Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

la terre. Ces distinctions concernent également les biens meubles et les biens immeubles.

Pour les biens meubles, Mālik et ses disciples n’autorisent pas ce partage sur une longue durée, mais le permettent sur une courte durée, qu’il s’agisse d’en percevoir les revenus ou d’en faire directement usage.

Pour les biens immeubles, ce partage est permis sur une longue durée et à une échéance lointaine, tant pour la perception des revenus que pour l’usage direct.

Ils divergent toutefois sur la courte durée admise pour la perception des revenus des biens meubles. Selon un avis, elle est d’un jour environ ; selon un autre, ce partage n’est pas permis lorsqu’il porte sur une monture ou un esclave. Quant au service d’un esclave, certains l’autorisent pour une durée de cinq jours environ, d’autres pour un mois ou un peu plus.

Quant au partage de la jouissance entre les biens, qui consiste à ce que l’un utilise une maison pendant une certaine durée et l’autre une autre maison pendant exactement la même durée, certains l’autorisent pour l’habitation des maisons et la culture des terres, mais ne l’admettent, pour la perception des revenus et des loyers, que sur une courte durée. D’autres l’autorisent par analogie avec le partage de la jouissance dans le temps. Il en va de même pour le service des esclaves et l’utilisation des montures : on retrouve à ce sujet les divergences relatives au partage de leur jouissance dans le temps.

Voilà donc ce qu’il en est des différentes formes de partage portant sur la propriété des biens et sur leur jouissance, ainsi que des conditions qui les rendent valides ou invalides. Il reste, dans ce livre, à exposer les effets juridiques du partage.

[Chapitre deuxième — Des effets juridiques du partage]

Des effets juridiques

Le partage est un contrat contraignant : les deux copartageants ne peuvent ni le défaire ni revenir sur lui, sauf en raison de circonstances qui l’affectent.

Ces circonstances sont au nombre de trois : une lésion, la découverte d’un défaut ou la reconnaissance du droit de propriété d’un tiers.

La lésion ne justifie la résolution que dans le partage par tirage au sort, selon l’avis unanime de l’école. Il faut toutefois excepter ce qui découle, par analogie, de l’avis de celui qui reconnaît à la lésion un effet sur la vente : sa position implique qu’elle produise également un effet sur le partage.

Quant à la restitution pour défaut, il faut distinguer, selon la doctrine d’Ibn al-Qāsim, selon que le défaut affecte la majeure ou la moindre partie du lot reçu.

S’il affecte la majeure partie du lot, il faut encore distinguer selon que le lot attribué à l’associé peut ou non être restitué. S’il ne peut plus l’être, celui qui découvre le défaut remet son lot dans l’indivision et reçoit de son associé la moitié de la valeur du lot de ce dernier, estimée au jour de sa prise de possession. Si le lot peut encore être restitué, le partage est résolu et l’indivision est rétablie dans son état initial.

Si le défaut affecte la moindre partie du lot, seule cette partie est remise dans l’indivision initiale, que le lot de son associé puisse encore être restitué ou non. Il réclame alors à son associé la moitié de la valeur de l’excédent, sans pouvoir reprendre, au titre du défaut, aucun des biens détenus par celui-ci, même s’ils subsistent en nature.

Ashhab a dit : « Ce qui fait obstacle à la restitution a déjà été exposé dans le Livre des ventes. »

‘Abd al-‘Azīz ibn al-Mājishūn a dit : « La découverte d’un défaut entraîne la résolution du partage par tirage au sort, mais non celle du partage consenti. En effet, le partage consenti est une vente, tandis que le partage par tirage au sort consiste à individualiser un droit. Or, dès lors que ce dernier est résolu pour lésion, il doit également l’être en cas de restitution pour défaut. »

Selon Ibn al-Qāsim, la reconnaissance du droit de propriété d’un tiers est soumise aux mêmes règles que la découverte d’un défaut : si la partie reconnue comme appartenant à un tiers est importante et que le lot de l’associé n’est pas

الْأَرْضِ، وَذَلِكَ أَيْضًا فِيمَا يُنْقَلُ وَيُحَوَّلُ، أَوْ لَا يُنْقَلُ وَلَا يُحَوَّلُ. فَأَمَّا فِيمَا يُنْقَلُ وَيُحَوَّلُ: فَلَا يَجُوزُ عِنْدَ مَالِكٍ، وَأَصْحَابِهِ فِي الْمُدَّةِ الْكَثِيرَةِ، وَيَجُوزُ فِي الْمُدَّةِ الْيَسِيرَةِ، وَذَلِكَ فِي الِاغْتِلَالِ، وَالِانْتِفَاعِ. وَأَمَّا فِيمَا لَا يُنْقَلُ وَلَا يُحَوَّلُ: فَيَجُوزُ فِي الْمُدَّةِ الْبَعِيدَةِ، وَالْأَجْلِ الْبَعِيدِ، وَذَلِكَ فِي الِاغْتِلَالِ وَالِانْتِفَاعِ. وَاخْتَلَفُوا فِي الْمُدَّةِ الْيَسِيرَةِ فِيمَا يُنْقَلُ وَيُحَوَّلُ فِي الِاغْتِلَالِ: فَقِيلَ الْيَوْمُ الْوَاحِدُ وَنَحْوُهُ، وَقِيلَ: لَا يَجُوزُ ذَلِكَ فِي الدَّابَّةِ وَالْعَبْدِ. وَأَمَّا الِاسْتِخْدَامُ فَقِيلَ: يَجُوزُ فِي مِثْلِ خَمْسَةِ الْأَيَّامِ، وَقِيلَ: فِي الشَّهْرِ وَأَكْثَرَ مِنَ الشَّهْرِ قَلِيلًا. وَأَمَّا التَّهَايُؤُ فِي الْأَعْيَانِ: بِأَنْ يَسْتَعْمِلَ هَذَا دَارًا مُدَّةً مِنَ الزَّمَانِ، وَهَذَا دَارًا تِلْكَ الْمُدَّةَ بِعَيْنِهَا، فَقِيلَ: يَجُوزُ فِي سُكْنَى الدَّارِ وَزِرَاعَةِ الْأَرَضِينَ، وَلَا يَجُوزُ ذَلِكَ فِي الْغَلَّةِ وَالْكِرَاءِ إِلَّا فِي الزَّمَانِ الْيَسِيرِ. وَقِيلَ: يَجُوزُ عَلَى قِيَاسِ التَّهَايُؤِ بِالْأَزْمَانِ. وَكَذَلِكَ الْقَوْلُ فِي اسْتِخْدَامِ الْعَبْدِ وَالدَّوَابِّ يَجْرِي الْقَوْلُ فِيهِ عَلَى الِاخْتِلَافِ فِي قِسْمَتِهَا بِالزَّمَانِ. فَهَذَا هُوَ الْقَوْلُ فِي أَنْوَاعِ الْقِسْمَةِ فِي الرِّقَابِ، وَفِي الْمَنَافِعِ، وَفِي الشُّرُوطِ الْمُصَحِّحَةِ وَالْمُفْسِدَةِ. وَبَقِيَ مِنْ هَذَا الْكِتَابِ الْقَوْلُ فِي الْأَحْكَامِ. [الْبَابُ الثَّانِي الْقَوْلُ فِي أَحْكَام القسمة] الْقَوْلُ فِي الْأَحْكَامِ وَالْقِسْمَةُ مِنَ الْعُقُودِ اللَّازِمَةِ لَا يَجُوزُ لِلْمُتَقَاسِمَيْنِ نَقْضُهَا، وَلَا الرُّجُوعُ فِيهَا إِلَّا بِالطَّوَارِئِ عَلَيْهَا. وَالطَّوَارِئُ ثَلَاثَةٌ: غَبْنٌ; أَوْ وُجُودُ عَيْبٍ، أَوِ اسْتِحْقَاقٌ. فَأَمَّا الْغَبْنُ: فَلَا يُوجِبُ الْفَسْخَ إِلَّا فِي قِسْمَةِ الْقُرْعَةِ بِاتِّفَاقٍ فِي الْمَذْهَبِ إِلَّا عَلَى قِيَاسِ مَنْ يَرَى لَهُ تَأْثِيرٌ فِي الْبَيْعِ، فَيَلْزَمُ عَلَى مَذْهَبِهِ أَنْ يُؤَثِّرَ فِي الْقِسْمَةِ. وَأَمَّا الرَّدُّ بِالْعَيْبِ: فَإِنَّهُ لَا يَخْلُو على مَذْهَبِ ابْنِ الْقَاسِمِ أَنْ يَجِدَ الْعَيْبَ فِي جُلِّ نَصِيبِهِ أَوْ فِي أَقَلِّهِ. فَإِنْ وَجَدَهُ فِي جُلِّ نَصِيبِهِ; فَإِنَّهُ لَا يَخْلُو أَنْ يَكُونَ النَّصِيبُ الَّذِي حَصَلَ لِشَرِيكِهِ قَدْ فَاتَ أَوْ لَمْ يَفُتْ: فَإِنْ كَانَ قَدْ فَاتَ رَدَّ الْوَاجِدُ لِلْعَيْبِ نَصِيبَهُ عَلَى الشَّرِكَةِ، وَأَخَذَ مِنْ شَرِيكِهِ نِصْفَ قِيمَةِ نَصِيبِهِ يَوْمَ قَبْضِهِ، وَإِنْ كَانَ لَمْ يَفُتِ انْفَسَخَتِ الْقِسْمَةُ، وَعَادَتِ الشَّرِكَةُ إِلَى أَصْلِهَا. وَإِنْ كَانَ الْعَيْبُ فِي أَقَلَّ ذَلِكَ: رَدَّ ذَلِكَ الْأَقَلَّ عَلَى أَصْلِ الشَّرِكَةِ فَقَطْ، سَوَاءٌ فَاتَ نَصِيبُ صَاحِبِهِ أَوْ لَمْ يَفُتْ، وَرَجَعَ عَلَى شَرِيكِهِ بِنِصْفِ قِيمَةِ الزِّيَادَةِ، وَلَا يَرْجِعُ فِي شَيْءٍ مِمَّا فِي يَدِهِ، وَإِنْ كَانَ قَائِمًا بِالْعَيْبِ. وَقَالَ أَشْهَبُ: وَالَّذِي يُفِيتُ الرَّدَّ قَدْ تَقَدَّمَ فِي كِتَابِ الْبُيُوعِ. وَقَالَ عَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ الْمَاجِشُونِ: وُجُودُ الْعَيْبِ يَفْسَخُ الْقِسْمَةَ الَّتِي بِالْقُرْعَةِ وَلَا يَفْسَخُ الَّتِي بِالتَّرَاضِي ; لِأَنَّ الَّتِي بِالتَّرَاضِي هِيَ بَيْعٌ، وَأَمَّا الَّتِي بِالْقُرْعَةِ فَهِيَ تَمْيِيزُ حَقٍّ، وَإِذَا فُسِخَتْ بِالْغَبْنِ وَجَبَ أَنْ تُفْسَخَ بِالرَّدِّ بِالْعَيْبِ. وَحُكْمُ الِاسْتِحْقَاقِ عِنْدَ ابْنِ الْقَاسِمِ حُكْمُ وُجُودِ الْعَيْبِ: إِنْ كَانَ الْمُسْتَحَقُّ كَثِيرًا وَحَظُّ الشَّرِيكِ لَمْ

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