Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Troisième avis : il est seulement tenu de faire comparaître la personne garantie lorsqu’il sait où elle se trouve. Cela signifie qu’on ne lui impose de la faire comparaître que lorsqu’on sait qu’il en a la capacité. Si le créancier soutient que le garant sait où elle se trouve et que celui-ci le nie, il appartient au créancier de le prouver.

Les tenants de cet avis ajoutent : le garant ne peut être emprisonné que si l’on sait où se trouve la personne garantie ; on lui impose alors de la faire comparaître. Abū ʿUbayd al-Qāsim ibn Sallām rapporte cet avis d’un groupe de savants dans son ouvrage de jurisprudence et le retient.

L’argument principal de Mālik est que le garant de comparution répond de la dette envers le créancier : il doit donc la payer si la personne garantie s’absente. On invoque aussi parfois, à l’appui de cet avis, ce récit rapporté d’Ibn ʿAbbās :

« Un homme demanda à son débiteur de lui rembourser son argent ou de lui fournir un garant. Le débiteur n’y parvenant pas, le créancier porta le différend devant le Prophète — sur lui la prière et la paix. Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — se porta alors garant du débiteur, puis versa l’argent au créancier. »

Ils disent : ce récit établit donc l’obligation de payer dans le cas d’un cautionnement formulé sans restriction.

Quant aux juristes d’Irak, ils disent : le garant doit seulement présenter ce qui fait l’objet de son engagement, à savoir la personne. Il n’y a donc pas lieu d’étendre cette obligation aux biens, à moins qu’il ne s’y soit lui-même engagé par une clause. Le Prophète — sur lui la prière et la paix — a dit :

« Les croyants sont tenus de respecter leurs conditions. »

Il lui incombe donc seulement de remettre les fonds, faute de quoi il est emprisonné à ce titre ; il en va de même pour la garantie de comparution.

L’argument principal du troisième groupe est que le garant n’est tenu de faire comparaître la personne que s’il en a la possibilité. Dans ce cas, il est emprisonné s’il ne la fait pas comparaître. En revanche, lorsqu’on sait qu’il lui est impossible de la faire comparaître, cette obligation ne lui incombe pas, de même qu’il n’est pas tenu de la faire comparaître si elle meurt.

Ils ajoutent : celui qui garantit la comparution d’une personne et auquel on impose ensuite de payer la dette est davantage fondé à être considéré comme la victime d’une tromperie que comme son auteur.

Toutefois, si le garant a expressément stipulé que son engagement porte sur la comparution, à l’exclusion du paiement, Mālik dit qu’il n’est pas tenu de payer. À ma connaissance, ce point ne fait l’objet d’aucune divergence, car ce serait lui imposer le contraire de ce qu’il a stipulé. Telles sont donc les règles de la garantie de comparution.

Quant au cautionnement portant sur les biens, les juristes s’accordent à dire que, si le débiteur garanti est insolvable ou absent, le garant est tenu de payer.

Ils divergent lorsque le garant et le débiteur garanti sont tous deux présents et solvables. Al-Shāfiʿī, Abū Hanīfa et leurs disciples, ainsi qu’al-Thawrī, al-Awzāʿī, Ahmad et Ishāq, disent que le créancier peut réclamer le paiement à celui qu’il veut, au garant ou au débiteur garanti.

Selon l’un des deux avis de Mālik, le créancier ne peut réclamer le paiement au garant lorsque le débiteur garanti est présent. Mālik a également un autre avis, conforme à celui de la majorité.

وَالْقَوْلُ الثَّالِثُ: أنَّهُ لَيْسَ عَلَيْهِ إِلَّا أَنْ يَأْتِيَ بِهِ إِذَا عَلِمَ مَوْضِعَهُ، وَمَعْنَى ذَلِكَ أَنْ لَا يُكَلَّفَ إِحْضَارَهُ إِلَّا مَعَ الْعِلْمِ بِالْقُدْرَةِ عَلَى إِحْضَارِهِ، فَإِنِ ادَّعَى الطَّالِبُ مَعْرِفَةَ مَوْضِعِهِ عَلَى الْحَمِيلِ، وَأَنْكَرَ الْحَمِيلُ؛ كُلِّفَ الطَّالِبُ بَيَانَ ذَلِكَ. قَالُوا: وَلَا يُحْبَسُ الْحَمِيلُ إِلَّا إِذَا كَانَ الْمُتَحَمَّلُ عَنْهُ مَعْلُومَ الْمَوْضِعِ، فَيُكَلَّفُ حِينَئِذٍ إِحْضَارَهُ، وَهَذَا الْقَوْلُ حَكَاهُ أَبُو عُبَيْدٍ الْقَاسِمُ بْنُ سَلَامٍ فِي كِتَابِهِ فِي الْفِقْهِ عَنْ جَمَاعَةٍ مِنَ النَّاسِ وَاخْتَارَهُ. وَعُمْدَةُ مَالِكٍ: أَنَّ الْمُتَحَمِّلَ بِالْوَجْهِ غَارِمٌ لِصَاحِبِ الْحَقِّ فَوَجَبَ عَلَيْهِ الْغُرْمُ إِذَا غَابَ، وَرُبَّمَا احْتَجَّ لَهُمْ بِمَا رُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: «أَنَّ رَجُلًا سَأَلَ غَرِيمَهُ أَنْ يُؤَدِّيَ إِلَيْهِ مَالَهُ أَوْ يُعْطِيَهُ حَمِيلًا، فَلَمْ يَقْدِرْ حَتَّى حَاكَمَهُ إِلَى النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -، فَتَحَمَّلَ عَنْهُ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - ثُمَّ أَدَّى الْمَالَ إِلَيْهِ» . قَالُوا: فَهَذَا غُرْمٌ فِي الْحَمَالَةِ الْمُطْلَقَةِ. وَأَمَّا أَهْلُ الْعِرَاقِ فَقَالُوا: إِنَّمَا يَجِبُ عَلَيْهِ إِحْضَارُ مَا تَحَمَّلَ بِهِ وَهُوَ النَّفْسُ، فَلَيْسَ يَجِبُ أَنْ يُعَدَّى ذَلِكَ إِلَى الْمَالِ إِلَّا لَوْ شَرَطَهُ عَلَى نَفْسِهِ، وَقَدْ قَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «الْمُؤْمِنُونَ عِنْدَ شُرُوطِهِمْ» . فَإِنَّمَا عَلَيْهِ أَنْ يُحْضِرَ المال أَوْ يُحْبَسَ فِيهِ، كَذَلِكَ الْأَمْرُ فِي ضَمَانِ الْوَجْهِ. وَعُمْدَةُ الْفَرِيقِ الثَّالِثِ: أَنَّهُ إِنَّمَا يَلْزَمُهُ إِحْضَارُهُ إِذَا كَانَ إِحْضَارُهُ لَهُ مِمَّا يُمْكِنُ، وَحِينَئِذٍ يُحْبَسُ إِذَا لَمْ يُحْضِرْهُ، وَأَمَّا إِذَا عَلِمَ أَنَّ إِحْضَارَهُ لَهُ غَيْرُ مُمْكِنٍ فَلَيْسَ يَجِبُ عَلَيْهِ إِحْضَارُهُ كَمَا أَنَّهُ إِذَا مَاتَ لَيْسَ عَلَيْهِ إِحْضَارُهُ. قَالُوا: وَمِنْ ضَمِنَ الْوَجْهَ فَأُغْرِمَ الْمَالَ فَهُوَ أَحْرَى أَنْ يَكُونَ مَغْرُورًا مِنْ أَنْ يَكُونَ غَارًّا. فَأَمَّا إِذَا اشْتَرَطَ الْوَجْهَ دُونَ الْمَالِ وَصَرَّحَ بِالشَّرْطِ فَقَدْ قَالَ مَالِكٌ: إِنَّ الْمَالَ لَا يَلْزَمُهُ، وَلَا خِلَافَ فِي هَذَا فِيمَا أَحْسَبُ; لِأَنَّهُ كَانَ يَكُونُ قَدْ أَلْزَمَ ضِدَّ مَا اشْتَرَطَ، فَهَذَا هُوَ حُكْمُ ضَمَانِ الْوَجْهِ. وَأَمَّا حُكْمُ ضَمَانِ الْمَالِ: فَإِنَّ الْفُقَهَاءَ مُتَّفِقُونَ عَلَى أَنَّهُ إِذَا عَدِمَ الْمَضْمُونُ أَوْ غَابَ أَنَّ الضَّامِنَ غَارِمٌ. وَاخْتَلَفُوا إِذَا حَضَرَ الضَّامِنُ وَالْمَضْمُونُ وَكِلَاهُمَا مُوسِرٌ: فَقَالَ الشَّافِعِيُّ، وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَأَصْحَابُهُمَا، وَالثَّوْرِيُّ، وَالْأَوْزَاعِيُّ، وَأَحْمَدُ، وَإِسْحَاقُ: لِلطَّالِبِ أَنْ يُؤَاخِذَ مَنْ شَاءَ مِنَ الْكَفِيلِ، أَوِ الْمَكْفُولِ. وَقَالَ مَالِكٌ فِي أَحَدِ قَوْلَيْهِ: لَيْسَ لَهُ أَنْ يَأْخُذَ الْكَفِيلَ مَعَ وُجُودِ الْمُتَكَفَّلِ عَنْهُ. وَلَهُ قَوْلٌ آخَرُ مِثْلُ قَوْلِ الْجُمْهُورِ.

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