Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Ahmad, parmi les juristes des grandes cités. Tous s’accordent à dire que, lorsque le débiteur se déclare insolvable sans que la véracité de ses dires soit établie, il est emprisonné jusqu’à ce que celle-ci soit avérée ou que son créancier reconnaisse son insolvabilité. Il est alors remis en liberté.

On rapporte d’Abū Hanīfa que ses créanciers peuvent le suivre partout où il va.

Tous ont admis l’emprisonnement pour dettes, bien qu’aucune tradition authentique ne soit parvenue à ce sujet, parce qu’il s’agit d’une mesure nécessaire pour que les gens puissent obtenir les uns des autres ce qui leur est dû. Cela constitue un argument en faveur du recours au raisonnement analogique fondé sur l’intérêt général, que l’on appelle « analogie libre ».

Il a toutefois été rapporté :

« Le Prophète — sur lui la prière et le salut — a emprisonné un homme sur la base d’un soupçon. »

Ce récit a été rapporté, me semble-t-il, par Abū Dāwūd.

Selon Mālik, les personnes frappées d’une interdiction de disposer de leurs biens sont les prodigues, les insolvables, les esclaves, les malades et l’épouse pour ce qui dépasse le tiers de ses biens. Il considère en effet que le mari possède un droit sur les biens de son épouse ; la majorité des juristes ne partage pas cet avis.

Ces développements suffisent au regard de l’objectif que nous poursuivons dans cet ouvrage.

بِهِ أَحْمَدُ مِنْ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ. وَكُلُّهُمْ مُجْمِعُونَ عَلَى أَنَّ الْمَدِينَ إِذَا ادَّعَى الْفَلَسَ، وَلَمْ يُعْلَمْ صِدْقُهُ أَنَّهُ يُحْبَسُ حَتَّى يَتَبَيَّنَ صِدْقُهُ أَوْ يُقِرَّ لَهُ بِذَلِكَ صَاحِبُ الدَّيْنِ، فَإِذَا كَانَ ذَلِكَ خُلِّيَ سَبِيلُهُ. وَحُكِيَ عَنْ أَبِي حَنِيفَةَ: أَنَّ لِغُرَمَائِهِ أَنْ يَدُورُوا مَعَهُ حَيْثُ دَارَ. وَإِنَّمَا صَارَ الْكُلُّ إِلَى الْقَوْلِ بِالْحَبْسِ فِي الدُّيُونِ، وَإِنْ كَانَ لَمْ يَأْتِ فِي ذَلِكَ أَثَرٌ صَحِيحٌ; لِأَنَّ ذَلِكَ أَمْرٌ ضَرُورِيٌّ فِي اسْتِيفَاءِ النَّاسِ حُقُوقَهُمْ بَعْضِهِمْ مِنْ بَعْضٍ، وَهَذَا دَلِيلٌ عَلَى الْقَوْلِ بِالْقِيَاسِ الَّذِي يَقْتَضِي الْمَصْلَحَةَ ، وَهُوَ الَّذِي يُسَمَّى بِالْقِيَاسِ الْمُرْسَلِ. وَقَدْ رُوِيَ: «أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - حَبَسَ رَجُلًا فِي تُهْمَةٍ» خَرَّجَهُ فِيمَا أَحْسَبُ أَبُو دَاوُدَ. وَالْمَحْجُورُونَ عِنْدَ مَالِكٍ: السُّفَهَاءُ، وَالْمُفْلِسُونَ، وَالْعَبِيدُ، وَالْمَرْضَى، وَالزَّوْجَةُ فِيمَا فَوْقَ الثُّلُثِ ; لِأَنَّهُ يَرَى أَنَّ لِلزَّوْجِ حَقًّا فِي الْمَالِ، وَخَالَفَهُ فِي ذَلِكَ الْأَكْثَرُ. وَهَذَا الْقَدْرُ كَافٍ بِحَسَبِ غَرَضِنَا فِي هَذَا الْكِتَابِ.

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