[Livre de la musāqāt (contrat d’entretien des plantations avec partage de la récolte)]
L’étude de la musāqāt portera, premièrement, sur sa licéité ; deuxièmement, sur les conditions de sa validité et les causes de son invalidité ; troisièmement, sur les règles qui la régissent.
De la licéité de la musāqāt
La majorité des savants admettent sa licéité : Mālik, al-Shāfi‘ī, al-Thawrī, Abū Yūsuf et Muhammad ibn al-Hasan, les deux disciples d’Abū Hanīfa, ainsi qu’Ahmad et Dāwūd. Ils considèrent que la Sunna en fait une exception à l’interdiction de vendre ce qui n’existe pas encore et de conclure un contrat de louage entaché d’indétermination.
Abū Hanīfa, quant à lui, n’admet aucunement la licéité de la musāqāt.
La majorité s’appuie, pour l’autoriser, sur le hadith authentique d’Ibn ‘Umar :
« Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — confia aux juifs de Khaybar les palmiers et les terres de Khaybar, à condition qu’ils les exploitent à leurs frais et que la moitié de leur production revienne au Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut. »
Ce hadith est rapporté par al-Bukhārī et Muslim. Certaines de ses versions précisent :
« Il — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — conclut avec eux une musāqāt moyennant la moitié des produits de la terre et des fruits. »
La majorité s’appuie également sur le récit rapporté par Mālik d’après Sa‘īd ibn al-Musayyab, sans mention du Compagnon intermédiaire. Le jour de la conquête de Khaybar, le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — dit aux juifs de Khaybar :
« Je vous laisse sur place aussi longtemps qu’Allah vous y maintiendra, à condition que les fruits soient partagés entre nous et vous. »
Il ajouta : « Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — envoyait ‘Abd Allāh ibn Rawāha, qui estimait sur pied la récolte à partager entre le Messager et eux, puis leur disait : “Si vous le souhaitez, elle est à vous ; et si vous le souhaitez, elle est à moi.” »
Il en va de même du récit de même sens que Mālik rapporte également d’après Sulaymān ibn Yasār, sans mention du Compagnon intermédiaire.