Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

s’ils conviennent de prendre pour capital le prix auquel l’étoffe a été achetée. Il semble également que, si ce prix est retenu comme capital, on puisse soupçonner le gérant d’accorder foi par complaisance aux déclarations du bailleur de fonds, tant il désire obtenir de lui cette commandite.

Deux avis sont rapportés de Mālik concernant la commandite constituée de numéraire d’or et d’argent : Ashhab rapporte qu’il l’interdisait, tandis qu’Ibn al-Qāsim rapporte qu’il l’autorisait, mais l’interdisait avec des objets façonnés. Al-Shāfi‘ī et le juriste de Koufa se prononcent également pour l’interdiction. Ceux qui interdisent la commandite constituée de ce numéraire l’assimilent aux marchandises ; ceux qui l’autorisent l’assimilent aux dirhams et aux dinars, en raison des faibles variations de son cours.

Les disciples de Mālik divergent également sur la commandite constituée de pièces de cuivre : Ibn al-Qāsim l’interdit, tandis qu’Ashhab l’autorise. Muhammad ibn al-Hasan partage ce dernier avis.

La majorité des savants, notamment Mālik, al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa, considère que celui qui détient une créance sur un homme ne peut la lui confier en commandite avant de l’avoir recouvrée.

Pour Mālik, cette interdiction tient à la crainte que le débiteur ne soit dans l’incapacité de rembourser, et que le créancier ne cherche alors à lui accorder un délai moyennant une augmentation de la somme due : ce serait l’usure interdite.

Pour al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa, elle tient au fait qu’une somme due ne peut se transformer en un bien détenu à titre de dépôt.

Ils divergent sur le cas où une personne charge un homme de recouvrer une créance qu’elle détient sur un tiers, puis de faire fructifier la somme dans le cadre d’une commandite. Mālik et ses disciples ne l’autorisent pas, car Mālik estime que l’on impose ainsi au gérant une charge supplémentaire : le recouvrement de la créance. Cela découle de son principe selon lequel la stipulation d’un avantage supplémentaire dans la commandite rend celle-ci viciée.

Al-Shāfi‘ī et le juriste de Koufa l’autorisent. Ils expliquent que l’intéressé lui a donné mandat pour le recouvrement, sans faire de celui-ci une condition de l’opération de change. Voilà ce qu’il en est du capital pouvant faire l’objet de la commandite. Quant à sa définition, c’est celle que nous avons déjà donnée.

[Chapitre deuxième : des conditions de la commandite]

Chapitre deuxième
Des conditions

De manière générale, les conditions interdites chez tous les juristes sont celles qui, selon eux, entraînent un aléa ou une indétermination supplémentaires. Les savants ne divergent pas sur l’interdiction, pour l’un des deux associés, de stipuler à son profit un supplément de bénéfice en sus de la part convenue dans le contrat de commandite : la part sur laquelle le contrat a été conclu deviendrait alors indéterminée. C’est sur ce principe que Mālik se fonde pour exclure de la commandite toute vente, toute location, tout prêt, toute prestation de travail ou tout avantage que l’un stipulerait pour son associé en même temps que pour lui-même. Tels sont les principes généraux sur lesquels ils s’accordent, même s’ils divergent dans le détail.

Ils divergent notamment lorsque le gérant stipule que la totalité du bénéfice lui reviendra. Mālik l’autorise ; al-Shāfi‘ī l’interdit ; Abū Hanīfa considère qu’il s’agit d’un prêt, et non d’une commandite.

Mālik y voit un bienfait et une libéralité volontaire du bailleur de fonds, puisqu’il lui est permis de ne percevoir qu’une faible part d’une somme importante. Al-Shāfi‘ī y voit un aléa : s’il y a une perte, elle incombe au bailleur de fonds — ce qui distingue cette opération du prêt —, tandis que, s’il y a un bénéfice, rien ne lui en revient.

Ils divergent aussi lorsque le bailleur de fonds impose au gérant de garantir le capital. Mālik considère que la commandite n’est pas permise et qu’elle est viciée. Al-Shāfi‘ī partage cet avis. Abū Hanīfa et ses disciples considèrent, quant à eux, que la commandite est valable, mais que la condition est nulle.

L’argument principal de

هُوَ عَلَى أَنْ يَجْعَلَا أَصْلَ الْمَالِ الثَّمَنَ الَّذِي اشْتَرَى بِهِ الثَّوْبَ، وَيُشْبِهُ أَيْضًا إِنْ جَعَلَ رَأْسَ الْمَالِ الثَّمَنَ أَنْ يَتَّهِمَ الْمُقَارِضُ فِي تَصْدِيقِهِ رَبَّ الْمَالِ بِحرْصِهِ عَلَى أَخْذِ الْقِرَاضِ مِنْهُ. وَاخْتَلَفَ قَوْلُ مَالِكٍ فِي الْقِرَاضِ بِالنَّقْدِ مِنَ الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ، فَرَوَى عَنْهُ أَشْهَبُ مَنْعَ ذَلِكَ، وَرَوَى ابْنُ الْقَاسِمِ جَوَازَهُ، وَمَنَعَهُ فِي الْمَصُوغِ، وَبِالْمَنْعِ فِي ذَلِكَ قَالَ الشَّافِعِيُّ، وَالْكُوفِيُّ، فَمَنْ مَنَعَ الْقِرَاضَ بِالنَّقْدِ شَبَّهَهَا بِالْعُرُوضِ، وَمَنْ أَجَازَهُ شَبَّهَهَا بِالدَّرَاهِمِ، وَالدَّنَانِيرِ لِقِلَّةِ اخْتِلَافِ أَسْوَاقِهَا. وَاخْتَلَفَ أَيْضًا أَصْحَابُ مَالِكٍ فِي الْقِرَاضِ بِالْفُلُوسِ، فَمَنَعَهُ ابْنُ الْقَاسِمِ، وَأَجَازَهُ أَشْهَبُ، وَبِهِ قَالَ مُحَمَّدُ بْنُ الْحَسَنِ. وَجُمْهُورُ الْعُلَمَاءِ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ، وَأَبُو حَنِيفَةَ عَلَى أَنَّهُ إِذَا كَانَ لِرَجُلٍ عَلَى رَجُلٍ دَيْنٌ لَمْ يَجُزْ أَنْ يُعْطِيَهُ لَهُ قِرَاضًا قَبْلَ أَنْ يَقْبِضَهُ. أَمَّا الْعِلَّةُ عِنْدَ مَالِكٍ: فَمَخَافَةُ أَنْ يَكُونَ أَعْسَرَ بِمَالِهِ، فَهُوَ يُرِيدُ أَنْ يُؤَخِّرَهُ عَنْهُ عَلَى أَنْ يَزِيدَ فِيهِ، فَيَكُونُ الرِّبَا الْمَنْهِيَّ عَنْهُ. وَأَمَّا الْعِلَّةُ عِنْدَ الشَّافِعِيِّ، وَأَبِي حَنِيفَةَ: فَإِنَّ مَا فِي الذِّمَّةِ لَا يَتَحَوَّلُ وَيَعُودُ أَمَانَةً. وَاخْتَلَفُوا فِيمَنْ أَمَرَ رَجُلًا أَنْ يَقْبِضَ دَيْنًا لَهُ عَلَى رَجُلٍ آخَرَ، وَيَعْمَلُ فِيهِ عَلَى جِهَةِ الْقِرَاضِ فَلَمْ يُجِزْ ذَلِكَ مَالِكٌ، وَأَصْحَابُهُ; لِأَنَّهُ رَأَى أَنَّهُ ازْدَادَ عَلَى الْعَامِلِ كُلْفَةً، وَهُوَ مَا كَلَّفَهُ مِنْ قَبْضِهِ، وَهَذَا عَلَى أَصْلِهِ أَنَّ مَنِ اشْتَرَطَ مَنْفَعَةً زَائِدَةً فِي الْقِرَاضِ أَنَّهُ فَاسِدٌ. وَأَجَازَ ذَلِكَ الشَّافِعِيُّ، وَالْكُوفِيُّ، قَالُوا: لِأَنَّهُ وَكَّلَهُ عَلَى الْقَبْضِ، لَا أَنَّهُ جَعَلَ الْقَبْضَ شَرْطًا فِي الْمُصَارَفَةِ، فَهَذَا هُوَ الْقَوْلُ فِي مَحِلِّهِ. وَأَمَّا صِفَتُهُ: فَهِيَ الصِّفَةُ الَّتِي قَدَّمْنَاهَا. [الْبَابُ الثَّانِي فِي مَسَائِلِ الشُّرُوطِ في القراض] الْبَابُ الثَّانِي فِي مَسَائِلِ الشُّرُوطِ وَجُمْلَةُ مَا لَا يَجُوزُ مِنَ الشُّرُوطِ عِنْدَ الْجَمِيعِ هِيَ مَا أَدَّى عِنْدَهُمْ إِلَى غَرَرٍ أَوْ إِلَى مَجْهَلَةٍ زَائِدَةٍ. وَلَا خِلَافَ بَيْنِ الْعُلَمَاءِ أَنَّهُ إِذَا اشْتَرَطَ أَحَدُهُمَا لِنَفْسِهِ مِنَ الرِّبْحِ شَيْئًا زَائِدًا غَيْرَ مَا انْعَقَدَ عَلَيْهِ الْقِرَاضُ أَنَّ ذَلِكَ لَا يَجُوزُ; لِأَنَّهُ يَصِيرُ ذَلِكَ الَّذِي انْعَقَدَ عَلَيْهِ الْقِرَاضُ مَجْهُولًا، وَهَذَا هُوَ الْأَصْلُ عِنْدَ مَالِكٍ فِي أَنْ لَا يَكُونَ مَعَ الْقِرَاضِ بَيْعٌ، وَلَا كِرَاءٌ، وَلَا سَلَفٌ، وَلَا عَمَلٌ، وَلَا مِرْفَقٌ يَشْتَرِطُهُ أَحَدُهُمَا لِصَاحِبِهِ مَعَ نَفْسِهِ، فَهَذِهِ جُمْلَةُ مَا اتَّفَقُوا عَلَيْهِ وَإِنْ كَانُوا قَدِ اخْتَلَفُوا فِي التَّفْصِيلِ. فَمِنْ ذَلِكَ: اخْتِلَافُهُمْ إِذَا شَرَطَ الْعَامِلُ الرِّبْحَ كُلَّهُ لَهُ: فَقَالَ مَالِكٌ: يَجُوزُ، وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا يَجُوزُ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: هُوَ قَرْضٌ لَا قِرَاضٌ. فَمَالِكٌ رَأَى أَنَّهُ إِحْسَانٌ مِنْ رَبِّ الْمَالِ، وَتَطَوُّعٌ; إِذْ كَانَ يَجُوزُ لَهُ أَنْ يَأْخُذَ مِنْهُ الْجُزْءَ الْقَلِيلَ مِنَ الْمَالِ الْكَثِيرِ. وَالشَّافِعِيُّ رَأَى أَنَّهُ غَرَرٌ; لِأَنَّهُ إِنْ كَانَ خُسْرَانٌ فَعَلَى رَبِّ الْمَالِ وَبِهَذَا يُفَارِقُ الْقَرْضَ، وَإِنْ كَانَ رِبْحٌ فَلَيْسَ لِرَبِّ الْمَالِ فِيهِ شَيْءٌ. وَمِنْهَا: إِذَا شَرَطَ رَبُّ الْمَالِ الضَّمَانَ عَلَى الْعَامِلِ، فَقَالَ مَالِكٌ: لَا يَجُوزُ الْقِرَاضُ وَهُوَ فَاسِدٌ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَأَصْحَابُهُ: الْقِرَاضُ جَائِزٌ، وَالشَّرْطُ بَاطِلٌ. وَعُمْدَةُ

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