيلَ لَهُمْ، وَقِيلَ لَيْسَ لَهُمْ، وَقِيلَ بِالْفَرْقِ بَيْنَ أَنْ يَكُونَ الْوَرَثَةُ فِي عِيَالِ الْمَيِّتِ أَوْ لَا يَكُونُوا، أَعْنِي أَنَّهُمْ إِنْ كَانُوا فِي عِيَالِهِ كَانَ لَهُمُ الرُّجُوعُ، وَثَلَاثَةُ الْأَقْوَالِ فِي الْمَذْهَبِ. الْقَوْلُ فِي الْمُوصَى بِهِ وَالنَّظَرُ فِي جِنْسِهِ وَقَدْرِهِ أَمَّا جِنْسُهُ: فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى جَوَازِ الْوَصِيَّةِ فِي الرِّقَابِ، وَاخْتَلَفُوا فِي الْمَنَافِعِ، فَقَالَ جُمْهُورُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ: ذَلِكَ جَائِزٌ، وَقَالَ ابْنُ أَبِي لَيْلَى وَابْنُ شُبْرُمَةَ، وَأَهْلُ الظَّاهِرِ: الْوَصِيَّةُ بِالْمَنَافِعِ بَاطِلَةٌ. وَعُمْدَةُ الْجُمْهُورِ أَنَّ الْمَنَافِعَ فِي مَعْنَى الْأَمْوَالِ. وَعُمْدَةُ الطَّائِفَةِ الثَّانِيَةِ أَنَّ الْمَنَافِعَ مُنتقِلَةٌ إِلَى مِلْكِ الورثة ; لِأَنَّ الْمَيِّتَ لَا مِلْكَ لَهُ فَلَا تَصِحُّ لَهُ وَصِيَّةٌ بِمَا يُوجَدُ فِي مِلْكِ غَيْرِهِ، وَإِلَى هَذَا الْقَوْلِ ذَهَبَ أَبُو عُمَرَ بْنُ عَبْدِ الْبَرِّ. وَأَمَّا الْقَدْرُ: فَإِنَّ الْعُلَمَاءَ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ لَا تَجُوزُ الْوَصِيَّةُ فِي أَكْثَرَ مِنَ الثُّلُثِ لِمَنْ تَرَكَ وَرَثَةً. وَاخْتَلَفُوا فِيمَنْ لَمْ يَتْرُكْ وَرَثَةً وَفِي الْقَدْرِ الْمُسْتَحَبِّ مِنْهَا، هَلْ هُوَ الثُّلُثُ أَوْ دُونَهُ؟ وَإِنَّمَا صَارَ الْجَمِيعُ إِلَى أَنَّ الْوَصِيَّةَ لَا تَجُوزُ فِي أَكْثَرَ مِنَ الثُّلُثِ لِمَنْ لَهُ وَارِثٌ بِمَا ثَبَتَ عَنْهُ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - «أَنَّهُ عَادَ سَعْدَ بْنَ أَبِي وَقَّاصٍ، قَالَ لَهُ يَا رَسُولَ اللَّهِ: قَدْ بَلَغَ مِنِّي الْوَجَعُ مَا تَرَى وَأَنَا ذُو مَالٍ وَلَا يَرِثُنِي إِلَّا ابْنَةٌ لِي، أَفَأَتَصَدَّقُ بِثُلُثَيْ مَالِي؟ فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: لَا، فَقَالَ لَهُ سَعْدٌ: فَالشَّطْرُ؟ قَالَ: لَا، ثُمَّ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: الثُّلُثُ وَالثُّلُثُ كَثِيرٌ إِنَّكَ أَنْ تَذْرَ وَرَثَتَكَ أَغْنِيَاءَ خَيْرٌ مِنْ أَنْ تَذَرَهُمْ عَالَةً يَتَكَفَّفُونَ النَّاسَ» ، فَصَارَ النَّاسُ لِمَكَانِ هَذَا الْحَدِيثِ إِلَى أَنَّ الْوَصِيَّةَ لَا تَجُوزُ بِأَكْثَرَ مِنَ الثُّلُثِ. وَاخْتَلَفُوا فِي الْمُسْتَحَبِّ مِنْ ذَلِكَ. فَذَهَبَ قَوْمٌ إِلَى أَنَّهُ مَا دُونَ الثُّلُثِ، لِقَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - فِي هَذَا الْحَدِيثِ: «وَالثُّلُثُ كَثِيرٌ» ، وَقَالَ بِهَذَا كَثِيرٌ مِنَ السَّلَفِ. قَالَ قَتَادَةُ: أَوْصَى أَبُو بَكْرٍ بِالْخُمْسِ، وَأَوْصَى عُمَرُ بِالرُّبْعِ، وَالْخُمْسُ أَحَبُّ إِلَيَّ. وَأَمَّا مَنْ ذَهَبَ إِلَى أَنَّ الْمُسْتَحَبَّ هُوَ الثُّلُثُ فَإِنَّهُمُ اعْتَمَدُوا عَلَى مَا رُوِيَ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنَّهُ قَالَ: «إِنَّ اللَّهَ جَعَلَ لَكُمْ فِي الْوَصِيَّةِ ثُلُثَ أَمْوَالِكُمْ زِيَادَةً فِي أَعْمَالِكُمْ» وَهَذَا الْحَدِيثُ ضَعِيفٌ

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