Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

et il en va de même, selon Mālik, pour le père et le tuteur testamentaire.

Autre question : lorsqu’un mandat de vente est donné sans autre précision, le mandataire ne peut, selon Mālik, vendre qu’au prix usuel, au comptant et dans la monnaie du pays. Il ne lui est permis de vendre ni à terme, ni dans une autre monnaie, ni à un prix différent du prix usuel. La même règle s’applique, selon lui, à l’achat. Abū Hanīfa distingue cependant la vente de l’achat d’un bien déterminé : il autorise le mandataire à vendre à un prix différent du prix usuel, ainsi qu’à terme. En revanche, lorsqu’il est chargé d’acheter un esclave déterminé, il ne peut l’acquérir qu’au prix usuel et au comptant. Il semble qu’Abū Hanīfa n’ait ainsi distingué que le cas du mandat portant sur l’achat d’un bien déterminé. Il avance en effet, parmi ses arguments, que, de même qu’un homme peut vendre au-dessous du prix usuel ou à terme parce qu’il y voit un intérêt, son mandataire peut en faire autant, puisqu’il l’a placé dans sa propre position. L’avis de la majorité est toutefois plus clairement fondé.

Le mandataire répond de tout acte constituant un manquement, selon les juristes qui estiment qu’il y a effectivement eu manquement.

Lorsque le mandataire achète un bien en précisant que l’achat est effectué pour le mandant, la propriété est transférée à ce dernier. Abū Hanīfa estime qu’elle est d’abord transférée au mandataire, puis au mandant.

Si le mandataire acquitte une dette pour le compte du mandant sans faire constater le paiement par des témoins, puis que le créancier nie l’avoir reçu, le mandataire en répond.

[CHAPITRE TROISIÈME : LES DÉSACCORDS ENTRE LE MANDANT ET LE MANDATAIRE]

CHAPITRE TROISIÈME
LES DÉSACCORDS ENTRE LE MANDANT ET LE MANDATAIRE

Le désaccord entre le mandataire et le mandant peut porter sur la perte des biens confiés au mandataire, sur leur remise au mandant, sur le prix auquel le mandataire a vendu ou acheté lorsqu’un prix précis lui avait été fixé, sur le bien faisant l’objet de la transaction, sur l’identité de la personne à laquelle il avait reçu l’ordre de remettre les biens, ou encore sur l’allégation d’un manquement.

S’ils divergent sur la perte des biens, le mandataire affirmant : « Je les ai perdus », et le mandant répondant : « Ils n’ont pas été perdus », la parole du mandataire fait foi, si la remise des biens entre ses mains n’a pas été établie par une preuve. Si le mandataire les avait reçus d’un débiteur du mandant sans que ce débiteur ait fait constater son paiement par des témoins, la reconnaissance du mandataire ne suffit pas, selon Mālik, à libérer le débiteur : celui-ci doit payer une seconde fois. Peut-il alors exercer un recours contre le mandataire ? La question fait l’objet d’une divergence. En revanche, si la réception des biens par le mandataire a été établie par une preuve, le débiteur est libéré et le mandataire n’est tenu à rien.

S’ils divergent sur la remise des biens au mandant, le mandataire affirmant : « Je te les ai remis », et le mandant le niant, un avis retient la parole du mandataire ; un autre, celle du mandant. Selon un troisième avis, la parole du mandataire fait foi si beaucoup de temps s’est écoulé.

Quant à leur désaccord sur le prix auquel le mandant avait ordonné d’acheter, Ibn al-Qāsim dit : tant que la marchandise peut encore être restituée en nature, la parole de l’acheteur fait foi ; si elle ne peut plus l’être, c’est celle du mandataire. Selon un autre avis, chacun prête serment, la vente est résolue et les parties se restituent ce qu’elles ont reçu ; si la marchandise ne peut plus être restituée en nature, sa valeur en tient lieu.

Si leur désaccord porte sur le prix auquel le mandant avait ordonné de vendre, Ibn al-Qāsim estime que la parole du mandant fait foi, car il assimile le versement du prix à l’impossibilité de restituer la marchandise dans le cas de l’achat.

S’ils divergent sur l’identité de la personne à laquelle le mandataire devait remettre les biens, l’école compte deux avis : selon l’avis le plus connu, la parole de celui qui a reçu l’ordre fait foi ; selon l’autre, c’est celle de celui qui l’a donné.

Enfin, si le mandataire accomplit un acte constituant un dépassement de ses pouvoirs et prétend que le mandant le lui avait ordonné, l’avis le plus connu est que la parole du mandant fait foi. Selon un autre avis, la parole du mandataire affirmant avoir reçu cet ordre fait foi, puisque le mandant lui avait confié l’accomplissement de l’acte.

وَكَذَلِكَ عِنْدَ مَالِكٍ الْأَبُ وَالْوَصِيُّ. وَمِنْهَا إِذَا وَكَّلَهُ فِي الْبَيْعِ وَكَالَةً مُطْلَقَةً لَمْ يَجُزْ لَهُ عِنْدَ مَالِكٍ أَنْ يَبِيعَ إِلَّا بِثَمَنِ مِثْلِهِ نَقْدًا بِنَقْدِ الْبَلَدِ، وَلَا يَجُوزُ إِنْ بَاعَ نَسِيئَةً، أَوْ بِغَيْرِ نَقْدِ الْبَلَدِ، أَوْ بِغَيْرِ ثَمَنِ الْمِثْلِ، وَكَذَلِكَ الْأَمْرُ عِنْدَهُ فِي الشِّرَاءِ. وَفَرَّقَ أَبُو حَنِيفَةَ بَيْنَ الْبَيْعِ وَالشِّرَاءِ لِمُعَيَّنٍ، فَقَالَ: يَجُوزُ فِي الْبَيْعِ أَنْ يَبِيعَ بِغَيْرِ ثَمَنِ الْمِثْلِ، وَأَنْ يَبِيعَ نَسِيئَةً، وَلَمْ يَجُزْ إِذَا وَكَّلَهُ فِي شِرَاءِ عَبْدٍ بِعَيْنِهِ أَنْ يَشْتَرِيَهُ إِلَّا بِثَمَنِ الْمِثْلِ نَقْدًا، وَيُشْبِهُ أَنْ يَكُونَ أَبُو حَنِيفَةَ إِنَّمَا فَرَّقَ بَيْنَ الْوَكَالَةِ عَلَى شِرَاءِ شَيْءٍ بعينه ; لِأَنَّ مِنْ حُجَّتِهِ أَنَّهُ كَمَا أَنَّ الرَّجُلَ قَدْ يَبِيعُ بِأَقَلَّ مِنْ ثَمَنِ مِثْلِهِ وَنَسَاءً لِمَصْلَحَةٍ يَرَاهَا فِي ذَلِكَ كُلِّهِ، كَذَلِكَ حُكْمُ الْوَكِيلِ إِذْ قَدْ أَنْزَلَهُ مَنْزِلَتَهُ، وَقَوْلُ الْجُمْهُورِ أَبْيَنُ. وَكُلُّ مَا يَعْتَدِي فِيهِ الْوَكِيلُ ضُمِّنَ عِنْدِ مَنْ يَرَى أَنَّهُ تَعَدَّى. وَإِذَا اشْتَرَى الْوَكِيلُ شَيْئًا وَأُعْلِمَ أَنَّ الشِّرَاءَ لِلْمُوَكِّلِ فَالْمِلْكُ يَنْتَقِلُ إِلَى الْمُوَكِّلِ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِلَى الْوَكِيلِ أَوَّلًا ثُمَّ إِلَى الْمُوَكِّلِ. وَإِذَا دَفَعَ الْوَكِيلُ دَيْنًا عَنِ الْمُوَكِّلِ وَلَمْ يُشْهِدْ فَأَنْكَرَ الَّذِي لَهُ الدَّيْنُ الْقَبْضَ ضَمِنَ الْوَكِيلُ. [الْبَابُ الثَّالِثُ فِي مُخَالَفَةِ الْمُوَكِّلِ لِلْوَكِيلِ] الْبَابُ الثَّالِثُ مُخَالَفَة الْمُوَكِّلِ لِلْوَكِيلِ وَأَمَّا اخْتِلَافُ الْوَكِيلِ مَعَ الْمُوَكِّلِ، فَقَدْ يَكُونُ فِي ضَيَاعِ الْمَالِ الَّذِي اسْتَقَرَّ عِنْدَ الْوَكِيلِ، وَقَدْ يَكُونُ فِي دَفْعِهِ إِلَى الْمُوَكِّلِ، وَقَدْ يَكُونُ فِي مِقْدَارِ الثَّمَنِ الَّذِي بَاعَ بِهِ أَوِ اشْتَرَى إِذَا أَمَرَهُ بِثَمَنٍ مَحْدُودٍ، وَقَدْ يَكُونُ فِي الْمَثْمُونِ، وَقَدْ يَكُونُ فِي تَعْيِينِ مَنْ أَمَرَهُ بِالدَّفْعِ إِلَيْهِ، وَقَدْ يَكُونُ فِي دَعْوَى التَّعَدِّي. فَإِذَا اخْتَلَفَا فِي ضَيَاعِ الْمَالِ، فَقَالَ الْوَكِيلُ: ضَاعَ مِنِّي، وَقَالَ الْمُوَكِّلُ: لَمْ يَضِعْ، فَالْقَوْلُ قَوْلُ الْوَكِيلِ إِنْ كَانَ لَمْ يَقْبِضْهُ بِبَيِّنَةٍ، فَإِنْ كَانَ الْمَالُ قَدْ قَبَضَهُ الْوَكِيلُ مِنْ غَرِيمِ الْمُوَكِّلِ وَلَمْ يُشْهِدِ الْغَرِيمُ عَلَى الدَّفْعِ لَمْ يَبْرَأِ الْغَرِيمُ بِإِقْرَارِ الْوَكِيلِ عِنْدَ مَالِكٍ وَغَرِمَ ثَانِيَةً، وَهَلْ يَرْجِعُ الْغَرِيمُ عَلَى الْوَكِيلِ؟ فِيهِ خِلَافٌ، وَإِنْ كَانَ قَدْ قَبَضَهُ بِبَيِّنَةٍ بَرِئَ وَلَمْ يَلْزَمِ الْوَكِيلَ شَيْءٌ. وَأَمَّا إِذَا اخْتَلَفَا فِي الدَّفْعِ، فَقَالَ الْوَكِيلُ: دَفَعْتُهُ إِلَيْكَ، وَقَالَ الْمُوَكِّلُ: لَا، فَقِيلَ الْقَوْلُ قَوْلُ الْوَكِيلِ. وَقِيلَ: الْقَوْلُ قَوْلُ الْمُوَكِّلِ. وَقِيلَ إِنْ تَبَاعَدَ ذَلِكَ فَالْقَوْلُ قَوْلُ الْوَكِيلِ. وَأَما اخْتِلَافِهِمْ فِي مِقْدَارِ الثَّمَنِ الَّذِي بِهِ أَمَرَهُ بِالشِّرَاءِ، فَقَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ: إِنْ لَمْ تَفُتِ السِّلْعَةُ فَالْقَوْلُ قَوْلُ الْمُشْتَرِي، وَإِنْ فَاتَتْ فَالْقَوْلُ قَوْلُ الْوَكِيلِ، وَقِيلَ يَتَحَالَفَانِ، وَيَنْفَسِخُ الْبَيْعُ وَيَتَرَاجَعَانِ، وَإِنْ فَاتَتْ بِالْقِيمَةِ. وَإِنْ كَانَ اخْتِلَافُهُمْ فِي مِقْدَارِ الثَّمَنِ الَّذِي أَمَرَهُ بِهِ فِي الْبَيْعِ، فَعِنْدَ ابْنِ الْقَاسِمِ أَنَّ الْقَوْلَ فِيهِ قَوْلُ الْمُوَكِّلِ ; لِأَنَّهُ جَعَلَ دَفْعَ الثَّمَنِ بِمَنْزِلَةِ فَوَاتِ السِّلْعَةِ فِي الشِّرَاءِ. وَأَمَّا إِذَا اخْتَلَفَا فِيمَنْ أَمَرَهُ بِالدَّفْعِ فَفِي الْمَذْهَبِ فِيهِ قَوْلَانِ: الْمَشْهُورُ أَنَّ الْقَوْلَ قَوْلُ الْمَأْمُورِ، وَقِيلَ الْقَوْلُ قَوْلُ الْآمِرِ. وَأَمَّا إِذَا فَعَلَ الْوَكِيلُ فِعْلًا هُوَ تَعَدٍّ، وَزَعَمَ أَنَّ الْمُوَكِّلَ أَمَرَهُ، فَالْمَشْهُورُ أَنَّ الْقَوْلَ قَوْلُ الْمُوَكِّلِ، وَقَدْ قِيلَ إِنَّ الْقَوْلَ قَوْلُ الْوَكِيلِ: إِنَّهُ قَدْ أَمَرَهُ ; لِأَنَّهُ قَدِ ائْتَمَنَهُ عَلَى الْفِعْلِ.

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