Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

La troisième subdivision comprend les biens abondants ou d’une valeur importante. L’obligation d’en faire l’annonce pendant un an ne fait l’objet d’aucune divergence.

Quant à la deuxième catégorie, elle comprend les biens qui ne se conservent pas entre les mains de celui qui les trouve et dont on craint la détérioration. Celui-ci peut les manger, qu’il soit riche ou pauvre. Mais est-il tenu d’en rembourser la valeur ? Comme nous l’avons dit, deux avis sont rapportés à ce sujet ; selon le plus connu, il n’y est pas tenu. Les avis divergent lorsque des denrées rapidement périssables sont trouvées en ville : selon les uns, leur valeur ne doit pas être remboursée ; selon les autres, elle doit l’être. Un troisième avis distingue selon qu’elles sont données en aumône, auquel cas aucun remboursement n’est dû, ou consommées par celui qui les trouve, auquel cas il en doit la valeur.

La troisième catégorie comprend notamment les chameaux. Mālik estime préférable de les laisser sur place, en raison du texte rapporté à ce sujet. Si quelqu’un les recueille, il doit en faire l’annonce ; il reste toutefois préférable de les laisser. Selon un avis de l’école, cette règle s’applique à toutes les époques ; selon un autre, elle ne concerne que les époques où règne la justice, tandis qu’il est préférable de les recueillir lorsque la justice ne règne pas.

Quant à la responsabilité relative au bien trouvé durant la période où l’on doit en faire l’annonce, les savants s’accordent sur ce point : celui qui le recueille et en prend des témoins n’est pas tenu d’en rembourser la valeur si le bien périt entre ses mains. Ils divergent toutefois lorsqu’il n’a pas pris de témoins. Mālik, al-Shāfi‘ī, Abū Yūsuf et Muhammad ibn al-Hasan estiment qu’il n’est tenu à aucun remboursement s’il n’a commis aucune négligence, même sans avoir pris de témoins. Abū Hanīfa et Zufar estiment, en revanche, qu’il doit en rembourser la valeur si le bien périt alors qu’il n’a pas pris de témoins.

Mālik et al-Shāfi‘ī font valoir que le bien trouvé constitue un dépôt : l’absence de témoins ne saurait donc transformer cette garde confiée en une obligation de garantir le bien. Ils précisent qu’il s’agit d’un dépôt conformément au hadith rapporté par Sulaymān ibn Bilāl et d’autres, où il est dit :

« Si son propriétaire se présente… Sinon, qu’il reste en dépôt chez toi. »

Abū Hanīfa et Zufar s’appuient sur le hadith de Mutarrif ibn al-Shikhkhīr, rapporté d’après ‘Iyād ibn Himār, selon lequel le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit :

« Que celui qui recueille un bien trouvé prenne à son sujet des témoins intègres ; qu’il ne le dissimule pas et ne cause pas de tort. Si son propriétaire se présente, c’est lui qui y a le plus droit. Sinon, c’est un bien d’Allah, qu’Il accorde à qui Il veut. »

La synthèse de la doctrine de Mālik sur cette question est que celui qui trouve un bien le prend nécessairement de l’une des trois manières suivantes :

La première : il le prend pour se l’approprier frauduleusement.

La deuxième : il le prend en tant que bien trouvé.

La troisième : il le prend sans avoir l’intention de le recueillir en tant que bien trouvé ni de se l’approprier frauduleusement.

S’il le recueille en tant que bien trouvé, ce bien lui est confié : il doit le conserver et en faire l’annonce. S’il le repose après l’avoir ramassé, Ibn al-Qāsim estime qu’il en garantit la valeur. Ashhab estime, quant à lui, qu’il ne la garantit pas s’il le remet à l’endroit où il l’a trouvé ; mais s’il le dépose ailleurs, il en garantit la valeur, comme pour un dépôt. Sa déclaration concernant la perte du bien est admise sans serment, à moins qu’il ne soit suspecté.

وَأَمَّا الثَّالِثُ فَهُوَ أَنْ يَكُونَ كَثِيرًا أَوْ لَهُ قَدْرٌ، فَهَذَا لَا اخْتِلَافَ فِي وُجُوبِ تَعْرِيفِهِ حَوْلًا. وَأَمَّا الْقِسْمُ الثَّانِي: وَهُوَ مَا لَا يَبْقَى بِيَدِ مُلْتَقِطِهِ وَيُخْشَى عَلَيْهِ التَّلَفُ، فَإِنَّ هَذَا يَأْكُلُهُ غَنِيًّا كَانَ أَمْ فَقِيرًا، وَهَلْ يُضَمَّنُ؟ فِيهِ رِوَايَتَانِ كَمَا قُلْنَا: الْأَشْهُرُ أَنْ لَا ضَمَانَ عليه. وَاخْتَلَفُوا إِنْ وُجِدَ مَا يُسْرِعُ إِلَيْهِ الْفَسَادُ فِي الْحَاضِرَةِ، فَقِيلَ لَا ضَمَانَ عَلَيْهِ، وَقِيلَ عَلَيْهِ الضَّمَانُ، وَقِيلَ بِالْفَرْقِ بَيْنَ أَنْ يَتَصَدَّقَ بِهِ فَلَا يُضَمَّنُ، أَوْ يَأْكُلَهُ فَيُضَمَّنَ. وَأَمَّا الْقِسْمُ الثَّالِثُ: فَهُوَ كَالْإِبِلِ، أَعْنِي أَنَّ الِاخْتِيَارَ عِنْدَهُ فِيهِ التَّرْكُ لِلنَّصِّ الْوَارِدِ فِي ذَلِكَ، فَإِنْ أَخَذَهَا وَجَبَ تَعْرِيفُهَا، وَالِاخْتِيَارُ تَرْكُهَا، وَقِيلَ فِي الْمَذْهَبِ هُوَ عَامٌّ فِي جَمِيعِ الْأَزْمِنَةِ، وَقِيلَ إِنَّمَا هُوَ فِي زَمَانِ الْعَدْلِ، وَأَنَّ الْأَفْضَلَ فِي زَمَانِ غَيْرِ الْعَدْلِ الْتِقَاطُهَا. وَأَمَّا ضَمَانُهَا فِي الَّذِي تُعَرَّفُ فِيهِ، فَإِنَّ الْعُلَمَاءَ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ مَنِ الْتَقَطَهَا وَأَشْهَدَ عَلَى الْتِقَاطِهَا فَهَلَكَتْ عِنْدَهُ أَنَّهُ غَيْرُ ضَامِنٍ، وَاخْتَلَفُوا إِذَا لَمْ يُشْهِدْ، فَقَالَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ، وَأَبُو يُوسُفَ، وَمُحَمَّدُ بْنُ الْحَسَنِ: لَا ضَمَانَ عَلَيْهِ إِنْ لَمْ يُضَيِّعْ وَإِنْ لَمْ يُشْهِدْ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَزُفَرُ: يَضْمَنُهَا إِنْ هَلَكَتْ وَلَمْ يُشْهِدْ. واسْتَدَلَّ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ بِأَنَّ اللُّقَطَةَ وَدِيعَةٌ فَلَا يَنْقُلُهَا تَرْكُ الْإِشْهَادِ مِنَ الْأَمَانَةِ إِلَى الضَّمَانِ، قَالُوا: وَهِيَ وَدِيعَةٌ بِمَا جَاءَ مِنْ حَدِيثِ سُلَيْمَانَ بْنِ بِلَالٍ وَغَيْرِهِ أَنَّهُ قَالَ: إِنْ جَاءَ صَاحِبُهَا وَإِلَّا فَلْتَكُنْ وَدِيعَةً عِنْدَكَ. وَاسْتَدَلَّ أَبُو حَنِيفَةَ وَزُفَرُ بِحَدِيثِ مُطَرِّفِ بْنِ الشِّخِّيرِ، عَنْ عِيَاضِ بْنِ حِمَارٍ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «مَنِ الْتَقَطَ لُقَطَةً فَلْيُشْهِدْ ذَوِي عَدْلٍ عَلَيْهَا وَلَا يَكْتُمْ وَلَا يُعْنِتْ، فَإِنْ جَاءَ صَاحِبُهَا فَهُوَ أَحَقُّ بِهَا، وَإِلَّا فَهُوَ مَالُ اللَّهِ يُؤْتِيهِ مَنْ يَشَاءُ» . وَتَحْصِيلُ الْمَذْهَبِ فِي ذَلِكَ أَنَّ وَاجِدَ اللُّقَطَةِ عِنْدَ مَالِكٍ لَا يَخْلُو الْتِقَاطُهُ لَهَا مِنْ ثَلَاثَةِ أَوْجُهٍ: أَحَدُهَا: أَنْ يَأْخُذَهَا عَلَى جِهَةِ الِاغْتِيَالِ لَهَا. وَالثَّانِي: أَنْ يَأْخُذَهَا عَلَى جِهَةِ الِالْتِقَاطِ. وَالثَّالِثُ: أَنْ يَأْخُذَهَا لَا عَلَى جِهَةِ الِالْتِقَاطِ وَلَا عَلَى جِهَةِ الِاغْتِيَالِ. فَإِنْ أَخَذَهَا عَلَى جِهَةِ الِالْتِقَاطِ فَهِيَ أَمَانَةٌ عِنْدَهُ عَلَيْهِ حِفْظُهَا وَتَعْرِيفُهَا، فَإِنْ رَدَّهَا بَعْدَ أَنِ الْتَقَطَهَا، فَقَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ: يُضَمَّنُ، وَقَالَ أَشْهَبُ: لَا يُضَمَّنُ إِذَا رَدَّهَا فِي مَوْضِعِهَا، فَإِنْ رَدَّهَا فِي غَيْرِ مَوْضِعِهَا ضُمِّنَ كَالْوَدِيعَةِ، وَالْقَوْلُ قَوْلُهُ فِي تَلَفِهَا دُونَ يَمِينٍ إِلَّا أَنْ يُتَّهَمَ.

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