Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Leur divergence sur cette question tient à trois raisons.

La première est leur désaccord sur la parole d’Allah — Béni et Très-Haut — :

« Et tes vêtements, purifie-les. »

[Al-Muddaththir : 4]

Faut-il l’entendre au sens propre ou au sens figuré ?

La deuxième raison est la contradiction apparente entre les textes transmis quant au caractère obligatoire de cette purification.

La troisième est leur désaccord au sujet des injonctions et des interdictions dont la raison d’être est intelligible : cette raison, que l’on comprend à travers l’injonction ou l’interdiction, constitue-t-elle un indice faisant passer l’injonction de l’obligation à la recommandation, et l’interdiction de la prohibition au caractère réprouvé ? Ou ne constitue-t-elle pas un tel indice, de sorte qu’il n’y aurait, à cet égard, aucune différence entre les actes d’adoration dont la raison d’être est intelligible et ceux dont elle ne l’est pas ?

Ceux qui établissent cette distinction le font parce que la plupart des prescriptions de la Loi dont les raisons sont intelligibles relèvent des bonnes mœurs ou de la recherche de ce qui est bénéfique, domaines qui font le plus souvent l’objet de recommandations. Ainsi, celui qui comprend la parole du Très-Haut :

« Et tes vêtements, purifie-les. »

[Al-Muddaththir : 4]

comme désignant les vêtements matériels affirme que la purification des impuretés est obligatoire. En revanche, celui qui y voit une expression figurée désignant la purification du cœur n’y trouve pas de preuve en ce sens.

Parmi les textes transmis qui paraissent se contredire sur ce point figure le célèbre hadith des deux occupants des tombes, dans lequel le Prophète — qu’Allah le couvre de bénédictions et lui accorde la paix — dit à leur sujet :

« Tous deux subissent assurément un châtiment, et ce n’est pas pour une chose grave. Quant à l’un d’eux, il ne se préservait pas de son urine. »

Le sens apparent de ce hadith implique l’obligation, car le châtiment ne sanctionne que le manquement à une obligation. À l’inverse, il est établi que l’on jeta sur lui — sur lui la prière et la paix —, alors qu’il priait, une enveloppe fœtale de chameau, avec du sang et des matières digestives, sans qu’il interrompe sa prière.

Ce récit semble indiquer que, si l’élimination des impuretés avait été obligatoire au même titre que la purification de l’état d’impureté rituelle, il aurait interrompu sa prière. On rapporte également :

« Lors d’une prière, le Prophète — sur lui la prière et la paix — priait avec ses sandales. Il les retira, et les fidèles retirèrent les leurs parce qu’il avait retiré les siennes. Il leur reprocha ce geste — sur lui la prière et la paix — et déclara : “Je ne les ai retirées que parce que Gabriel m’a informé qu’elles portaient une souillure.” »

Le sens apparent de ce récit indique que, si l’élimination des impuretés était obligatoire, il n’aurait pas poursuivi sa prière en tenant pour acquise la partie déjà accomplie.

Ceux qui, face à ces récits, choisissent de faire prévaloir un sens apparent sur un autre concluent soit à l’obligation, s’ils privilégient le sens apparent du hadith qui l’implique, soit à la recommandation, s’ils privilégient le sens apparent du récit qui l’implique (je veux dire les deux hadiths indiquant que l’élimination des impuretés relève d’une recommandation fortement appuyée).

Quant à ceux qui cherchent à concilier ces récits, certains affirment que cette purification est obligatoire lorsque l’on s’en souvient et que l’on en a la capacité, mais que cette obligation tombe en cas d’oubli ou d’incapacité.

D’autres affirment qu’elle est obligatoire de manière absolue, sans constituer une condition de validité de la prière. Il s’agit là d’un avis

وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ رَاجِعٌ إِلَى ثَلَاثَةِ أَشْيَاءَ: أَحَدُهَا: اخْتِلَافُهُمْ فِي قَوْلِهِ - تَبَارَكَ وَتَعَالَى -: {وَثِيَابَكَ فَطَهِّرْ} [المدثر: ٤] هَلْ ذَلِكَ مَحْمُولٌ عَلَى الْحَقِيقَةِ أَوْ مَحْمُولٌ عَلَى الْمَجَازِ؟ . وَالسَّبَبُ الثَّانِي: تَعَارُضُ ظَوَاهِرِ الْآثَارِ فِي وُجُوبِ ذَلِكَ. وَالسَّبَبُ الثَّالِثُ: اخْتِلَافُهُمْ فِي الْأَمْرِ وَالنَّهْيِ الْوَارِدِ لِعِلَّةٍ مَعْقُولَةِ الْمَعْنَى، هَلْ تِلْكَ الْعِلَّةُ الْمَفْهُومَةُ مِنْ ذَلِكَ الْأَمْرِ أَوِ النَّهْيِ، قَرِينَةٌ تَنْقُلُ الْأَمْرَ مِنَ الْوُجُوبِ إِلَى النَّدْبِ، وَالنَّهْيَ مِنَ الْحَظْرِ إِلَى الْكَرَاهَةِ؟ أَمْ لَيْسَتْ قَرِينَةً؟ وَأَنَّهُ لَا فَرْقَ فِي ذَلِكَ بَيْنَ الْعِبَادَةِ الْمَعْقُولَةِ وَغَيْرِ الْمَعْقُولَةِ؟ وَإِنَّمَا صَارَ مَنْ صَارَ إِلَى الْفَرْقِ فِي ذَلِكَ ; لِأَنَّ الْأَحْكَامَ الْمَعْقُولَةَ الْمَعَانِي فِي الشَّرْعِ أَكْثَرُهَا هِيَ مِنْ بَابِ مَحَاسِنِ الْأَخْلَاقِ أَوْ مِنْ بَابِ الْمَصَالِحِ، وَهَذِهِ فِي الْأَكْثَرِ هِيَ مَنْدُوبٌ إِلَيْهَا، فَمَنْ حَمَلَ قَوْله تَعَالَى {وَثِيَابَكَ فَطَهِّرْ} [المدثر: ٤] عَلَى الثِّيَابِ الْمَحْسُوسَةِ قَالَ: الطَّهَارَةُ مِنَ النَّجَاسَةِ وَاجِبَةٌ، وَمَنْ حَمَلَهَا عَلَى الْكِنَايَةِ عَنْ طَهَارَةِ الْقَلْبِ لَمْ يَرَ فِيهَا حُجَّةً. وَأَمَّا الْآثَارُ الْمُتَعَارِضَةُ فِي ذَلِكَ، فَمِنْهَا حَدِيثُ صَاحِبَيِ الْقَبْرِ الْمَشْهُورُ، وَقَوْلُهُ فِيهِمَا - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «إِنَّهُمَا لَيُعَذَّبَانِ، وَمَا يُعَذَّبَانِ فِي كَبِيرٍ، أَمَّا أَحَدُهُمَا فَكَانَ لَا يَسْتَنْزِهُ مِنْ بَوْلِهِ» فَظَاهِرُ هَذَا الْحَدِيثِ يَقْتَضِي الْوُجُوبَ ; لِأَنَّ الْعَذَابَ لَا يَتَعَلَّقُ إِلَّا بِالْوَاجِبِ، وَأَمَّا الْمُعَارِضُ لِذَلِكَ فَمَا ثَبَتَ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - مِنْ أَنَّهُ رُمِيَ عَلَيْهِ وَهُوَ فِي الصَّلَاةِ سَلَا جَزُورٍ بِالدَّمِ وَالْفَرْثِ فَلَمْ يَقْطَعِ الصَّلَاةَ. وَظَاهِرُ هَذَا أَنَّهُ لَوْ كَانَتْ إِزَالَةُ النَّجَاسَةِ وَاجِبَةً كَوُجُوبِ الطَّهَارَةِ مِنَ الْحَدَثِ لَقَطَعَ الصَّلَاةَ، وَمِنْهَا مَا رُوِيَ «أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - كَانَ فِي صَلَاةٍ مِنَ الصَّلَوَاتِ يُصَلِّي فِي نَعْلَيْهِ، فَطَرَحَ نَعْلَيْهِ، فَطَرَحَ النَّاسُ لِطَرْحِهِ نَعْلَيْهِ، فَأَنْكَرَ ذَلِكَ عَلَيْهِمْ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - وَقَالَ: " إِنَّمَا خَلَعْتُهَا ; لِأَنَّ جِبْرِيلَ أَخْبَرَنِي أَنَّ فِيهَا قَذَرًا» . فَظَاهِرُ هَذَا أَنَّهُ لَوْ كَانَتْ وَاجِبَةً لَمَا بَنَى عَلَى مَا مَضَى مِنَ الصَّلَاةِ. فَمَنْ ذَهَبَ فِي هَذِهِ الْآثَارِ مَذْهَبَ تَرْجِيحِ الظَّوَاهِرِ قَالَ إِمَّا بِالْوُجُوبِ إِنْ رَجَّحَ ظَاهِرَ حَدِيثِ الْوُجُوبِ، أَوْ بِالنَّدْبِ إِنْ رَجَّحَ ظَاهِرَ حَدِيثِ النَّدْبِ، أَعْنِي الْحَدِيثَيْنِ اللَّذَيْنِ يَقْضِيَانِ أَنَّ إِزَالَتَهَا مِنْ بَابِ النَّدْبِ الْمُؤَكَّدِ) . وَمَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ الْجَمْعِ، فَمِنْهُمْ مَنْ قَالَ هِيَ فَرْضٌ مَعَ الذِّكْرِ وَالْقُدْرَةِ، سَاقِطَةٌ مَعَ النِّسْيَانِ وَعَدَمِ الْقُدْرَةِ. وَمِنْهُمْ مَنْ قَالَ: هِيَ فَرْضٌ مُطْلَقًا وَلَيْسَتْ مِنْ شُرُوطِ صِحَّةِ الصَّلَاةِ وَهُوَ قَوْلٌ

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