Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Ils divergent toutefois sur la personne à qui incombe la récolte, ainsi que sur la réparation de la clôture et le curage de la source et de l’installation d’irrigation.

Mālik déclare dans al-Muwatta’ : « La règle établie en matière de musāqāt permet au propriétaire du verger de stipuler que la réparation de la clôture, le curage de la source, l’abreuvement, la pollinisation des palmiers, la coupe des palmes et la récolte des fruits incombent à l’exploitant, de même que les travaux semblables. » Ces propos peuvent signifier que ces tâches n’entrent dans la musāqāt que si elles sont stipulées ; mais on peut aussi comprendre qu’elles en relèvent du seul fait du contrat.

Al-Shāfi‘ī déclare : « La réparation de la clôture n’incombe pas à l’exploitant, car elle ne fait pas partie des travaux qui contribuent à accroître la récolte, comme la pollinisation et l’irrigation. »

Muhammad ibn al-Hasan déclare : « Le curage des installations d’irrigation et des canaux ne lui incombe pas. »

Concernant la récolte, Mālik et al-Shāfi‘ī estiment qu’elle incombe à l’exploitant. Mālik précise toutefois que celui-ci peut stipuler qu’elle sera à la charge du propriétaire. Al-Shāfi‘ī considère, au contraire, que cette clause est illicite et qu’elle entraîne la dissolution de la musāqāt si elle est introduite dans le contrat. Pour Muhammad ibn al-Hasan, la récolte incombe aux deux parties à parts égales.

Les juristes les plus rigoureux de l’école de Mālik distinguent deux catégories de travaux dans le verger : ceux qui contribuent au bon développement des fruits et ceux qui n’y contribuent pas. Parmi les premiers, certains produisent un effet durable, qui subsiste après la récolte, tandis que les autres ne laissent rien de durable après celle-ci.

Les travaux qui ne contribuent pas au bon développement des fruits n’entrent pas dans la musāqāt, ni du seul fait du contrat ni par stipulation, sauf s’ils sont de peu d’importance. Ceux qui y contribuent et dont les effets subsistent après la récolte entrent, selon Mālik, dans la musāqāt lorsqu’ils sont stipulés, mais non du seul fait du contrat : par exemple, creuser un nouveau puits, aménager un réservoir d’eau, effectuer de nouvelles plantations ou construire un local où les fruits seront entreposés. Quant aux travaux qui contribuent au bon développement des fruits sans produire d’effet durable, ils s’imposent du seul fait du contrat : ainsi le travail de la terre, l’irrigation, la taille de la vigne, l’élagage des arbres, la pollinisation, la récolte et les travaux semblables.

Ils s’accordent à dire que l’exploitant ne dispose pas de plein droit des bêtes et des esclaves présents dans le verger. Ils divergent toutefois sur la possibilité, pour lui, de stipuler que le propriétaire les mette à sa disposition.

Mālik l’autorise pour les bêtes et les esclaves qui se trouvaient dans le verger avant la conclusion de la musāqāt. En revanche, il n’autorise pas l’exploitant à stipuler la mise à disposition de ceux qui ne s’y trouvaient pas.

Al-Shāfi‘ī n’y voit aucun mal, même s’ils ne se trouvaient pas dans le verger. C’est aussi l’avis d’Ibn Nāfi‘, parmi les disciples de Mālik.

Muhammad ibn al-Hasan déclare : « L’exploitant ne peut pas imposer cette condition au propriétaire. Si, en revanche, le propriétaire en impose la fourniture à l’exploitant, cela est permis. » Sa réprobation tient à l’incertitude qu’une telle clause introduit dans la part revenant au propriétaire. Ceux qui l’autorisent estiment, quant à eux, que cet élément est négligeable et de peu d’importance.

La règle pouvant se rattacher à l’un ou l’autre de ces deux principes, Mālik a jugé bon d’autoriser cette clause pour les esclaves présents dans le verger au moment de la musāqāt, mais l’a interdite pour les autres : l’avantage supplémentaire stipulé apparaît plus nettement dans ce dernier cas. Quant à la distinction établie par Muhammad ibn al-Hasan, elle tient au fait qu’imposer à l’exploitant la fourniture des bêtes et des esclaves relève du même ordre d’obligations que le travail manuel auquel la musāqāt l’astreint.

Les savants qui admettent la musāqāt s’accordent à dire qu’elle n’est pas permise lorsque toutes les dépenses incombent au propriétaire du verger et que l’exploitant n’a d’autre obligation que son travail manuel. Il s’agirait alors d’un contrat de travail rémunéré par ce qui n’existe pas encore. Telles sont donc les modalités de cet élément constitutif, ainsi que les clauses qui y sont permises et celles qui ne le sont pas.

وَاخْتَلَفُوا فِي الْجِذَاذِ عَلَى مَنْ هُوَ؟ وَفِي سَدِّ الْحِظَارِ، وَتَنْقِيَةِ الْعَيْنِ، وَالسَّانِيَةِ: أَمَّا مَالِكٌ، فَقَالَ فِي الْموطأ: السُّنَّةُ فِي الْمُسَاقَاةِ الَّتِي يَجُوزُ لِرَبِّ الْحَائِطِ أَنْ يَشْتَرِطَهُ سَدُّ الْحِظَارِ، وَخَمُّ الْعَيْنِ، وَشُرْبُ الشَّرَابِ، وَإِبَارُ النَّخْلِ، وَقَطْعُ الْجَرِيدِ، وَجَذُّ الثَّمَرِ، هَذَا وَأَشْبَاهُهُ هُوَ عَلَى الْعَامِلِ، وَهَذَا الْكَلَامُ يُحْتَمَلُ أَنْ يُفْهَمَ مِنْهُ دُخُولُ هَذِهِ فِي الْمُسَاقَاةِ بِالشَّرْطِ، وَيُمْكِنُ أَنْ يُفْهَمَ مِنْهُ دُخُولُهَا فِيهَا بِنَفْسِ الْعَقْدِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَيْسَ عَلَيْهِ سَدُّ الْحِظَارِ; لِأَنَّهُ لَيْسَ مِنْ جِنْسِ مَا يُؤَثِّرُ فِي زِيَادَةِ الثَّمَرَةِ مِثْلَ الْإِبَارِ وَالسَّقْيِ. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ الْحَسَنِ: لَيْسَ عَلَيْهِ تَنْقِيَةُ السَّوَانِي وَالْأَنْهَارِ. وَأَمَّا الْجِذَاذُ، فَقَالَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ: هُوَ عَلَى الْعَامِلِ، إِلَّا أَنَّ مَالِكًا قَالَ: إِنِ اشْتَرَطَهُ الْعَامِلُ عَلَى رَبِّ الْمَالِ جَازَ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا يَجُوزُ شَرْطُهُ وَتَنْفَسِخُ الْمُسَاقَاةُ إِنْ وَقَعَ. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ الْحَسَنِ: الْجِذَاذُ بَيْنَهُمَا نِصْفَانِ. وَقَالَ الْمُحَصِّلُونَ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ: إِنَّ الْعَمَلَ فِي الْحَائِطِ عَلَى وَجْهَيْنِ: عَمَلٌ لَيْسَ لَهُ تَأْثِيرٌ فِي إِصْلَاحِ الثَّمَرَةِ، وَعَمَلٌ لَهُ تَأْثِيرٌ فِي إِصْلَاحِهَا. وَالَّذِي لَهُ تَأْثِيرٌ فِي إِصْلَاحِهَا مِنْهُ مَا يَتَأَبَّدُ وَيَبْقَى بَعْدَ الثَّمَرِ، وَمِنْهُ مَا لَا يَبْقَى بَعْدَ الثَّمَرِ. فَأَمَّا الَّذِي لَيْسَ لَهُ تَأْثِيرٌ فِي إِصْلَاحِ الثَّمَرِ فَلَا يَدْخُلُ فِي الْمُسَاقَاةِ لَا بِنَفْسِ الْعَقْدِ، وَلَا بِالشَّرْطِ إِلَّا الشَّيْءُ الْيَسِيرُ مِنْهُ. وَأَمَّا مَا لَهُ تَأْثِيرٌ فِي إِصْلَاحِ الثَّمَرِ وَيَبْقَى بَعْدَ الثَّمَرِ فَيَدْخُلُ عِنْدَهُ بِالشَّرْطِ فِي الْمُسَاقَاةِ لَا بِنَفْسِ الْعَقْدِ، مِثْلُ إِنْشَاءِ حَفْرِ بِئْرٍ، أَوْ إِنْشَاءِ ظَفِيرَةٍ لِلْمَاءِ، أَوْ إِنْشَاءِ غَرْسٍ، أَوْ إِنْشَاءِ بَيْتٍ يُجْنَى فِيهِ الثَّمَرُ. وَأَمَّا مَا لَهُ تَأْثِيرٌ فِي إِصْلَاحِ الثَّمَرِ، وَلَا يَتَأَبَّدُ، فَهُوَ لَازِمٌ بِنَفْسِ الْعَقْدِ، وَذَلِكَ مِثْلُ الْحَفْرِ، وَالسَّقْيِ، وَزَبْرِ الْكَرْمِ، وَتَقْلِيمِ الشَّجَرِ وَالتَّذْكِيرِ، وَالْجِذَاذِ، وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ. وَأَجْمَعُوا عَلَى أَنَّ مَا كَانَ فِي الْحَائِطِ مِنَ الدَّوَابِّ، وَالْعَبِيدِ أَنَّهُ لَيْسَ مِنْ حَقِّ الْعَامِلِ. وَاخْتَلَفُوا فِي شَرْطِ الْعَامِلِ ذَلِكَ عَلَى الْمُسَاقِي، فَقَالَ مَالِكٌ: يَجُوزُ ذَلِكَ فِيمَا كَانَ مِنْهَا فِي الْحَائِطِ قَبْلَ الْمُسَاقَاةِ. وَأَمَّا إِنِ اشْتَرَطَ فِيهَا مَا لَمْ يَكُنْ فِي الْحَائِطِ فَلَا يَجُوزُ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا بَأْسَ بِذَلِكَ وَإِنْ لَمْ يَكُنْ فِي الْحَائِطِ، وَبِهِ قَالَ ابْنُ نَافِعٍ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ الْحَسَنِ: لَا يَجُوزُ أَنْ يَشْتَرِطَهُ الْعَامِلُ عَلَى رَبِّ الْمَالِ، وَلَوِ اشْتَرَطَهُ رَبُّ الْمَالِ عَلَى الْعَامِلِ جَازَ ذَلِكَ، وَوَجْهُ كَرَاهِيَتِهِ ذَلِكَ مَا يَلْحَقُ فِي ذَلِكَ مِنَ الْجَهْلِ بِنَصِيبِ رَبِّ الْمَالِ، وَمَنْ أَجَازَهُ رَأَى أَنَّ ذَلِكَ تَافِهٌ وَيَسِيرٌ. وَلِتَرَدُّدِ الْحُكْمِ بَيْنَ هَذَيْنِ الْأَصْلَيْنِ اسْتَحْسَنَ مَالِكٌ ذَلِكَ فِي الرَّقِيقِ الَّذِي يَكُونُ فِي الْحَائِطِ فِي وَقْتِ الْمُسَاقَاةِ وَمَنَعَهُ فِي غَيْرِهِمْ; لِأَنَّ اشْتِرَاطَ الْمَنْفَعَةِ فِي ذَلِكَ أَظْهَرُ، وَإِنَّمَا فَرَّقَ مُحَمَّدُ بْنُ الْحَسَنِ ; لِأَنَّ اشْتِرَاطَهُمَا عَلَى الْعَامِلِ هُوَ مِنْ جِنْسِ مَا وَجَبَ عَلَيْهِ مِنَ الْمُسَاقَاةِ، وَهُوَ الْعَمَلُ بِيَدِهِ. وَاتَّفَقَ الْقَائِلُونَ بِالْمُسَاقَاةِ عَلَى أَنَّهُ إِنْ كَانَتِ النَّفَقَةُ كُلُّهَا عَلَى رَبِّ الْحَائِطِ وَلَيْسَ عَلَى الْعَامِلِ إِلَّا مَا يَعْمَلُ بِيَدِهِ أَنَّ ذَلِكَ لَا يَجُوزُ; لِأَنَّهَا إِجَارَةٌ بِمَا لَمْ يُخْلَقْ، فَهَذِهِ هِيَ صِفَاتُ هَذَا الرُّكْنِ، وَالشُّرُوطُ الْجَائِزَةُ فِيهِ وغَيْرِ الْجَائِزَةِ.

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