Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Livre de la transaction]

Ce livre a pour fondement cette parole du Très-Haut :

« La conciliation est meilleure. »
[Les Femmes : 128]

Ainsi que ce propos rapporté tant comme remontant au Prophète — sur lui la prière et le salut — que comme parole de Umar :

« Il est permis aux musulmans de conclure une transaction, sauf si celle-ci rend licite ce qui est illicite ou illicite ce qui est licite. »

Les musulmans s’accordent sur la licéité de la transaction lorsque le droit réclamé est reconnu, mais divergent lorsqu’il est nié. Mālik et Abū Hanīfa l’autorisent dans ce dernier cas. Al-Shāfi‘ī, en revanche, ne l’autorise pas, car elle revient à s’approprier injustement un bien sans contrepartie. Les juristes malikites répondent qu’il existe bien une contrepartie : la cessation du litige et la dispense du serment qui aurait été exigé de celui qui nie.

Dans l’école de Mālik, nul ne conteste que la validité d’une transaction conclue après reconnaissance du droit réclamé soit soumise aux mêmes conditions que celle des ventes. Elle est donc viciée par les causes d’invalidité propres aux ventes et valide lorsque leurs conditions de validité sont réunies. Ainsi, une personne réclame des dirhams à une autre ; celle-ci reconnaît sa dette, puis convient de s’en acquitter en dinars payables à terme. Il en va de même des opérations semblables, invalides en raison de l’usure ou de l’aléa qu’elles comportent.

Quant à la transaction conclue alors que le droit réclamé est nié, l’avis le plus connu de Mālik et de ses disciples est qu’elle est soumise aux mêmes conditions de validité que les ventes. Par exemple, une personne réclame des dirhams à une autre, qui nie les lui devoir, puis convient avec elle d’un règlement en dinars payables à terme : cela n’est pas permis selon Mālik et ses disciples.

Asbagh l’autorise toutefois, car l’aspect répréhensible ne concerne qu’une seule partie, celle qui réclame le paiement : elle reconnaît avoir accepté des dinars payables à terme en contrepartie de dirhams qui lui étaient dus immédiatement. Quant à celui qui verse la somme, il déclare : « C’est un don que je fais. »

Lorsque l’aspect répréhensible est écarté des deux côtés — par exemple, si chacun réclame à l’autre des dinars ou des dirhams, que chacun nie devoir quoi que ce soit à l’autre, puis qu’ils conviennent de s’accorder mutuellement un délai pour le paiement des sommes réclamées —, cela est néanmoins réprouvé selon eux.

Cette réprobation tient à la crainte que chacun ne dise vrai : chacun aurait alors accordé un délai à l’autre en contrepartie du délai que celui-ci lui accorde. L’opération relèverait ainsi de l’arrangement : « Prête-moi et je te prêterai. »

Quant à l’argument en faveur de sa licéité, il tient à ce que chacun déclare : « Ce que j’ai fait n’est qu’un acte gracieux de ma part ; je n’étais redevable de rien. »

À propos de ce type de vente, il a été dit qu’il est valable une fois conclu. Ibn al-Mājishūn a, quant à lui, déclaré : il est annulé si

[كِتَابُ الصُّلْحِ] ِ وَالْأَصْلُ فِي هَذَا الْكِتَابِ: قَوْله تَعَالَى: {وَالصُّلْحُ خَيْرٌ} [النساء: ١٢٨] . وَمَا رُوِيَ عَنِ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - مَرْفُوعًا وَمَوْقُوفًا عَلَى عُمَرَ: «إِمْضَاءُ الصُّلْحِ جَائِزٌ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ إِلَّا صُلْحًا أَحَلَّ حَرَامًا، أَوْ حَرَّمَ حَلَالًا» . وَاتَّفَقَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى جَوَازِهِ عَلَى الْإِقْرَارِ، وَاخْتَلَفُوا فِي جَوَازِهِ عَلَى الْإِنْكَارِ: فَقَالَ مَالِكٌ، وَأَبُو حَنِيفَةَ: يَجُوزُ عَلَى الْإِنْكَارِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا يَجُوزُ عَلَى الْإِنْكَارِ; لِأَنَّهُ مَنْ أَكَلَ الْمَالَ بِالْبَاطِلِ مِنْ غَيْرِ عِوَضٍ. وَالْمَالِكِيَّةُ تَقُولُ فِيهِ عِوَضٌ، وَهُوَ سُقُوطُ الْخُصُومَةِ وَانْدِفَاعُ الْيَمِينِ عَنْهُ. وَلَا خِلَافَ فِي مَذْهَبِ مَالِكٍ أَنَّ الصُّلْحَ الَّذِي يَقَعُ عَلَى الْإِقْرَارِ يُرَاعَى فِي صِحَّتِهِ مَا يُرَاعَى فِي الْبُيُوعِ، فَيُفْسَدُ بِمَا تَفْسَدُ بِهِ الْبُيُوعُ مِنْ أَنْوَاعِ الْفَسَادِ الْخَاصِّ بِالْبُيُوعِ، وَيَصِحُّ بِصِحَّتِهِ، وَهَذَا هُوَ مِثْلُ أَنْ يَدَّعِيَ إِنْسَانٌ عَلَى آخَرَ دَرَاهِمَ فَيُصَالِحُهُ عَلَيْهَا بَعْدَ الْإِقْرَارِ بِدَنَانِيرَ نَسِيئَةً، وَمَا أَشْبَهَ هَذَا مِنَ الْبُيُوعِ الْفَاسِدَةِ مِنْ قِبَلِ الرِّبَا وَالْغَرَرِ. وَأَمَّا الصُّلْحُ عَلَى الْإِنْكَارِ: فَالْمَشْهُورُ فِيهِ عَنْ مَالِكٍ، وَأَصْحَابِهِ أَنَّهُ يُرَاعَى فِيهِ مِنَ الصِّحَّةِ مَا يُرَاعَى فِي الْبُيُوعِ، مِثْلُ أَنْ يَدَّعِيَ إِنْسَانٌ عَلَى آخَرَ دَرَاهِمَ فَيُنْكِرُ، ثُمَّ يُصَالِحُهُ عَلَيْهَا بِدَنَانِيرَ مُؤَجَّلَةٍ، فَهَذَا لَا يَجُوزُ عِنْدَ مَالِكٍ، وَأَصْحَابِهِ. وَقَالَ أَصْبَغُ: هُوَ جَائِزٌ; لِأَنَّ الْمَكْرُوهَ فِيهِ مِنَ الطَّرَفِ الْوَاحِدِ، وَهُوَ مِنْ جِهَةِ الطَّالِبِ; لِأَنَّهُ يَعْتَرِفُ أَنَّهُ أَخَذَ دَنَانِيرَ نَسِيئَةً فِي دَرَاهِمَ حَلَّتْ لَهُ. وَأَمَّا الدَّافِعُ فَيَقُولُ: هِيَ هِبَةٌ مِنِّي. وَأَمَّا إِنِ ارْتَفَعَ الْمَكْرُوهُ مِنَ الطَّرَفَيْنِ، مِثْلُ أَنْ يَدَّعِيَ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا عَلَى صَاحِبِهِ دَنَانِيرَ، أَوْ دَرَاهِمَ فَيُنْكِرَ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا صَاحِبَهُ، ثُمَّ يَصْطَلِحَانِ عَلَى أَنْ يُؤَخِّرَ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا صَاحِبَهُ فِيمَا يَدَّعِيهِ قَبِلَهُ إِلَى أَجَلٍ، فَهَذَا عِنْدَهُمْ هُوَ مَكْرُوهٌ. أَمَّا كَرَاهِيَتُهُ: فَمَخَافَةُ أَنْ يَكُونَ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا صَادِقًا، فَيَكُونُ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا قَدْ أَنْظَرَ صَاحِبَهُ لِإِنْظَارِ الْآخَرِ إِيَّاهُ، فَيَدْخُلُهُ أَسْلِفْنِي، وَأُسْلِفْكَ. وَأَمَّا وَجْهُ جَوَازِهِ: فَلِأَنَّ كُلَّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا إِنَّمَا يَقُولُ: مَا فَعَلْتُ إِنَّمَا هُوَ تَبَرُّعٌ مِنِّي، وَمَا كَانَ يَجِبُ عَلَيَّ شَيْءٌ، وَهَذَا النَّحْوُ مِنَ الْبُيُوعِ قِيلَ: إِنَّهُ يَجُوزُ إِذَا وَقَعَ، وَقَالَ ابْنُ الْمَاجِشُونِ: يُفْسَخُ إِذَا

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies