Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

usurpée, même s’il s’agit de l’enfant de l’usurpateur. Leur divergence porte uniquement sur le cas où la mère meurt. Mālik dit alors que le propriétaire a le choix entre l’enfant et la valeur de la mère. Ash-Shāfi‘ī estime, quant à lui, que l’usurpateur doit restituer l’enfant et payer la valeur de la mère : c’est ce qu’implique le raisonnement par analogie.

Quant aux fruits issus du bien sans avoir la même constitution ni la même forme que lui, ils font l’objet de deux avis :

Le premier les attribue à l’usurpateur.

Le second lui impose de les restituer avec le bien usurpé, si celui-ci existe encore, ou de payer leur valeur s’il affirme qu’ils ont péri et que leur perte n’est connue que par ses dires. Si le bien usurpé a péri, le propriétaire peut soit en réclamer l’indemnisation, sans rien obtenir des fruits, soit réclamer les fruits, sans rien obtenir de la valeur du bien.

Quant aux revenus qui ne sont pas engendrés par le bien, ils font l’objet de cinq avis :

1 - L’usurpateur n’est aucunement tenu de les restituer, sans distinction entre les cas.

2 - Il est tenu de les restituer, sans distinction non plus.

3 - Il est tenu de les restituer s’il a donné le bien en location, mais non s’il en a lui-même profité ou l’a laissé inutilisé.

4 - Il en est tenu s’il a donné le bien en location ou en a lui-même profité, mais non s’il l’a laissé inutilisé.

5 - Il faut distinguer les animaux des biens immobiliers : j’entends par là qu’il doit payer la valeur de l’usage des biens immobiliers, mais non celle de l’usage des animaux.

Tout cela concerne les revenus tirés du bien usurpé alors que celui-ci subsiste en nature. Quant aux gains obtenus en disposant de ce bien et en le convertissant en d’autres biens — comme lorsqu’un homme usurpe des dinars, les emploie dans le commerce et réalise un bénéfice —, ils reviennent à l’usurpateur, selon l’unique avis retenu dans l’école. Certains estiment toutefois que le bénéfice revient à la victime de l’usurpation.

Ces distinctions concernent également le cas où l’usurpateur entend s’emparer du bien lui-même. Mais s’il entend s’approprier les seuls revenus, et non le bien, il en répond sans restriction. Il n’y a aucune divergence à ce sujet, qu’il ait laissé le bien inutilisé, en ait profité ou l’ait donné en location, et que ce bien puisse être déplacé ou non.

Abū Hanīfa dit cependant que celui qui utilise sans droit la monture d’autrui, en la montant ou en lui faisant porter une charge, n’a aucun loyer à payer pour l’un ou l’autre de ces usages, car il répond de la monture si elle périt au cours de cette utilisation illicite. Telle est sa position pour tout bien qui se transporte et se déplace. En effet, dès lors qu’il fait répondre l’auteur de l’acte illicite du bien concerné et que celui-ci se trouve à sa charge, il lui reconnaît le droit d’en tirer profit. Les mālikites tiennent un raisonnement semblable au sujet des fonds usurpés employés dans le commerce, bien que les deux cas diffèrent en ceci : le bien employé dans le commerce ne subsiste plus en nature, tandis que l’autre subsiste en nature.

Leur divergence sur l’obligation, pour l’usurpateur, de restituer ou non les revenus provient de leur désaccord sur la portée générale à donner à ces deux paroles du Prophète — sur lui la prière et le salut :

« Le revenu revient à celui qui répond du bien. »

Et :

« Une plantation établie injustement ne confère

الْمَغْصُوبَةِ وَإِنْ كَانَ وَلَدَ الْغَاصِبِ. وَإِنَّمَا اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ إِذَا مَاتَتِ الْأُمُّ، فَقَالَ مَالِكٌ: هُوَ مُخَيَّرٌ بَيْنَ الْوَلَدِ وَقِيمَةِ الْأُمِّ، وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: بَلْ يَرُدُّ الْوَلَدَ وَقِيمَةَ الْأُمِّ وَهُوَ الْقِيَاسُ. وَأَمَّا إِنْ كَانَ مُتَوَلِّدًا عَلَى غَيْرِ خِلْقَةِ الْأَصْلِ وَصُورَتِهِ فَفِيهِ قَوْلَانِ: أَحَدُهُمَا: أَنَّ لِلْغَاصِبِ ذَلِكَ الْمُتَوَلِّدَ. وَالثَّانِي أَنَّهُ يَلْزَمُهُ رَدُّهُ مَعَ الشَّيْءِ الْمَغْصُوبِ إِنْ كَانَ قَائِمًا أَوْ قِيمَتُهَا إِنِ ادَّعَى تَلَفَهَا وَلَمْ يُعْرَفْ ذَلِكَ إِلَّا مِنْ قَوْلِهِ، فَإِنْ تَلِفَ الشَّيْءُ الْمَغْصُوبُ كَانَ مُخَيَّرًا بَيْنَ أَنْ يُضَمِّنَهُ وَلَا شَيْءَ لَهُ فِي الْغَلَّةِ، وَبَيْنَ أَنْ يَأْخُذَهُ وبِالْغَلَّةِ وَلَا شَيْءَ لَهُ مِنَ الْقِيمَةِ. وَأَمَّا مَا كَانَ غَيْرَ مُتَوَلِّدٍ، فَاخْتَلَفُوا فِيهِ عَلَى خَمْسَةِ أَقْوَالٍ: أَحَدُهَا: أَنَّهُ لَا يَلْزَمُهُ رَدُّهُ جُمْلَةً مِنْ غَيْرِ تَفْصِيلٍ. وَالثَّانِي: أَنَّهُ يَلْزَمُهُ رَدُّهُ مِنْ غَيْرِ تَفْصِيلٍ أَيْضًا. وَالثَّالِثُ: أَنَّهُ يَلْزَمُهُ الرَّدُّ إِنْ أَكْرَى، وَلَا يَلْزَمُهُ الرَّدُّ إِنِ انْتَفَعَ أَوْ عَطَّلَ. وَالرَّابِعُ: يَلْزَمُهُ إِنْ أَكْرَى أَوِ انْتَفَعَ، وَلَا يَلْزَمُهُ إِنْ عَطَّلَ. وَالْخَامِسُ: الْفَرْقُ بَيْنَ الْحَيَوَانِ وَالْأُصُولِ (أَعْنِي أَنَّهُ يَرُدُّ قِيمَةَ مَنَافِعِ الْأُصُولِ، وَلَا يَرُدُّ قِيمَةَ مَنَافِعِ الْحَيَوَانِ) . وَهَذَا كُلُّهُ فِيمَا اغْتُلَّ مِنَ الْعَيْنِ الْمَغْصُوبَةِ مَعَ عَيْنِهَا وَقِيَامِهَا. وَأَمَّا مَا اغْتُلَّ مِنْهَا بِتَصْرِيفِهَا وَتَحْوِيلِ عَيْنِهَا، كَالدَّنَانِيرِ فَيَغْتَصِبُهَا فَيَتَّجِرُ بِهَا فَيَرْبَحُ، فَالْغَلَّةُ لَهُ قَوْلًا وَاحِدًا فِي الْمَذْهَبِ، وَقَالَ قَوْمٌ: الرِّبْحُ لِلْمَغْصُوبِ. وَهَذَا أَيْضًا إِذَا قَصَدَ غَصْبَ الْأَصْلِ. وَأَمَّا إِذَا قَصَدَ غَصْبَ الْغَلَّةِ دُونَ الْأَصْلِ فَهُوَ ضَامِنٌ لِلْغَلَّةِ بِإِطْلَاقٍ، وَلَا خِلَافَ فِي ذَلِكَ سَوَاءٌ عَطَّلَ أَوِ انْتَفَعَ أَوْ أَكْرَى، كَانَ مِمَّا يُزَالُ بِهِ أَوْ بِمَا لَا يُزَالُ بِهِ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِنَّهُ مَنْ تَعَدَّى عَلَى دَابَّةِ رَجُلٍ فَرَكِبَهَا أَوْ حَمَلَ عَلَيْهَا فَلَا كِرَاءَ عَلَيْهِ فِي رُكُوبِهِ إِيَّاهَا وَلَا فِي حَمْلِهِ ; لِأَنَّهُ ضَامِنٌ لَهَا إِنْ تَلِفَتْ فِي تَعَدِّيهِ، وَهَذَا قَوْلُهُ فِي كُلِّ مَا يُنْقَلُ وَيُحَوَّلُ; فَإِنَّهُ لَمَّا رَأَى أَنَّهُ قَدْ ضَمَّنَهُ بِالتَّعَدِّي وَصَارَ فِي ذِمَّتِهِ جَازَتْ لَهُ الْمَنْفَعَةُ كَمَا تَقُولُ الْمَالِكِيَّةُ فِيمَا تَجِرَ بِهِ مِنَ الْمَالِ الْمَغْصُوبِ، وَإِنْ كَانَ الْفَرْقُ بَيْنَهُمَا أَنَّ الَّذِي اتجرَ بِهِ تَحَوَّلَتْ عَيْنُهُ، وَهَذَا لَمْ تَتَحَوَّلْ عَيْنُهُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي هَلْ يَرُدُّ الْغَاصِبُ الْغَلَّةَ أَوْ لَا يَرُدُّهَا اخْتِلَافُهُمْ فِي تَعْمِيمِ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «الْخَرَاجُ بِالضَّمَانِ» وَقَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَيْسَ لِعِرْقٍ ظَالِمٍ

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies