Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Et la seconde : « Seul celui qui en fait l’annonce peut recueillir les objets qui y sont trouvés. » Selon le premier sens, ces objets ne sont recueillis que pour celui qui en fait l’annonce ; selon le second, seul les recueille celui qui en fait l’annonce pour en informer les gens. Mālik a dit : « Ces deux catégories d’objets trouvés doivent faire l’objet d’une annonce sans limite de durée. »

Quant à celui qui recueille l’objet, il peut s’agir de tout musulman libre et pubère, car cette tâche constitue une charge de protection. Deux avis sont rapportés d’al-Shāfi‘ī concernant la permission, pour un non-musulman, de recueillir un objet trouvé. Abū Hāmid a dit : « L’avis le plus juste est que cela est permis en territoire d’islam. » Il ajoute : « Al-Shāfi‘ī a deux avis concernant l’aptitude de l’esclave et de la personne de conduite dépravée à s’en charger : l’interdiction repose sur leur inaptitude à exercer une charge de protection ; la permission, sur la portée générale des hadiths relatifs aux objets trouvés. »

Quant à l’objet trouvé, de manière générale, il s’agit de tout bien appartenant à un musulman et exposé à la perte, qu’il se trouve dans une terre habitée ou inhabitée. Les biens inanimés et les animaux sont à cet égard soumis à la même règle, à l’exception des chameaux, de l’avis unanime des savants.

Le texte de référence en matière d’objets trouvés est le hadith de Yazīd ibn Khālid al-Juhanī, dont l’authenticité est unanimement reconnue. Il rapporte :

« Un homme vint trouver le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et l’interrogea au sujet d’un objet trouvé. Il lui répondit : “Retiens bien les caractéristiques de son contenant et de son lien de fermeture, puis fais-en l’annonce pendant un an. Si son propriétaire se présente, remets-le-lui ; sinon, dispose-en.”
L’homme demanda : “Et une bête égarée du petit bétail, ô Messager d’Allah ?”
Il répondit : “Elle sera pour toi, pour ton frère ou pour le loup.”
L’homme demanda : “Et un chameau égaré ?”
Il répondit : “Qu’as-tu à t’en mêler ? Il a sa réserve d’eau et ses semelles ; il va boire aux points d’eau et se nourrit des arbres jusqu’à ce que son maître le retrouve.” »

Ce hadith permet de distinguer ce qui peut être recueilli de ce qui ne peut pas l’être. Il expose également les règles applicables au bien recueilli pendant l’année d’annonce et après celle-ci, ainsi que les éléments permettant à celui qui le réclame d’en obtenir la restitution. Concernant les chameaux, les savants s’accordent à dire qu’on ne les recueille pas ; ils s’accordent aussi à dire que l’on recueille les bêtes du petit bétail. Ils ont toutefois divergé au sujet des bovins. Selon l’avis expressément rapporté d’al-Shāfi‘ī, ils sont assimilés aux chameaux ; selon celui rapporté de Mālik, ils sont assimilés au petit bétail, mais un avis contraire est également rapporté de lui.

[DEUXIÈME PARTIE : LES RÈGLES APPLICABLES AUX OBJETS TROUVÉS]

DEUXIÈME PARTIE

Concernant l’annonce, les savants s’accordent à dire qu’un bien trouvé d’une valeur notable doit être annoncé pendant un an, à moins qu’il ne s’agisse d’une bête du petit bétail. Ils divergent toutefois sur son statut après cette année. Les juristes des grandes villes — Mālik, al-Thawrī, al-Awzā‘ī, Abū Hanīfa, al-Shāfi‘ī, Ahmad, Abū ‘Ubayd et Abū Thawr — s’accordent à dire qu’à l’expiration de ce délai, celui qui l’a recueilli peut en user à son profit s’il est pauvre, ou le donner en aumône s’il est riche. Si son propriétaire se présente, il a le choix entre ratifier l’aumône et en recevoir la récompense, ou exiger d’être indemnisé par celui qui l’a recueilli.

Ils divergent sur le droit, pour une personne riche, d’en user à son profit ou de le dépenser après l’année écoulée. Mālik et al-Shāfi‘ī l’autorisent. Abū Hanīfa, quant à lui, dit : « Elle n’a le droit ni d’en user à son profit ni de le donner en aumône. » Un avis semblable au sien est rapporté de ‘Alī, d’Ibn ‘Abbās et d’un groupe de Successeurs.

Al-Awzā‘ī a dit : « S’il s’agit d’un bien de grande valeur, il le verse au Trésor public. » Et l’on a rapporté un avis semblable à celui de

والثَّانِي: لَا يَرْفَعُ لُقَطَتَهَا إِلَّا منْشِدٌ، فَالْمَعْنَى الْوَاحِدُ أَنَّهَا لَا تُرْفَعُ إِلَّا لِمَنْ يُنْشِدُهَا، وَالْمَعْنَى الثَّانِي لَا يَلْتَقِطُهَا إِلَّا مَنْ يُنْشِدُهَا لِيُعَرِّفَ النَّاسَ. وَقَالَ مَالِكٌ: تُعَرَّفُ هَاتَانِ اللُّقَطَتَانِ أَبَدًا فَأَمَّا الْمُلْتَقِطُ فَهُوَ كُلُّ حُرٍّ مُسْلِمٍ بَالِغٍ لِأَنَّهَا وِلَايَةٌ، وَاخْتُلِفَ عَنِ الشَّافِعِيِّ فِي جَوَازِ الْتِقَاطِ الْكَافِرِ. قَالَ أَبُو حَامِدٍ: وَالْأَصَحُّ جَوَازُ ذَلِكَ فِي دَارِ الْإِسْلَامِ، قَالَ: وَفِي أَهْلِيَّةِ الْعَبْدِ وَالْفَاسِقِ لَهُ قَوْلَانِ: فَوَجْهُ الْمَنْعِ عَدَمُ أَهْلِيَّةِ الْوِلَايَةِ، وَوَجْهُ الْجَوَازِ عُمُومُ أَحَادِيثِ اللُّقَطَةِ. وَأَمَّا اللُّقَطَةُ بِالْجُمْلَةِ: فَإِنَّهَا كُلُّ مَالٍ لِمُسْلِمٍ مُعَرَّضٍ لِلضَّيَاعِ كَانَ ذَلِكَ فِي عَامِرِ الْأَرْضِ أَوْ غَامِرِهَا، وَالْجَمَادُ وَالْحَيَوَانُ فِي ذَلِكَ سَوَاءٌ إِلَّا الْإِبِلَ بِاتِّفَاقٍ. وَالْأَصْلُ فِي اللُّقَطَةِ حَدِيثُ يَزِيدَ بْنِ خَالِدٍ الْجُهَنِيِّ، وَهُوَ مُتَّفَقٌ عَلَى صِحَّتِهِ أَنَّهُ قَالَ: «جَاءَ رَجُلٌ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَسَأَلَهُ عَنِ اللُّقَطَةِ، فَقَالَ: اعْرِفْ عِفَاصَهَا وَوِكَاءَهَا ثُمَّ عَرِّفْهَا سَنَةً، فَإِنْ جَاءَ صَاحِبُهَا وَإِلَّا فَشَأْنَكَ بِهَا، قَالَ: فَضَالَّةُ الْغَنَمِ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: هِيَ لَكَ أَوْ لِأَخِيكَ أَوْ لِلذِّئْبِ، قَالَ: فَضَالَّةُ الْإِبِلِ؟ قَالَ: مَا لَكَ وَلَهَا مَعَهَا سِقَاؤُهَا وَحِذَاؤُهَا تَرِدُ الْمَاءَ وَتَأْكُلُ الشَّجَرَ حَتَّى يَلْقَاهَا رَبُّهَا» وَهَذَا الْحَدِيثُ يَتَضَمَّنُ مَعْرِفَةَ مَا يُلْتَقَطُ مِمَّا لَا يُلْتَقَطُ، وَمَعْرِفَةَ حُكْمِ مَا يُلْتَقَطُ كَيْفَ يَكُونُ فِي الْعَامِ وَبَعْدَهُ وَبِمَاذَا يَسْتَحِقُّهَا مُدَّعِيهَا. فَأَمَّا الْإِبِلُ فَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهَا لَا تُلْتَقَطُ، وَاتَّفَقُوا عَلَى الْغَنَمِ أَنَّهَا تُلْتَقَطُ، وَتَرَدَّدُوا فِي الْبَقَرِ، وَالنَّصُّ عَنِ الشَّافِعِيِّ أَنَّهَا كَالْإِبِلِ، وَعَنْ مَالِكٍ أَنَّهَا كَالْغَنَمِ، وَعَنْهُ خِلَافٌ. [الْجُمْلَةُ الثَّانِيَةُ فِي أَحْكَامِ اللُّقَطَةِ] الْجُمْلَةُ الثَّانِيَةُ: وَأَمَّا حُكْمُ التَّعْرِيفِ، فَاتَّفَقَ الْعُلَمَاءُ عَلَى تَعْرِيفِ مَا كَانَ مِنْهَا لَهُ بَالٌ سَنَةً مَا لَمْ تَكُنْ مِنَ الْغَنَمِ. وَاخْتَلَفُوا فِي حُكْمِهَا بَعْدَ السَّنَةِ، فَاتَّفَقَ فُقَهَاءُ الْأَمْصَارِ مَالِكٌ وَالثَّوْرِيُّ، وَالْأَوْزَاعِيُّ، وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَالشَّافِعِيُّ، وَأَحْمَدُ، وَأَبُو عُبَيْدٍ، وَأَبُو ثَوْرٍ إِذَا انْقَضَتْ كَانَ لَهُ أَنْ يَأْكُلَهَا إِنْ كَانَ فَقِيرًا، أَوْ يَتَصَدَّقَ بِهَا إِنْ كَانَ غَنِيًّا، فَإِنْ جَاءَ صَاحِبُهَا كَانَ مُخَيَّرًا بَيْنَ أَنْ يُجِيزَ الصَّدَقَةَ فَيَنْزِلَ عَلَى ثَوَابِهَا أَوْ يُضَمِّنَهُ إِيَّاهَا. وَاخْتَلَفُوا فِي الْغَنِيِّ هَلْ لَهُ أَنْ يَأْكُلَهَا أَوْ يُنْفِقَهَا بَعْدَ الْحَوْلِ؟ فَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ: لَهُ ذَلِكَ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَيْسَ لَهُ أن يأكلها أو يَتَصَدَّقَ بِهَا، وَرُوِيَ مِثْلُ قَوْلِهِ عَنْ عَلِيٍّ وَابْنِ عَبَّاسٍ وَجَمَاعَةٍ مِنَ التَّابِعِينَ. وَقَالَ الْأَوْزَاعِيُّ: إِنْ كَانَ مَالًا كَثِيرًا جَعَلَهُ فِي بَيْتِ الْمَالِ، وَرُوِيَ مِثْلُ قَوْلِ

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