Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

‘inān.

Abū Hanīfa affirme également qu’aucun des deux associés ne peut posséder un bien sans que celui-ci entre dans la société. Leur argument principal est que le terme de mufāwada implique ces deux conditions : l’égalité des deux apports et l’inclusion de l’ensemble des biens possédés par les deux associés.

De la société de travail

La société de travail est, dans son principe, permise selon Abū Hanīfa et les malikites, tandis qu’al-Shāfi‘ī l’interdit.

L’argument principal des shafiites est que la société porte exclusivement sur des biens, et non sur des travaux : ceux-ci ne peuvent être déterminés avec précision, ce qui constitue, selon eux, un aléa, puisque chacun des associés ignore le travail que fournira l’autre.

L’argument principal des malikites est que les combattants se partagent le butin, alors que c’est par leur travail qu’ils y ont acquis un droit. Ils invoquent également ce récit : « Ibn Mas‘ūd s’associa à Sa‘d le jour de Badr. Sa‘d obtint deux chevaux, tandis qu’Ibn Mas‘ūd n’obtint rien, et le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — ne désapprouva pas leur association. » De plus, puisque le contrat de commandite repose sur le travail, un contrat de société peut également reposer sur celui-ci.

Al-Shāfi‘ī peut toutefois objecter que la mufāwada déroge aux principes généraux et ne peut donc servir de fondement à un raisonnement par analogie. De même, il semble que le régime du butin ne relève pas de celui de la société. Selon Mālik, cette société exige que les deux associés exercent le même métier et travaillent au même endroit.

Abū Hanīfa estime, quant à lui, qu’elle est permise même lorsque les métiers diffèrent. Ainsi, selon lui, un tanneur et un blanchisseur peuvent s’associer, ce que Mālik n’autorise pas.

L’argument principal de Mālik est l’accroissement de l’aléa qui résulte de la différence des métiers ou des lieux de travail. Celui d’Abū Hanīfa est qu’il est permis de constituer une société fondée sur le travail.

De la société de type wujūh

La société de type wujūh est nulle selon Mālik et al-Shāfi‘ī. Abū Hanīfa la considère, quant à lui, comme permise.

Cette société repose sur les engagements financiers des associés, sans activité artisanale ni apport en capital.

L’argument principal de Mālik et d’al-Shāfi‘ī est que la société porte soit sur un capital, soit sur un travail, alors que ni l’un ni l’autre n’existe ici. À cela s’ajoute l’aléa que comporte cette forme d’association : chacun offre à son associé, en contrepartie de ce qu’il reçoit de lui, des gains qui ne sont délimités ni par un métier ni par un travail précis. Abū Hanīfa se fonde, pour sa part, sur le fait qu’il s’agit bien d’une activité de travail, sur laquelle un contrat de société peut donc être conclu.

الْعِنَانِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا يَكُونُ لِأَحَدِهِمَا شَيْءٌ إِلَّا أَنْ يَدْخُلَ فِي الشَّرِكَةِ. وَعُمْدَتُهُمْ أَنَّ اسْمَ الْمُفَاوَضَةِ يَقْتَضِي هَذَيْنِ الْأَمْرَيْنِ (أَعْنِي: تَسَاوِيَ الْمَالَيْنِ وَتَعْمِيمَ مِلْكِهِمَا) . الْقَوْلُ فِي شَرِكَةِ الْأَبْدَانِ وَشَرِكَةُ الْأَبْدَانِ بِالْجُمْلَةِ عِنْدَ أَبِي حَنِيفَةَ، وَالْمَالِكِيَّةِ جَائِزَةٌ، وَمَنَعَ مِنْهَا الشَّافِعِيُّ. وَعُمْدَةُ الشَّافِعِيَّةِ: أَنَّ الشَّرِكَةَ إِنَّمَا تَخْتَصُّ بِالْأَمْوَالِ لَا بِالْأَعْمَالِ; لِأَنَّ ذَلِكَ لَا يَنْضَبِطُ فَهُوَ غَرَرٌ عِنْدَهُمْ; إِذْ كَانَ عَمَلُ كُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا مَجْهُولًا عِنْدَ صَاحِبِهِ. وَعُمْدَةُ الْمَالِكِيَّةِ: اشْتِرَاكُ الْغَانِمِينَ فِي الْغَنِيمَةِ، وَهُمْ إِنَّمَا اسْتَحَقُّوا ذَلِكَ بِالْعَمَلِ. «وَمَا رُوِيَ مِنْ أَنَّ ابْنَ مَسْعُودٍ شَارَكَ سَعْدًا يَوْمَ بَدْرٍ، فَأَصَابَ سَعْدٌ فَرَسَيْنِ وَلَمْ يُصِبِ ابْنَ مَسْعُودٍ شَيْئا، فَلَمْ يُنْكِرِ النَّبِيُّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - عَلَيْهِمَا» . وَأَيْضًا فَإِنَّ الْمُضَارَبَةَ إِنَّمَا تَنْعَقِدُ عَلَى الْعَمَلِ، فَجَازَ أَنْ تَنْعَقِدَ عَلَيْهِ الشَّرِكَةُ. وَلِلشَّافِعِيِّ أَنَّ الْمُفَاوَضَةَ خَارِجَةٌ عَنِ الْأُصُولِ، فَلَا يُقَاسُ عَلَيْهَا، وَكَذَلِكَ يُشْبِهُ أَنْ يَكُونَ حُكْمُ الْغَنِيمَةِ خَارِجًا عَنِ الشَّرِكَةِ; وَمِنْ شَرْطِهَا عِنْدَ مَالِكٍ اتِّفَاقُ الصَّنْعَتَيْنِ وَالْمَكَانِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: تَجُوزُ مَعَ اخْتِلَافِ الصَّنْعَتَيْنِ، فَيَشْتَرِكُ عِنْدَهُ الدِّبَاغُ وَالْقِصَارُ، وَلَا يَشْتَرِكَانِ عِنْدَ مَالِكٍ. وَعُمْدَةُ مَالِكٍ: زِيَادَةُ الْغَرَرِ الَّذِي يَكُونُ عِنْدَ اخْتِلَافِ الصَّنْعَتَيْنِ، أَوِ اخْتِلَافِ الْمَكَانِ. وَعُمْدَةُ أَبِي حَنِيفَةَ: جَوَازُ الشَّرِكَةِ عَلَى الْعَمَلِ. الْقَوْلُ فِي شَرِكَةِ الْوُجُوهِ وَشَرِكَةُ الْوُجُوهِ عِنْدَ مَالِكٍ، وَالشَّافِعِيِّ بَاطِلَةٌ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: جَائِزَةٌ. وَهَذِهِ الشَّرِكَةُ هِيَ الشَّرِكَةُ عَلَى الذِّمَمِ مِنْ غَيْرِ صَنْعَةٍ، وَلَا مَالٍ. وَعُمْدَةُ مَالِكٍ، وَالشَّافِعِيِّ: أَنَّ الشَّرِكَةَ إِنَّمَا تَتَعَلَّقُ عَلَى الْمَالِ، أَوْ عَلَى الْعَمَلِ، وَكِلَاهُمَا مَعْدُومَانِ فِي هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ مَعَ مَا فِي ذَلِكَ مِنَ الْغَرَرِ; لِأَنَّ كُلَّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا عَاوَضَ صَاحِبَهُ بِكَسْبٍ غَيْرِ مَحْدُودٍ بِصِنَاعَةٍ وَلَا عَمَلٍ مَخْصُوصٍ. وَأَبُو حَنِيفَةَ يَعْتَمِدُ أَنَّهُ عَمَلٌ مِنَ الْأَعْمَالِ، فَجَازَ أَنْ تَنْعَقِدَ عَلَيْهِ الشَّرِكَةُ.

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