[Livre de la purification liée aux impuretés]
[Chapitre premier : le statut de cette purification]
L’exposé des fondements et des règles de cette purification se répartit en six chapitres :
Chapitre premier : le statut de cette purification, c’est-à-dire son caractère obligatoire ou recommandé, qu’elle soit envisagée en elle-même ou en tant que condition de la prière.
Chapitre deuxième : les différentes catégories d’impuretés.
Chapitre troisième : les endroits dont il faut éliminer les impuretés.
Chapitre quatrième : les moyens permettant de les éliminer.
Chapitre cinquième : la manière de les éliminer selon l’endroit concerné.
Chapitre sixième : les règles de bienséance à observer lorsque l’on fait ses besoins.
Chapitre premier : le statut de cette purification
Le fondement coranique de ce chapitre est la parole du Très-Haut :
« Et tes vêtements, purifie-les. »
[Al-Muddaththir : 4]
Quant à la Sunna, de nombreux récits établis servent de fondement à ce chapitre. Parmi eux figurent ces paroles du Prophète — sur lui la prière et la paix — :
« Que celui qui fait ses ablutions expulse l’eau de ses narines », et « que celui qui s’essuie après ses besoins le fasse un nombre impair de fois ».
On y trouve également « l’ordre qu’il a donné — qu’Allah le couvre de bénédictions et lui accorde la paix — de laver le sang menstruel sur un vêtement », ainsi que « son ordre de verser un seau d’eau sur l’urine du Bédouin ». Il a aussi dit — sur lui la prière et la paix — au sujet des deux occupants des tombes :
« Tous deux subissent assurément un châtiment, et ce n’est pas pour une chose grave. Quant à l’un d’eux, il ne se préservait pas de l’urine. »
En raison de ces textes transmis, les savants s’accordent à dire que l’élimination des impuretés est prescrite par la Loi. Ils divergent toutefois sur le caractère de cette prescription : relève-t-elle de l’obligation ou de la recommandation mentionnée, que l’on désigne par le terme de sunna ?
Certains soutiennent que l’élimination des impuretés est obligatoire. C’est l’avis d’Abū Hanīfa et d’al-Shāfi‘ī.
D’autres estiment qu’elle constitue une sunna fortement recommandée, sans être obligatoire.
D’autres encore considèrent qu’elle est obligatoire lorsque l’on s’en souvient, mais que cette obligation tombe en cas d’oubli. Ces deux dernières opinions sont rapportées de Mālik et de ses disciples.