Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Livre de l’interdiction]

[Chapitre premier : les catégories de personnes frappées d’interdiction]

L’étude de ce livre se répartit en trois chapitres :

Le premier porte sur les catégories de personnes frappées d’interdiction.

Le deuxième traite du moment où elles sortent de l’interdiction, de celui où elles y sont soumises et des conditions requises pour en sortir.

Le troisième expose les règles applicables à leurs actes, quant à leur annulation ou à leur validation.

Chapitre premier
Les catégories de personnes frappées d’interdiction

Les savants s’accordent sur l’obligation de frapper d’interdiction les orphelins qui n’ont pas atteint la puberté, en raison de cette parole du Très-Haut :

« Éprouvez les orphelins jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge du mariage. »

[Les Femmes : 6]

Ils divergent toutefois sur l’interdiction des adultes sains d’esprit lorsqu’ils manifestent une tendance à dilapider leurs biens.

Mālik, al-Shāfi‘ī, les juristes de Médine et nombre de ceux d’Irak estiment qu’une interdiction peut être prononcée à leur encontre par décision du juge, lorsque leur prodigalité est établie devant lui et qu’après leur avoir permis de présenter leur défense, ils n’ont pu opposer aucun argument pour la réfuter. C’est également la position d’Ibn ‘Abbās et d’Ibn al-Zubayr.

Abū Hanīfa et un groupe de juristes d’Irak estiment, quant à eux, qu’on ne peut prononcer une nouvelle interdiction à l’encontre d’un adulte. C’est aussi l’avis d’Ibrāhīm et d’Ibn Sīrīn. Les tenants de cette position se divisent en deux groupes.

Les uns affirment que l’interdiction n’est en aucun cas permise après la puberté, même si les intéressés dilapident manifestement leurs biens.

Les autres considèrent que, si cette tendance à la dissipation se prolonge depuis l’enfance, l’interdiction est maintenue. En revanche, si les intéressés ont fait preuve de bonne gestion après la puberté, puis sont devenus prodigues, aucune nouvelle interdiction ne peut être prononcée à leur encontre. Abū Hanīfa fixe à vingt-cinq ans l’âge auquel l’interdiction doit être levée, même si leur prodigalité est manifeste.

Le principal argument de ceux qui imposent de prononcer une interdiction à l’encontre des adultes est le suivant : l’interdiction des enfants n’est obligatoire qu’en raison de la tendance à dilapider leurs biens qui se rencontre généralement chez eux. Il faut donc l’imposer à toute personne chez qui cette même tendance se manifeste, même si elle n’est plus enfant.

Ils ajoutent : c’est pourquoi la levée de leur interdiction exige, outre la fin de l’enfance, que l’on constate chez eux une aptitude à bien gérer leurs biens. Allah, le Très-Haut, dit :

« Si vous constatez alors chez eux une bonne capacité de gestion, remettez-leur leurs biens. »

[Les Femmes : 6]

Cela indique que la cause justifiant l’interdiction est la prodigalité.

Le principal argument des hanafites est le hadith de Hibbān ibn Munqidh : « Il y est rapporté qu’il fit savoir au Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — qu’il se faisait tromper dans les ventes,

[كِتَابُ الْحَجْرِ] [الْبَابُ الْأَوَّلُ فِي أَصْنَافِ الْمَحْجُورِينَ] ِ. وَالنَّظَرُ فِي هَذَا الْكِتَابِ فِي ثَلَاثَةِ أَبْوَابٍ: الْبَابُ الْأَوَّلُ: فِي أَصْنَافِ الْمَحْجُورِينَ الثَّانِي: مَتَى يَخْرُجُونَ مِنَ الْحَجْرِ، وَمَتَى يُحْجَرُ عَلَيْهِمْ، وَبِأَيِّ شُرُوطٍ يَخْرُجُونَ؟ الثَّالِثُ: فِي مَعْرِفَةِ أَحْكَامِ أَفْعَالِهِمْ فِي الرَّدِّ، وَالْإِجَازَةِ. الْبَابُ الْأَوَّلُ فِي أَصْنَافِ الْمَحْجُورِينَ أَجْمَعَ الْعُلَمَاءُ عَلَى وُجُوبِ الْحَجْرِ عَلَى الْأَيْتَامِ الَّذِينَ لَمْ يَبْلُغُوا الْحُلُمَ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {وَابْتَلُوا الْيَتَامَى حَتَّى إِذَا بَلَغُوا النِّكَاحَ} [النساء: ٦] . وَاخْتَلَفُوا فِي الْحَجْرِ عَلَى الْعُقَلَاءِ الْكِبَارِ إِذَا ظَهَرَ مِنْهُمْ تَبْذِيرٌ لِأَمْوَالِهِمْ: فَذَهَبَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ، وَأَهْلُ الْمَدِينَةِ، وَكَثِيرٌ مِنْ أَهْلِ الْعِرَاقِ إِلَى جَوَازِ ابْتِدَاءِ الْحَجْرِ عَلَيْهِمْ بِحُكْمِ الْحَاكِمِ، وَذَلِكَ إِذَا ثَبَتَ عِنْدَهُ سَفَهُهُمْ وَأَعْذَرَ إِلَيْهِمْ فَلَمْ يَكُنْ عِنْدَهُمْ مَدْفَعٌ، وَهُوَ ابْن عَبَّاسٍ، وَابْن الزُّبَيْرِ. وَذَهَبَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَجَمَاعَةٌ مِنْ أَهْلِ الْعِرَاقِ إِلَى أَن لَا يُبْتَدَأُ الْحَجْرُ عَلَى الْكِبَارِ، وَهُوَ قَوْلُ إِبْرَاهِيمَ، وَابْنِ سِيرِينَ، وَهَؤُلَاءِ انْقَسَمُوا قِسْمَيْنِ: فَمِنْهُمْ مَنْ قَالَ: الْحَجْرُ لَا يَجُوزُ عَلَيْهِمْ بَعْدَ الْبُلُوغِ بِحَالٍ، وَإِنْ ظَهَرَ مِنْهُمُ التَّبْذِيرُ. وَمِنْهُمْ مَنْ قَالَ: إِنِ استَصْحَبُوا التَّبْذِيرَ مِنَ الصِّغَرِ يَسْتَمِرُّ الْحَجْرُ عَلَيْهِمْ، وَإِنْ ظَهَرَ مِنْهُمْ رُشْدٌ بَعْدَ الْبُلُوغِ، ثُمَّ ظَهَرَ مِنْهُمْ سَفَهٌ، فَهَؤُلَاءِ لَا يُبْدَأُ بِالْحَجْرِ عَلَيْهِمْ. وَأَبُو حَنِيفَةَ يَحُدُّ فِي ارْتِفَاعِ الْحَجْرِ، وَإِنْ ظَهَرَ سَفَهُهُ خَمْسَةً وَعِشْرِينَ عَامًا. وَعُمْدَةُ مَنْ أَوْجَبَ عَلَى الْكِبَارِ ابْتِدَاءَ الْحَجْرِ: أَنَّ الْحَجْرَ عَلَى الصِّغَارِ إِنَّمَا وَجَبَ لِمَعْنَى التَّبْذِيرِ الَّذِي يُوجَدُ فِيهِمْ غَالِبًا، فَوَجَبَ أَنْ يَجِبَ الْحَجْرُ عَلَى مَنْ وُجِدَ فِيهِ هَذَا الْمَعْنَى، وَإِنْ لَمْ يَكُنْ صَغِيرًا، قَالُوا: وَلِذَلِكَ اشْتَرَطَ فِي رَفْعِ الْحَجْرِ عَنْهُمْ مَعَ ارْتِفَاعِ الصِّغَرِ إِينَاسَ الرُّشْدِ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: {فَإِنْ آنَسْتُمْ مِنْهُمْ رُشْدًا فَادْفَعُوا إِلَيْهِمْ أَمْوَالَهُمْ} [النساء: ٦] ، فَدَلَّ هَذَا عَلَى أَنَّ السَّبَبَ الْمُقْتَضِيَ لِلْحَجْرِ هُوَ السَّفَهُ. وَعُمْدَةُ الْحَنَفِيَّةِ: حَدِيثُ حِبَّانَ بْنِ مُنْقِذٍ: «إِذْ ذَكَرَ فِيهِ لِرَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنَّهُ يُخْدَعُ فِي الْبُيُوعِ،

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