Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

de verser la valeur de l’enfant, il ne peut en réclamer le remboursement à celui qui l’a trompé, car la tromperie ne portait pas sur l’enfant.

Quant aux revenus du bien revendiqué, lorsque le détenteur en supporte les risques en vertu d’une apparence de propriété, il n’y a pas de divergence : ils reviennent au détenteur évincé (par prise en charge des risques, j’entends que la perte du bien est à sa charge si celui-ci périt entre ses mains). S’il ne supporte pas ces risques — par exemple, lorsqu’un autre héritier se présente et fait reconnaître son droit sur une partie des biens qu’il détient —, il doit restituer les revenus. S’il ne supporte pas les risques, mais allègue avoir payé un prix, comme dans le cas d’un esclave dont la liberté vient à être reconnue, il peut réclamer le remboursement de ce prix même si cet esclave périt entre ses mains. Deux avis sont alors rapportés : il n’est pas tenu d’en répondre s’il ne trouve personne contre qui exercer un recours, et il en répond s’il trouve quelqu’un contre qui l’exercer.

À partir de quel moment les revenus reviennent-ils au propriétaire dont le droit est reconnu ? Selon un avis, à compter du jugement ; selon un autre, dès l’établissement de son droit ; selon un troisième, dès l’immobilisation judiciaire du bien.

Si nous retenons que les revenus lui reviennent à l’une de ces trois dates, et que le bien consiste en plantations fruitières dont les fruits, à cette date, n’ont pas encore été cueillis, un avis veut que ceux-ci lui reviennent tant qu’ils ne sont pas secs ; selon un autre, tant qu’ils ne sont pas mûrs. Le détenteur évincé lui réclame alors le remboursement des frais d’irrigation et d’entretien. Cela vaut lorsqu’il a acheté les plantations avant la pollinisation. S’il les a achetées après celle-ci, les fruits reviennent, selon Ibn al-Qāsim, au propriétaire dont le droit est reconnu s’ils ont été récoltés ; le détenteur évincé réclame le remboursement des frais d’irrigation et d’entretien. Ashhab dit, quant à lui, que les fruits reviennent au propriétaire tant qu’ils n’ont pas été récoltés.

Lorsqu’une terre est revendiquée, le loyer ne revient au propriétaire dont le droit est reconnu que si la revendication aboutit pendant la période des semailles. Si cette période est passée, le loyer est acquis au détenteur évincé.

Quant au cas où le bien a subi une diminution, si celle-ci n’est pas imputable au détenteur évincé, ce dernier ne doit rien. En revanche, s’il a perçu un prix à l’occasion de cette diminution — par exemple, s’il démolit la maison et en vend les matériaux, puis qu’un autre homme fait reconnaître son droit de propriété sur elle —, le propriétaire lui réclame le prix des matériaux vendus.

Le juge dit :

Je n’ai trouvé, dans ce chapitre, aucune divergence faisant autorité à l’égard des règles que j’ai rapportées de la doctrine de Mālik et de ses disciples. Tels sont leurs principes en cette matière. Toutefois, suivant les principes d’autres juristes, si le bien revendiqué a été acquis en échange d’un autre bien et que ce dernier a disparu, le détenteur évincé devrait pouvoir réclamer un bien semblable, et non sa valeur. Ce sont les juristes qui considèrent que tout bien détruit doit être remplacé par son semblable.

De même, suivant les principes d’autres juristes, il y aurait lieu à recours contre l’acheteur, que l’éviction porte sur une petite ou une grande partie du bien : il ne s’est pas engagé à acquérir le seul reliquat, lequel n’a fait l’objet ni d’une vente conclue ni d’un consentement mutuel.

Ainsi s’achève le Livre de la revendication de propriété. Louange à Allah.

قِيمَةَ الْوَلَدِ لَمْ يَرْجِعْ بِذَلِكَ عَلَى مَنْ غَرَّهُ ; لِأَنَّ الْغَرَرَ لَمْ يَتَعَلَّقْ بِالْوَلَدِ. وَأَمَّا غَلَّةُ الشَّيْءِ الْمُسْتَحَقِّ، فَإِنَّهُ إِذَا كَانَ ضَامِنًا بِشُبْهَةِ مِلْكٍ فَلَا خِلَافَ أَنَّ الْغَلَّةَ لِلْمُسْتَحَقِّ مِنْهُ (وَأَعْنِي بِالضَّمَانِ: أَنَّهَا تَكُونُ مِنْ خَسَارَتِهِ إِذَا هَلَكَتْ عِنْدَهُ) ، وَأَمَّا إِذَا كَانَ غَيْرَ ضَامِنٍ، مِثْلَ أَنْ يَكُونَ وَارِثًا فَيَطْرَأَ عَلَيْهِ وَارِثٌ آخَرُ فَيَسْتَحِقَّ بَعْضَ مَا فِي يَدِهِ ; فَإِنَّهُ يَرُدُّ الْغَلَّةَ. وَأَمَّا إِنْ كَانَ غَيْرَ ضَامِنٍ إِلَّا أَنَّهُ ادَّعَى فِي ذَلِكَ ثَمَنًا مِثْلَ الْعَبْدِ يُسْتَحَقُّ بِحُرِّيَّةٍ، فَإِنَّهُ وَإِنْ هَلَكَ عِنْدَهُ يَرْجِعُ بِالثَّمَنِ فَفِيهِ قَوْلَانِ: أَنَّهُ لَا يُضَمَّنُ إِذَا لَمْ يَجِدْ عَلَى مَنْ يَرْجِعُ، وَيُضَمَّنُ إِذَا وَجَدَ عَلَى مَنْ يَرْجِعُ. وَأَمَّا مِنْ أَيِّ وَقْتٍ تَصِحُّ الْغَلَّةُ لِلْمُسْتَحِقِّ؟ فَقِيلَ يَوْمَ الْحُكْمِ، وَقِيلَ مِنْ يَوْمِ ثُبُوتِ الْحَقِّ، وَقِيلَ مِنْ يَوْمِ تَوْقِيفِهِ. وَإِذَا قُلْنَا إِنَّ الْغَلَّةَ تَجِبُ لِلْمُسْتَحِقِّ فِي أَحَدِ هَذِهِ الْأَوْقَاتِ الثَّلَاثَةِ فَإِذَا كَانَتْ أُصُولًا فِيهَا ثَمَرَةٌ فَأَدْرَكَ هَذَا الْوَقْتَ الثَّمَرُ وَلَمْ يُقْطَفْ بَعْدَهُ، فَقِيلَ إِنَّهَا لِلْمُسْتَحِقِّ مَا لَمْ تَيْبَسْ، وَقِيلَ مَا لَمْ يَطِبْ، وَيَرْجِعُ عَلَيْهِ بِمَا سَقَى وَعَالَجَ الْمُسْتَحَقَّ مِنْ يَدَيْهِ، وَهَذَا إِنْ كَانَ اشْتَرَى الْأُصُولَ قَبْلَ الْإِبَّارِ. وَأَمَّا إِنْ كَانَ اشْتَرَاهَا بَعْدَ الْإِبَّارِ فَالثَّمَرَةُ لِلْمُسْتَحِقِّ عِنْدَ ابْنِ الْقَاسِمِ إِنْ جُذَّتْ وَيَرْجِعُ بِالسَّقْيِ وَالْعِلَاجِ، وَقَالَ أَشْهَبُ: هِيَ لِلْمُسْتَحِقِّ مَا لَمْ تُجَذَّ. وَالْأَرْضُ إِذَا اسْتُحِقَّتْ، فَالْكِرَاءُ إِنَّمَا هُوَ لِلْمُسْتَحِقِّ إِنْ وَقَعَ الِاسْتِحْقَاقُ فِي إِبَّانِ زَرِيعَةِ الْأَرْضِ. وَأَمَّا إِذَا خَرَجَ الْإِبَّانُ فَقَدْ وَجَبَ كِرَاءُ الْأَرْضِ لِلْمُسْتَحَقِّ مِنْهُ. وَأَمَّا إِنْ كَانَ تَغَيَّر بِنُقْصَانٍ، فَإِنْ كَانَ مِنْ غَيْرِ سَبَبِ الْمُسْتَحَقِّ مِنْ يَدَيْهِ فَلَا شَيْءَ عَلَى الْمُسْتَحَقِّ مِنْ يَدَيْهِ. وَأَمَّا إِنْ كَانَ أَخَذَ لَهُ ثَمَنًا مِثْلَ أَنْ يَهْدِمَ الدَّارَ فَيَبِيعَ نَقْضَهَا ثُمَّ يَسْتَحِقَّهَا مِنْ يَدِهِ رَجُلٌ آخَرُ، فَإِنَّهُ يَرْجِعُ عَلَيْهِ بِثَمَنِ مَا بَاعَ مِنَ النَّقْضِ. قَالَ الْقَاضِي: وَلَمْ أَجِدْ فِي هَذَا الْبَابِ خِلَافًا يُعْتَمَدُ عَلَيْهِ فِيمَا نَقَلْتُهُ فِيهِ مِنْ مَذْهَبِ مَالِكٍ وَأَصْحَابِهِ، وَهِيَ أُصُولُهُمْ فِي هَذَا الْبَابِ، وَلَكِنْ يَجِيءُ عَلَى أُصُولِ الْغَيْرِ أَنَّهُ إِذَا كَانَ الْمُسْتَحَقُّ مُشْتَرًى بِعَرَضٍ، وَكَانَ الْعَرَضُ قَدْ ذَهَبَ أَنْ يَرْجِعَ الْمُسْتَحَقُّ مِنْ يَدِهِ بِعَرَضٍ مِثْلِهِ لَا بِقِيمَتِهِ، وَهُمُ الَّذِينَ يَرَوْنَ فِي جَمِيعِ الْمُتْلَفَاتِ الْمِثْلَ، وَكَذَلِكَ يَجِيءُ عَلَى أُصُولِ الْغَيْرِ أَنْ يَرْجِعَ عَلَى الْمُشْتَرِي إِذَا اسْتُحِقَّ مِنْهُ قَلِيلٌ أَوْ كَثِيرٌ ; لِأَنَّهُ لَمْ يَدْخُلْ عَلَى الْبَاقِي وَلَا انْعَقَدَ عَلَيْهِ بَيْعٌ وَلَا وَقْعَ بِهِ تَرَاضٍ. كَمُلَ كِتَابُ الِاسْتِحْقَاقِ بِحَمْدِ اللَّهِ.

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