Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

a dit :

« Lorsque tu trouves de l’eau, mets-la en contact avec ta peau. »

En effet, selon la majorité des théologiens, l’ordre exige une exécution immédiate. Toutefois, l’interprétation envisagée précédemment reste également possible ici. Médite donc ce point.

Ayant admis que le fait de trouver de l’eau met fin à cette purification, al-Shāfi‘ī a été conduit à affirmer que les ablutions sèches ne lèvent pas l’état d’impureté rituelle : autrement dit, elles ne confèrent pas à celui qui les accomplit une pureté levant cet état ; elles permettent seulement d’accomplir la prière, tandis que l’impureté rituelle demeure. Or, cette affirmation n’a pas de sens, puisque Allah les a qualifiées de purification.

Certains disciples de Mālik ont adopté cette position et déclaré : les ablutions sèches ne lèvent pas l’état d’impureté rituelle, car, si elles le levaient, seule la survenue d’un nouvel état d’impureté rituelle pourrait les annuler.

La réponse est que, pour cette purification, le fait de trouver de l’eau constitue une cause d’impureté rituelle qui lui est propre, si l’on retient l’avis selon lequel la présence d’eau l’annule.

Ceux qui considèrent que le fait de trouver de l’eau annule cette purification s’accordent à dire qu’il l’annule avant de commencer la prière et après l’avoir achevée. Ils divergent toutefois lorsque l’eau devient disponible pendant la prière. Mālik, al-Shāfi‘ī et Dāwūd estiment que cela n’annule pas la purification pendant la prière. Abū Hanīfa, Ahmad et d’autres considèrent au contraire que cela l’annule même pendant la prière.

Ces derniers sont plus fidèles au principe établi. Il est en effet peu conforme à la Loi religieuse qu’une même chose n’annule pas la purification pendant la prière, mais l’annule en dehors de celle-ci. C’est précisément par un argument de ce genre que l’on a vivement critiqué la position d’Abū Hanīfa, selon laquelle le rire pendant la prière annule les ablutions, alors même qu’il s’appuie en cela sur une tradition rapportée. Médite donc cette question : elle est claire.

Les textes dont on tente d’invoquer le sens apparent à l’appui de l’avis contraire ne constituent pas une preuve, telle cette parole du Très-Haut :

« Et ne rendez pas vaines vos œuvres. »
[Muhammad : 33]

En effet, l’intéressé n’a pas volontairement annulé sa prière : c’est la disponibilité de l’eau qui l’a annulée, tout comme le ferait la survenue d’un état d’impureté rituelle.

[Chapitre septième : Les actes dont cette purification conditionne la validité ou la licéité]

Chapitre septième
Les actes dont cette purification conditionne la validité ou la licéité

Les savants de la majorité s’accordent à dire que les actes dont cette purification conditionne la validité sont ceux dont les ablutions conditionnent la validité, tels que la prière, le fait de toucher un exemplaire du Coran et les autres actes du même ordre.

Ils divergent cependant sur la possibilité d’accomplir plus d’une prière avec les mêmes ablutions sèches. Selon l’avis le plus connu de l’école de Mālik, elles ne permettent en aucun cas d’accomplir deux prières obligatoires. Ses avis divergent toutefois au sujet de deux prières accomplies en rattrapage. Selon l’avis le plus connu qui lui est attribué, lorsque l’une des deux prières est obligatoire et l’autre surérogatoire, on peut les accomplir toutes deux avec les mêmes ablutions sèches si l’on commence par la prière obligatoire ; en revanche, si l’on commence par la prière surérogatoire, on ne peut pas les accomplir toutes deux ainsi.

قَالَ: «فَإِذَا وَجَدْتَ الْمَاءَ فَأَمِسَّهُ جِلْدَكَ» فَإِنَّ الْأَمْرَ مَحْمُولٌ عِنْدَ جُمْهُورِ الْمُتَكَلِّمِينَ عَلَى الْفَوْرِ، وَإِنْ كَانَ أَيْضًا قَدْ يَتَطَرَّقُ إِلَيْهِ الِاحْتِمَالُ الْمُتَقَدِّمُ فَتَأَمَّلْ هَذَا. وَقَدْ حَمَلَ الشَّافِعِيَّ تَسْلِيمُهُ أَنَّ وُجُودَ الْمَاءِ يَرْفَعُ هَذِهِ الطَّهَارَةَ أَنْ قَالَ: إِنَّ التَّيَمُّمَ لَيْسَ رَافِعًا لِلْحَدَثِ: أَيْ لَيْسَ مُفِيدًا لِلْمُتَيَمِّمِ الطَّهَارَةَ الرَّافِعَةَ لِلْحَدَثِ، وَإِنَّمَا هُوَ مُبِيحٌ لِلصَّلَاةِ فَقَطْ مَعَ بَقَاءِ الْحَدَثِ، وَهَذَا لَا مَعْنَى لَهُ، فَإِنَّ اللَّهَ قَدْ سَمَّاهُ طَهَارَةً، وَقَدْ ذَهَبَ قَوْمٌ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ هَذَا الْمَذْهَبَ فَقَالُوا: إِنَّ التَّيَمُّمَ لَا يَرْفَعُ الْحَدَثَ ; لِأَنَّهُ لَوْ رَفَعَهُ لَمْ يَنْقُضْهُ إِلَّا الْحَدَثُ. وَالْجَوَابُ أَنَّ هَذِهِ الطَّهَارَةَ وُجُودُ الْمَاءِ فِي حَقِّهَا هُوَ حَدَثٌ خَاصٌّ بِهَا عَلَى الْقَوْلِ بِأَنَّ الْمَاءَ يَنْقُضُهَا، وَاتَّفَقَ الْقَائِلُونَ بِأَنَّ وُجُودَ الْمَاءِ يَنْقُضُهَا عَلَى أَنَّهُ يَنْقُضُهَا قَبْلَ الشُّرُوعِ فِي الصَّلَاةِ، وَبَعْدَ الصَّلَاةِ، وَاخْتَلَفُوا هَلْ يَنْقُضُهَا طُرُوُّهُ فِي الصَّلَاةِ؟ فَذَهَبَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ، وَدَاوُدُ إِلَى أَنَّهُ لَا يَنْقُضُ الطَّهَارَةَ فِي الصَّلَاةِ، وَذَهَبَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَأَحْمَدُ، وَغَيْرُهُمَا إِلَى أَنَّهُ يَنْقُضُ الطَّهَارَةَ فِي الصَّلَاةِ وَهُمْ أَحْفَظُ لِلْأَصْلِ ; لِأَنَّهُ أَمْرٌ غَيْرُ مُنَاسِبٍ لِلشَّرْعِ أَنْ يُوجَدَ شَيْءٌ وَاحِدٌ لَا يَنْقُضُ الطَّهَارَةَ فِي الصَّلَاةِ وَيَنْقُضُهَا فِي غَيْرِ الصَّلَاةِ، وَبِمِثْلِ هَذَا شَنَّعُوا عَلَى مَذْهَبِ أَبِي حَنِيفَةَ فِيمَا يَرَاهُ مِنْ أَنَّ الضَّحِكَ فِي الصَّلَاةِ يَنْقُضُ الْوُضُوءَ، مَعَ أَنَّهُ مُسْتَنِدٌ فِي ذَلِكَ إِلَى الْأَثَرِ فَتَأَمَّلْ هَذِهِ الْمَسْأَلَةَ فَإِنَّهَا بَيِّنَةٌ، وَلَا حُجَّةَ فِي الظَّوَاهِرِ الَّتِي يُرَامُ الِاحْتِجَاجُ بِهَا لِهَذَا الْمَذْهَبِ مِنْ قَوْله تَعَالَى: {وَلا تُبْطِلُوا أَعْمَالَكُمْ} [محمد: ٣٣] فَإِنَّ هَذَا لَمْ يُبْطِلِ الصَّلَاةَ بِإِرَادَتِهِ وَإِنَّمَا أَبْطَلَهَا طُرُوُّ الْمَاءِ كَمَا لَوْ أَحْدَثَ. [الْبَابُ السَّابِعُ فِي الْأَشْيَاءِ الَّتِي هَذِهِ الطَّهَارَةُ شَرْطٌ فِي صِحَّتِهَا أَوْ فِي اسْتِبَاحَتِهَا] الْبَابُ السَّابِعُ فِي الْأَشْيَاءِ الَّتِي هَذِهِ الطَّهَارَةُ شَرْطٌ فِي صِحَّتِهَا أَوْ فِي اسْتِبَاحَتِهَا وَاتَّفَقَ الْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ الْأَفْعَالَ الَّتِي هَذِهِ الطَّهَارَةُ شَرْطٌ فِي صِحَّتِهَا هِيَ الْأَفْعَالُ الَّتِي الْوُضُوءُ شَرْطٌ فِي صِحَّتِهَا مِنَ الصَّلَاةِ وَمَسِّ الْمُصْحَفِ وَغَيْرِ ذَلِكَ. وَاخْتَلَفُوا هَلْ يُسْتَبَاحُ بِهَا أَكْثَرُ مِنْ صَلَاةٍ وَاحِدَةٍ فَقَطْ؟ فَمَشْهُورُ مَذْهَبِ مَالِكٍ أَنَّهُ لَا يُسْتَبَاحُ بِهَا صَلَاتَانِ مَفْرُوضَتَانِ أَبَدًا، وَاخْتَلَفَ قَوْلُهُ فِي الصَّلَاتَيْنِ الْمَقْضِيَّتَيْنِ، وَالْمَشْهُورُ عَنْهُ أَنَّهُ إِذَا كَانَتْ إِحْدَى الصَّلَاتَيْنِ فَرْضًا، وَالْأُخْرَى نَفْلًا أَنَّهُ إِذَا قَدَّمَ الْفَرْضَ جَمَعَ بَيْنَهُمَا، وَإِنْ قَدَّمَ النَّفْلَ لَمْ يَجْمَعْ بَيْنَهُمَا.

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