Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Section première
Des maisons

Les maisons et les biens-fonds peuvent être partagés par consentement mutuel ou par tirage au sort, pourvu que les lots soient équilibrés selon leur valeur. Les savants s’accordent sur ce principe général, bien qu’ils divergent quant à son champ d’application et à ses conditions.

Le partage peut porter sur un seul bien immobilier ou sur plusieurs.

Lorsqu’il porte sur un seul bien, sa licéité ne fait l’objet d’aucune divergence si ce bien peut être divisé en portions de caractéristiques équivalentes, sans que le partage réduise leur utilité. Les copropriétaires sont alors contraints au partage.

En revanche, lorsque le partage aboutit à des portions inutilisables, Mālik et ses disciples divergent.

Mālik estime que le bien doit être partagé dès lors que l’un des copropriétaires le demande, même si l’un d’eux ne reçoit qu’une portion sans utilité, de la taille d’un pied, par exemple. Parmi ses disciples, seul Ibn Kināna soutient cet avis. C’est aussi celui d’Abū Hanīfa et d’al-Shāfi‘ī. Ils s’appuient sur cette parole du Très-Haut :

« Qu’il y en ait peu ou beaucoup, une part prescrite » [Les Femmes : 7].

Ibn al-Qāsim déclare : « Le partage ne doit avoir lieu que si chacun reçoit une part dont il puisse tirer profit, sans que le partage lui-même nuise à cet usage. » Il ne tient cependant pas compte, à cet égard, de la diminution du prix.

Ibn al-Mājishūn déclare : « Le partage doit avoir lieu si chacun reçoit une portion dont il puisse tirer profit, même si cette utilité est d’une autre nature que celle qu’offrait l’indivision, ou si elle est moindre. »

Mutarrif, l’un des disciples de Mālik, déclare : « Si la part de chacun est dépourvue d’utilité, le partage ne doit pas avoir lieu. Mais si certains reçoivent une part utilisable et d’autres une part inutilisable, le partage doit avoir lieu et ils y sont contraints, que la demande émane du détenteur de la petite quote-part ou de celui de la grande. » Selon un autre avis, le partage est imposé si le détenteur de la petite quote-part le demande, mais non si la demande émane du détenteur de la grande. L’avis inverse a également été soutenu, mais il est faible.

Dans ce même domaine, ils divergent au sujet des biens dont le partage transforme l’usage, comme un établissement de bains.

Mālik estime que le partage doit avoir lieu si l’un des deux copropriétaires le demande. Ashhab soutient également cet avis.

Ibn al-Qāsim estime, quant à lui, que le partage ne doit pas avoir lieu. C’est aussi l’avis d’al-Shāfi‘ī.

Ceux qui interdisent ce partage s’appuient sur cette parole du Prophète — qu’Allah lui accorde la bénédiction et le salut :

« Il ne faut ni causer de préjudice ni nuire. »

Ceux qui l’admettent s’appuient sur cette parole du Très-Haut :

« Qu’il y en ait peu ou beaucoup, une part prescrite » [Les Femmes : 7].

Parmi les arguments de ceux qui n’admettent pas ce partage figure également le hadith que Jābir rapporte de son père :

« On ne doit imposer aux héritiers aucun morcellement, sauf pour les biens qui se prêtent au partage. »

الْفَصْلُ الْأَوَّلُ. فِي الرِّبَاعِ فَأَمَّا الرِّبَاعُ وَالْأُصُولُ: فَيَجُوزُ أَنْ تُقَسَّمَ بِالتَّرَاضِي وَبِالسُّهْمَةِ إِذَا عَدَلَتْ بِالْقِيمَةِ، اتَّفَقَ أَهْلُ الْعِلْمِ عَلَى ذَلِكَ اتِّفَاقًا مُجْمَلًا، وَإِنْ كَانُوا اخْتَلَفُوا فِي مَحِلِّ ذَلِكَ وَشُرُوطِهِ. وَالْقِسْمَةُ لَا تَخْلُو أَنْ تَكُونَ فِي مَحِلٍّ وَاحِدٍ أَوْ فِي مَحَالَّ كَثِيرَةٍ: فَإِذَا كَانَتْ فِي مَحِلٍّ وَاحِدٍ: فَلَا خِلَافَ فِي جَوَازِهَا إِذَا انْقَسَمَتْ إِلَى أَجْزَاءٍ مُتَسَاوِيَةٍ بِالصِّفَةِ، وَلَمْ تَنْقُصْ مَنْفَعَةُ الْأَجْزَاءِ بِالِانْقِسَامِ، وَيُجْبَرُ الشُّرَكَاءُ عَلَى ذَلِكَ. وَأَمَّا إِذَا انْقَسَمَتْ إِلَى مَا لَا مَنْفَعَةَ فِيهِ: فَاخْتَلَفَ فِي ذَلِكَ مَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ، فَقَالَ مَالِكٌ: إِنَّهَا تنقسم بَيْنَهُمْ إِذَا دَعَا أَحَدُهُمْ إِلَى ذَلِكَ وَلَوْ لَمْ يَصِرْ لِوَاحِدٍ مِنْهُمْ إِلَّا مَا لَا مَنْفَعَةَ فِيهِ، مِثْلُ قَدْرِ الْقَدَمِ، وَبِهِ قَالَ ابْنُ كِنَانَةَ مِنْ أَصْحَابِهِ فَقَطْ، وَهُوَ قَوْلُ أَبِي حَنِيفَةَ، وَالشَّافِعِيِّ، وَعُمْدَتُهُمْ فِي ذَلِكَ قَوْله تَعَالَى: {مِمَّا قَلَّ مِنْهُ أَوْ كَثُرَ نَصِيبًا مَفْرُوضًا} [النساء: ٧] . وَقَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ: لَا يُقَسَّمُ إِلَّا أَنْ يَصِيرَ لِكُلِّ وَاحِدٍ فِي حَظِّهِ مَا يَنْتَفِعُ بِهِ مِنْ غَيْرِ مَضَرَّةٍ دَاخِلَةٍ عَلَيْهِ فِي الِانْتِفَاعِ مِنْ قِبَلِ الْقِسْمَةِ، وَإِنْ كَانَ لَا يُرَاعِي فِي ذَلِكَ نُقْصَانَ الثَّمَنِ. وَقَالَ ابْنُ الْمَاجِشُونِ: يُقْسَمُ إِذَا صَارَ لِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ مَا يَنْتَفِعُ بِهِ، وَإِنْ كَانَ مِنْ غَيْرِ جِنْسِ الْمَنْفَعَةِ الَّتِي كَانَتْ فِي الِاشْتِرَاكِ أَوْ كَانَتْ أَقَلَّ. وَقَالَ مُطَرِّفٌ مِنْ أَصْحَابِهِ: إِنْ لَمْ يَصِرْ فِي حَظِّ كُلِّ وَاحِدٍ مَا يَنْتَفِعُ بِهِ لَمْ يُقْسَمْ، وَإِنْ صَارَ فِي حَظِّ بَعْضِهِمْ مَا يُنْتَفَعُ بِهِ، وَفِي حَظِّ بَعْضِهِمْ مَا لَا يُنْتَفَعُ بِهِ، قُسِمَ وَجُبِرُوا عَلَى ذَلِكَ، سَوَاءٌ دَعَا إِلَى ذَلِكَ صَاحِبُ النَّصِيبِ الْقَلِيلِ أَوِ الْكَثِيرِ، وَقِيلَ يُجْبَرُ إِنْ دَعَا صَاحِبُ النَّصِيبِ الْقَلِيلِ، وَلَا يُجْبَرُ إِنْ دَعَا صَاحِبُ النَّصِيبِ الْكَثِيرِ، وَقِيلَ بِعَكْسِ هَذَا وَهُوَ ضَعِيفٌ. وَاخْتَلَفُوا مِنْ هَذَا الْبَابِ فِيمَا إِذَا قُسِمَ انْتَقَلَتْ مَنْفَعَتُهُ إِلَى مَنْفَعَةٍ أُخْرَى مِثْلِ الْحَمَّامِ: فَقَالَ مَالِكٌ: يُقْسَمُ إِذَا طَلَبَ ذَلِكَ أَحَدُ الشَّرِيكَيْنِ، وَبِهِ قَالَ أَشْهَبُ. وَقَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ: لَا يُقْسَمُ، وَهُوَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ. فَعُمْدَةُ مَنْ مَنَعَ الْقِسْمَةَ: قَوْلُهُ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «لَا ضَرَرَ وَلَا ضِرَارَ» . وَعُمْدَةُ مَنْ رَأَى الْقِسْمَةَ قَوْله تَعَالَى: {مِمَّا قَلَّ مِنْهُ أَوْ كَثُرَ نَصِيبًا مَفْرُوضًا} [النساء: ٧] . وَمِنَ الْحُجَّةِ لِمَنْ لَمْ يَرَ الْقِسْمَةَ حَدِيثُ جَابِرٍ، عَنْ أَبِيهِ: «لَا تَعْضِيَةَ عَلَى أَهْلِ الْمِيرَاثِ إِلَّا مَا حَمَلَ الْقَسْمُ» .

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies