celui qui cultive la terre d’autrui a droit au remboursement de ses dépenses et de ses semences. C’est l’avis de nombreux savants de Médine, ainsi que d’Abū ‘Ubayd. On rapporte de Rāfi‘ ibn Khadīj que le Prophète — sur lui la prière et le salut — a dit :
« Celui qui cultive la terre de gens sans leur permission a droit au remboursement de ses dépenses, mais n’a aucune part de la récolte. »
Les savants divergent en quatre avis sur la réparation des dégâts causés par le bétail et les autres animaux :
Le premier : le propriétaire de tout animal laissé en liberté répond des dégâts qu’il cause.
Le deuxième : aucune réparation ne lui incombe.
Le troisième : les propriétaires des bêtes répondent des dégâts causés la nuit, mais non de ceux causés le jour.
Le quatrième : la réparation est obligatoire, sauf lorsque l’animal s’est échappé.
Mālik et al-Shāfi‘ī figurent parmi ceux qui imposent la réparation des dégâts causés la nuit, mais non le jour. Abū Hanīfa et ses disciples estiment qu’aucune réparation n’incombe aux propriétaires, en aucun cas. Al-Layth impose la réparation sans distinction, mais précise que son montant ne peut dépasser la valeur du bétail. Le quatrième avis est rapporté de ‘Umar — qu’Allah l’agrée.
Mālik et al-Shāfi‘ī s’appuient principalement, dans cette question, sur deux éléments.
Le premier est cette parole du Très-Haut :
« Et David et Salomon, lorsqu’ils jugeaient au sujet du champ où les moutons de ces gens avaient pénétré de nuit. » [Al-Anbiyā’ : 78]
Selon les spécialistes de la langue, le terme nafsh ne désigne cette divagation que lorsqu’elle se produit la nuit. Cet argument repose sur la position selon laquelle les prescriptions des communautés qui nous ont précédés s’adressent également à nous.
Le second est le récit qu’il rapporte d’Ibn Shihāb, sans mention du Compagnon :
« Une chamelle appartenant à al-Barā’ ibn ‘Āzib entra dans le jardin de certaines personnes et y causa des dégâts. Le Messager d’Allah — sur lui la prière et le salut — jugea qu’il appartenait aux propriétaires des jardins de les garder le jour, et que les dégâts causés par le bétail la nuit étaient à la charge de ses propriétaires », c’est-à-dire qu’ils devaient être indemnisés.
Abū Hanīfa s’appuie principalement sur cette parole du Prophète — sur lui la prière et le salut :
« Les blessures causées par une bête ne donnent lieu à aucune réparation. »
Al-Tahāwī dit : plus précisément, la position d’Abū Hanīfa est que le propriétaire n’est pas tenu de réparer les dégâts s’il laisse sortir la bête sous surveillance ; en revanche, s’il la laisse sortir sans